15 septembre 2014

Au secours ! Sarkozy revient !


Sarkozy revient dimanche, sans surprise ni changement, pour le premier jour de l'automne. C'est un nouveau feuilleton qui s'ouvre,  la saison 3 de Sarkofrance qui débute alors la 2ème n'est pas encore terminée, pour notre plus grand déplaisir. 

C'est surtout un éternel recommencement, sur fond d'amnésie collective, de paresses individuelles et de mensonges politiques.


"J'ai changé"
Il revient, évidemment. Et il nous dira qu'il a changé, qu'il changera tout, que tout changera. Sarkozy revient avec l'exact même antienne qui fait son ADN politique: le changement. La girouette de Neuilly aa changé en 1995 en trahissant Chirac, puis a changé en 2002 en se réconciliant avec Chirac; puis en 2004, quand il s'empara de la présidence de l'UMP. Et encore en 2007, quand il triangulait la gauche; en 2010, quand il parlait frontiste. Et maintenant en 2014, quand il est, à nouveau, oecuménique.

Il aurait des idées nouvelles, même.
«Vous allez voir ce que vous allez voir», confient avec gourmandise les soutiens de Nicolas Sarkozy (source: Libération)

Même les Chiraquiens s'y mettent.
"Je souhaite de tout mon cœur que Nicolas Sarkozy revienne". C'est Bernadette qui fait le meilleur job. Mme Chirac, le 12 septembre, estime que Sarkozy doit revenir, mais pas à la tête de l'UMP, car ce ne serait "pas de son niveau". Bernadette Chirac se trompe. Sarkozy devait sauver la France, mais il doit d'abord nettoyer l'UMP.  Autre rallié, François Baroin, le fils politique de Jacques Chirac, ex-ministre des finances de l'ancien monarque quand la dette publique explosa tous les plafonds.

Même Dominique de Villepin s'est aussi lancé dans la louange. Il espère la victoire. Consultant pour des émirats, il aimerait revenir aux affaires, sans doute au Quai d'Orsay en cas de victoire de l'Ancien Monarque. Villepin, donc, nous assure que Sarkozy "a changé".





On sourit.

L'erreur politique de Juppé et Fillon
Le plan est connu, expliqué, détaillé depuis quelques jours. Nicolas Sarkozy va d'abord conquérir le plus facile, c'est-à-dire la présidence de l'UMP. Ni Alain Juppé ni François Fillon n'ont daigné s'y intéressés, trop occupés à penser à la primaire de désignation du candidat UMP de 2016. Les deux sont suffisamment naïfs ou incompétents pour laisser leur pire ennemi de l'intérieur s'emparer de la présidence du parti chargé d'organiser les dites primaires. Autant dire que le combat est perdu d'avance.

Nicolas Sarkozy prouve encore une fois son habileté politique. Il ne va faire qu'une bouchée des deux prétendants à la présidence de l'UMP, Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Le Maire espère créer la "surprise" contre Sarkozy.

On sourit.

Forcément, Sarkozy a changé...
Mieux, le voici qu'il arrive avec un énième discours de changement et de réconciliation.

A tous ses anciens adversaires et critiques de l'intérieur, il tend la main, propose des postes, assure de son indulgence. Comme l'UMP est en vrac, les plus fragiles suivent facilement, puis d'autres rejoignent, la cohorte grossit. Voici donc Laurent Wauquiez, Jean-François Copé et même Jean-Pierre Raffarin qui rentrent dans le rang. Leurs motivations sont simples et prévisibles: Wauquiez est trop jeune pour concourir à la présidentielle. Copé est cramé par l'affaire Bygmalion. Raffarin est effrayé par la déliquescence de la droite classique face au Front national.

Il serait même ni de gauche, ni de droite, et surtout pas de gauche.

Il aimerait déjà fusionner l'UMP avec les centristes de l'UDI. Il faudrait, pour les "centristes", oublier le discours de Grenoble et les autres saillies extrême-droitistes de 2010-2012.  Ces mêmes centristes, y compris d'anciens ministres, sont loin de suivre:
"Je ne sais pas qui a été raconté ça, mais c’est n’importe quoi ! 

Forcément, Sarkozy n'a pas changé.
Sarkozy n'a pas changé, il utilise simplement le même discours, celui du "j'ai changé". Cette fois, il promet en coulisses de changer le nom du parti, de changer la composition de ses instances dirigeantes pour les ouvrir encore plus largement. Mais sur le fond, quel est le programme autre que sa propre victoire personnelle ?

Il va tenter de faire oublier qu'il a dépensé deux fois plus que le plafond légal pour se faire réélire, en vain; qu'un émir a réglé les 3 millions d'euros de frais de divorce en 2007; qu'il a travaillé à vendre des technologies de surveillance à l'ancienne Libye du colonel Kadhafi, et bien d'autres choses encore. Il tentera de faire oublier combien il a raté son premier quinquennat: économiquement, rarement la France en sorti aussi affaiblie. Politiquement, Sarkozy a décomplexé l'extrême droite furibarde. Judiciairement, Sarkozy a enfreint la loi (sur le financement des campagnes, règle élémentaire de la démocratie), et reste poursuivi pour trafic d'influence, corruption et recel. Que faut-il de plus ?

Sarkozy n'a pas changé. Il revient avec ce mélange d'équation personnelle et de tactique politique aux idées fluctuantes jusqu'à l'extrême droite. Il continue son tour "peopilistique" avec Carla au bras. La semaine dernière, c'était au tour de BHL d'avoir l'honneur et la joie d'une visite de l'ex-président et de son épouse devant les caméras.

Frédéric Péchenard, ancien directeur de la Police nationale, celui-là même qui ordonnait aux services secrets de traquer les sources des rumeurs d'adultère au sein de l'ancien couple présidentiel, serait son directeur de cabinet.

Sans blague.

La reconstitution de ligue dissoute est presque complète, la "Firme" est à nouveau là, prête à servir. Brice Hortefeux, Pierre Charon, Frédéric Péchenard ou Franck Louvrier. Patrick Buisson s'est cramé seul à cause de son espionnage compulsif.

Sarkozy revient, comme hier ou avant-hier.

Il n'est jamais parti. 




7 commentaires:

  1. au moins tu auras quelqu'un d'autre à décapiter

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    1. Un vrai révolutionnaire, bobby ! Comme quoi il n’est pas toujours possible de faire fi de son héritage, bob.

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  2. Par où il va rentrer, on l'a pas vu sortir ?!!

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  3. La liste de ses trahisons commence bien avant. Au début des années 80, c'était Pasqua pourtant un maître en la matière. C'est tout dire.

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  4. « Sarkozy revient avec l'exact même antienne qui fait son ADN politique : le changement » (Juan)
    Quel est l’homme politique, qui en avait fait son slogan de l’expression « le changement, c’est maintenant) ?
    1. Est-ce Jules César qui s’écria : « nunc mutatio est », lorsqu’il passa de vie à trépas sous les coups de poignard de son fils adoptif ?
    2. Est-ce Henri III De France lorsqu’il fit savoir en annonçant « le changement, c’est maintenant » qu’il préférait les mignons aux belles damoiselles ?
    3. Est-ce, plus près de nous, Attila, qui attira Bleda, roi des Huns, pour lui expliquer manu militari que « le changement, c’est maintenant » et qu’il devait céder la place ?
    Comme dirait ou aurait pu le dire Le Roy Ladurie, l’histoire est un éternel recommencement que les fous ou les traîtres réécrivent sans cesse.

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  5. Le 17 septembre à l’Assemblée nationale, Cazeneuve présente une loi anti-terrorisme sous le régime de la procédure accélérée. Où l’on voit que les lib’ soc’ ne sont des réactionnaires tendance républicain américain. A vomir ….

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