19 septembre 2014

Sarkozy, 2 ans pour un post sur Facebook

ça ressemble à un faux départ, aussi faux que le retour d'un homme qui n'a jamais eu l'intention de quitter la politique le 6 mai 2012.

Ces dernières semaines, la rumeur enflait. Sarkozy faisait lire son texte à des proche, une longue tribune pour signer le retour. Ses deux rivaux principaux, Alain Juppé et François Fillon, étaient comme tétanisés. Venaient-ils de comprendre leur erreur d'avoir laissé les clés du parti à Nicolas Sarkozy ?

Vendredi 19 septembre 2014, Nicolas Sarkozy a donc posté un (trop) long message sur Facebook.

"Mes chers Amis,
Le 6 mai 2012, au soir de l’élection présidentielle, j’ai remercié les Français de l’honneur qu’ils m’avaient accordé en me permettant de conduire les destinées de notre pays durant cinq années. Je leur ai dit ma volonté de me retirer de toute activité publique.

Depuis, j’ai pris le temps de la réflexion après toutes ces années d’activités intenses. J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement.

J’ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m’ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions.
J’ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l’endroit du pouvoir, de sa majorité mais plus largement de tout ce qui touche de près ou de loin à la politique.

J’ai senti chez beaucoup de Français la tentation de ne plus croire en rien ni en personne, comme si tout se valait, ou plutôt comme si plus rien ne valait quoi que ce soit.

Cette absence de tout espoir si spécifique à la France d’aujourd’hui nous oblige à nous réinventer profondément.

Je me suis interrogé sans concession sur l’opportunité d’un retour à la vie politique que j’avais arrêtée sans amertume et sans regret.

C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique.

Car, au fond, ce serait une forme d’abandon que de rester spectateur de la situation dans laquelle se trouve la France, devant le délitement du débat politique, et la persistance de divisions si dérisoires au sein de l’opposition.

Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d’un nouveau et vaste rassemblement qui s’adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd’hui à la moindre réalité.
Ce vaste rassemblement se dotera d’un nouveau projet, d’un nouveau mode de fonctionnement adapté au siècle qui est le nôtre et d’une nouvelle équipe qui portera l’ambition d’un renouveau si nécessaire à notre vie politique.

J’aime trop la France ; je suis trop passionné par le débat public et l’avenir de mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d’aujourd’hui et la perspective d’un isolement sans issue. Je ne peux me résoudre à voir s’installer dans le monde l’idée que la France pourrait n’avoir qu’une voix secondaire.

Nous devons faire émerger de nouvelles réponses face aux inquiétudes des Français, à leur interrogation sur la pérennité de la France, à la nécessité d’affirmer sa personnalité singulière, à la promotion de son message culturel qui est sans doute la plus belle part de notre héritage.

On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective.

Pour construire une alternative crédible, il nous faut donc bâtir la formation politique du XXIème siècle. Je le ferai avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d’apaiser les tensions, et en même temps de susciter l’intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l’abaissement de la France. Nous aurons besoin de toutes les intelligences, de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés. Il nous faut tourner la page des divisions et des rancunes afin que chacun puisse s’inscrire dans un projet, par nature, collectif.

Je connais les difficultés qui nous attendent. Mais l’enjeu nous dépasse tellement, les perspectives sont si exaltantes, le redressement si nécessaire qu’à mes yeux les obstacles paraissent dérisoires.

Ensemble, par la force de notre engagement, par notre conscience commune de la gravité des enjeux, nous rendrons possible le sursaut dont nul ne peut douter de la nécessité et de l’urgence.

Que chacun soit convaincu de la force et de la sincérité de mon engagement au service de la France.
NS"

Deux ans pour ces quelques mots sur Facebook.

On croit rêver.

7 commentaires:

  1. Et c'est reparti ! Cette fois, on n'ira pas jusqu'au burn-out, hein ?

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  2. Archive mars 2012 – Quand Sarkozy jurait de quitter la politique.

    En mars 2012, interrogé par Jean-Jacques Bourdin afin de savoir s'il allait quitter la politique en cas de défaite à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait été clair :

    « Si vous perdez cette élection présidentielle, est-ce que vous arrêtez la politique ?

    - Oui.

    - Vous arrêterez la politique ? Si vous perdez le 6 mai, le 7 mai vous abandonnez la politique ?

    - Vous pouvez me poser la question une troisième fois, je vous le dis : oui. Bé oui. Je ferai autre chose. Quoi ? Je ne sais pas. »

    http://video.lefigaro.fr/figaro/video/archive-2012-quand-sarkozy-jurait-de-quitter-la-politique/3794754186001/

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  3. Il est vrai qu'il n'a rien de commun avec un homme intègre comme Jospin.

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  4. Sincèrement, j’en ai les larmes aux yeux. Un message si touchant, si humble, si délicat, oserais-je dire. Comment pouvons-nous vivre hors la présence d’un tel poète, qui sait allier passion et volonté, soucieux de rassembler et de construire ? Comment ?

    Devons-nous, pour endiguer cette mélancolie envahissante, nous rappeler de l’individu cynique, nombriliste et velléitaire, qui poussait les Français les uns contre les autres, qui était faible avec les forts et dur avec les faibles, un individu si différent et pourtant si proche du Sarkozy new-look ?

    Ou devons-nous plutôt le contraindre, lui et tous ses camarades de l’UMP et du PS, à passer la main pour que nous puissions nous sortir du bourbier dans lequel ces incapables nous ont mis ?

    Vous avez le choix : tirer la chasse d’eau ou continuer à vivre dans une atmosphère irrespirable.

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  5. Il mis des piles neuves ?

    https://www.youtube.com/watch?v=oZC6RcSMYKk

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  6. Dr Jekyll et Mr Hyde, c'est un film d'épouvante, on a vécu le premier, terrible. Faites qu'il ne puisse faire une suite, qui ne peut être que pire.

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