29 août 2015

434ème semaine politique: les 10 clarifications de cette rentrée politique.



Le monde tremble des conséquences d'un krach boursier en Chine mais l'actualité politique française s'est recroquevillée. A la faveur de la rentrée, la clarification du paysage politique se poursuit, parfois dans le ridicule.



#1 Les silences de Macron
Il est jeune, il est beau, il est dans son élément. Macron est à Jouy-en-Josas, sur le campus d'HEC pour l'université d'été du MEDEF. Cette rencontre des dirigeants patronaux est toujours un grand moment de la rentrée politique française. Un lieu où nos politiques, de centre gauche ou de droite, aiment à lâcher les premières petites phrases.

A Jouy, on n'entend pas Macron s'indigner sur cette promesse non-tenue du MEDEF - un million de créations d'emploi que le président Gattaz exhibait sur un pin's l'an passé dans toutes ses apparitions publiques en échange de la plus grosse exonération de cotisations sociales de la décennie.

#2 L'échec du Pacte irresponsable
Au lieu de quoi, nous eûmes 0,1% de croissance ou de décroissance ici ou là, d'un trimestre à l'autre, et une progression continue du chômage depuis 3 ans. Même les créations de postes dans le secteur marchand sont ridiculement faibles: 27.000 au second trimestre 2015, "un mouvement qui ne s’était pas produit depuis 2011" rappelait Rebsamen cette semaine. Quel exploit ! A ce rythme-là, il nous faudra encore 37 trimestres pour atteindre la promesse de Gattaz !

La politique de François Hollande est un échec sur le terrain de l'emploi. François Rebsamen peut bien filer se cacher à la mairie de Dijon, et laisser vacant son poste de ministre du Travail.

#3 Le sarkozysme de Macron
A Jouy-en-Josas, le ministre de l'économie, ancien conseiller de Hollande à l'Elysée, préfère expliquer que la réduction du temps de travail si chère à la gauche plurielle des années Jospin était une mauvaise idée: "la France pourrait aller mieux, en travaillant moins, c'était des fausses idées". Des fausses idées ? Quelques 6 millions de Français ont leur temps de travail réduit de façon contrainte ! Un actif sur 4 est encore inscrit à Pôle Emploi ! Macron, comme l'ensemble des ténors de la droite et les représentants du patronat, n'ose pas, sur ce sujet, expliciter le fond de sa pensée: ce n'est pas la réduction du travail qui gêne, mais le seuil de calcul des heures supplémentaires. L'Allemagne voisine, toujours citée en exemple par nos commentateurs libéraux, a troqué son chômage précaire pour du travail partiel (et précaire): outre-Rhin, le temps partiel a bondi de 17% en 1999 à 26% des salariés douze ans plus tard. Les Allemands travaillent en moyenne moins que les Français, qu'on se le dise. Macron préfère les 35 heures imposées par la précarité aux 35 heures négociées par le partage du temps de travail.

#4 La division socialiste
A la Rochelle, où le Parti socialiste met en scène sa gauchitude de rentrée, on tousse, on grogne, on crie dans les rangs. Les socialistes s'indignent entre eux. Manuel Valls, son premier ministre, qui pourtant disait peu ou prou la même chose lors des primaires socialistes de 2011, le réprimande gentiment. Jean-Marie Le Guen, ministre en charge des relations avec le Parlement, vient "vigoureusement" à la défense de son collègue Macron. Le patron du Libération, Laurent Joffrin explique que "Emmanuel Macron n’est pas de droite" quand lui-même n’est plus de gauche. A droite, on applaudit. Le très sarkozyste Gérard Darmanin propose "l'asile politique" à Macron.

Tempête dans un verre d'eau ? Nous aurions tort de minorer l'affaire. Cette petite musique du "travailler plus", qui, prise collectivement, est d'une hypocrisie ahurissante, est encore jouée pour endormir les esprits.

#5 La scission d'EELV
La clarification des positionnements politiques se poursuit. l'approche du Grand Scrutin de 2017 l'accélèrera. Si EELV n'a pas encore explosé, elle en prend le chemin. Le parti né du rapprochement des Verts avec les partisans de Nicolas Hulot a perdu deux ténors du parti écologiste. Le sénateur Jean-Vincent Placé et de le député François de Rugy quittent le mouvement, mais pas leur mandat, à cause du "gauchisme" de leurs camarades. Dans quatre régions (sur 13), EELV devrait faire liste commune avec le Front de gauche au scrutin régional de décembre. Et cela agace ces "réformistes" qui ne rêvent que d'un strapontin ministériel en Hollandie.

Pour Hollande, on dit que le coup est bien joué, car rien ne vaut une division des écologistes. Pourtant, cette division est un pas de plus vers une candidature écolo politiquement plus homogène au prochain scrutin présidentiel.
Mélenchon a tort, la droite du PS est aujourd'hui majoritaire au PS. Et les frondeurs ne veulent pas quitter ce navire-là.

#6 La purge inachevée du Front national
A l'extrême droite, le FN poursuit sa purge familiale. Marine n'en a pas fini avec Jean-Marie. Ce dernier tient encore les cordons de la bourse du FN. Car la galaxie frontiste est d'abord un conglomérat familial: on connaissait "Jeanne" la filiale dirigée par Marine Le Pen qui facturait les candidats frontistes aux législatives leurs "kits de campagne". Il y a aussi la "Cotelec", une association présidée par Jean-Marie qui finance les frais de campagne des candidats.  Les représentants d'un diocèse invitent Marion Maréchal-Le Pen à partager sa jeune expérience politique. A Sciences-Po, une antenne frontiste est créée.

#7 Le faux changement de Juppé
A droite, Alain Juppé promet qu'il a "changé", lui aussi. Comme Jospin en 1995, ou Sarkozy en 2007. L'approche d'un Grand Scrutin précipite certains des prétendants  à ces moments de vérité. Il semble cependant que les électeurs aient aussi changé. Depuis quelques années, une fraction majoritaire d'entre eux se réfugie dans l'abstention, y compris pour des élections de proximité; laissant ainsi les urnes bourrées de votes frontistes. Juppé, donc, a "changé". Il a "envie d'être aimé". Il publie un livre sur l'école de nos enfants. Loin des éructations frontistes de son rival Sarkozy, il s'affiche serin et rassembleur. "J’ai appris la doctrine de la goutte d’eau : il ne faut pas faire déborder le vase en voulant trop en faire", confie-t-il à propos de la réforme des retraites de 1995. En revenant sur son bilan de premier ministre, vingt ans plus tard (une éternité), Juppé tacle aussi indirectement Hollande: "il faut annoncer clairement la couleur. L’erreur, en 1995, était de ne pas avoir annoncé la réforme des retraites avant l’élection".

#8 Le Bling-bling de Sarkozy
A droite, Nicolas Sarkozy n'a pas changé. Un site révèle l'organisation de la séance photo en Corse, publiée par Paris Match il y a 15 jours. Du vrai professionnalisme.

#FF @NicolasSarkozy pour son professionnalisme dans l’organisation des photos de ses vacances. http://t.co/wMSAX5iu9D
— Juan (@Sarkofrance) 28 Août 2015

#9 L'affaire Sapir
La Grèce aussi va clarifier son paysage politique, avec ses élections anticipées dans trois semaines à peine. Un scrutin provoqué par l'impasse politique née du Diktat des créanciers européens. Exaspérés ou effarés par l'échec d'Alexis Tsipras à desserrer l'étau austéritaire et le pillage des infrastructures publiques du pays via des privatisations imposées au profit d'entreprises étrangères, certains à gauche ont déraillé au point d'envisager toutes les alliances possibles contre l'euro, y compris avec le Front national.

Sur France inter cette semaine, un estimé économiste, Jacques Sapir, a ainsi bafouillé qu'il pensait que cette alliance des anti-euro se poserait à terme. Il n'osa prononcer qu'il la souhaitait: "J’ai dit à terme, et c’est une possibilité, et pas une probabilité, parce que nous ne savons pas quelles seront les évolutions que pourra connaître ce parti, ou un parti qui pourrait en être issu."

Qu'il en oublie combien le Front national "normalisé", sur aucun des sujets socio-économiques, politiques et culturels, ne défend autre chose que du clivage, de la discrimination et de la haine, est effarant.  Un autre économiste indigné, Frédéric Lordon, a rétorqué à Sapir qu'il a "perdu tout sens de l'histoire." Sapir se défend encore: "on ne fait pas un « front de libération nationale » avec ses seuls amis." Mais comment envisager de le faire avec ses ennemis ? On apprenait aussi que Chevènement rencontrerait Dupont-Aignan. La gauche souverainiste s'égare.

#10 La renaissance de la Bête immonde
Sapir n'écoutait pas Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances de Tsipras, qui démissionna ou fut démissionné au soir de la victoire du NON à l'Austérité au référendum grec du 5 juillet qui déclarait le 23 août dernier: "À ces deux occasions, dans les années 1930 et maintenant, les seuls bénéficiaires ont été les bigots, les nationalistes, les xénophobes, les misanthropes. L'œuf du serpent n'a pas mis longtemps à éclore dans de telles circonstances."

En Grèce, tout le monde surveillera le score des nazis, sauf sans doute Pierre Moscovici. Il a la tête ailleurs. Il poursuit la publication d'ineffables citations hors sol sur les réseaux sociaux, comme cette "hâte de travailler avec gouv. provisoire, maintien dynamique de réformes avant nomination nouveau gouv après 20 sept". Les premiers sondages donnent Syriza vainqueur, mais de peu.


Ailleurs dans le monde, l'actualité n'a besoin d'aucune clarification.

C'est un krach boursier, un vrai, un de plus, qui a ouvert la semaine. Fichue rentrée. Il vient de Chine. Un krach avant une correction économique qui serait un nouveau séisme. Dans un camion, en Autriche, les corps sans vie de 70 migrants. Dans la Hongrie voisine, le gouvernement réactionnaire fait installer des barbelés à sa frontière, en pleine Europe. Plus loin, en Syrie ou en Irak, Daech insulte l'islam et l'humanité de ses barbaries à répétition.

Bonne rentrée citoyen.



22 août 2015

433ème semaine politique: la rentrée positive de Hollande n'aura duré que 24 heures.

Il est revenu de vacances trop courtes. François Hollande voulait positiver. Vlam ! Un attentat déjoué, la crise chinoise et de nouvelles secousses politiques en Grèce le ramène à la réalité.

Vive la rentrée.



Positivisme

La France a évité un carnage, dans un train Amsterdam-Paris. Un homme armé d'une Kalachnikov a été maitrisé par trois Américains qui se trouvaient à bord, vers 17H45 vendredi 21 août. Le choix du train pour frapper ne doit rien au hasard.

Des milliers de Français prennent justement le train en cette veille de rentrée de vacances.
 

Pour Hollande, la rentrée est déjà un carnage. 

Les vacances furent courtes. Le gouvernement au complet s'était retrouvé deux jours avant en Conseil des ministres dans une indifférence publique polie. François Hollande, à peine bronzé, annonce qu'il veut des baisses d'impôts pour 2016,  et davantage d'écologie dans son programme. La campagne présidentielle est proche. Si les écologistes présentent un candidat, le candidat a peu de chances de se qualifier pour le second tour. La meilleure monnaie d'échanges avec les écolos serait l'adoption rapide du scrutin proportionnel mais pour l'instant, Hollande n'en est pas là.  Il veut "sur-positiver" pour tenter d'améliorer l'état des lieux de fin de mandat.

Hollande veut sur-positiver, mais la réalité est têtue. Bien sûr, on pouvait, on devait prendre pour quantité médiatique négligeable les agitations à propos de la Fête de la Rose à Frangis, organisée par les supporteurs d'Arnaud Montebourg. L'ancien ministre devenu directeur chez Habitat France, a invité un ancien collègue européen, Vanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec du gouvernement Syriza. L'invitation agace les socialistes, y compris dans le coin.

Hollande voulait sur-positiver pour faire oublier cette crise porcine qui a pourri les vacances du ministre de l'agriculture; ou le départ, non encore remplacé, de son ministre du travail pour la mairie de Dijon. Ou même ces excitations médiatiques entretenues par la droite furibarde à propos des migrants partout en Europe. Hollande pouvait sur-positiver puisque l'extrême droite était encore coincée par les déboires familiaux des Le Pen. Le patriarche s'est d'ailleurs à nouveau fait exclure du mouvement frontiste cette semaine. La droite n'allait pas mieux. Si Alain Juppé travaillait ses propositions politiques, on retenait de l'UMP/Les Républicains la saisie des biens immobiliers du couple Balkany par la justice, et le retard pris par l'enquête pour corruption qui vise Nicolas Sarkozy.

Bref, Hollande voulait, et pouvait "sur-positiver". Mais sa rentrée positive  n'aura duré que quelques heures.

Son optimisme démonstratif était palpable lors de son premier déplacement de rentrée en Isère, avec Ségolène Royal. Un optimisme surprenant, comme si le président, pourtant bien informé, ne voyait plus la réalité notamment économique qui nous entoure. Hollande croit à une reprise qui ne vient pas - un maigre 1% de croissance peut être l'an prochain - alors que l'économie chinoise donne de graves signes de faiblesse. "La peur fait son retour sur les marchés financiers" titrent les Echos. Après le krach boursier chinois de juillet, le ralentissement économie du pays le plus peuplé du monde déprime les économies mondiales. Cette nouvelle catastrophe économique est un premier boulet, et pas des moindres, pour l'équipe élyséenne.

Ensuite, il y a la Grèce.

Secousses grecques

En Grèce, Alexis Tsipras a créé la surprise en démissionnant du gouvernement jeudi soir. Il a aussi fait frémir quelques créanciers européens.  Cette démission ouvre une nouvelle séquence incertaine. Tsipras démissionne parce qu'il assume avoir été contraint de dévier du mandat que les électeurs lui avaient donné en janvier dernier.

L'homme remet en jeu son mandat, après avoir échoué à renégocier la dette grecque. Sa majorité craque, un gros tiers de ses députés Syriza ne le soutiennent pas. Et 25 d'entre eux viennent même de rejoindre Unité Populaire pour le prochain scrutin. La Grèce vient de conclure un accord absurde, 86 milliards de prêts pour l'essentiel (80%) pour rembourser les précédents, adossé à un programme austéritaire qui ne réjouit que le gouvernement allemand et quelques eurocrates hors sol comme Pierre Moscovici.

Ce dernier a osé publié vendredi sur son blog, quelques minutes avant que l'actualité ne bascule dans la sidération avec l'attentat manqué du Thalys, un billet laudateur sur le programme de contre-réformes grecques: "les 10 raisons pour lesquelles le nouveau programme grec est une bonne nouvelle". Il faut le lire pour le croire.  Selon Moscovici, ce programme austéritaire va permettre de stabiliser les finances publiques grecques "de façon crédible, économiquement efficace et socialement juste", et de "booster" le marché de l'emploi grâce à la "modernisation" du code du travail . "Les privatisations vont aider à moderniser l'économie", écrit Moscovici. 50 milliards de cessions ont été imposées aux Grecs. En Grèce, les privatisations sont un dépeçage en règle du secteur public au profit d'entreprises étrangères: comme la concession des 14 aéroports régionaux à un consortium allemand, ou la vente du port du Pirée, troisième port mondial, à des Chinois.

La Grèce n'a pas fini de secouer l'Europe et son destin.

Bonne rentrée à toutes et tous.





20 août 2015

Tsipras, la leçon démocratique continue

Alexis Tsipras, premier ministre grec depuis le mois de janvier dernier, a annoncé sa démission le 20 août. Des élections anticipées auront lieu dans un mois, le 20 septembre.

Après sa tentative de renégociation contre les créanciers européens et internationaux, puis un référendum le 5 juillet dernier, et un accord qui s'apparente à un Diktat sous peine de faillite bancaire généralisée le 13 suivant, Alexis Tsipras aura fait preuve d'une intelligence démocratique que l'on peine à retrouver ailleurs en Europe, et notamment en France.

Tsipras démissionne parce qu'il pense qu'il pense qu'il n'a plus la majorité nécessaire et suffisante. Lors du vote du troisième accord avec l'Union européenne, et de son volet austéritaire, un tiers de sa majorité l'a abandonné, et il n'a du son salut qu'au soutien de son opposition. En France par exemple, la Vème République permet à François Hollande de passer en force avec l'artifice du 49-3 pour des lois sans majorité comme l'ineffable texte "Macron".

Tsipras démissionne parce qu'il sait, reconnait et assume avoir été contraint de dévier du mandat que les électeurs lui avaient donné en janvier dernier: "le mandat que j’ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites". Quand avons-nous entendu cela en France depuis 40 ans ? Une seule fois, et le résultat fut funeste pour son auteur. En 1997, quand Jacques Chirac décida de dissoudre une assemblée trublionne. En France, le président Hollande a dévié de sa trajectoire initiale, personne même chez lui ne le conteste. Pourtant, il n'y eu aucune remise en jeu du mandat législatif.

Merci Alexis Tsipras.

15 août 2015

432ème semaine politique: les minions préparent leur rentrée !

Crédit illustration: DoZone Parody

Ils sont mignons, et c'est affreux.

 

Pour cette dernière semaine avant les premières rentrées politiques,  nos mignons de la République font encore parler d'eux. Mais n'imaginez pas que les vacances furent l'occasion d'aborder les sujets de fond. Nos mignons, et leurs commentateurs préférés, préfèrent parler tactiques et stratégie, alliances et croche-pattes. 

 

Bref, ils vivent dans un monde parallèle. 

C'est affreux.



En France, la politique fait peine à voir.

Comme nous sommes le 15 août, les chrétiens font parler d'eux. Pour le coup, ceux d'Orient sont en passe d'être exterminés par Daech. Même Jean-Luc Mélenchon rappelle combien les défendre est un combat laïc. Mais c'est bien la seule actualité politique sérieuse qui réveille un peu les esprits.

François Hollande est en vacances. Il laisse la place à Sarkozy pour une indécence médiatique, un mélange "people et politique" dont seul l'ancien monarque a le secret. Après son "interview-confession" dans l'hebdo de la droite furibarde Valeurs Actuelles début août, le voici en couverture de Paris Match avec son fameux maillot de bain jaune trop grand, enlacé avec Carla Bruni-Sarkozy. Le plus drôle est le montage évident et grossier qui permet à Sarkozy d'être aussi grand que son épouse Carla sur le sable blanc. La presse britannique s'en délecte. Les deux sont en vacances dans le domaine de Murtoli, en Corse, qui offre plage privée et quelques milliers d'hectares de terrain sauvage à ses clients, pour quelques 30.000 euros la semaine, au beau milieu d'un parc protégé. TRACFIN, l'organisme chargé de traquer le blanchiment d'argent sale, s'intéresse justement au propriétaire des lieux. Sarkozy a toujours un timing judiciaire parallèle à son timing politique.

L'opération médiatique a une autre visée, afficher la "jeunesse" de Sarkozy quand son principal rival Alain Juppé fête ses 70 ans ce 15 août.

Voici où en est la politique. 

L'ancien monarque fera campagne à droite, pour chiper la victoire aux primaires de l'UMP l'an prochain, tandis que Juppé, qualifié de "septuagénaire de gauche" par Sarko, qui publie un ouvrage programmatique en septembre, veut mordre l'électorat centriste prétendument déçu par Hollande. Avez vous entendu parler programmes, propositions ou même bilan de l'ancien quinquennat ? Non, et c'est bien normal. Au mieux, une presse alimente le procès des peurs identitaires

A Paris, la maire Anne Hidalgo accueille la ville de Tel Aviv à Paris Plages. Hidalgo fait mine d'ignorer la signification politique de cette opération estivale. Et cela déclenche des sarcasmes et des indignations chez quelques pro-palestiniens. La bêtise dépasse l'entendement quand on lit un député socialiste, Alexis Bachelay, comparer Tel Aviv à Pretoria. En vacances dans le Sud de la France, le premier ministre apporte son soutien à l'opération parisienne. Et il défend aussi les traditions taurines - la corrida catalane et la course camargaise -, "une belle habitude".

Son ministre de l'agriculture peine à éteindre l'agitation des éleveurs de porc.  Et les derniers chiffres de la croissance française, malgré une décennie bien libérale et une politique de l'offre très assumée depuis trois ans par l'équipe Hollande, sont encore une fois décevants. Pourtant, ne croyez pas qu'il y aura un quelconque changement de cap, Manuel Valls nous l'a assuré dès vendredi: "Les à-coups d’un trimestre sur l’autre n’ont pas grande signification économique". C'est nul, mais ne changeons rien.

Au coeur de l'été, d'autres mignons, de vrais poussins, parviennent à faire parler d'eux. L'été est aussi ce moment où l'actualité est suffisamment creuse pour qu'elle se compose d'évènements surprenants. Une quarantaine de députés de tous bords co-signent donc une tribune pour s'indigner du broyage des poussins . Il y a quelques semaines, le sarkozyste Frédéric Lefebvre avait déposé un projet de loi contre l'abandon des animaux de compagnie.  L'été, tout est possible.

Ailleurs en Europe, on débat du fond. 
Et la question du positionnement des forces de gauche se pose plus clairement.

Ainsi la Grèce parvient-elle à un accord avec ses créanciers européens et internationaux pour un troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros. La presse conservatrice européenne se félicite du pragmatisme d'un Alexis Tsipras qui était décrit il y a 3 mois à peine comme un dangereux gauchiste révolutionnaire. Hollande félicite avec une formule assez curieuse: "c'est une preuve que l'Europe est capable d'avancer sur la base des principes de solidarité et de responsabilité. C'est aussi un aboutissement pour la Grèce qui a fait les efforts attendus, en votant ce troisième programme ce matin. (....) Cette étape décisive a pu être atteinte grâce à la détermination d'Alexis Tsipras qui s'est engagé sur la voie des réformes courageuses et dans le respect de ses principes de justice. La France sera à ses côtés."

Où est la solidarité européenne ? Evoque-t-on la solidarité quand une banque fait saisir des biens d'un foyer surendetté ? A Athènes, Tsipras a perdu le soutien de 49 de ses députés Syriza, soit un tiers de son effectif élu au parlement en janvier dernier. Dans Politis, un blogueur français se félicite d'une résistance qui "s'organise". Vraiment ? Mais où est la majorité politique de demain en Grèce ?

Comme souvent, il faut répéter qu'il est trop tôt pour juger d'une politique. La France a connu les mêmes déboires en 2012: la gauche mélenchoniste est tombée dans l'opposition au soir de la victoire contre Sarkozy, sans rien attendre. A-t-elle capitalisé ensuite sur la déception grandissante de l'électorat de gauche à l'encontre de Hollande ? Non. En Grèce, Tsipras fait face à des banques en faillite et un pays ruiné. Pour Tsipras, depuis le premier jour de sa victoire législative, la question des alliances politiques reste primordiale.

En Espagne, Podemos est confrontée au même questionnement stratégique. Dans les colonnes de Mediapart, un journaliste espagnol s'inquiète de "la dangereuse dérive de Podemos". Parce que le nouveau parti, victorieux aux élections municipales de mars dernier dans des communes symboliques comme Madrid ou Barcelone, s'allie avec d'autres plus centristes, Andrés Herrero s'inquiète: "la plupart de ces propositions loin de se développer, raffiner et concrétiser, se sont affadies, en même temps que Podemos dérivait vers le centre, modérant son discours pour élargir son électorat." Dans les sondages, Podemos serait grignoté sur sa gauche. Mais il est concurrencé sur sa droite par l'autre nouveauté politique qu'est Ciudadanos, quatrième force politique du pays dirigée par Albert Rivera. Ensemble, Podemos et Ciudadanos pèseraient près de 40% des intentions de vote.

Au Royaume Uni, Jeremy Corbyn est en passe de remporter la direction du Labour. Ce député, inconnu jusqu'alors, socialiste et antimonarchiste dans un pays ravagé par le libéralisme thatchériste puis blairiste, remporte tous les sondages de popularité au sein des militants du parti. La principale riposte de ses concurrents, notamment de Yvette Cooper, soutenue par Toby Blair et créditée de 8% dans les sondages (sic!), est qu'un positionnement "trop à gauche" ferait perdre les élections au Labour.
"Si Jeremy Corbyn l'emporte, cela ne signifiera pas une défaite comme en 1983 ou 2015. Cela entraînera une déroute, peut-être l'annihilation". Tony Blair
On oublierait presque que les Travaillistes viennent de se faire laminer par les Conservateurs aux précédentes élections législatives de mai dernier.  A quoi bon voter Labour si ces derniers pratiquent le même libéralisme que leurs concurrents conservateurs ?



Ami citoyen, reste en vacances si tu le peux.









8 août 2015

431ème semaine politique: Obama à Hollande, "sois écolo même en vacances."

Crédit: DoZone Parody

Un accord Hollande/Poutine sur deux navires vendus par Sarkozy, une salve de Sarkozy dans la presse pour faire oublier ses déboires judiciaires, des migrants qui se noient et un ministre de l'intérieur qui voudrait les "fixer" dans leurs ports de départ. 

Il y avait heureusement Obama pour remettre un peu d'optimisme écologiste dans cette coupure estivale.

Migrants versus touristes
En Grèce; les touristes sont là. Ailleurs, les migrants continuent d'affluer. Quelques milliers à peine qui suffisent à effrayer les bonnes âmes, quelques milliers qu'une droite furibarde et une extrême droite néo-fascisante s'emploient à instrumentaliser pour effrayer l'électorat âgé ou précaire.

Mercredi, deux cent migrants meurent noyés au large de la Libye. Ce rituel macabre trouble à peine l'actualité estivale. De son lieu de vacances, Bernard Cazeneuve tente une nouvelle formule. La France a refusé les quotas de migrants proposés par l'Europe, il lui faut trouver une autre dée pour montrer qu'elle s'affaire sur le désastre. Le ministre de l'intérieur fait part de son intention d'aller au Niger avec ses homologues européens. Il s'agit de trouver comment "fixer" les migrants dans leur pays d'origine, c'est-à-dire "mettre en place des centres de maintien et de réadmission qui permettent d'éviter ces flux de migrants."

Hollande versus Poutine
Il a fini par trouver un accord, la France remboursera la production des deux navires Mistral qu'elle refuse de livrer à la Russie. Hollande et Poutine ont topé cette semaine. Cette décision énervera la vrauche et la droite, toutes deux si promptes à s'indigner que la France s'oppose à la Russie. Quand Sarkozy avait cédé cette technologie à Poutine en 2009, toute la gauche, ou presque, s'indignait du transfert de technologie à peu de frais. Dans les colonnes du Figaro (propriété de Dassault), on s'indigne à coups d'articles et de tribunes ravageurs mais Hollande, à peine arrivé en Egypte pour l'inauguration d'un "nouveau" Canal de Suez, assure qu'il n'y aura "aucune difficulté pour trouver un repreneur".

Jeudi soir, le président est en vacances pour 10 jours, des vacances "secrètes" assure le Figaro. En congés également, son ancien opposant Nicolas Sarkozy éructe dans les colonnes de Valeurs actuelles.

Sarkozy versus Sarkozy
Une interview qui sonne comme un contre-feu allumé pour faire oublier ses récentes bourdes à l'encontre de l'Algérie et une actualité trop judiciaire qui frappe ses plus proches dans des affaires de corruption présumée (le coffre-fort géant de Claude Guéant), de sondages truqués (la signature imprévue de Claude Guéant) ou de financement clandestin (Copé entendu par la justice). "En plein coeur de l'été, le gouvernement décide de changer la nomenclature. On supprime 10.000 chômeurs, qu'on déplace dans la catégorie de ceux qui sont considérés comme n'étant pas à la recherche d'un emploi, et François Rebsamen arrive en expliquant que 1.300 chômeurs de plus, c'est la stabilisation ! (...)  Le lendemain, François Hollande dit : 'si le chômage baisse, je serai candidat'. De qui se moque-t-on ? On prépare une colère et une désespérance sans précédent dans notre pays". Le problème de Nicolas Sarkozy reste et demeure que chacune de ses critiques peut lui être retournée en pleine face et sans gant ni précaution. L'ancien monarque a la mémoire si courte qu'elle en est inquiétante. A propos de son propre quinquennat, il minimise comme il peut - "je ne dirais jamais que tout a été réussi" - pour mieux tendre la main aux électeurs du Front national. Ses formules sont comme souvent curieuses - il veut ainsi "reconquérir toutes les 'Madeleine' de France" - un gros clin d'oeil appuyé à l'animatrice du mouvement anti-mariage gay "Sens Commun". Sarkozy, président... du Tea-parti "à la française" ? Assurément.

Sarkozy peut au moins compter sur Nadine Morano. Elle a fini par amuser une fois de plus la galerie. Nadine Morano est une valeur sûre de l'humour politique involontaire. Mercredi, elle a conseillé aux migrants de faire comme De Gaulle en 1940, et ... de rester chez eux pour résister.  Plus pittoyable encore, Charles Beigbeder, patron médiatique déchu et déçu de l'UMP, confie son soutien au Front national pour la présidentielle de 2017.

Des nouvelles plus positives venaient d'ailleurs, d'Amérique.

Obama les a pris de court, en plein été. Lundi 3 août, le président américain a annoncé un renforcement du plan américain de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis d'ici 2030.

Obama ne prend pas de risque. Son mandat, le dernier, expire l'an prochain. Sa promesse écologique date ... de 2008, une éternité. L'hostilité du Congrès a bloqué son "Cap and Trade Act" de 2009 comme son plan anti-carbone de 2011. Pire, la présidence Obama sera celle de l'explosion de la production d'hydrocarbures de schiste sur le sol américain, faisant des États-Unis le premier producteur pétrolier mondial l'an dernier, devant l'Arabie Saoudite. Les analystes guettent désormais le ralentissement de cette production, les ressources les plus faciles d'accès ayant été extraites. Le nombre d'appareils de forage a été divisé par deux en un an. Et ce "modèle" américain a ravagé des zones entières: quelque 15 millions d'Américains vivent à moins d'un kilomètre et demi d'un forage de schiste.
"Il n'y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique" Barack Obama, 3 août 2015

Dans le détail, le plan Obama est effectivement plus ambitieux que précédemment. Il laisse la flexibilité aux Etats de définir leur rythme, mais il leur impose de subventionner la production d'énergies renouvelables, pour atteindre 28% du total en 2030, et de réduire les émissions de gaz nocifs à l'environnement. De surcroît les centrales électriques américaines, qui sont responsables de 40% des émissions de CO2, devront réduire leurs rejets de 32% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005. D'après le chiffrage officiel, ce "Clean Power Plan" coûtera 8 milliards de dollars, mais fera gagner quelque 54 milliards de dollar en économies de dépenses de santé et autres emplois et investissements directs ou indirects générés.

A quelques semaines de la grande conférence sur le climat qui se déroule en France, "COP 21", la démarche d'Obama est bienvenue. François Hollande ne s'y est pas trompé en félicitant son homologue aussi sec. Et Ségolène Royal, sa ministre de l'Environnement, s'est fendu d'un tweet que d'aucuns jugeront un brin moqueur puisqu'elle le conclut en rappelant que la France s'est déjà dotée d'une loi sur la Transition énergétique en juillet dernier. Cette dernière fixe également des objectifs ambitieux : une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre (mais versus 1990), de 50% de la consommation énergétique finale, et de 40% de la consommation d'énergies fossiles; et, en sus, l'augmentation à 32% de la part des énergies renouvelables dans la production globale. Le plan français est également plus ambitieux et détaillé sur les moyens consacrés, depuis les aides firectes ou fiscales (aux financements des travaux, à la conversion en véhicules électriques, ou à l'équipement en bornes de recharges) aux décisions portants sur la vie quotidienne (interdiction des sacs plastiques à usage unique (2016) ou d'ustensiles de cuisine jetables (2020); distribution des invendus alimentaires) ou l'activité des entreprises (développement des déchetteries BTP) ou des administrations (tri sélectif).

Obama, donc, remet l'écologie au coeur de l'actualité.


A Paris, un enfant rom fuyant la police meurt écrasé par un camion.

L'actualité est tristement têtue.

1 août 2015

430ème semaine politique: comment Hollande infléchit son discours pour 2017.

Voilà l'été. Et le plaisir et la tristesse de revoir les couvertures de presse people consacrées aux sujets trash et futiles qui dégradent la politique un peu plus, d'entendre ces petites phrases ou de lire ces des "cartes postales" de nos politiques censées capter les esprits de vacanciers assommés par le soleil. L'été abime la politique française. 

 

Mais Hollande poursuit sa campagne. Et Valls infléchit, un peu, son discours.

 

Voici donc Aurelie Filippetti surprise en maillot de bain et enceinte aux côtés d'Arnaud de Montebourg; ou Bruno Le Maire qui livre quelques confessions dans Closer. Les réseaux sociaux ne sont pas en reste: le frontiste Steeve Briois s'exhibe en maillot de bain sur la page Facebook de sa mairie d'Henin Beaumont. Nicolas Sarkozy poste une photo de lui sur Twitter, "L'adieu aux armes" d'Ernest Hemingway ouvert dans les mains, avec ce commentaire : "Un bon livre pour l’été, l'idéal pour se reposer et se ressourcer. Bon vendredi à tous !"  ce #VendrediLecture aussitôt raillé par des dizaines de parodies.

L'un des plus proches conseillers de Sarkozy, Pierre Giacometti, a vu ses vacances gâchées par une longue garde à vue, cette semaine, dans le cadre de l'enquête sur les sondages truqués de l'Elysée.

Hollande n'est pas en vacances. Il sillonne encore le pays. La pré-campagne bat son plein. Lundi, il était dans la Var, pas très loin de Fréjus où la municipalité frontiste vient d'exiger des artistes à qui elle loue des HLM de se porter volontaires pour de la garderie en maternelle. A Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot, il conteste l'annonce précipitée de la Russie d'un accord sur la livraison des navires Mistral que Sarkozy avait vendu à Poutine en 2011, une livraison suspendue par le gouvernement Valls à cause de la guerre en Ukraine.  Il commente aussi une actualité internationale plus terrible encore en Palestine où des terroristes israéliens - le qualificatif est de François Hollande lui-même - ont incendié une maison, causant la mort d'un bébé de quelques mois.

Le gouvernement est enfin en vacances. Mercredi, le dernier conseil des ministres de la saison choisit les capitales des futures super-régions. Le timing est idéal pour alimenter les conversations estivales. Lille pour le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Toulouse pour le Languedoc, les "grands chambardements" sont nombreux. Une douzaine de villes vont (fort heureusement) perdre tout prétexte à entretenir leurs palais régionaux. Vendredi, un "séminaire gouvernementale" clôt enfin cette saison interminable. Cette opération de communication, qui a forcé les ministres à l'exercice de la photo de groupe sous le soleil, est conclue par une déclaration lénifiante de Manuel Valls:
"Nous devons être un Gouvernement protecteur et libérateur d’énergies"
Comme souvent, le premier des ministres a la formule de mécanicien: "Des signes de reprise sont là, ils sont encourageants, il faut donc amplifier notre action, faire sauter les verrous, les blocages qui freinent les initiatives et découragent l’effort". Les priorités de la rentrée ? La lutte contre les inégalités scolaires, la COP21 de décembre, un effort budgétaire pour la Culture, l'Education et la sécurité. Et une "nouvelle France des territoires". Les mots d'ordre s'infléchissent, on sent la campagne de 2017 poindre son nez. L'équipe cherche rassurer une gauche qu'elle a piétiné.

Justement, avec des résultats que l'on qualifiera de pitoyables, l'un des plus soc-lib de l'actuelle équipe a décidé de quitter le navire.

François Rebsamen vient de postuler à la mairie de Dijon. Il avait laissé le fauteuil vacant à Alain Millot, décédé dans la semaine.  Avec Gérard Collomb, maire de Lyon, Rebsamen est l'un des poids lourds de la ligne sociale-libérale qui fait l'effroi d'une fraction de la gauche. On conservera de "Rebs" le souvenir d'un homme qui considère que le burn-out n'est pas forcément une maladie professionnelle, que les 35 heures sont un boulet, que le code du travail est trop rigide, et que les seuils sociaux devraient être assouplis.

Qui regrettera François Rebsamen ? Le chômage baisse peu, trop peu, à fin juin dernier. Les statistiques publiées lundi le confirme, quelque 5,7 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi sont en recherche active, en légère baisse de 0,0% sur un mois (+7% sur un an). Pire, le nombre de sans-emploi a encore progressé, +0,2%, pour atteindre 3,817 millions de personnes. En France métropolitaine, l'ancienneté moyenne d'inscription à Pôle emploi a grimpé à 556 jours. Signe d'une précarisation grandissante, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés par l’assurance chômage diminue encore, de 0,2 % en juin; et le nombre de ceux indemnisés par le régime de solidarité nationale augmente en parallèle de 0,6 %.

A bon entendeur...