30 juin 2015

Grèce, le jour J


Lundi 29 juin, sans surprise, le premier ministre grec a instauré le contrôle des changes, le plafonnement des retraits bancaires pour les détenteurs de cartes grecques à 60 euros par personnes, et la fermeture des banques et de la Bourse d'Athènes.


La zone euro est en passe de perdre l'un de ses membres, et l'Europe son mythe de solidarité.
 
Quelques sites publiaient déjà des conseils pour touristes inquiets.

Lundi soir, quelque 17.000 personnes manifestaient au coeur d'Athènes contre l'ultimatum des créanciers.

Sur la filiale française du Slate américain site qu'il administre , Jean-Marie Colombani, ancien patron du Monde, éructe sa rage contre Alexis Tsipras et son parti Syriza: "un groupe de rupture, antisystème, anticapitaliste, et pour finir anti-européen, dont le modèle, s’il existe, doit être recherché du côté du Venezuela de feu Hugo Chavez"; "un national-populisme avec comme moteur en lieu et place de la dénonciation du diable américain"...

Plus triste, et tout aussi peu surprenant, la Commission de Bruxelles fustigeait l'initiative référendaire du premier ministre grec.

C'était pourtant la première fois depuis 2010 que les électeurs grecs étaient appelés à voter sur ce qui allait leur arriver et non sur de simples promesses.

L'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, suggérait au contraire sur son Twitter trois mesures qui donnait au moins partiellement raison à Alexis Tsipras qui venait de refuser le dernier ridicule chantage du weekend: "Fournir plus d’aide pour seulement rembourser les créanciers publics existant est tout simplement inepte". DSK suggérait plutôt d'annuler une partie de la dette grecque et de rééchelonner le reste; et de suspendre tout financement nouveau. Un journaliste d'Europe 1 s'indignait sur Twitter que le bulletin de vote proposé aux Grecs pour leur référendum dimanche prochain soit si succinct et figure le "NON" avant le "OUI". Que disait le même quand en 2005 il fallut voter Oui ou Non sur un texte de Constitution européenne de quelque 300 pages ?

Rien.

Disqualifier cette démarche démocratique est la seule chose qui reste à quelques-uns partisans du remboursement d'une dette grecque asphyxie l'Europe par le Sud.

Deux prix Nobel de l'Economie expliquaient combien les dirigeants de l'eurogroupe étaient irresponsables.


Depuis quelques jours, vendredi dans la nuit pour être exact, l'euro-zone et quelques autres stressent. "La BCE prête à tout pour apaiser les marchés" nous apprend le Figaro

"Le soleil continuera à se lever. (...) Les Grecs doivent rester calmes et sereins en dépit des menaces et du chantage". Alexis Tsipras

Les Européens également. 

21 commentaires:

  1. Aujourd'hui, en Europe, nous avons 19 nations qui ont détruit leur monnaie nationale pour créer une monnaie unique.

    19 nations ont détruit leur monnaie nationale pour créer une union monétaire : la zone euro.

    Mais elles croyaient vraiment que ça allait marcher ?

    Elles y croyaient vraiment ?

    Depuis 1918, il y a eu 67 créations d’union monétaire. Et à chaque fois, l’union monétaire a fini par éclater.

    67 tentatives … et au final 67 explosions.

    Alors oui, la zone euro va éclater.

    Oui, chaque nation européenne va retourner à sa monnaie nationale.

    Oui, dès sa naissance, la zone euro était destinée à éclater.

    Il fallait vraiment être taré pour penser que cette expérience allait marcher.

    En Europe, la création d'une union monétaire est une expérience qui a complètement foiré.

    Comme d'hab.

    L’économiste danois Jens Nordvig a répertorié qu’entre 1918 et 2012 quelque 67 unions monétaires ont volé en éclat. Toutes les tentatives d’États indépendants de constituer une monnaie commune unique ont fini par échouer. On ne connaît pas de contre-exemple.

    http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/06/29/31007-20150629ARTFIG00142-referendum-grec-vie-et-mort-des-unions-monetaires.php

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    1. Concernant cette Union, pour faire simple, on peut penser qu’il y avait grosso modo deux solutions :

      1. Œuvrer de concert pour gagner en cohérence sur les sujets majeurs, un chemin long, ambitieux, mais progressif, donnant de la solidité à l’édifice,
      2. Y aller au forceps en ordre dispersé en s’appuyant sur la contrainte pour avancer dans la souffrance.

      Nos illuminés ont choisi la seconde voie avec le succès que l’on sait.

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    2. Je suis bien d'accord, pas la peine d'être économiste pour comprendre qu'une union monétaire de pays aussi différents que le Royaume-Uni, plus ou moins tourné davantage vers les USA que vers l'Europe, l'Allemagne, poids lourd économique, et la Grèce, où tout le monde essaye d'échapper à l'impôt (quand il existe...), ça ne pouvait pas fonctionner très longtemps sans couac dès la première grosse crise.
      Mais ça aurait pu, si l'on n'avait pas mis la charrue avant les bœufs : commencer par créer une Europe fiscale unifiée, un code du travail harmonisé, des lois de protection sociale cohérentes. Et, pour finir, une monnaie commune. Mais non, on a fait tout le contraire, et en plus, le pire est sans doute qu'on l'a fait plus ou moins contre la volonté des peuples...
      C'est sûr, la Grèce a triché. Mais l'Europe le savait et a laissé faire. Et joue maintenant les vierges effarouchées. Un peu à la manière dont la France s'offusque des écoutes américaines. C'est sûr que là aussi personne ne savait...

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    3. Il est de notoriété publique que le pouvoir grec de l’époque a « maquillé » ses comptes pour entrer dans l’UE. Avec quelle aide ? Celle d’une banque américaine, surnommée la Firme*, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 51,67 milliards de dollars, dont 13,39 milliards de dollars de bénéfices en 2009.

      *Goldman Sachs avait échangé de la dette grecque à un taux fictif en 2001, permettant à Athènes de maquiller ses comptes publics (La Tribune).

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    4. A ma connaissance, la Firme n’a d’ailleurs eu aucune amende, ni pénalité alors qu’elle a, de plus, spéculé contre la Grèce après ce petit tour de passe-passe.

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    5. Le Royaume-Uni n'a jamais adopté l'euro.

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  2. En complément de ce que dis BA, je me suis lancé dans une petite tentative d'explication (théorique) de la crise de la zone euro: http://oratio-obscura.blogspot.fr/2015/06/limpossible-zone-monetaire-optimale.html

    Si ça intéresse quelqu'un...

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    1. L'information sur la mise en place d'une propagande pro-européenne par l'UE avait circulé à l'époque et n'avait pas été relayé par les médias nationaux. Toujours la fameuse déontologie des journalistes-vedettes au service du pouvoir.
      Partant de là, il est évident qu'il y a des trolls appointés par cette merveilleuse UE si démocratique.

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  3. Dans cette affaire, les dirigeants politiques et les technocrates ont, en voulant rafler la mise, une approche perdant-perdant. Ils veulent contenter les électeurs, les financiers et appliquer leurs chers dogmes sans réfléchir « plus loin que le bout de leur nez ». Mais, s’ils peuvent gagner, ils peuvent aussi perdre et perdre gros. En effet, si la Grèce sort de l’euro, leur bel édifice libéral anti-démocratique a toutes les chances de voler en éclats, ce qui, soit dit en passant, est une bonne nouvelle pour moi. Attendons donc la suite des événements et n’oublions pas que le chemin est difficile. Comme le disait notre grand philosophe Raffarinus, « notre route est droite, mais la pente est forte. »

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  4. C'est bien de citer le soutient des deux prix Nobel d'économie : Joseph Stiglitz et Paul Krugman.

    Ces gens sont tellement clairvoyants que Stiglitz déclarait qu'il était impossible que Fannie Mae et Freddie Mac fassent faillite (http://www.objectifliberte.fr/2008/10/stiglitz-embras.html) et ce furent les deux premières instituions financières à faire faillite lors de la crise des subprimes.

    Dans un autre style, Krugman déclara qu'internet aurait sur l'économie le même impact que l'invention du fax...

    Il faut être légèrement déficient mental pour prendre en compte l'avis de deux personnes s'étant autant trompées.

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  5. En France, les éditorialistes européistes (pléonasme) commencent à avoir peur.

    Lisez cette revue de presse :

    Jeudi 2 juillet 2015 :

    Crise grecque : l'unité Hollande-Merkel "vole en éclats."

    http://www.boursorama.com/actualites/crise-grecque-l-unite-hollande-merkel-vole-en-eclats-adbddaeb90f3a8f34e4a538c9f1389d5

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  6. Se plaindre que les grecs doivent payer leurs dettes est quand même comique. Critiquer l ' UE et le FMI de réclamer le paiement de leurs dettes est encore plus idiot. Critiquer l 'UE et le FMI de ne pas avoir coupé les crédits à la Grèce plus tôt serait plus juste .
    Pas d ' impôt, pas de TVA rentrant dans les caisses, le clergé et les riches armateurs exonérés d'impôt.....Un état surchargé de fonctionnaires, une corruption à tous les niveaux, mensonge sur la réalité de leur PIB et PNB.
    Malgré la demande pressante de faire des économies, la même gabegie continue. Il est évident que ce sont comme partout ailleurs, les retraités qui sont de suite les plus maltraité et pénalisé.( Il est d 'ailleurs incompréhensible que les gens ne protestent pas contre cet appauvrissement des retraités, étant eux mêmes des futurs retraités, que leur restera-t-il?)
    Devons nous continuer de préter de l 'argent que les grecs n ' ont aucune intention de rembourser ou fermer simplement la porte à la grèce, elle fera sa monnaie qui ne sera valable que dans son pays et basé sur sa réserve d ' or, combien de temps avant qu 'elle ne puisse plus payer ses fonctionnaires, ses retraités et de soumettre ses habitants à un régime de rigueur extrème .
    L' UE continuera son chemin sans eux et ce serait aussi bien sans les anglais .

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  7. Se moquant du FMI, de l 'UE et de ses créanciers, Tsipras a ré embauché des fonctionnaires et augmenté leurs salaires.
    Copiant ainsi hollande qui continue d 'augmenter le nombre de fonctionnaires, de contrats d 'avenir ( sic ) tout en continuant de dépenser largement l 'argent que nous n ' avons pas.

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    1. @ Lancien.

      Chacun pense ce qu’il veut de la situation, mais tes remarques sont, pour moi, hors sujet.
      La question est, en dépassant les jugements de valeur, de savoir si la position des uns et des autres est réaliste, défendable et pas de se demander si les Grecs sont complètement ou en partie responsables du montant de la dette. Dans cette affaire, la Troïka est irresponsable parce que la Grèce reste incapable de rembourser sa dette, y compris si elle accepte de nouveaux sacrifices. Ensuite et tu l’ignores peut-être, la Troïka a, non seulement exigé le remboursement des sommes dues par la Grèce, mais impose les mesures à prendre en ne laissant pas au pouvoir grec le choix des moyens, ce qui est un comble et proprement inadmissible.
      Comment peut-on accepter l’idée que la Troïka gouverne un pays à la place de ses élus ? C’est un déni de démocratie. L’UE dévoile de manière brutale qu’elle est une dictature.

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  8. Grèce : c'est encore pire que ce qu'on croyait.

    Un responsable du FMI a reconnu que les besoins de financement du pays sont aujourd'hui proches de "plus de 60 milliards d'euros".

    L'Union Européenne va devoir débourser 36 milliards d'euros supplémentaires pour sauver la Grèce.

    Elle va devoir effacer une partie des 317 milliards d'euros de la dette grecque.

    La Grèce est en faillite.

    Les banques grecques sont en faillite.

    Les deux premiers « plans de sauvetage » de la Grèce sont un échec total.

    Bravo, la Troïka.

    Vous êtes des génies.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-crise-en-grece-requiert-une-nouvelle-aide-europeenne-massive-selon-le-fmi-2d3c14de97ece273417b262241ef1ace

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  9. Demos: En s 'engageant dans l 'UE la Grèce s 'engageait aussi à en respecter les règles. En profitant des crédits de la troïka, la Grèce acceptait de payer ses emprunts et les intérêts.
    Quand vous même faite un emprunt, vous savez qu ' il peut y avoir des inconvénients, les emprunteurs grecs ne pouvaient l ' ignorer.
    Que doit - on faire? annuler leurs dettes, ce qui autoriserait la Grèce à ré emprunter et à re commencer, soyons sérieux et parlons avec la tête. Nous prenons à grand pas la route suivie par les grecs avec nos dirigeants incapables de suivre une politique d ' économie et de rigueur maitrisée. Les grecs ont chantés tous les étés, nourris par l 'argent d 'autres pays, malheureusement, c 'est encore l 'argent des autres pays qui fera défaut dans l 'allègement de leurs dettes. La France y perdra bien plus que 50 milliards,
    BA / Il est évident que les plans ne pouvaient marcher, sauf à enrichir un peu plus les créanciers. Car, donner 7 milliards en début de mois pour que la Grèce rembourse 1 milliard en fin de mois était idiot. Mais l 'UE a marché dans la combine

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  10. L ' expression "va te faire voir chez les Grecs" perd toute sa signification.
    Cette expression a évolué depuis la crise grecque il faudra dire dorénavant : " on va se faire avoir par les grecs "
    En effet , toutes les réunions stériles et interminables qui se suivent et se ressemblent sur ce sujet ont enfin trouvé une solution qui peut se résumer ainsi : " nous allons renflouer la Grèce afin qu ' elle puisse rembourser ses dettes " .
    Les seuls gagnants dans cette histoire , ce sont tous les traiteurs sollicités pour nourrir et abreuver abondamment ces affameurs de peuples .
    "Jeanne , au s ' cours " !

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  11. Un peu d ' ironie !

    La France montre la Grèce du doigt et donne des leçons :

    Bien sûr, la France, contrairement à la Grèce, n'a pas une fonction publique pléthorique, n'a pas une dette publique abyssale, n'entretient pas vis-à-vis du déficit budgétaire une désinvolture revendiquée depuis des décennies, n'a pas une compagnie de chemin de fer nationale avec des fonctionnaires bourrés de privilèges, n'a pas d'institutions et de personnalités puissantes qui échappent à l'impôt, n'a pas des conditions de retraite scandaleusement privilégiées pour les fonctionnaires, n'a pas une longue et funeste histoire de complaisance avec le communisme et la Russie, ne tente pas de faire excuser son incurie par un prétendu rôle messianique dans le monde, n'a jamais tendance à se payer de mots, ne rejette pas toujours ses responsabilités sur les autres...

    Non, vraiment, aucun rapport entre la France et la Grèce !...

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  12. c'est exactement ce que je viens d'exliquer à une amie athénienne : nous sommes SI PROCHES !

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  13. Il y a de tout chez toi comme commentaires. C'est fascinant.
    Je vais faire comme les autres je vais en dire une ou deux....on prédit la fin de l'euro depuis cinq ans au moins. Grâce à cette perspective pas loin d'être funeste, certains ont gagné pas mal d'argent mais beaucoup en ont perdu...l'euro va perdurer, et avec la Grèce, j'en suis persuadé, et heureusement pour les grecs et quelques autres....mais je peux me tromper puisque stiglitz comme pikety d'ailleurs au moins une fois dans leur vie...ça ne les empêche pas d'être brillants comme DSK qui lui s'est trompé plus d'une fois...et pas simplement en économie...

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