23 juin 2014

Sarkozy coûte 100K l'heure, pour rien.

Il ne se rase pas. Cela lui donne un "aspect" assez improbable sur les photos officielles ou officieuses où l'on vole encore quelques clichés. L'homme qui a menti 4 fois sur le dos du pays va revenir.


1. Sarkozy mentait quand il expliqua comme Jospin en son temps qu'il se retirait de la vie politique au soir de la défaite du 6 mai 2012. Il mentit encore deux fois sur sa propre campagne, elle avait coûté bien plus cher qu'officiellement. Il mentait aussi sur l'état des comptes du pays. Il fallait que la droite se débarrasse de l'homme, elle a du mal, aspirée par des scandales de l'ancienne Sarkofrance.

2. L'ancien monarque poursuit ses prestations tarifées. La dernière a fini par faire quelque bruit. 100.000 euros pour une heure de conversation sur le leadership. On appelle cela "faire des ménages". Sarkozy était à Monaco, mercredi 18 juin, et il y eut évidemment quelques enregistrements clandestins rapidement vendus et diffusés par quelques médias français.
"Parler est un risque parce que je sais que je suis enregistré, mais c'est un risque calculé que je suis ravi de prendre avec vous." Sarkozy, le 18 juin.
3. Le leadership façon Sarko ne s'embarrasse pas des détails d'intendance. 
La droite républicaine s'enfonce dans une crise multiple - idéologique, éthique et électorale, alors qu'elle est dans la position excessivement facile de l'opposition irresponsable. Nous avons la confirmation qu'à deux reprises, l'équipe Sarkozy a menti et fraudé sur les règles de financement électoral en 2012.

4. La conférence de Nicolas Sarkozy a un contenu bidon, un thème flou donc farfelu - "Les grands enjeux économiques mondiaux". Ce n'est pas une convention d'expert, mais une manifestation "people" pour motiver les troupes et séduire les clients d'une entreprise privée, en l'occurrence le cabinet Deloitte qui organisait ce "sommet". Sarkozy a baissé ses tarifs. Il cherchait près du double l'an passé. Le temps des soldes est-il arrivé ? Pour l'heure, Sarkozy ramasse du fric. C'est tout, et aussi simple que cela.

5. Sur place, il surjoue sa proximité avec les grands du monde ("J'ai dit à Barack Obama bon courage"). La fonction fait l'homme. Soyez président, vous rencontrerez vos collègues du monde. Certains moins crétins réalisent plus rapidement la fragilité de la situation. D'autres s'obstinent à penser qu'ils avaient un destin différent. Pour le plus grand plaisir de l'assistance, il rapporte une anecdote avec Barack Obama, un président élu quelques mois après lui contre lequel on se souvient des mots durs et méprisants de jalousie qu'il avait lâché en public.
"J'avais dit à l'époque à Barack Obama : « Les conversations entre toi et le président Hunji Tao vont être passionnante après le dîner officiel. Vous n'avez pas vu les mêmes livres vu les mêmes films, écouté les mêmes musiques, la conversation ne va pas être très longue... »"
6. Sarkozy est encore capable d'enfoncer des portes ouvertes. Ainsi: "Il va falloir s'habituer à cette absence de leadership mondial. Cette absence ne veut pas dire instabilité. Je crois au contraire que cet équilibre précaire qui fait que tout le monde dépend de tout le monde crée au fond une forme de stabilité. Et on l'a vu avec la crise économique de 2008". Il y a une évidence et deux bêtises dans cette courte formule: (1) tout le monde a compris depuis 25 ans et la chute du mur de Berlin que le monde était pluri-polaire; (2) le monde a au contraire atteint une instabilité hors normes qui déstabilise durablement les visions nationales; (3) la crise de 2008 fut aussi un moment d'immense confusion. Sarkozy lui-même resta tétanisé 15 jours durant avant de comprendre comment il fallait réagir grâce à la lucidité du premier ministre britannique de l'époque, Gordon Brown.

7. Sarkozy est encore capable de raconter n'importe quoi. Prenez sa déclaration sur l'euro. La monnaie unique est un formidable élément d'unité européenne. Mais l'harmonisation économique européenne asphyxie jusqu'à la Grèce. Chez Sarko, cela donne: " L'euro, c'est le coeur de la centrale nucléaire, le coeur de l'Europe. Si l'Euro explose, l'Europe explose. Je veux que vous y réfléchissiez, je pense profondément que s'il n'y a plus l'Union européenne en Europe, il ne se passera pas deux ans avant que les conflits ne renaissent sur le territoire européen". Prenez sa nouvelle lubie sur l'Europe à plusieurs vitesses.

8. Sarkozy veut un premier cercle, composé des "grands pays". Pourquoi pas ? Mais ce n'est pas l'Union. Et quand il présidait cette dernière, au second semestre 2008, il s'est couché. Pire, durant son quinquennat, il a joué la Méditerranée, puis l'Allemagne, puis le Royaume Uni, incapable d'imprimer sa marque. "Clairement je demande la suppression de la règle de l'unanimité pour que la majorité puisse avancer sans que la minorité ne puisse s'y opposer. Quitte pour la minorité à ne pas voter les règles de la majorité." Clairement, il n'a rien fait pour.
"C'est un mensonge de dire en Europe que tous les pays ont les mêmes droits. C'est faux. Et après ce que j'ai dit monseigneur sur les plus petits pays, je revendique la franchise. Quand vous avec la France et l'Allemagne qui pèsent, à eux deux la moitié du PIB de la zone euro, vous ne pouvez pas dire  que la responsabilité de Malte et du Luxembourg est du même ordre que la responsabilité de l'Allemagne et de la France. C'est un mensonge. On n'a pas les mêmes droits car on n'a pas les mêmes devoirs."
9. Sarkozy va revenir. Tout est prêt pour l'automne. C'est dans les colonnes du JDD. Sarkozy joue  de Gaulle... ou à Pétain. L'homme providentiel est une formule politique anti-républicaine. Mais Sarkozy insiste. "Je ne suis pas décidé à laisser la France dans un tête à tête entre le Front national et le Parti socialiste. On se demande jusqu’où M. Hollande va abaisser le pays. Quant à ma famille politique, elle est en train de se dévorer." Quelques éditocrates sont prêts à tout oublier des casseroles judiciaires, innommables et si nombreuses, de l'ancienne Sarkofrance, pour profiter de ce feuilleton digne des pires séries B.

10. Sarkozy ne croit à l'homme providentiel que pour autant que ce soit à son bénéfice ultime. Sa grande déclaration, maintes fois reprises par nos médias nationaux ces dernières heures, est édifiantes pour qui croit encore à la démocratie des peuples: " Dans les entreprises, pour les Etats, dans tout groupe humain, vous avez besoin d'un leader qui voit plus loin, plus vite." Cette confusion entre les Etats et les entreprises est révélatrice de l'homme: "Quand j'étais président pendant cinq ans, j'ai connu cinq premiers ministres japonais différents. Est-ce que c'est raisonnable ? Est-ce que c'est raisonnable qu'un pays de 150 millions d'habitants change de premier ministre tous les ans ?". La Japon compte 126 millions d'habitants. Pour 100.000 euros l'heure, on a le droit d'être précis, à quelques dizaines de millions...  

11. Le retour de Nicolas Sarkozy est sans doute la meilleure nouvelle politique du moment pour François Hollande. "Jusqu'où Monsieur Hollande va abaisser le pays ?" se demande l'ancien monarque. Nous avons la réponse: pas encore jusqu'à son niveau. Sarkozy n'a aucun bilan sauf le sien, détestable. Il est fort probable que Hollande n'aura pas redressé comme il l'espérait les comptes publics dégradés de quelques 600 milliards d'euros sous la présidence Sarkozy. Mais Hollande, sauf miracle désastreux, n'aura pas fait pire. Mieux encore, Sarkozy reviendra lesté de ces affaires qui réjouissent les juges et terrifient l'électeur - des dizaines de millions d'euros de fraude électorale.

12. Contre l'islamisme politique, Sarkozy a une idée, les laisser prendre le pouvoir pour démontrer qu'ils sont inefficaces. "Peut-être allez vous être choqués, mais la meilleure façon de combattre les extrémistes c'est de les laisser aller au pouvoir pour que les gens comprennent que, en plus de leur fanatisme, ils sont nuls." Il aurait pu s'abriter derrière l'exigence démocratique. Et bien non.

13. Sur Kadhafi, il est dur, c'est normal. L'homme est mort, renversé par une guerre
Personne, dans l'assistance polie de ce conclave invité par un cabinet de conseil, ne lui pose la seule question qui vaille: pourquoi a-t-il cherché à vendre à la Libye dirigée par Kadhafi, en 2005-2006, quand il était ministre de l'intérieur, des systèmes de surveillance ? Sarkozy est hors sol. Sans doute croit-il ses propres propos quand il déclare: "Quand les armées de la coalition sont rentrées dans le ciel libyen, c'est la première fois depuis Lawrence d'Arabie que des Européens et des Américains tendaient la main à la jeunesse arabe. Nous partageons la même mer ! Nous ne pouvons pas laisser le monde arabe dériver vers l'obscurantisme. " Sans doute oublie-t-il l'affaire Qosmos.



Conférence de Nicolas Sarkozy à Monaco: "J'ai... par nice-matin

6 commentaires:

  1. Allez, Juan : maintenant, le même exercice " Il a toujours tout faux" à l'égard de Mélenchon ( vous savez bien que c'est tout à fait faisable, en opérant un tri judicieux dans ses déclarations, comme vous le faites pour Sarkozy ou pour Valls).

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    1. "Qu’il s’agisse de Mélenchon, de Bayrou, de Dupont-Aignan… et de bien d’autres. Sera t-il, un jour, possible en France de discuter d’une offre politique sans la ridiculiser avant de la clouer au pilori médiatique ? Est-il possible d’échapper à cette logique binaire : diabolisation ou fascination ?" ("la chasse au Mélenchon" de Joseph Macé Scaron dans marianne.net). Allez, Juan ! Fais plaisir à Elie Arié, tape sur Mélenchon et continue à louer le traître Hollande et ses camarades libéraux soi-disant socialistes. Beurk !

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    2. Trop manichéen pour comprendre qu'on peut n'apprécier ni Hollande ni Mélenchon ?

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    3. Ni Valls, Moscovici, ni Strauss-Kahn, ni Sarkozy, ni Copé, Ni Juppé, ni Raffarin, ni Le Pen, ni Bayrou ... C'est le retour du ni-ni ou le chant du cygne des politicards à mettre au rancard. Triste destin pour la démocratie ou opportunité de remplacer tous ces professionnels, qui font carrière dans l'establishment en promouvant leurs intérêts propres et ceux de leur classe.

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    4. Selon la célèbre formule d'Abraham Lincoln, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Nous en sommes aujourd'hui très loin. Mieux que cela, celles et ceux qui réclament autre chose à cor et à cri sont qualifiés de « populistes » par des politicards uniquement préoccupés par leur carrière et leurs intérêts.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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