3 juin 2015

De Thévenoud à Sarkozy. La politique sans commentaire

Qu'allait-il faire sur les plateaux télévisés, en l'occurrence celui d'iTélé ? Thomas Thevenoud, éphémère secrétaire d'Etat au commerce extérieur, 9 jours en poste avant d'exploser en vol dans un (mini)scandale qui fit grand bruit, était venu ce défendre, ce mardi 2 juin 2015. Le même jour, il se défendait d'une tribune dans Libération.

Ce dernier article était accompagné d'une photo de Thévenoud les pieds en équilibre sur les plinthes d'un couloir en travaux. Le cliché était improbable, et fut rapidement, et à juste titre, tourné en dérision sur les réseaux sociaux.

Thévenoud accusait Manuel Valls et le gouvernement tout entier d'être responsable d'une plainte de Bercy.

Thévenoud n'a pas démissionné de son mandat de député. Cela gêne dérange, agace, irrite quelques bonnes consciences (dont votre serviteur) qui préfère qu'un élu de la République rende ses mandats aux électeurs quand il est convaincu d'écarts avec la loi. Bref, Thévenoud a été acculé à la démission, expulsé du Parti socialiste, mais il a tenu bon et il est encore là. A défaut, sa vie politique ne tient plus qu'à cela; même son épouse en a perdu son emploi.

Huit mois après l'affaire, voici que quelques journalistes  sont informés que Bercy déclenche une plainte pour fraude. Ils l'apprennent une quinzaine de minutes après que le député ait récupéré son courrier officiel à la Poste. Il y a des fuites qui sont vraiment rapides.

Thévenoud a raison sur un point: la centaine de milliers d'euros que Thévenoud devait au fisc a été payée, comme d'autres fraudeurs qui passent, plus riches, sans souci, par la cellule de régularisation de Bercy. Mais il a tort sur un autre: la politique se nourrit de symboles. Et certains sont des décapitations politiques.

Il y avait plus grave, plus drôle, que le retour imprévu du député Thévenoud.

Nicolas Sarkozy communiquait encore. Après le fiasco de son Congrès fondateur - une salle à moitié vide, des sifflets pour Juppé et Fillon - l'ancien monarque continue de parler.

Et parfois, nous pouvions rire.


La République de la confiance de Nicolas Sarkozy, quand ce dernier était en "poste", a espionné des journalistes; désaisi des juges sur des affaires gênantes; manipulé des sondages; fraudé aux règles de financement électoral; dépensé sans compter l'argent public; et empilé un abécédaire inédit de promesses non tenues

La République de la confiance de Nicolas Sarkozy est rancunière. Sarkozy menace de "crever le bègue" en désignant François Bayrou.


La République de la confiance de Nicolas Sarkozy est un oxymore assez détestable.

Avis aux amateurs.


2 commentaires:

  1. Juan,

    Depuis quelque temps, on sentait bien que tu n’avais plus le moral. Etre obligé, face aux évidences, de critiquer un Président dit de « gauche », c’est pénible. Alors, je suis vraiment content que Sarkozy reprenne des couleurs, car tu vas enfin pouvoir repartir d’un bon pied et taper dessus à bras raccourcis en oubliant les socialauds. Un peu de répit pour les traîtres en espérant qu’ils vont quitter au plus vite la scène politique. Comme je le dis souvent, je préfère toujours l’original à la copie et, tant qu’à mener une politique de droite conservatrice, mieux vaut avoir la droite au pouvoir pour le faire. Ca a le mérite d’être clair à défaut d’être à la mode du consensus anglo-saxon.

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