29 octobre 2014

Sarkozy en 5 tweets, un soir à Marseille.

 

Inutile d'écrire davantage, la fatigue vous prend vite. De toutes façons, Nicolas Sarkozy est toujours suffisamment explicite.

 

Ce soir-là, à Marseille, lors d'un discours que l'on avait réécrit par Henri Guaino, il a livré toutes les facettes de son faux-nouveau personnage politique.


La facette Dark Vador



La facette libérale



La facette frontiste


La facette libérale-frontiste



La facette gaulliste


27 octobre 2014

Pourquoi Sarkozy a encore du mal.



C'est une coïncidence de dépêches. 


A quelques instants d'intervalle, l'une et l'autre arrivaient sur Twitter, ce réseau social qui joue comme un fil d'informations continue.

Dans son discours de meeting à Toulon, Sarkozy voulait que les militants soient fiers de leur famille politique.Quelques heures plus tard, Patrick Balkany héritait d'une nouvelle rumeur: la chaîne M6 affirmait que Tracfin, l'organisme public chargé de détecter le blanchiment et l'évasion fiscale, "aurait chiffré à 10 millions de dollars la somme dont aurait bénéficié Patrick Balkany."

Sarkozy a toujours minimisé l'importance de ses propres affaires judiciaires et des ennuis de ses plus proches avec la justice. C'est une erreur. Il y a toujours cette ligne de rupture, ce moment où l'opinion générale bascule, où le commun des citoyens finit par en avoir ras-le-bol. Des avancées de l'enquête sur ses voyages en jets privés sur "Air Cocaïne"  à sa prochaine nouvelle audition dans le cadre de l'instruction sur ses comptes truqués de campagne en 2012, Sarkozy a de quoi faire avec la justice.

En Italie, pays longtemps moqué de ce côté-ci des Alpes, la cascade d'enquêtes et de révélations judiciaires dans les années 90 a eu raison de l'ancienne classe politique. Certes, les Italiens ont ensuite hérité d'un bouffon et d'un véreux adepte de soirées "bounga bounga." Mais le choc politique de la mise à jour d'une corruption inégalée a été intense.

En France, Sarkozy aurait pu espérer contre-balancer l'effet des affaires avec des propositions politiques fortes. Il n'en fut rien. Sarkozy n'avait pas bossé. Moins de cinq semaines après son retour, voici quelques nouvelles preuves de son propre désarroi. En tournée dans le Sud de la France les 21-23 octobre, il abandonne le discours rassembleur au profit d'anciens relents frontistes de sa campagne de 2012: identité nationale, immigration et islamisme, le cocktail est connu, daté, et surtout rance.

On évoque ainsi un nouvel agenda "secret" - reprendre une posture ultra-droitière pour conquérir l'UMP, avant de réitérer un discours plus modéré pour se poser en rassembleur de la droite. Mais ce raisonnement, sorti tout droit de quelques communicants hors sol, oublie toujours ensuite les primaires à droite.

Last but not least, Sarkozy rappelle Guaino, l'homme des grands discours de la campagne de 2007, parachuté député dans les Yvelines en juin 2012, pour le "protéger" après la défaite.  Henri Guaino serait à l'oeuvre pour inspirer les belles paroles de l'ancien monarque dès son meeting du 28 octobre à Marseille.

On salive déjà.

"Je sais où je vais, je tiens ma feuille de route. Une fois élu président de l'UMP, une autre séquence s'ouvrira" Nicolas Sarkozy, 22 octobre 2014.



25 octobre 2014

390ème semaine politique: Martine Aubry et l'implosion du PS


Martine Aubry s'affirme comme première opposante "de l'intérieur" à François Hollande. Manuel Valls précipite l'implosion du PS, un scenario "à l'Allemande" qui, en Allemagne, a permis à la droite de gouverner depuis une décennie.


Le point Valls
Elle n'a plus les mots assez durs. Le Canard Enchaîné rapporte quelques formules terribles contre Hollande: "Hollande est un incapable, il a tout raté". Il y a de la rivalité personnelle dans cet affrontement-là, mais pas seulement.

Martine Aubry est sortie de son silence. Dimanche dernier, l'ancienne première secrétaire du parti socialiste, vaincue à la primaire socialiste de 2011 par François Hollande, a aligné ses "recettes" et ses critiques dans les colonnes du JDD. Elle a ouvert un site. Lundi, elle est sur toutes les ondes. Elle déroule ses propositions, comme celle de réserver les nouvelles exonérations de charges sociales aux entreprises vertueuses ou à celles exposées à la concurrence. Elle préfère un "plan de soutien à la croissance" de 20 milliards d'euros dirigé vers les ménages et les collectivités locales. Elle dénonce l'impasse de la politique économique actuelle.

Martine Aubry est techniquement dans l'opposition à François Hollande, même si politiquement elle ne franchit pas tous les pas.

A l'Elysée, on esquive. A Matignon, on grimace. Cela se lit sur leurs visages. Manuel Valls en personne part à la riposte, il veut provoquer la scission - on appelle cela une "clarification". Monsieur 5% aimerait une maison commune avec les centristes, qui n'en veulent pas. Valls a raison, c'est cohérent. Dans les colonnes de l'Obs, il suggère à nouveau de changer le nom du Parti socialiste, et dénonce la "gauche passéiste". Il voudrait partir avec le coffre électoral du PS - ses élus, ses militants, son implantation. Il y a urgence, Hollande et Valls ont une équation électorale impossible à tenir.

Un ancien médecin et actuel ministre des relations avec le parlement Jean-Marie Le Guen critique le "vieux logiciel socialiste". Martine Aubry fustige les "vieilles recettes libérales". Cette course à la modernité est ce qui reste à des hommes et femmes politiques désemparées.

A l'Elysée, Hollande cède à la tradition des 6 mois, et décore Valls d'une Légion d'honneur pour le semestre écoulé.

Le point Budget
Un grand patron meurt, bête accident d'avion sur une piste en Russie. Christophe de Margerie, PDG de la plus grande entreprise française, Total, reçoit un nombre effarant de louanges posthumes. Le Monde bouscule sa une, tous les éditocrates économiques y vont de leurs hommage. Un socialiste récalcitrant, Gérard Filoche, s'indigne et commet un irréparable tweet contre le défunt. Ses anciens camarades s'engouffrent dans le débat de son exclusion.

Il y a des combats plus faciles que d'autres.

Mardi à l'Assemblée, les députés adoptent de justesse le volet recettes de la loi de finances 2015, avec sa quarantaine de milliards d'euros de réductions de taxes et d'impôts. Quelque 39 socialistes frondeurs et une quinzaine d'écologistes ont préféré s'abstenir. Martine Aubry s'agace des largesses accordées à un patronat qui a imposé son agenda à bas prix. Qui ne le serait pas ? Manuel Valls. " Le CICE ça marche, notamment pour les petites entreprises », plaide ce dernier sur BFMTV-RMC. Son ministre de l'Economie s'inquiète quand même que ce CICE ne serve qu'à augmenter les dividendes ou les salaires.

On croit rêver.

Dans le même Parlement, une soixantaine de députés et de sénateurs ont maille à partir avec le fisc. L'information émane du Canard Enchaîné.

A Bruxelles, la Commission est loin d'applaudir au projet de budget français. On négocie ferme en coulisses, on évoque un possible "clash" entre la Commission nouvellement désignée et un gouvernement français affaibli comme jamais. La France sera encore en déficit l'an prochain- à 4,3% du PIB au lieu des 3% espérés. Pire, il n'y aurait pas "assez de réformes structurelles sur les rails." Cette théâtralisation des échanges entre Bruxelles et les exécutifs européens est cocasse et dangereuse. La Commission n'a qu'un avis consultatif sur les budgets des Etats de la zone euro, qu'elle formulera d’ici la fin novembre.

Le point Sarko
François Hollande garde un oeil sur lui.

Nicolas Sarkozy sillonne la France, une nuée de journalistes, désormais également chroniqueurs judiciaires, à sa trousse. Car on parle moins des propositions du nouveau/ancien candidat à la présidence d'un parti qu'il n'ose plus nommé que des casseroles bruyantes qu'il traîne derrière lui. Lui fait mine de les ignorer. D'après Mediapart, deux journalistes du Monde trop curieux sur les affaires de Sarkofrance ont été espionnés et menacés de mort après d'étonnantes révélations sur une affaire kazakh.

Cette semaine, l'un des plus fidèles amis de l'ancien monarque, Patrick Balkany, est mis en examen pour une nouvelle affaire de «blanchiment de fraude fiscale», «corruption passive» et «blanchiment de corruption». "Quand on n'a rien à se reprocher, on se sent bien" commente, sans rire, le justiciable.

Sarkozy laboure toujours les rangs militants de l'UMP. Certains commencent à comprendre qu'il n'y aura sans doute pas de primaires à l'UMP s'il en remporte la présidence. Et pour cause, Sarkozy veut simplement dissoudre l'UMP dans quelque chose de plus grand. Sa campagne réchauffée prend mal, même à l'UMP. Patrick Buisson, le grand inspirateur de la Doxa sarkozyste de la décennie précédente, n'y croit plus: "La mayonnaise ne prend pas. Il est seul. Y'a plus de jus. Plus rien".

Comme s'il avait compris que le costume du sauveur était décidément trop grand pour lui, Sarkozy a choisi cette semaine de reprendre ses habits buissonnien et ses accents extrême-droitistes.


Lors d'un meeting à Nice, il fustige la "terreur islamiste", célèbre les "valeurs de l'Occident". L'homme surjoue des peurs et des fantasmes. "Nos valeurs doivent être défendues face à un islamisme fanatisé qui rêve de semer la terreur en Occident". A Toulon le lendemain, il s'exclame: "la France ne veut pas disparaître." Il s'indigne encore contre l'Aide Médicale d'Etat:"S'il y a de l'argent pour augmenter l'AME de 50% pourquoi n'y en a-t-il pas pour les familles ?" Faire peur avec l'immigration est un réflexe, agiter les fantasmes une nécessité électorale.



François Hollande fait la course au centre-droit. Martine Aubry occupe son aile gauche.

Et la vrauche dans tout cela ?







Crédit illustration: DoZone Parody

23 octobre 2014

Budget 2015: les raisons de la colère

 

Les grands équilibres du budget 2014 sont consultables par toutes et tous. Trente-neuf députés socialistes, dont deux anciens ministres, ont décidé de s'abstenir lors du vote du volet des recettes budgétaires, mardi 21 octobre 2014. Jour après jour, la majorité officielle se rétrécit.


Les raisons
Elles sont simples, connues, évidentes.

1. La TVA en 2014 sera inférieure de 4 milliards aux prévisions initiales. En cause, la crise. Mais pour 2015, le gouvernement espère mieux, +7 milliards d'euros pour l'impôt le plus injuste !

2. Le rendement de l'impôt sur le revenu, l'impôt le plus redistributif que nous ayons, est au contraire prévu stable, à 76 milliards d'euros l'an prochain. La TVA reste la recette principale du budget de l'Etat, 193 milliards d'euros.

3. Les niches fiscales baissent trop peu: "le coût des dépenses fiscales est évalué à 72,1 milliards d’euros (Mds€) en 2013, 78,9 Mds€ en 2014 et 81,9 Mds€ en 2015." En nombre, le gouvernement n'aura supprimé que 7 niches fiscales entre 2014 et 2015. Il en restera 453 l'an prochain.

4.  Le gouvernement supprime bien la première tranche de l'IR. Il allège aussi le mécanisme de la décote, qui bénéficie aux foyers fiscaux faiblement imposés. Cette mesure "bénéficiera à 9 millions de foyers fiscaux, 3 millions de foyers devenant non imposables ou évitant de devenir imposables."

Mais on est loin des amendements déposés par les "frondeurs". L'un d'entre eux l'a reconnu, ce 21 octobre.
"Il n'a été tenu compte d'aucun de nos amendements, ni sur la redistribution, ni sur les mise sous conditions des aides publiques aux entreprises" Pouria Amirshahi.

Évaluation des recettes du budget général

Évaluation des recettes du budget général pour 2015
     
(En millions €)
Désignation des recettes
Évaluations initiales
pour 2014
Évaluations révisées
pour 2014
Évaluations
pour 2015
A. Recettes fiscales
386 410
368 483
378 166
Dont :      
1. Impôt sur le revenu
80 331
75 298
75 808
2. Autres impôts directs perçus par voie d'émission de rôles
2 838
2 828
2 948
3. Impôt sur les sociétés
62 953
55 933
55 823
3bis. Contribution sociale sur les bénéfices
1 255
1 140
1 176
4. Autres impôts directs et taxes assimilées
13 532
13 139
14 221
5. Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
13 306
13 396
14 573
6. Taxe sur la valeur ajoutée
191 553
187 823
193 235
7. Enregistrement, timbre, autres contributions et taxes indirectes
20 642
18 926
20 382
A déduire : Remboursements et dégrèvements
102 056
95 176
99 307
A'. Recettes fiscales nettes
284 354
273 307
278 859
B. Recettes non fiscales
13 817
14 069
13 719
C. Prélèvements sur les recettes de l’État
74 417
 
71 558
Dont :      
1. Prélèvements sur les recettes de l'État au profit des collectivités territoriales
54 193
 
50 516
2. Prélèvements sur les recettes de l’État au profit de l’Union européenne
20 224
 
21 042
Recettes totales nettes des prélèvements (A’ + B - C)
223 754
287 376
221 020
D. Fonds de concours et recettes assimilées
3 906
 
3 925
Recettes nettes totales du budget général, y compris fonds de concours (A' + B - C + D)
227 660
 
224 945


L'abstention, et après ?
Pourquoi l'abstention ? Ou plutôt, pourquoi n'avoir pas voter contre ce budget, ouvrir l'espoir d'une autre majorité ?

Finalement, la partie recettes du projet de loi de finances pour 2015 a été très modestement approuvée à l'Assemblée nationale, avec une courte majorité : 266 voix pour, 245 contre et 56 abstentions.Il y avait deux anciennes ministres dans la cohorte des abstentionnistes, Delphine Batho et Aurélie Filippetti. Les écologistes ont également hésité à voter contre: "Une très large majorité du groupe était opposée à un vote contre, qui aurait signifié l'idée d'être un groupe d'opposition, ce qui n'est pas le cas. " (François de Rugy).

Côté Elysée ou Matignon, on est au top. Valls se félicite: " le gouvernement a une majorité nette pour faire passer sa politique. " Quant à Hollande, il ne voulait pas entendre d'opposition constituée autour de Martine Aubry: "Les réformes, elles sont continues, elles ont été engagées dès les premiers mois de mon quinquennat et elles se poursuivront à un rythme encore accéléré jusqu'à la fin, parce que la France a besoin de réformes."

Il faudra bien qu'un jour les frondeurs assument la fronde, c'est-à-dire l'opposition.

21 octobre 2014

Pourquoi des barbouzes protègent Sarko

Nicolas Sarkozy n'est pas seulement l'objet d'enquêtes judiciaires sur des affaires plus ou moins terrifiantes. Des barbouzes travaillent à son service. Plusieurs hypothèses circulent.

S'agit-il de bénévolat militant ? De curiosité journalistique ? Ou plus simplement d'espionnage demandé par l'entourage de l'ancien monarque ?


Dans ces dernières enquêtes, l'une concerne le Kazakhstan. Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir aidé l'actuel autocrate kazakh à protéger l'un de ses proches, un certain Patokh Chodiev,  des griffes de la justice belge. A l'époque, la Sarkofrance travaillait pour convaincre le Kazakhstan d'acheter des hélicoptères français, une affaire finalement conclue en 2011.

Une enquête a été ouverte pour « corruption d’agents publics étrangers » et « blanchiment en bande organisée ». Mediapart révèle que les les juges Roger Le Loire et René Grouman ont récemment demandé les archives de Damien Loras, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, à la Présidence de la République.

Selon le Monde, un chargé de mission à l'Elysée entre 2008 et 2011 a également reçu quelque 300.000 euros d'une avocate de l'oligarque kazakh. Ce sont ces versements qui ont éveillé la curiosité de Tracfin.

Patokh Chodiev était présent à l'un de ses dîners de l'Atlantique, détaillé sur le blog Sarkofrance, où l'autocrate Nazarbaëv rencontra toutes sortes de patrons d'entreprises françaises.

Des Barbouzes pour protéger Sarko ?
C'est la révélation incroyable de ces derniers jours. Valeurs Actuelles, l'hebdo de la droite furibarde, a en effet relayé avec de multiples détails les détails de l'enquête de deux journalistes d'investigation du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme. De tels détails que l'évidence s'impose: quelqu'un a fait suivre ces deux curieux.

Le journal Le Monde va porter plainte.

Mais ce n'est pas tout. Depuis le début du mois de septembre, relate Mediapart, Gérard Davet, Fabrice Lhomme et leurs familles "ont été l’objet de menaces de mort sérieuses et détaillées parvenues à leurs domiciles, et sont placés depuis lors sous protection policière."

Dans quel pays vivons-nous ?

D'après le site d'informations, les officiers de sécurité affectés à la protection des deux journalistes, ont confirmé l'espionnage, une accusation des plus graves: "Selon nos informations, ces officiers de sécurité ont, en revanche, surpris à deux reprises des voitures suspectes qui filaient Davet et Lhomme, et dont un passager prenait des photos." Et il ajoute: "La piste d’une officine barbouzarde lancée aux trousses des deux journalistes est donc plus plausible." L'hypothèse d'officines privées travaillant pour Sarkozy ne date pas d'hier.

D'autres magistrats impliqués dans l'une ou l'autre des enquêtes sur les affaires de Nicolas Sarkozy, ont été la cible de révélations d'informations ayant trait à leur vie personnelle.


18 octobre 2014

389ème semaine politique: Hollande n'a pas eu son prix Nobel


Manuel Valls fait le clown dans un gite savoyard. François Hollande souffre puis souffle quand l'OCDE lui décoche une médaille. Nicolas Sarkozy provoque quelques rires depuis Séoul. Mais la France s'honore, cette semaine, de compter deux nouveaux prix Nobel. 


Valls, Nobel du rire
L'écrivain Patrick Modiano remporte le prix Nobel de littérature. Mais c'est surtout Jean Tirole qui fait parler de lui. Cet économiste méconnu, basé à Toulouse, qui serait d'obédience libérale. La presse conservatrice s'en félicite, la "vraie gauche" s'en offusque, le peuple s'en fout.

Qui peut croire encore que l'économie est une science ?

Jean Tirole était loin de ces polémiques là.  

Hollande avait à répondre d'une autre (fausse) volte-face. A l'Assemblée, les députés d'une commission s'étaient mis d'accord pour instaurer une progressivité sur les montant des allocations familiales, à partir de 6000 euros de revenus mensuels. Catastrophe nationale ! Avec leurs raccourcis habituels, quelques éditocrates nationaux et d'autres énervés sur les réseaux sociaux se sont mis à abreuver les ondes, puis la presse, du même commentaire: Hollande aurait fait volte-face ! Pour une fois que la démocratie parlementaire s'exprimait normalement...  Mais il fallait ramener le président à ses promesses de candidat. Et le candidat socialiste de mars 2012 avait promis de ne pas toucher aux montants des allocations familiales des plus riches...

Même le patron de la CGT s'en offusqua, une illustration du dérèglement politique général...

Manuel Valls était loin de tout cela. Il avait une opération de communication ,dont personne ne fut dupe, à monter. Jeudi soir, caméras en rangs sur son passage, le voici dans un gite savoyard pour "rencontrer des agriculteurs". Il se fit photographier dînant sur un table en bois un peu rustique, la belle affaire. Quand il entendit le reproche, il se fit boudeur:
"Je suis allergique aux journalistes." Manuel Valls

La pause de Hollande
En milieu de semaine, Bercy détaillait quelques mesures. Les automobilistes et les routiers compenseront l'an prochain l'abandon de l'eco-taxe, via une hausse de 4 centimes du diesel. Les écologistes pouvaient être satisfaits.

Vendredi, l'OCDE félicite les efforts de redressement du gouvernement français. C'est moins prestigieux qu'un prix Nobel, mais ça réchauffe quelques esprits à l'Elysée ou à Matignon. Pour le commun des Français, c'est sans effet ni intérêt. Les experts de cette organisation internationale ont fait de savants calculs, et ils en déduisent que les "réformes" (libéralisation du marché des biens et services, baisse des charges, organisation territoriale…) pourraient "augmenter la croissance de 0,25 point par an sur cinq ans et de 0,3 point par an sur dix ans."

Dans leur analyse, les experts de l'OCDE s'accrochent au totem fondateur du capitalisme tressautant, la Croissance (prononcez "Croaassance"). Hollande répète la même rengaine le jour même: "Il faut que l'Europe puisse reprendre le chemin de la croissance". Les auteurs du rapport de l'OCDE ne disent rien sur d'autres éléments, la vie chère le bien-être, la précarité.

François Hollande a rencontré la pauvreté mardi dernier. Courageux, il s'est frotté à des organisations humanitaires, pour discuter d'un premier bilan du plan anti-pauvreté lancé un an plus tôt. En résumé, l'accueil fut frais, presque glacial. Les dizaines de milliards d'euros prochainement gaspillés sur l'autel de la Compétitivité ne passe pas chez celles et ceux qui soignent, conseillent et soutiennent les RSAistes et autres sans-ressources.
"On ne mettra pas des médicaments en grande surface" Emmanuel Macron
Le lendemain, son ministre de l'économie, le jeune Macron, abandonne l'une de ses brillantes idées de dérégulations, la vente de médicaments sans pharmacie. Mais la novlangue est partout: le projet de loi de Macron s'intitule "loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques". Pour aider les "pauvres", Macron veut libéraliser le le transport par autocar. Jeudi matin sur France Inter, l'homme s'énerve qu'on le réduise à sa courte expérience de banquier et qu'on oublie ses 8 années dans la fonction publique. Il a raison. Ses actes suffisent à justifier les critiques.

"Ca sentait la truffe dans tous les couloirs"
De Séoul, où il donne encore une conférence rémunérée, Nicolas Sarkozy fustige un autre autre économiste français, Thomas Pikkety. Les propositions fiscales de ce dernier hérissent l'ex-Président des riches. Lequel poursuit sa tournée des salles de province pour convaincre les militants UMP qu'il est le meilleur patron possible du parti. Il s'obstine à ne pas prononcer correctement le nom de Bygmalion.

On lui conseille, à distance, la lecture de Bigmagouille, un ouvrage terrifiant sur l'une des plus grandes fraudes au financement de campagne électorale de cette vingtaine d'année. Un financement si généreux que les buffets de coulisses de l'un des derniers meeting était agrément de truffe et de champagne précieux: "ça sentait la truffe dans tous les couloirs", raconte un témoin. Sans doute Sarkozy avait-il aussi le nez bouché. Jérôme Lavrilleux, le lampiste de l'affaire, ex-adjoint de Copé à la tête de l'UMP qui avoua la gigantesque fraude, démissionne de l'UMP.

Trouille dans les rangs.

En coulisses, Sarkozy ajuste le story-telling de son entrée en campagne trop décevante. Finalement, sa course contre Juppé et les autres serait un match "Chirac-Balladur inversé". Sarkozy se rassure comme il peut.

Nerveux, il traite l'un de ses concurrents, Bruno Le Maire, de "connard".

Sarkozy n'a pas changé.

Nous, si.





Crédit illustration: DoZone Parody

16 octobre 2014

Sarkozy en roue libre, Hollande face aux pauvres


Nicolas Sarkozy débloque à Séoul, François Hollande souffre en France. Plus rien, pas même le ridicule, n'arrête le premier. Toute la réalité s'impose au second.


Sarkozy, le pauvre
Il est drôle, Nicolas Sarkozy. Entre deux meetings dans des salles de fête provinciales, le voici à Séoul, le World Knowledge Forum, ce 13 octibre pour une nouvelle conférence tous frais payés - et bien plus encore. La bande annonce annonçant l'évènement est à hurler de rire. C'est le Petit Journal de Canal+ qui s'y collait, une fois de plus, ce mardi 14 octobre. "L'évènement", en France, serait passé inaperçu sinon.

La bande annonce de la chose était drôlatique. Qui pouvait imaginer inviter l'ancien président d'un Etat en faillite donner des conseils interplanétaire sur le sort du monde ? Et pourquoi pas Madoff en cours de gestion bancaire ?




Sur place, Sarkozy se lâche... contre Thomas Piketty, économiste d'obédience socialiste et auteur à succès d'un récent ouvrage sur le capitalisme - Le Capital au XXIe siècle. Quand l'adversaire n'est pas devant lui, Sarkozy se sent toujours très courageux. Le voici donc à faire de l'humour à bon compte - l'assistance est acquise, un parterre d'hommes d'affaires et de quelques représentants bancaires.

Un pur plaisir...
"C'est une maladie française de vouloir exporter ce qui ne marche pas chez nous vers les autres. (...) Il est socialiste! Pour eux, si on est injuste avec tout le monde, on est injuste avec personne."
Hollande face aux pauvres
En France, deux jours plus tard, François Hollande est à Clichy-la-Garenne, une commune pauvre, 15% de chômage. Il participe à une table ronde avec des représentants d’associations pour faire un premier bilan d'étape sur le plan de lutte contre la pauvreté lancé début 2013. A la différence de son prédécesseur, il n'y a pas de cirque audiovisuel, avec caméras, projecteurs et cohortes de militants invités sur carton pour applaudir docilement. Non, Hollande est sans filet, devant témoins et contradicteurs.

Au début, Hollande a des mots justes, mais d'autres lui rappellent que les actes ne suivent pas. A l'inverse de son ex-futur concurrent qui proposait de soumettre le RSA à davantage de contrôles et des obligations de travail (sinon quoi ?), Hollande rappelle la douleur et l'ambition: "La fierté collective, c’est de permettre que nous puissions, non pas supprimer, éradiquer la pauvreté mais faire en sorte que tous ceux qui sont loin puissent être ramenés, raccrochés, repris par l’action collective. C’est ça qui fait non pas seulement la dignité d’un individu mais la fierté d’une Nation".

Mais ce sont des mots, rien de plus. Sur place à Clich-la-Garenne, Hollande s'est fait tacler sur le fond d'une politique inefficace et dramatiquement ignorante. Il n'y avait nul besoin d'instrumentaliser les ragots d'une ex-première Dame sur les sans-dents pour faire comprendre cela. Le président d'Emmaüs lui a ainsi renvoyé les propos d'Emmanuel Macron, son trop jeune ministre de l'Economie.

Accompagnant le président, Louis Gallois a eut ce lapsus confondant de vérité:
"J’ai toujours dit que les plus démunis ne devaient pas être les victimes de l’austérité… Heu, de la rigueur."

13 octobre 2014

Gerhard Schröder, le tabou d'Emmanuel Macron.


"Angela Merkel a la chance d’avoir eu un prédécesseur qui a fait les réformes. Pas nous. Nous savons que les réformes que nous faisons donneront leurs fruits dans deux ou trois ans au mieux, et leur plein effet dans dix ans. Nous le faisons pour nos enfants. Mais elles auront des effets immédiats à deux conditions : recréer la confiance chez les entrepreneurs et les ménages, et investir dès 2015 au niveau européen."

Tout a été dit, dimanche 12 octobre 2014 dans les colonnes du JDD, par Emmanuel Macron. Le jeune ministre de l'Economie du gouvernement Valls II a poussé le bouchon plus loin, en réclamant de nouvelles mesures d'économies sur le dos de l'assurance chômage, déficitaires de 4 milliards d'euros cette année. Il s'est fait sèchement contredire par le secrétaire général du PS: "La gauche n'a pas de tabous, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s'exprime, les ministres appliquent".

1. Macron s'inscrit dans une ligne cohérente avec les propos de François Hollande. Le 18 septembre, ce dernier déclarait en effet: "Que l’on ne nous demande pas de faire en cinq ans ce que l'Allemagne a réalisé en plus de dix ans" . On sait très bien de quelle décennie François Hollande voulait parler. Il parait que Macron travaille depuis quelques temps à convaincre Hollande à son "pragmatisme" soc-lib.

Le jeune ministre rappelait récemment un rendez-vous de juillet 2012, quand il était secrétaire général adjoint de l'Elysée, avec Michel Rocard et Laurence Parisot, alors patronne du MEDEF: "Nous avions des points de vue différents. Mais nous sommes arrivés à la même double conclusion. Un, sur la gravité de la situation économique. Deux, sur l’impérieuse nécessité d’aller vers la ­social-démocratie à l’allemande." En août 2012, Parisot invitait Schröder lui-même à un dîner avec des patrons du CAC 40 et ... Emmanuel Macron.

En quelques années, Gerhard Schröder est devenue la nouvelle icône du social-libéralisme. Impossible de le critiquer, c'est le nouveau tabou qu'on ne peut fustiger. Grâce à une décennie de réformes du marché du travail, l'Allemagne aurait dépassé la France, et atteint un modèle industriel et économique des plus solides.

2. Le modèle allemand était pourtant une exception en Europe. Le dynamisme commercial allemand a pillé l’Europe de l’intérieur. Son excédent commercial – 6% du PIB en 2012, « c’est de l’argent qui sort des pays du Sud pour entrer en Allemagne. » Dans un récent ouvrage, Coralie Delaume rappelait le prix de ce fameux modèle: précarisation du salariat à cause des lois Hartz/Schröder et désindustrialisation des voisins. Et les particularités évidentes de l'Allemagne que d'aucuns au gouvernement et ailleurs voudraient aujourd'hui nous faire oublier - une natalité désastreuse, une réunification avec l'Est du pays sous-développé.

Mais chut !... ne critiquez pas le modèle allemand.

3. Le modèle allemand s'est même pas épargné par le ralentissement. Il rejoint désormais la norme qu’il a lui-même créée, l’austérité compétitive qui mène à la récession. La chute des investissements et la la compression des salaires (et donc la demande), conjuguées à une crise dans le reste de la zone de euro ont eu raison du modèle. Le parasitisme économique de la décennie écoulée a affaibli les propres débouchés de l'économie allemande. Le ministère de l'économie d'outre-Rhin a déclaré vendredi 10 octobre que "les perspectives d'exportation de l'Allemagne resteraient restreintes dans les mois qui viennent en raison d'une demande mondiale atone et d'une croissance à l'arrêt en zone euro."

Mais chut !... ne dites rien. 

4. En Allemagne, la gauche fut durablement fracassée en deux, incapable de gagner une élection nationale pendant plus de 10 ans.

De Merkozie à Merkollande, quelle trajectoire !




11 octobre 2014

388ème semaine politique: Valls se pavane, Hollande souffre, Sarkozy brasse.

Crédit illustration: DoZone Parody

Valls se pavane devant tous les patronats européens. Hollande n'a plus d'idées. Le "faux-plat" politique du moment - sans annonce nouvelle ni résultats probants - ressemble à une chute libre.  

Quant à Sarkozy, comment dire...

 

Valls, irresponsable
Il fallait entendre Manuel Valls, premier ministre socialiste, expliquer, en anglais dans le texte, "my governement a pro-business". Le garçon, cheveux coupé si ras que les oreilles en paraissaient décollées, souriait de sa formule glissée au milieu d'un discours en Français, et déjà copié quasiment mot pour mot sur une précédente intervention devant le patronat allemand. Manuel Valls était à Londres, et c'en était gênant. Il dépassait sa propre caricature en déclarant: "Nous, nous avons fait le choix d'un niveau de chômage très important et très bien indemnisé." C'est devant des patrons et banquiers anglais qu'il choisit d'envoyer ses piques contre les partenaires sociaux français. On notera l'attention.

"Appuyer les entreprises n'est pas faire des cadeaux aux patrons", justifie Michel Sapin, son ministre de l'Economie et proche de Hollande.  Sans blague... 

Pôle Emploi présente prochainement les résultats du renforcement des contrôles contre les chômeurs expérimentés dans quelques régions.

De Milan où il assiste à un mini-sommet sur l'emploi des jeunes, Hollande contredit son premier ministre et écarte toute volonté de "réforme": "il y a suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés."

Hollande souffre, pris en tenailles et sans idées nouvelles ni résultats probants. Le moindre semi-frémissement d'une côte sondagière est accueilli comme une victoire politique. C'est dire si l'ambiance est morose. "La confiance va revenir !" s'exclame-t-on à Matignon (à propos du Logement). "Nous devons rester solides" confie un conseiller. Et on ré-explique une énième fois qu'il faut de la pédagogie et de la patience.

A Paris, le Parlement discute fiscalité. L'idée d'une seconde phase d'un quinquennat  plus redistributrice est enterrée. Et le groupe socialiste réactive l'idée de moduler les allocations familiales en fonction des revenus.

Hollande, incompréhensible
Mercredi 8 octobre, les députés avaient en main le bilan des recettes des premiers budgets de François Hollande, une analyse inédite réalisée sur 500.000 foyers, puis extrapolée sur la France entière. La fausse surprise fut d'apprendre que les hausses fiscales des deux premiers budgets de Hollande ont frappé d'abord et surtout les PLUS FORTUNES. Il fallait écrire la chose en majuscule: 20% des foyers les plus riches ont payé 75% des hausses d'impôt sur le revenus, soit 8 milliards d'euros en 2013 et 2014. L'opposition de gauche avait oublié cela. Et ce n'est pas la hausse de la TVA, totalement absorbée sur les marges des entreprises vu les risques de déflation ambiants, qui change le constat. La seconde fausse surprise est que même les moins fortunés ont aussi subi des hausses d'impôts: 1,4 million de foyers sont devenus imposables sur leur revenu entre 2012 et 2014, autant d'électeurs en moins.

Sur le budget 2015, la presse entretient encore le vrai/faux suspense d'une négociation à Bruxelles.


Même le modèle allemand bat de l'aile. A droite et au gouvernement, c'est  l'effroi. Les prévisions de croissance pour l'an prochain sont médiocres. Les commandes et la production industrielle s'effondrent. On s'inquiète pour la "locomotive allemande" comme oublie ses travailleurs précaires et son parasitisme européen.

Les décrets d'application du compte pénibilité entrent en vigueur. Quatre facteurs de risque entreront en vigueur dès 2015, six autres l'année suivante, pour moduler les départs en retraite. Le Medef couine. Mesurer le travail de nuit, les tâches répétitives, et l'usure physique, c'est trop compliqué... Le gouvernement souffle sur les braises d'un autre dossier, la représentation des salariés dans les entreprises. Pour une fois, le Medef n'a cure du modèle allemand, où la représentation étendue démarre à 5 salariés, contre 50 en France.

Ségolène Royal défend sa loi de transition énergétique, qui est votée le 10 octobre. La France s'engage enfin officiellement à réduire la part du nucléaire dans sa production électrique. Mais devant la menace d'une grève des transporteurs routiers, Ségolène Royal abandonne purement et simplement l'eco-taxe. Et hop ! 400 millions de recettes en moins, plus 800 millions d'indemnités à verser à l'entreprise de collecte. Sans compter les quelques centaines de projets environnementaux ou d'aménagement initialement financés par ce prélèvement.

Le gouvernement Hollande n'a plus d'idées. Et le voici qui abandonne le peu qu'il lui restait.

C'est politiquement incompréhensible.

Sarkozy, inchangé
Nicolas Sarkozy continue ses meetings de campagne. Lundi, il est à Velizy-Villacoublay, pour une heure et demi de quasi-monologue avec une assistance convaincue. Mardi, il descend à Toulouse, où il réclame la suppression de 30% des effectifs enseignants.. Il essaye de convaincre qu'il a des idées. Son "programme" est publié par le Figaro magazine, un fatras d'anciennes propositions de 2007 et de 2012, dont certaines qu'il fut incapable de mener à bien.

Sarkozy n'a pas changé, il n'a surtout pas bossé. 

Les sondages nationaux lui sont désespérément hostiles. Alain Juppé est en grande forme et rend coup pour coup. Les Chiraquiens sont à fondSarkozy perd ses nerfs.

La justice s'intéresse à la vente de 45 hélicoptères au Kazakhstan quand il était président. Elle soupçonne l'existence de rétrocommissions, et s'interroge sur l'engagement personnel de l'ancien monarque auprès du Sénat belge pour qu'il "adoucir le sort judiciaire d’hommes d’affaires d’origine kazakhe poursuivis en Belgique". Un ancien conseiller de Sarkozy a été placé en garde à vue, apprend-t-on avec retard.

Dans l'affaire Bygmalion, dont Sarkozy fait mine ne pas connaître le nom, l'ancien fondateur de l'agence suspectée d'avoir masqué jusqu'à 18 millions d'euros de dépenses électorales de l'ancien monarque en 2012, balance : "c'est bien le candidat lui-même qui signe le compte de campagne à la fin, avec une responsabilité légale et financière. Il est donc difficile d'imaginer qu'il l'ait signé sans regarder. "

Sarkozy brasse du vent, il veut encore croire à son destin. Pourtant, comme en 2012, rien ne semble se dérouler comme prévu.

La réalité, parfois, sait être têtue.




9 octobre 2014

Hollande-Sarkozy: pourquoi le match-retour sera pénible

On nous promet un match-retour qui n'aura sans doute pas lieu. Sarkozy, acculé par une avalanche d'affaires et de fortes résistances internes, contre Hollande, écrasé au fond de l'impasse neo-libérale dans laquelle il s'est engouffrée. Nous n'avons pas envie de commenter ce match.


François Hollande souffre.
François Hollande bataille avec son budget 2015. La presse conservatrice s'inquiète avec délectation, d'un éventuel refus de la Commission de Bruxelles, dans quelques jours, quand ce budget sera officiellement présenté.

François Hollande souffre.

Cela se voit.



"On ne fait pas des réformes pour faire des réformes, on fait des réformes utiles pour l'emploi." Hollande justifie toujours sa politique des mêmes arguments, inopérants sans résultats pourtant.

Hollande a eu chaud. Le PRG a heureusement voté "à l'unanimité" de son bureau politique, le soutien à la majorité hollandaise, "pour un pacte gouvernemental".

Hollande l'a échappé bel...

Arnaud Montebourg ne sait pas s'il votera Hollande en 2017. Il s'imagine un destin particulier dans cette élection. Mais nul n'a compris pour l'heure comment il le construit.


Nicolas

Mardi, Hollande visitait le Musée de l'évolution. Il trébuche sur toutes les questions qu'on lui pose. Le Petit Journal de Canal+ s'en amuse.

Hollande avait une satisfaction, pourtant, passée inaperçue. Son budget élyséen est sacrément bien maîtrisé. Ses déplacements coûtent trois fois moins chers que ceux de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était président.

Qui se souvient du cirque des déplacements de Sarkozy ?



Nicolas Sarkozy souffre
Sarkozy était assis au milieu d'une estrade de banlieue parisienne. Un curieux fauteuil, du public derrière lui, Valérie Pécresse en sourire élargie à sa droite, Gérard Larcher, le sénateur élu a la présidence du Sénat à sa gauche. Et lui, au centre, les deux jambes tremblantes de nervosité, le dos courbé sur le micro, ses expressions faussement "populaires"à la grammaire farfelue ... le Sarkozy d'avant est revenu, pour notre plus grand désarroi collectif.

"Non seulement j'ai envie, mais j'ai pas le choix"

Nicolas Sarkozy souffre, en public.

Cela se voit.

Il économise, il se sait scruté. La justice n'a pas fini de comprendre comment il a pu dépenser, sans être au courant, plus du double du plafond légal des dépenses de campagne présidentielle autorisé en 2012.

On vient d'apprendre, lundi, qu'une autre enquête a été ouverte, avec l'habituelle discrétion de la justice, sur la vente de 45 hélicoptères au Kazakhstan, cette autocratie dont le monarque local était soigné à chaque visite en France par Claude Guéant en Sarkofrance, pour 2 milliards d'euros.

Les videos de ces meetings semi-amateurs sur sa chaîne YouTube, renommée spécialement pour sa campagne interne à la présidence de l'UMP, n'attirent  toujours que quelques centaines d'ultra-fans.



Deux jours après,  Sarkozy est à Toulouse, pour un meeting que l'on annonçait "plus présidentiel que jamais". En gros, cela veut dire que le rassemblement avait coûté un peu plus que les 10.000 euros habituels.

De ce rendez-vous, on retiendra que Sarkozy a PROMIS de supprimer la carte territoriale que Hollande tente de faire voter. Il avait pourtant presque l'exact même projet pour "simplifier" les couches administratives locales... Allez comprendre...


Hollande contre Sarkozy ?

Nous n'avons pas envie de commenter ce match.

 

 

 

 

7 octobre 2014

Pourquoi Sarkozy n'a pas bossé son retour


Ses conseillers ont peut-être compris. Trois semaines après son (faux) retour en politique Nicolas Sarkozy a enfin détaillé des propositions, notamment dans les colonnes du Figaro le 3 octobre dernier.

Pour certain(e)s, il fut convaincant. Valérie Pécresse, ex-soutien de François Fillon, a ainsi sombré, et changé de bord en le ralliant, le dimanche suivant. 

Pour d'autres, il fallait faire mieux, puisque les obstacles sont encore nombreux sur sa route - des rivaux redynamisés aux électeurs perplexes, ou aux enquêteurs de justice qui progressent... 

Bref, Sarkozy devait être convaincant, mais il ne le fut pas.

Sarkozy n'avait pas bossé, cela finissait par se voir. 

 

C'était la vraie surprise de ce faux retour.


De vieilles idées
A la relecture, l'ancien monarque ressasse en fait des idées de mesures sans réelle vision d'ensemble. Il suffisait d'indiquer l'année de campagne électorale où Sarkozy, déjà candidat, avait émis chaque idée pour la première fois pour mesurer le désastre.


Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Campagne 2007 !



"Rétablir le jour de carence'" en cas d'arrêt maladie dans la Fonction publique ? Campagne 2007 !


Créer un CDD de 5 ans pour les fonctionnaires ?  C'est déjà en pratique ! 
Comment notre homme de savoir pouvait-il oublier les (fausses) découvertes de ses propres anciens ministres ? En 2011, François Baroin, alors ministre de la Fonction publique, faisait ainsi mine de s'indigner: "Dans la fonction publique, vous pouvez avoir des CDD pendant six ans"... A l'approche de l'élection de 2012, sarkozy avait au conttaire promis de résoudre le sort de ces contrats précaires...  La fonction publique française compte environ 900.000 CDD...


Recourir au référendum pour réduire les droits sociaux ? Campagne 2012 !
Sarkozy propose par exemple cette méthode pour restreindre la portée du RSA ("est-ce que toute allocation doit avoir comme contrepartie une activité"). Cette grande idée de passer aux référendums pour court-circuiter la représentation nationale ou les "corps intermédiaires" était l'une des propositions phare du candidat Sarkozy en 2012. Il se garda bien d'autoriser tout référendum d'initiative populaire quand il était président. Sa réforme constitutionnelle de 2008 le permettrait, mais l'administration de Sarkofrance traina pour traduire la mesure en lois et décrets d'application...

Réduire le nombre d'enseignants ? Campagne 2007 ! 
...  mais améliorer leurs heures de présence (Campagne 2012 !) et leur rémunération (Campagne 2007 !)... ( "augmenter le nombre d'heures de présence des enseignants dans les établissements, afin qu'ils soient davantage disponibles pour les enfants qui en ont besoin"). En 2013, la Cour des Comptes livrait un dernier bilan de l'échec de Sarkozy en la matière.

Supprimer les 35 heures dans les entreprises qui le réclament ? Campagne 2007 !

Combien de fois Nicolas Sarkozy a-t-il fustigé les 35 heures ? On ne les compte plus. En 2007 déjà, le candidat bientôt président expliquait qu'il permettrait de déroger aux 35 heures, en échange d'augmentations de salaire sur la base d'un accord majoritaire dans les entreprises.

Plafonner les dépenses publiques à 50% du PIB ? Campagne 2012 !

(Il suggère un référendum pour amender en ce sens la Constitution. Une règle qui ne fut jamais respectée quand Nicolas Sarkozy était aux commandes.)

Rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires ? Campagne 2007 !
(Cette idée, conjuguée à la précédente, est particulièrement hypocrite: en renonçant aux 35 heures, Sarkozy recule le seuil de calcul des heures sup...)


Fidèle à son habitude, Sarkozy sait aussi rester flou.

Sur la retraite, il assure qu'il faudra en reculer l'âge de départ à 63 ans ("il faudra sans doute passer à 63 ans rapidement"). Il fait mine d'oublier que la durée de cotisations nécessaire à une retraite complète est désormais de 43 ans, soit ce qui porte à 66 ans l'âge minimal moyen de départ à la retraite...

Sur le mariage homosexuel, il ne dit pas grande chose. Pire, une confidence publiée par le Nouvel Obs la même semaine a mis le feu aux foudres dans les rangs des opposants au mariage gay que Sarkozy traitait de "fascisme en loden". Pour Sarkozy, qui a trop agité les franges les plus extrémistes, le danger est grand d'une tea-partisation d'une partie de son électorat. En meeting à Vélizy (Yvelines), lundi 6 octobre, Sarkozy entreprend de clarifier son propos: il aggrave son cas. Il précise en effet qu'il faudra "réécrire la loi Taubira".

Sarkozy sait rester flou quand il s'agit d'enquête de justice. Personne ne lui a encore demandé s'il ignorait vraiment jusqu'au nom de Bygmalion avant l'élection présidentielle de 2012. Rappelons que l'homme s'est fait retoqué ses comptes de campagne pour dépassement du plafond légal - que de généreux militants subventionnés à 60% par une déduction fiscale légale et bienvenue, sont venus compenser (le fameux Sarkothon). Et que l'affaire Bygmalion a permis de comprendre qu'il avait encore dépassé de 18 millions d'euros le même plafond légal.

La Justice s'étonne des conditions d'organisation du Sarkothon, que Sarkozy aurait du régler en partie... Qui a signé le chèque sur les comptes de l'UMP, pourtant fortement endetté ? Eric Cesari, un proche de Sarkozy, et directeur général du parti, actuellement mis en examen.

4 octobre 2014

387ème semaine politique: Hollande va-t-il faire sauter la banque ?

 

Le projet de budget 2015 est dévoilé tandis que l'UMP se déchire grâce au retour raté de Sarkozy. L'équipe social-libérale aux commandes du pays joue un numéro d'équilibriste. A gauche, elle nie toujours toute austérité. Elle a raison, on peut faire pire. A droite, elle vend au contraire des "efforts sans précédent et sans tabous".


Hollande braque les comptes
La perte d'une majorité inexistante au Sénat a été largement commentée. Dimanche dernier, dans la plus grande indifférence populaire, le Sénat est repassé à droite, à cause d'une vingtaine d'élus. Nul raz-de-marée, cette haute assemblée n'en connaît jamais. Mais cette fois, le FN remporte deux sièges.

A l'Assemblée, mercredi, le PS dégage 26 députés de son parti des commissions parlementaires. Des frondeurs qui gênent.

Dans les colonnes d'un journal bourguignon, le ministre du travail François Rebsamen se félicite de la mue politique du PS: "Le Parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps."

Sans rire.

"Le gouvernement s'attaque aux familles".  Le slogan est facile. Le détail des 21 milliards d'euros d'économies (sur les 50 promis d'ici 2 ans) se dévoile peu à peu. Il y a 700 millions d'euros d'effort pour réduire le déficit de la branche famille. La gauche libérale applaudit - il n'y a pas de "tabous", n'est-ce-pas ?

La droite couine. Sur Europe 1, Henri Guaino, le gaulliste qui a pourtant confondu Sarkozy avec de Gaulle - hurle sa rage dès jeudi soir. Il faut reconnaître que le gouvernement a un sens politique réduit à néant. Annoncer pareille mesure 5 jours avant un rassemblement organisés par les furibards de la Manif pour tous quatre jours plus tard, on ne pouvait rêver mieux ... Valls donne des gages, trop vite, trop tôt, et surtout sans débat: "la GPA est et sera interdite en France". 

Le même disait le contraire il y a deux ans.

Mais jeudi, c'est surtout la tétanie générale. La seule "bonne" nouvelle est la maitrise des dépenses publiques, un exploit que Sarkozy n'était pas parvenu à accomplir. Pour le reste, le fiasco est général quand on examine enfin les quelques éléments détaillés du budget public pour 2015. "Douleur", "efforts", "rigueur", la gauche contrite se répand sur les ondes. Les éléments de langage sont calés, à la limite du sadisme politique. François Hollande commente, en ce premier jour d'octobre:
"Il n'y a pas de plan d'économie qui soit indolore sinon ça aurait déjà été fait (...) Les économies forcément sont douloureuses, il n'y a aucun secteur qui peut accepter de voir un certain nombre de ses habitudes, parfois de ses financements, être remis en cause"
Michel Sapin, son ministre des finances, renchérit: "les économies, cela fait mal et c’est même à cela qu’on les reconnaît."

Les grands paramètres du budget 2015 sont détestables: le déficit budgétaire est encore à 4,3% du PIB, même s'il a été fortement réduit depuis les affres de la gestion précédente. Hollande espère encore le réduire à 3,8% en 2016 puis 2,8% en 2017.

Le gouvernement jongle entre les incohérences. Il coupe 10 milliards sur la Sécurité sociale mais il "rend" une poignée de milliards d'impôts en réduisant l'impôt sur le revenu pour 9 millions de foyers (dont 3 millions qui sortent carrément du barème), avec la suppression de la première tranche. Il promeut l'emploi en priorité, mais il réduit de 3% les crédits de la politique de l'emploi, et refuse notamment toute hausse des contrats aidés réclamée par le groupe socialiste à l'Assemblée. Valls laisse Ségolène Royal défendre son texte sur la transition énergétique, Hollande dîne à l'improviste avec des parlementaires écologistes; mais le budget 2015 prévoit une baisse de 6%, soit 400 millions, des crédits consacrés à l'environnement. Sur trois ans, la baisse cumulée est de 1,65 milliard d'euros.

Au total, il sabre 8 milliards sur l'Etat et les opérateurs, et encore 4 milliards sur les collectivités locales. Mais c'est insuffisant pour réduire le déficit, qui stagnera à 94 milliards d'euros l'an prochain sur fond de croissance molle ou inexistante.


Assez logiquement, la dette publique glisse sans difficulté au-dessus du seuil fatidique des 2.000 milliards d'euros.  Le gouvernement prévoit quand même 4 milliards d'euros de cessions d'actifs pour limiter la hausse. Les intérêts de la dette coûteront 44 milliards d'euros l'an prochain, si les taux ne montent pas. C'est le second poste de dépense de l'Etat, derrière l'Education.

Pour la presse libérale, les "efforts" sont encore insuffisants. "Et si Bruxelles retoquait le budget 2015 de la France ?" s'inquiètent les Echos.

Un Français sur cinq n'arrive pas à régler ses factures d'énergie.

Et combien d'éditocrates parmi eux ?

Les fausses facturations de la campagne Sarkozy
"Je ne vous ai pas menti" s'exclame Nicolas Sarkozy devant des supporteurs. Il tient un meeting, un de plus, à Saint-Julien-les-Villas près de Troyes, jeudi 2 octobre. Sur l'estrade, Sarkozy joue un numéro. Involontairement, il prend l'intonation d'un Raymond Devos, le talent en moins.

Qui paye ? Toujours l'association des amis, cette petite machine à cash créée à l'été 2012. Sarkozy enchaîne les meetings, les factures s'accumulent. On espère que l'Association a les poches profondes.

Sarkozy croyait être attendu comme le Sauveur-rassembleur. En quelques jours, il s'est aliéné une plus large fraction de la droite.

Il est directement attaqué sur l'affaire Bygmalion. Il y a d'abord l'un des dirigeants de Bygmalion, mis en examen cette semaine avec deux autres, pour fausse facturation. Il y a aussi François Fillon, son ancien premier collaborateur et désormais rival pour 2017, qui lâche publiquement avoir "souvent entendu parler de Bygmalion". Sarkozy s'entête à nier qu'il était au courant. "J’ai appris le nom de Bygmalion longtemps après la présidentielle" avait-il dit le 21 septembre.

Plus c'est gros...

 En meeting, Sarkozy peine. Jeudi soir, il réfute toute idéologie mais fustige les "socialisssses".  Il déteste "la lutte des classes et des castes" mais veut "désideologiser" l'impôt sur la Fortune. Le vide de mots l'emporte sur le choc des photos. Sarkozy n'a pas changé.

Alain Juppé aussi est en campagne. Il rend coup pour coup. Et cela lui profite. Un sondage le crédite d'une cote largement supérieure à celle de l'ancien monarque. Jacques Chirac est sorti d'outre-tombe pour confier son soutien. Jeudi soir, sa prestation télévisée en prime time sur France 2 éclipse le meeting ombrageux de l'ancien monarque.

Au Sénat, son candidat est sévèrement défait par le protégé de Fillon, Gérard Larcher, pour prendre la présidence.

Le retour de Sarko n'est pas si facile. On dirait qu'il n'a pas bossé ses dossiers, ni compris le pays, ni appris de ses erreurs personnelles.

Critiqué pour son absence d'idées lors de ses premières 45 minutes de télévision voici deux semaines, Sarkozy décoche, à la va-vite, son programme dans les colonnes du Figaro-Magazine. Ses conseillers en communication ont-ils enfin compris qu'il fallait des idées et pas seulement des postures ? Sur le fond, rien de nouveau. Sarkozy ressasse de vieilles propositions - tantôt de sa campagne de 2007, tantôt de celle de 2012, mais jamais une seule idée qu'il aurait réussi à mettre en oeuvre en une décennie de pouvoir au sommet.



Samedi, Hollande est "fier de l'automobile française".

C'est le Salon de l'auto. Les immatriculations repartent à la hausse, pour le plus grand bénéfice des constructeurs français.

C'est déjà ça.








Crédit illustration: DoZone Parody

2 octobre 2014

Gaz de Schiste: Nicolas Sarkozy a changé


C'est peut-être la seule nouvelle politique intéressante du retour raté de Nicolas Sarkozy. L'ancien monarque est désormais favorable à l'exploitation du gaz de schiste. 

Mais est-ce un revirement récent ? Pas tout à fait. 

Est-ce donc une nouvelle ? Non.


1. Sous sa présidence précédente, l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique a été prohibée en 2011. La mesure n'était pas évidente, puisque Nathalie Kosciusko-Morizet, à l'époque ministre de l'écologie, a du batailler pour l'obtenir.

2. Jeudi 25 septembre à Lambersart, Sarkozy n'avait plus aucune retenue. "Je souhaite clairement que nous réfléchissions aux conséquences du principe de précaution auquel je préférerai toujours le principe de responsabilité. Avec la précaution, on s'abstient de faire, avec la responsabilité, on assume la conséquence de ses choix et on ne se condamne pas à l'immobilisme". Il n'agit plus seul, n'y voyez nul courage. L'exploitation du gaz de schiste fait rêver.

3.  Le revirement ne date pas d'hier. Pendant la campagne de 2012, rappellent les Décodeurs du Monde, Sarkozy n'était déjà plus si sûr de détester les ravages de la fracturation hydraulique. Rares sont ceux qui contestent les ravages de cette exploitation. Le 16 septembre dernier, l'Usine Nouvelle s'inquiétait des défaillances des tuyaux apportant l'eau pour la dite fracturation, des défaillances qui dévastent les sous-sols. En France, le gouvernement reste opposé. Ségolène Royal, ministre de l'environnement, y a mis tout son poids. "Il y a beaucoup de dégâts environnementaux, ensuite le coût s'est révélé beaucoup plus important que prévu" a-t-elle prévenu.

"Tant que je serai ministre de l’Ecologie, il n’y aura pas de gaz de schiste". Ségolène Royal

4. Ce vrai-faux changement a paraît-il agacé une nouvelle ralliée, Nathalie Kosciusko-Morizet. Son ancienne porte-parole de la campagne ultra-droitiste de 2012 avait été choqué, après coup bien sûr, par les saillies frontistes du candidat Sarkozy. Mais ça, c'était avant. L'ancien monarque l'a facilement rallié à sa cause du retour à peine deux ans plus tard. Lundi 28 septembre sur France inter, comme vendredi dans les colonnes du Figaro, l'ancienne égérie de la droite écolo a voulu marquer sa différence: "Je ne suis pas d'accord avec Nicolas Sarkozy, et ce n'est pas la première fois". Ou encore: "Je suis opposée à l'exploitation du gaz de schiste dans les conditions et avec les technologies qui ont été employées aux États-Unis". La manoeuvre était facile. Nicolas Sarkozy veut rassembler large, malgré un passé honteusement clivant au-delà des frontières républicaines. Et NKM agit comme le poisson pilote vers les centristes écolo.

La vie est belle, l'arnaque facile.

En 2010 déjà, Sarkozy avait renoncé au Grenelle de l'Environnement.

Pourquoi mentir, encore ?