16 septembre 2014

Contre Manuel Valls, quel moment de vérité ?

Il comptera ses troupes. Manuel Valls devrait obtenir le vote de confiance mardi. Qui aurait été surpris du contraire ?

A Paris, à l'Elysée, François Hollande célébrait la tenue d'un sommet sur la situation en Irak. Il y avait quelques grincheux pour penser que la France devait laisser les djihadistes du nouveau Califat décapiter ce qu'ils trouvaient d'Occidentaux dans la région.

La situation entre la Syrie et l'Irak, là où les fanatiques du Califat sont parvenus à faire leur trou béant, est détestable. Laurent Fabius annonce un peu plus de 900 djihadistes d'origine française sur le terrain. La ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, est en état de siège.

François Hollande, donc, accueillait ce qu'il fallait de responsables politiques pour s'interroger sur la marche à suivre contre cette aberration politique que constitue le Califat islamique. Quelques commentateurs à l'esprit simples voulaient dresser un parallèle désynchronisé et sans rapport  avec la première ou seconde guerre en Irak. A l'époque, les Bush senior puis junior s'étaient décidés à attaquer une dictature sur la foi de présence d'armes de destructions massives alors qu'il ne s'agissait de pétrole. En 2014, le Califat présente une autre menace qui s'illustre à coups de décapitation postées sur YouTube, puisque ces barbares sont également "connectés".

Allez donc chercher les parallèles d'un autre temps.

Manuel Valls n'en a cure. Il pensait à son discours, ce mardi devant des députés majoritairement hostiles mais incapables de s'allier pour le faire trébucher et le renvoyer vers des élections législatives perdues d'avance. Il a sombré, lui aussi, dans les sondages.

Si les frondeurs avaient quelque courage, ils voteraient donc contre le gouvernement Valls, pour assumer le désaccord jusqu'à la rupture. L'abstention ne sert à rien. La Constitution de la Vème République est suffisamment monarchique pour le prévoir de démission du gouvernement que si les députés votent majoritairement CONTRE le gouvernement.

Le reste est inutile et sans valeur.

En attendant, les conseillers de Matignon confiaient anonymement que Manuel Valls, "dans son discours, (...) va redonner du sens à ce qui est fait par le gouvernement, il va refixer un agenda et parlera des valeurs qui rassemblent le pays ." On se pince, on sourit. Comment comprendre le sens d'un premier ministre qui applique une politique pour laquelle il n'a pas été élue ?  Pour Manuel Valls, ce serait l'heure de vérité, ce moment où il "n'oubliera pas les démunis, les oubliés, les quartiers, assure un ministre". Où il serait "soucieux de montrer qu'il mène une politique de gauche." Qui à Matignon s'interroge sur cette question évidente: pourquoi donc Manuel Valls a-t-il besoin de réassurer l'Assemblée nationale moins de 6 mois après sa première intronisation ?

A l'Elysée, le blocage psychologique est tout aussi prégnant.

Il n'y avait qu'à lire ce commentaire d'un conseiller anonyme.

« Mardi, on aura la preuve que le président peut continuer à agir » Un conseiller de l'Élysée.

Mardi 16 septembre, donc, François Hollande devait perdre toute chance d'être réélu en 2017.

Amen.

3 commentaires:

  1. Le danger est grand de nous retrouver dans la même situation sociale et politique que dans les années 30. Ce sont les "ligues", nées entre 36 et 39 qui ont accouchées des pleins pouvoirs au "maréchal". Si la France a besoin de renouveau ce n'est pas de ce côté qu'il faut regarder...

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  2. "Amen" (Juan). V’là pas que Juan tourne le dos à la laïcité et endosse l’habit du curé. Pas étonnant malheureusement d’assister à cette évolution quand on voit des « socialistes » se mettre au service des riches les plus réactionnaires et les plus cupides. Il faut vraiment que chacun ait perdu ses repères pour en arriver là.

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  3. Il a pas vraiment le choix :

    L'électeur moyen a plus de 50 ans, pas un âge ou l'on fait un saut dans l'inconnu. Même la Grèce, dans une situation bien pire, n'a pas fait le pas de sortir de l'euro ou de menacer d'en sortir. On voit mal la France le faire - et les perspectives dans ce cas seraient extrêmement aléatoires, avec beaucoup plus de possibilités négatives que positives.

    Dès lors qu'on a rejeté la possibilité d'une sortie, reste la solution d'essayer d'orienter les politiques européennes dans le sens le plus favorable possible. Pour cela, le mieux est de faire le bon élève, laissant les coudées franches à la BCE.

    http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2014/09/17/la-politique-economique-du-gouvernement-est-presque-la-meilleure-possible.html

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