8 juillet 2014

Le Vrai Hollande

L'hebdomadaire Marianne s'est exercé à dresser le portrait de François Hollande. Le dossier faisait écho à un autre, il y a 7 ans, sur un ancien monarque qui s'apprêtait à le devenir, Nicolas Sarkozy. Sept ans plus tard, la démarche est la même: comprendre l'homme pour comprendre les actes.



La Vème République est un régime qui infantilise la démocratie. Nombre de pouvoirs institutionnels procèdent du président de la République. Nombre d'élus et de ministres ne jurent que par lui dans le moindre de leurs actes ou de leurs discours. La réalité des faits et du cours politique est pourtant bien différente. Qui peut croire aujourd'hui que Hollande, comme hier Sarkozy, a la totalité du cours du pays dans les mains ou sous contrôle ?
"Depuis son premier voyage à Berlin, impuissant face à face face à Angela Merkel, le chef de l'Etat a touché du doigt les limites de son pouvoir." Daniel Bernard, Marianne, 4 juillet 2014.

Bref, réduire le quinquennat à la personnalité du locataire élyséen est évidemment imparfait. Mais acceptons l'exercice. Il est toujours utile de comparer les hommes, même si ces portraits sont forcément subjectifs.

Le vrai Sarkozy était mal connu. La presse s'esbaudissait de ce nouveau Kennedy, si jeune et dynamique. Il fallait lire Politis, l'Huma ou ... Marianne pour comprendre que cet homme était plus dangereux qu'il n'y paraissait. Finalement, il se révéla plus agité que réformateur en matière économique et sociale: son immobilisme au pouvoir était inversement proportionnel

François Hollande est plus énigmatique.

Le dossier que lui consacre Marianne s'accompagne quelques témoignages divers et variés.

Le vrai Hollande est plus décevant, moins vantard, moins instable, moins orgueilleux, moins attiré par le fric, plus distant mais mois froid, tout autant nombriliste, tout aussi hargneux.

Sarkozy est capable du pire pour récompenser ses fidèles et ses amis, même les plus incompétents. Hollande est incapable de fidéliser ses amis, même les plus doués. Le premier a un clan, le second est finalement seul. "L'insensibilité hollandaise confine à la sainteté" note Marianne.

Hollande n'a pas l'émotion d'un Sarkozy, mais partagerait un manque de courage. Il n'a pas son agitation, mais une "intelligence encombrante".


 




7 commentaires:

  1. L'empathie d'une méduse. La chaleur d'un colin. La sensibilité d'une paramécie. Le courage d'un escargot. La fidélité d'une étoile de mer. La volonté d'une limace. La démarche assurée d'un albatros.

    Et aussi.

    La foi aveugle du charbonnier en la croâssance. L'addiction au jeu avec les coups foireux comme Ségolène en 2007 qu'il pensait remplacer après son explosion en vol ou bien la stratégie avec les coups directs et indirects comme au billard pour pousser Le Pen afin d'être face à elle au deuxième tour en 2017.

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  2. "ou bien la stratégie avec les coups directs et indirects comme au billard "

    En clair : un disciple de Mitterrand.

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  3. "Frondeurs du PS" , EELV et Front de Gauche : caramba, encore raté ! Belle victoire de Valls, qui n'a pas eu à faire usage de l'article 49-3 :

    " L'Assemblée a adopté le budget rectificatif de la Sécu par 272 voix pour, 234 contre et 54 abstentions."

    http://tinyurl.com/ocyxg5o

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    1. Non, ce n'est pas triste: c'est le rejet des mesures d'économies de Valls qui aurait été tristes; continuer à augmenter nos dépenses en les finançant par toujours plus d'emprunts, donc de dettes, donc d'intérêts à payer, donc d'impôts qui ne servent plus qu'à iça nous mène droit au sous-développement.

      Pendant ce temps, l' Allemagne (désormais premier partenaire industriel de la Chine) présente cette année un excédent budgétaire, et (depuis plusieurs années de suite), un excédent de ses régimes de protection sociale ( maladie et retraites) qu'elle auto-finance; elle rembourse de la dette, paye moins d'intérêts, et peut consacrer ses impôts à autre chose; on connaît ses points faibles (notamment dans les investissements dans les infrastructures, et cette erreur qu'a été l'abandon du nucléaire) , mais, aujourd'hui, l'avenir des Allemands s'annonce bien plus prometteur que celui des Français.

      La "gauche", ce n'est pas la course au sous-développement.

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    2. Un vrai bonheur ces régimes de protection sociale en Allemagne... Vous invitent même à voyager.

      "L'Allemagne divisée face à la misère de ses retraités" http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121019trib000726045/l-allemagne-divisee-face-a-la-misere-de-ses-retraites.html

      "Allemagne: la délocalisation des maisons de retraite" http://www.slate.fr/lien/64247/allemagne-maisons-retraite-etranger

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