27 juin 2014

5 millions de chômeurs: Hollande se cache derrière Renzi

Il y avait Conseil européen. Après sa réunion préparatoire samedi dernier à Paris avec 7 collègues sociaux-démocrates, Hollande espérait ce jeudi convaincre les autres "partenaires" d'une Europe à 28 de réorienter les objectifs de l'Union vers plus de souplesse.

Quelques médias expliquent, parfois dubitatifs, parfois encourageants, que l'Europe va soudainement changer.

Il fallait lire le "décryptage", délicieux, de la stratégie hollandaise dans les colonnes des Echos, sous la plume du journaliste Pierre-Alain Furbury, quelques heures avant les premières rencontres. Hollande voudrait capitaliser sur le succès du premier ministre italien, Matteo Renzo. Et apparaître comme celui qui calme les "ardeurs" de son collègue italien.

A Ypres, en Belgique, où le Conseil se déroule, Hollande est donc, physiquement, bras-dessus, bras dessous, avec Mateo Renzi. La France médiatique retient le rapprochement, l'applaudit, s'interroge. Hollande dans l'ombre de la «Renzimania», s'amuse le Figaro. Dans l'Expansion, un expert pense qu'un "compromis" est possible avec Angela Merkel.

Cinq propositions
Quelques heures avant de se rendre en Belgique, Hollande parle de la France d'après, sur une estrade, à l'Elysée. Sur son pupitre, on peut lire: "la France s'engage".  Il a "un agenda pour la croissance et le changement en Europe" à proposer à ses collègues européens: il aimerait un plan d'investissements sur cinq ans, qui s'élèverait à 2% du PIB européen, soit environ 240 milliards d'euros par an, financés par la Banque européenne d'investissement (BEI)

Quelques économistes applaudissent.

Hollande ajoutent quatre "idées", ça ne mange pas de pain. L'exercice paraît si vain, comme avant, hors sol, comme ces "20 Md € pour l’initiative emploi des jeunes sur la législature", ou cette nouvelle incantation à une "politique européenne de l’énergie" (avec le soutien à la recherche pour les technologies de rupture,etc). Hollande suggère aussi un renforcement du fonctionnement de l'UE en recyclant la lubie franco-française du "choc de simplification". La France est-elle un modèle ?

Des frondeurs
Pourtant, l'affaire ressemble à un mauvais "remake". En septembre 2012, Hollande avait déjà tenté l'impossible, renégocier tout seul le Traité de Stabilité. Grand mal lui en pris. Pourtant élu depuis peu, la dynamique n'était pas là. Il en sorti avec un plan de relance, 120 milliards d'euros, mais le maintien du TSCG qu'il n'avait pu amender.

L'enjeu de ce Conseil pour François Hollande était intérieur. En France, sa majorité craque. Les députés planchent sur un mauvais texte, le Pacte de Responsabilité.  Hollande cherche des gestes positifs à Bruxelles.

Il ne les obtient pas. Jeudi soir, le communiqué officiel est laconique.

Deux présidents
Vendredi, le choix des chefs d'Etat et de gouvernement se portera sur Jean-Claude Juncker pour présider la Commission européenne.  Mediapart s'indigne: "Hollande soutient Juncker en échange d'à peu près rien". Qui pensait qu'il y avait une alternative ? Même le leader grec Alexis Tsipras, le 30 mai dernier, expliquait que Juncker était le candidat légitime puisque la droite populaire, dont il était le candidat, a finalement gagné le scrutin européen.  

Où est la polémique ?

Répétons: la droite a gagné les élections européennes au niveau de l'Union. Qui peut penser qu'un autre président qu'issu de la Droite populaire sera choisi ?

Cinq millions
Il y avait Conseil européen. A Paris, loin de là, Pôle emploi confirmait avoir inscrit au moins 5 millions de personnes dans ses funestes premières catégories des demandeurs en recherche active en mai dernier.  On a même recensé 24.800 chômeurs de catégorie A (i.e. sans aucune activité) de plus en mai, pour atteindre le record de 3,388 millions en métropole.

Toutes les catégories d'âge sont concernées. 

Sans blague ?


6 commentaires:

  1. Ne jouons pas les étonnés sur le nombre de chômeurs.
    Ainsi, comment faire exploser un gouvernement de gauche ? Par le chômage. Or, qui avait conseillé à ses amis patrons d'attendre l'après élection présidentielle pour lancer les licenciements ?

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    1. pas faux. Mais il faut autre chose. Que Hollande cesse son pacte irresponsable, entre autres. Enfin, d'après moi..

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  2. La censure socialiste a le même goût, la même saveur que la censure libérale.

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  3. Cinq millions de chômeurs ? Ouais. Mais on passe à la trappe le million de chômeurs d'outremer. Sont sans doute pas français... Et puis on passe aussi à la trappe les 250 à 300 000 radiés du mois qui se réinscriront le mois prochain. Et on passe aussi à la trappe tous ceux qui ne s'inscrivent plus puisque ça ne sert à rien. Si on ajoute tout ce petit monde (handicapés, mères au foyer par contrainte, RSAstes, etc) on obtient, enfin c'est la DARES qui l'écrit, 9 millions de chômeurs et des brouettes...

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