29 janvier 2015

Les 8 bêtises que vous avez entendues sur Syriza

Syriza, le parti de la gauche radicale, a remporté les élections législatives dimanche dernier en Grèce, avec une majorité relative d'un gros tiers des suffrages exprimés. Son leader Alexis Tsipras a été désigné premier ministre dans la journée de lundi.


Les prédictions d'apocalypse en cas de victoire de Syriza furent complétées par toute une salve de bêtises plus ou moins drôles.



1. Tsipras serait libéral. Il serait le Matteo Renzi grec, un soc-lib qui va révéler sa vraie nature. Pour preuve, il veut rester dans l'Europe et même dans l'euro. Minimiser l'importance d'un séisme politique que l'on a décrit comme la fin du monde et des astres quelques semaines auparavant est quelque chose de savoureux.

2. Tsipras serait un souverainiste. La preuve, il s'est allié à Panos Kammenos, un populiste de droite souverainiste également, pour obtenir les 2 sièges (sur 152) qui lui manquaient pour sa majorité parlementaire. Ces commentaires hâtifs, de la part de commentateurs paresseux ou ignorants, se sont multipliés sur les ondes. Julien Bayou (EELV) rappela mardi soir quelques évidences locales: Syriza ne pouvait compter sur le parti communiste qui avait annoncé la couleur avant le scrutin (aucune alliance), ni sur sa droite la plus proche qui ne soutenait que la politique pro-Troïka. Pire encore, il fallait anticiper la future élection du président grec, 200 voix de majorité (et non 152).

3. Tsipras serait un neo-marxiste. Un "champion de la lutte gréco-marxiste contre l'austérité" expliquait même Le Figaro quelques heures avant sa victoire ! Tsipras est même "issu de la gauche marxiste la plus sectaire et antilibérale" assurait Ivan Rioufol, Le Figaro.  Horreur ! Dès mercredi 28 janvier, le gouvernement Tsipras annonçait l'arrêt de « la privatisation du port du Pirée et celui de Thessalonique », le relèvement du salaire minimum de 580 à 750 euros par mois, une hausse des retraites, la réintégration de quelques milliers de fonctionnaires et la suppression de deux franchises médicales.

4. Tsipras aurait gagné de peu. On rappelle que 36% des suffrages exprimés avec un gros tiers d'abstentions, cela ne fait pas une majorité. C'est même un quasiment un putsch, un premier pas vers la dictature socialo-marxiste. Mais quand l'UMP (en 2007) ou le Parti socialiste (en 2012) remportent nos législatives nationales avec des scores nationaux à peine plus haut (40%) et une abstention plus élevée (40% en 2007; 44% en 2012), personne ne craint de crier au raz-de-marée dans les rédactions.

5. La victoire de Syriza devait signifier la faillite prochaine de l'Europe toute entière, de la Grèce ou de l'euro. Il fallait écouter David Pujadas se promener à Athènes, en direct pour son journal télévisé, au lendemain de la victoire: " les touristes continuent à s’y promener comme si c’était un jour ordinaire".  Sans grand rapport avec les élections grecques, l'euro avait déjà dévissé, il était temps pour nos exportations et le tourisme. Aux premières annonces du gouvernement Tsipras, la bourse d'Athènes dévisse aussi, -9% en une journée. Est-ce si grave ?

6. Refuser l'austérité serait un "saut dans l'inconnu". C'est, mot-mot-mot, l'un des autres commentaires époustouflants de notre notre Pujadas national: "comment les Grecs vivent-ils ce saut dans l’inconnu ?" Primo, la remarque témoigne d'une obéissance idéologique hors normes, mais déjà connue, de certains de nos commentateurs politiques. Secundo, l'austérité en vigueur en Grèce, qui a réduit les salaires d'un quart en 4 ans, fait bondir d'un tiers le nombre de suicides, propulsé un parti neo-nazi à la troisième place du podium législatif et multiplié par 7 le taux de pauvreté en 6 ans, tout en laissant filer la dette publique de 112 à 175% du PIB en 5 ans, n'était-il pas le véritable saut dans l'inconnu ? La destruction méthodique d'une démocratie européenne ?

7. Pour d'autres, la victoire de Syriza devait signifier la fin d'une utopie politique. En France, l'UMP s'est démarquée des autres formations politiques en cachant mal sa crainte et sa stupéfaction. L'austérité conservatrice locale était aussi son programme. D'autres, en Grèce ou ailleurs, assènent que le gouvernement Tsipras va rapidement se "conformer à la réalité". Que le gouvernement Tsipras ne trouvera pas les 12 milliards d'euros pour son plan humanitaire.

8. En refusant de rembourser pas la dette grecque, Syriza veut chiper près de 600 euros "dans la poche de chaque Français". Avez-vous jamais entendu un expert détailler comment a évolué la composition de la dette publique grecque ? Qui furent les premiers prêteurs ? Ou encore à quoi a servi précisément l'envolée de la dette grecque ? L'argument, gentiment naïf et franchement hypocrite, que l'on nous sert habituellement est que la Grèce doit rembourser ce qu'elle a emprunté pour financer des dépenses publiques incontrôlées. C'est un peu court. Les emprunts grecs ont progressé d'environ 50 milliards d'euros depuis 2008. Ils ont servi ... à rembourser les dettes précédentes souscrites auprès d'institutions privées. En particulier, les banques françaises et allemandes, généreuses prêteuses à l'Etat grec avant la crise, étaient en risque. Et la Troïka (BCE, FMI, UE) a substitué des prêts publics à ces financements privés.



 

12 commentaires:

  1. Les "bétises" masquent mal les incertitudes et les sujets d'être inquiets ou dubitatifs sont nombreux.

    Et si l'on espère que Syriza parviendra à adoucir le sort de la population grecque. On voit bien que Tsipras est devant une montagne qu'il doit grimper : la réforme de l'Etat, l'instauration d'un cadastre qui définiraient les bases foncières imposables dont ne veut pas l'église grecque par exemple. La fiscalisation des bénéfices des sociétés d'armateurs également qui jusqu'ici ne se sont pas illustrés par leur empressement à vouloir participer au redressement des comptes publics de leur pays. Une reconstruction de toute l'administration pour que l'Etat dispose enfin des leviers dont il a besoin pour piloter sa politique.
    Difficile de prendre l'arrêt de la privatisation du port du Pirée pour autre chose qu'une décision symbolique pour affirmer l'autorité du gouvernement nouvellement nommé.
    La tâche est considérable et les partenaires de la Grèce n'ont pas manifesté une joie débordante au résultat de l'élection. Le gouvernement qui vient d'être nommé ne bénéficiera pas des faveurs d'Angela Merkel ni du FMI selon les déclarations de Christine Lagarde. Sans doute quelque posture avant de se mettre à négocier mais qui laisse présager des grandes difficultés. Parmi les alliés de la Grèce nouvelle, François Hollande, qui est en train de distribuer la soupe à la grimace à ses citoyens, tout en prétendant épargner les plus pauvres dont le nombre explose et qui s'enfoncent dans les difficultés.
    Difficile, très difficile. Et compliqué.

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  2. Tsipras serait libéral."

    tu fais bien, en effet, de lister les bêtises qu'on a pu entendre sur Syriza.

    Tsipras est un authenthique extrémiste de gauche, allié à ce qu'on appelerait ici la droite souverainiste, si ce n'est l'extreme droite

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  3. 2. Souverainiste, il l'est peut-être. Rien de honteux en soi, et encore moins compte-tenu de l'humiliation infligée au grecs. Surtout, s'ils veulent avoir une chance dans leur négo, ils ont peut-être intérêt à laisser entendre qu'ils peuvent aller jusqu'au bout. Sinon, quel intérêt Merkel, Hollande et les autres auraient de leur céder ?
    8. C'est peut-être hypocrite et cynique, mais maintenant qu'ils ont socialisé les pertes (on pourra pas y échapper) en notre nom, on fait quoi ? Est-ce qu'en faisant nous-même défaut sur (au moins ;)) notre part d'un défaut grec, les pertes remontent à des privés ?

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  4. Manque une 9 ème bêtise, qui n'en est peut-être ps une :
    "La Grèce est disposée à "discuter" avec ses partenaires européens et cherche "des solutions sur une base commune" avec eux, a indiqué jeudi le président du Parlement européen, Martin Schulz à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras. "Il y avait une crainte qu'Alexis Tsipras suive sa propre voie mais cela n'est pas vrai, il est en faveur d'une discussion (...) la Grèce cherche des solutions sur une base commune avec ses partenaires européens""

    Bref : un simple rééchelonnement de la dette, comme le réclamait déjà Tsamaras, le prédécesseur de Tsipras (forcément payé par les contribuables des autres pays de l' UE) : tout ça pour ça...

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  5. On ne va pas tarder à voir ce que veut Syriza, même si on en a une petite idée, comme le souligne Elie Arié.
    Pour ce qui concerne le classement de ce parti à droite, au centre ou à gauche, voire gauche radicale pour les réactionnaires, il n’a aucun intérêt. Ce qui compte, de mon point de vue, est bien de savoir quels sont ses objectifs et les moyens dont il va user. Tsipras va-t-il négocier quelques aménagements, va-t-il renier ses engagements à la hollandaise ou va-t-il renverser la table », ce qui paraît improbable ? Le choix qu’il va faire est décisif pour les Grecs, mais également pour les autres Européens, qui vivent dans cette magnifique Union européenne et qui rêvent de la voir démocratique et sociale.
    Ceci dit, notre tour viendra.

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  6. « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. », affirme notamment le président de la Commission européenne (29 janvier 2015 dans Politis). Est-ce bien clair pour vous et moi ? Est-ce bien clair ?

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  7. La dette ? Les banques empruntent à la BCE à 0.05% et prêtent à la Grèce à 8,5%. C'est pas beau la finance de l'Europe ?

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  8. VITE VITE A CENSURER CAR TROP SUBVERSIF HAHAHHAAHAAAAA:

    Ce qui mine la société et provoque son déclin c est l ideologie et le dogme fachocialiste gauchiste .
    Désinformation, invective, exclusion de la parole d’autrui, insulte, complotisme, pompage de sources douteuses, trollage des sites d infos truquées , censures fichages muselage , lynchages merdiatiques ad hominem , calomnies caricatures odieuses , aucune analyse, aucune distance, aucun doute comme un historien formaté gauchiste donneur de leçons de gauche , borné qui ne sait rien et qui croit tout savoir mieux que quiconque. bref la totale.
    La gauche Saitout nous fait la totale en permanence.

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    1. « VITE VITE A CENSURER CAR TROP SUBVERSIF HAHAHHAAHAAAAA:

      Ce qui mine la société et provoque son déclin c est l ideologie et le dogme fachocialiste gauchiste .
      Désinformation, invective, exclusion de la parole d’autrui, insulte, complotisme, pompage de sources douteuses, trollage des sites d infos truquées , censures fichages muselage , lynchages merdiatiques ad hominem , calomnies caricatures odieuses , aucune analyse, aucune distance, aucun doute comme un historien formaté gauchiste donneur de leçons de gauche , borné qui ne sait rien et qui croit tout savoir mieux que quiconque. bref la totale.
      La gauche Saitout nous fait la totale en permanence. » Meuh, meuh ….

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  9. Me faire traiter de droitiste sarkozyste , Lepeniste , facho réac nazi collabo vichyste pétainiste etc , par la racaillerie de la socialistéria gauchiste infecte puante nauséabonde , sont des mets très raffinés , des légions d honneur , des croix de fer , des distinctions suprèmes ; quand on voit l ' état de délabrement mental de cette fange sociale de gauche , je me dis que je l ' ai échappé belle et que mes géniteurs ont bien travaillé , le spermatozoïde qui est arrivé en tête sur le podium devant les millions d ' autres faisait partie de la Race Pure et de l ' Elite .

    Le bonus des bonus : je suis blanc , hétéro , enfants naturels et
    CHRETIEN ! !

    Merci Seigneur !

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    1. On est samedi Charles Henri, la vieille du jour du saigneur, on se calme et on respire ! Z'allez pas faire de vieux os !
      Ma tante Jeanne qui était une vraie chrétienne , elle faisait de sa croyance moins de bruit que vous ! même que quand j'étais petit je récitais le "je vous salue..." pour lui faire plaisir.
      Vous salissez le fond de ma culture chrétienne - je ne crois guère à un troisième degré .
      Un agnostique choqué !

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    2. « Me faire traiter de droitiste sarkozyste , Lepeniste , facho réac nazi collabo vichyste pétainiste etc , par la racaillerie de la socialistéria gauchiste infecte puante nauséabonde , sont des mets très raffinés , des légions d honneur , des croix de fer , des distinctions suprèmes ; quand on voit l ' état de délabrement mental de cette fange sociale de gauche , je me dis que je l ' ai échappé belle et que mes géniteurs ont bien travaillé , le spermatozoïde qui est arrivé en tête sur le podium devant les millions d ' autres faisait partie de la Race Pure et de l ' Elite.
      Le bonus des bonus : je suis blanc, hétéro, enfants naturels et CHRETIEN ! !
      Merci Seigneur ! »
      Hi, han, hi, han ….

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