27 octobre 2014

Pourquoi Sarkozy a encore du mal.



C'est une coïncidence de dépêches. 


A quelques instants d'intervalle, l'une et l'autre arrivaient sur Twitter, ce réseau social qui joue comme un fil d'informations continue.

Dans son discours de meeting à Toulon, Sarkozy voulait que les militants soient fiers de leur famille politique.Quelques heures plus tard, Patrick Balkany héritait d'une nouvelle rumeur: la chaîne M6 affirmait que Tracfin, l'organisme public chargé de détecter le blanchiment et l'évasion fiscale, "aurait chiffré à 10 millions de dollars la somme dont aurait bénéficié Patrick Balkany."

Sarkozy a toujours minimisé l'importance de ses propres affaires judiciaires et des ennuis de ses plus proches avec la justice. C'est une erreur. Il y a toujours cette ligne de rupture, ce moment où l'opinion générale bascule, où le commun des citoyens finit par en avoir ras-le-bol. Des avancées de l'enquête sur ses voyages en jets privés sur "Air Cocaïne"  à sa prochaine nouvelle audition dans le cadre de l'instruction sur ses comptes truqués de campagne en 2012, Sarkozy a de quoi faire avec la justice.

En Italie, pays longtemps moqué de ce côté-ci des Alpes, la cascade d'enquêtes et de révélations judiciaires dans les années 90 a eu raison de l'ancienne classe politique. Certes, les Italiens ont ensuite hérité d'un bouffon et d'un véreux adepte de soirées "bounga bounga." Mais le choc politique de la mise à jour d'une corruption inégalée a été intense.

En France, Sarkozy aurait pu espérer contre-balancer l'effet des affaires avec des propositions politiques fortes. Il n'en fut rien. Sarkozy n'avait pas bossé. Moins de cinq semaines après son retour, voici quelques nouvelles preuves de son propre désarroi. En tournée dans le Sud de la France les 21-23 octobre, il abandonne le discours rassembleur au profit d'anciens relents frontistes de sa campagne de 2012: identité nationale, immigration et islamisme, le cocktail est connu, daté, et surtout rance.

On évoque ainsi un nouvel agenda "secret" - reprendre une posture ultra-droitière pour conquérir l'UMP, avant de réitérer un discours plus modéré pour se poser en rassembleur de la droite. Mais ce raisonnement, sorti tout droit de quelques communicants hors sol, oublie toujours ensuite les primaires à droite.

Last but not least, Sarkozy rappelle Guaino, l'homme des grands discours de la campagne de 2007, parachuté député dans les Yvelines en juin 2012, pour le "protéger" après la défaite.  Henri Guaino serait à l'oeuvre pour inspirer les belles paroles de l'ancien monarque dès son meeting du 28 octobre à Marseille.

On salive déjà.

"Je sais où je vais, je tiens ma feuille de route. Une fois élu président de l'UMP, une autre séquence s'ouvrira" Nicolas Sarkozy, 22 octobre 2014.



5 commentaires:

  1. Il (NS) nous présente sa vision de la France avec la crédibilité d'un vendeur de voiture d'occasion dans un garage de banlieue. Le problème hélas est que de l'autre côté, le bilan est catastrophique et ce n'est la Narine Le Peine qui donne envie...

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  2. Je préfère le FN à ces propos d'immigré qui hait la France.

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    1. Ah, le FN, un entreprise familiale qui réussit, montée par un parvenu à l'enrichissement douteux, aujourd'hui mené par une grande bourgeoise élevée dans la soie, qui prétend se préoccuper du petit peuple français, mais n'a jamais soutenu la moindre lutte syndicale, qui n'a jamais manifesté que pour la fête de Jeanne-d'Arc, voit les chômeurs comme des assistés, et, finalement, ne parle jamais des souffrances du peule que si ça lui permet de montrer du doigt les immigrés (ou leurs descendants plus ou moins bronzés). Le FN, le parti qui aime une certaine France, et déteste une bonne partie des Français.

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  3. « Le commun des citoyens finit par en avoir ras-le-bol », Juan, cela est certain, mais le problème est que ta remarque s’applique aussi bien à Sarkozy, qu’à Hollande et qu’à leurs collègues. Aucun d’entre eux n’est capable de s’imposer aux appareils politiques en place ou, quand il existe un, il ne le fait que dans son intérêt propre. Il nous reste a priori deux issues possibles :
    1. attendre et espérer l’arrivée d’un homme (ou d’une femme) politique exceptionnel(le)
    2. renverser la table pour changer les règles du jeu
    A défaut, nous pouvons choisir une troisième et dernière solution : la résignation, qui n’est pas très éloignée de l’option n°1.

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