26 septembre 2015

438ème semaine politique: la gauche mérite-t-elle de perdre grâce à Hollande ?



Le choix politique de 2017 se dessine. On peut même dire que nous l'avons sous les yeux dès à présent, en cette fin du mois de septembre 2015: Marine Le Pen en tête des sondages et des couvertures médiatiques; face à François Hollande qui espère que le retour d'un Nicolas Sarkozy clivant qui n'hésite aucun délire le servira comme en 2012; une gauche désagrégée en chapelles et un centre-droit qui espère que Juppé l'emportera aux primaires de 2016.


Comment Sarkozy va gagner les primaires à droite
Au sein du parti LR,  Sarko joue à Louis-Napoléon. Mais le putsch est lent à se mettre en oeuvre.

En prévision des primaires de l'an prochain qu'il n'a pu évité, il fortifie peu à peu ses positions au sein du parti pour mieux éliminer ses rivaux quand le moment du vote sera venu. Ainsi, sans crier gare, et au grand dam de ses rivaux au sein de LR, l'ancien monarque est passé en force sur l'immigration. Sans négocier ni discuter avec Alain Juppé, François Fillon ou Bruno Le Maire, il a soumis au vote des militants de l'ex-UMP un texte dur sur l'immigration. A peine 53.000 militants ont répondu, et favorablement dans leur immense majorité (97%). Et maintenant, les Sarko-boys clament que ce texte fasse figure de doctrine officielle comme pour mieux décentrer Juppé, Le Maire, NKM ou même Fillon par rapport à leur propre parti.

Vous avez bien lu: la nouvelle UMP se résume donc à 53.000 militants actifs.

Jour après jour, Sarkozy réduit l'ex-parti majoritaire de la droite classique sur son coeur furibard et neo-frontiste. A Reims vendredi, Sarkozy menace la France d'une "tsunami migratoire". Emporté par ses délires, il prédit que des "millions et des millions" de migrants vont débouler en Europe ("les chiffres avancés par le président du Conseil de l'Europe sont des chiffres de plusieurs millions de réfugiés de guerre qui pensent qu'ils pourront venir en Europe"); et même que la planète sera peuplée de «30 milliards d’habitants»  en 2050 (sic!). Devant un parterre de responsables économiques, il rajoute que "l'islam est la seule religion qui a connu son Moyen Âge après sa Renaissance". Pêle-mêle, il récuse le paritarisme hommes/femmes ("On n'a pas tous le même salaire parce qu'on ne travaille pas tous pareil."), récuse son propre échec entre 2007 et 2012, et réclame à mots couverts le passage à un régime politique plus autoritaire.

Cette surenchère clivante fait dire à certains que Sarkozy s'enfonce vers la défaite. Les sondages de popularité, d'ailleurs, placent Fillon ou Juppé devant lui. C'est une erreur. Sarkozy au contraire a toutes les chances de remporter les primaires de la droite et du centre de 2016. Et pour une raison simple, il est seul sur son créneau politique - la droite furibarde, "buissonnienne" ou neo-frontiste. Face à lui, les suffrages des sympathisants plus modérés s'éparpilleront entre Juppé, Le Maire, ou Kosciusko-Morizet.

Rachida Dati, poursuivie par l'émission Cash Investigation de France 2 qui s'interroge sur quelques centaines de milliers d'euros qu'elle aurait touché d'un groupe énergétique français, ne s'y est pas trompé en décidant de rallier Sarkozy pour la primaire de l'an prochain.

La presse révèle les propos de Sarko devant les enquêteurs de la brigade anti-corruption, le 4 septembre, lors de son audition sur l'affaire Bygmalion. L'ancien monarque a "accablé" Jean-François Copé: "Quant à la maîtrise des coûts, elle relevait de la responsabilité de mon équipe". Pour mémoire, 13 collaborateurs proches de Nicolas Sarkozy et de sa campagne présidentielle de 2012 ont été mis en examen dans le cadre d'une fraude au financement électoral de 18 millions d'euros.

Comment Hollande a tué le Parti Socialiste
Le Parti socialiste n'est pas mieux loti. La gauche gouvernementale, dont la plupart des ministres ne détonneraient pas dans un gouvernement de l'autre bord, s'étonne de l'impopularité ou de l'indifférence qui frappent jusqu'au premier des ministres. Manuel Valls, jeudi soir, était sur France 2. Le score télévisuel fut désastreux. Valls n'agace plus, il indiffère. Valls sur France 2 fut terrifiant. D'abord sur les réfugiés. Un gros million d'entre eux se pressent aux portes de l'Europe. Valls répondit que la France n'en accueillerait pas plus de 30.000. Voici la France rétrécie à sa plus simple expression.

Mercredi matin, Martine Aubry, la maire de Lille, tient sa conférence de presse de rentrée. Assise sur une estrade, elle se lâche.  

"Macron? Comment vous dire… Ras-le-bol. Voilà. Ras-le-bol!"

Martine Aubry dit-lle tout haut ce que pensent tout bas la majorité des anciens électeurs de la majorité du 6 mai 2012 ? Il ne reste à Martine Aubry qu'à sortir de cette majorité. A moins qu'elle n'attende les désastres électoraux à venir d'ici 217 pour reprendre la chose en main. On connait le dilemme. Pourquoi abandonner l'appareil socialiste, sa trésorerie et son capital militant et électoral à un aréopage passé au centre-droit ?

La charge de Martine Aubry contre Macron fait plus mal qu'elle ne pensait. Car ce mercredi, l'ancienne ministre du travail enfonce le jeune impétrant. "Emmanuel Macron est ministre de l’Economie, où sont ses résultats ?" Ou encore: "Tiens, voilà un nouveau travail pour M. Macron et M. Sapin. Le code du travail, à côté, c’est d’une simplicité biblique!" Martine Aubry n'est pas une gauchiste inconséquente, comme dirait un conseiller de Macron: "Le gouvernement s'est trouvé face à une situation délicate, il a voulu mener une politique de l'offre, c'était une bonne chose. Mais aujourd'hui, les entreprises ont besoin de marchés, elles n'ont pas de demande".

A fin août, le chômage a encore bondi de 20.000.

Donc Martine Aubry tacle et attaque. 
Pourtant Aubry fait partie intégrante de la majorité "hollandaise" du PS. Le Parti Socialiste est ainsi. On le sait depuis Mitterrand. Quand un gouvernement socialiste dérive loin de ses rivages originels, les ténors socialistes, même les plus prestigieux, espèrent croire qu'il s'agit d'un malentendu politique dont le président ignore tout. Ils critiquent les ministres, jamais le responsable de l'Elysée. Mitterrant resta intouchable. Hollande est aujourd'hui épargné par les critiques, de Aubry aux frondeurs. Le statut monarchique de la Vème République pourrit la gauche gouvernementale depuis 30 ans, une gauche qui se réfugie dans l'homme providentiel quand elle ne comprend plus la réalité.

Hollande n'a cure du sort collectif de ses anciens camarades, il mise sur un duel contre Le Pen, et une droite évincée du second tour à cause de Nicolas Sarkozy.

La navigation à vue et hors sol de François Hollande a vidé le PS de toute intelligence politique. La semaine dernière, un ministre anonyme suggérait même une union avec la droite contre le FN aux prochaines régionales. Mardi, c'est au tour de Cambadélis, le patron du PS, de proposer aux militants socialistes un "référendum" sur l'union de la gauche pour les régionales. Deux jours plus tard, le PS brandit un sondage BVA selon lequel quelque 67% des "sympathisants de gauche" sont favorables à des listes d'union dès le premier tour.

Devant le spectre d'une nouvelle défaite électorale que l'on prédit monstrueuse, les instances socialistes paniquent tardivement et sans poser la seule question politique qui vaille, celle du programme de gouvernement (fut-il local). Au lieu de quoi, "Camba" à son tour agite l'épouvantail frontiste pour rassembler les troupes à gauche.

La gauche mérite-t-elle l'unité ? Pas sûr. 

Il lui faudrait le choc des urnes. Comme en Grèce, où le paysage s'est éclairci. Alexis Tsipras a remporté l'affaire, le 20 septembre. Malgré la défection d'une fraction de sa gauche, Syriza a gagné le scrutin législatif. Comme en janvier dernier, son core n'est pas un raz-de-marée - un gros tiers des suffrages. Les dissidents d'Unité populaire, soutenus par le charismatique Yanis Varoufakis, ont été balayés et n'ont aucun député au Parlement.  Contrairement aux inquiétudes initiales, le parti nazi d'Aube Dorée n'a pas eu le temps de percer, troisième parti mais loin derrière.

Tsipras a pris de court ses opposants, comme d'autres en Allemagne (Merkel) ou au Royaume Uni (Cameron). En France on exulte. Le Monde ose titrer sur ces Grecs qui "valident la politique de réformes et d'austérité de Tsipras". Le journal aurait pu choisir une autre formule. Les Grecs ont choisi l'euro et ses promesses contre la rupture. La presse occidentale, souvent conservatrice, qualifie bizarrement la réalité grecque. Tsipras appliquerait un "plan de sauvetage", une curieuse formule qui désigne le démembrement des services publics grecs et l'appauvrissement du plus grand nombre.

En France, quelques vrauchistes s'énervent contre Tsipras: "Le fait est que Tsipras a changé de gauche." pouvait on lire dans Politis. "Sinon au plus profond de lui-même, du moins par ses choix tactiques. En un rien de temps, Saint-Just est devenu Talleyrand. Le choc a été tel que les Grecs eux-mêmes ont eu une hésitation." Vraiment ? Peut-être. Mais au final, ces élections ont tranché, au moins momentanément la question politique grecque.

Personne ne peut contester à Tsipras sa légitimité.

Certains à gauche confondent action et résultat, et d'autres intention et action.
En France, Hollande n'a pas lutté. En Grèce, Tsipras a résisté. En France, les soutiens de Hollande se félicitent aujourd'hui qu'un Tsipras ait été contraint d'obéir. Ils devraient plutôt applaudir devant le courage et s'interroger sur Hollande. A l'inverse, les premiers soutiens de Tsipras se désespèrent que Tsipras ait échoué à révolutionner seul l'Europe. Ignorent-ils les rapports de force ? Ils devraient maintenir leur soutien, sauf à apparaître faibles, inconséquents et fragiles. On n'abandonne pas le navire à la première difficulté si grande soit-elle.

Reposons la question: la gauche française mérite-t-elle l'unité ? 

Pas sûr, dans l'immédiat.







19 septembre 2015

437ème semaine politique: le jour où François Hollande est devenu "François II"


François Hollande ne voit plus rien, n'écoute plus rien, ne comprend plus rien. On peut dire qu'il a franchi un cap personnel. Ne l'appelez plus François Hollande mais François II. Contre son propre parti, contre ses propres engagements, contre toute logique politique, il continue son chemin.


Même sur la crise des réfugiés, un sujet éminemment présidentiel, il s'est effacé devant la difficulté.



La fin de l'Union
On faudrait continuer la chronique d'une gauche qui disparait. Éparpillée sur sa gauche, fondue dans un centre-droitisme craintif sur sa droite, la gauche française n'est pas seule frappée. En Grèce, où les électeurs votent enfin pour leur nouveau gouvernement ce 20 septembre, Syriza a perdu des soutiens, et surtout sur son flanc jeune. L'hémorragie est politique. Les proches d'Alexis Tsipras répètent que leur mentor n'a pas pu faire mieux. Tsipras a même remis son mandat en jeu. La démarche, plus démocratique que l'attitude monarchique si rapidement adoptée par un "François II" depuis son revirement social-libéral, est à peine soulignée.

L'Union européenne s'est abimée en Grèce, en démontrant qu'elle était incapable de solidarité, qu'elle préférait le dépeçage d'une économie et l'absurdité austéritaire. Elle continue de s'abimer avec la crise des réfugiés. Quand elle n'était même pas une idée (1936) ou seulement un concept (1956), l'Europe avait pourtant su ouvrir ses portes et ses frontières à d'autres crises de réfugiés. La victoire du franquisme en Espagne a précipité des centaines de milliers d'Espagnols républicains du côté français. La répression soviétique du soulèvement hongrois de l'automne 1956 a poussé près de 200.000 Hongrois vers l'Europe de l'Ouest.

Face à un conflit grandissant et protéiforme, né de la déstabilisation de la région à partir du printemps arabe puis de la guerre en Libye, les dirigeants occidentaux sont restés paralysés, le constat est unanime. Ces derniers mois, la crise des réfugiés s'est aggravée, le nombre de migrants fuyant la guerre et la persécution en Syrie, en Irak, mais aussi dans d'autres pays moins médiatiques comme l'Erythrée, ne cessant d'augmenter. On estime à 500.000 le nombre de réfugiés qui sont arrivés en Europe depuis janvier.

A la traine sur les réfugiés
 Elle avait 5 ans. Elle est morte noyée comme le petit Aylan il y a 15 jours. Elle était également syrienne. Le corps d'une petite fille a été retrouvé flottant au large de la Grèce cette semaine. L'Europe n'en est pas à imaginer des couloirs humanitaires. Pourtant, organiser officiellement et directement l'exil de ces réfugiés  hors de Syrie et d'Irak serait la meilleure façon de limiter les trafics de passeurs et les morts de réfugiés.

Mais n'en parlez pas. L'Europe, et la France, n'y sont pas prêtes.

L'Allemagne s'est montré généreuse, même si l'afflux brutal et non coordonné de milliers de réfugiés l'a contrainte à fermer ses frontières la semaine dernière. A l'inverse, les dirigeants hongrois, qui ont oublié la tradition d'accueil, ont fait barricader leur pays, provoquant troubles et désorganisation dans les pays voisins. Ainsi la Croatie a du fermer à son tour ses frontières.

La crise des réfugiés continue aussi d'abimer la France

Dans le passé, notre pays a démontré combien il savait se plier devant les pires instincts. Ainsi en octobre 1940, le gouvernement pétainiste devança l'appel des nazis pour exclure les citoyens français de confession juive de tous les postes de la Fonction publique.

La France est parfois grande, et parfois terrifiante de médiocrité. 

Loin d'être grande, notre classe politique s'est abaissée jusqu'à récuser le droit des minorités au profit des craintes de la majorité. Paralysé par une opinion jugée majoritairement acquise aux thèses xénophobes de l'extrême droite, droite et gauche ont choisi l'attentisme ou la surenchère.

A droite, certains ont choisi la collaboration la plus extrême avec les thèses xénophobes. Comme le Front National, le président de LR entretient la confusion migrants/immigrés, en organisant, cette semaine, un vote électronique des militants sur ses "12 propositions pour l'immigration". Comme le FN, Sarkozy agite le fantasme que des milliers de migrants vont débouler en France pour profiter du système social ("ceux qui sont rentrés dans un autre pays vont se précipiter chez nous pour profiter de nos prestations sociales."). Comme le FN, Sarkozy revendique la fin de l'état de droit et du devoir d'asile ("La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir sur son territoire et qui elle veut refuser").

Sarko, le toutou de Marine
Vendredi, l'ancien monarque se confie au Parisien. Son autocritique sur son quinquennat raté se limite à peu de choses, une analyse fragile et mensongère de son comportement. Il ne dit rien, ne regrette rien sur son action politique. Il réécrit l'histoire - comme cette condamnation sans appel de Khadafi qu'il avait pourtant accueilli avec tambours et trompettes en décembre 2007; ou l'accusation faite à l'encontre de Hollande que ce dernier aurait "abandonné" la Libye au chaos, un chaos qui a débuté dès 2011. Il répète, une énième fois, combien il a changé ("je suis un vrai toutou"). Il préfère le Bristol au Fouquet's, pour la cuisine. Il a "beaucoup appris" de ses échecs.  A une lectrice du Parisien qui s'étonne que servir un plat sans porc dans une cantine soit instrumentalisé par Sarkozy, l'ancien monarque enfonce le clou: c'est à cause de "l’augmentation des phénomènes migratoires et des tentations communautaires": "il faut dire stop !". A un autre qui lui demande pourquoi il court après le FN, il répond à côté. Et parfois, il s'emballe, et tweete ses propos avec un orthographe approximatif: "j'ai la France en moi, je n'y peux rien. C'est une passion. Je peux essayer de la domestiquer. Mais le feu incandescent est là." Domestiquer ? Vraiment ?

A gauche, François Hollande a raté son moment. Moins que d'autres mais comme les autres, il a entretenu la confusion migrants/réfugiés; comme les autres, il a refusé d'accueillir une quote-part de réfugiés, avant de se rallier à la position de Merkel.

La solitude de François II
François Hollande suit un chemin solitaire. Il finira sans doute seul, au soir du premier tour. Sans troupe autre que quelques fidèles qui n'osèrent franchir le Rubicon de l'UDI, Hollande sera écrasé par Juppé, distancé derrière Sarkozy lui-même derrière Le Pen. Il pense qu'il sera second, mais second quand même au soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2017.

Vers la fin de la semaine, Emmanuel Macron a fait fuiter l'idée que le statut des fonctionnaires devait être revu, car il ne serait plus "adéquat". Il s'est confié "à huit-clos" devant les membres d'un Think-tank. Il lui fallu ensuite démentir: "Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée. Il ne peut y avoir aucune polémique à ce sujet". Il se trompait, il n'y avait pas de polémique. Les propos de Macron ne choquent plus tant ils sont prévisibles.  Et le coup de la fuite anonyme démentie publiquement est vieille comme cette Vème République vieillissante.
"On va progressivement entrer dans une zone - on y est déjà d'ailleurs - où la justification d'avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus sera de moins en moins défendable." Emmanuel Macron, septembre 2015.
De tous les problèmes qui frappent la République - crise des réfugiés, précarité grandissante, inégalités aggravées, solidarité défaillante - lancer une énième pique contre celles et ceux qui l'incarnent au quotidien semblait donc nécessaire à ce jeune ministre égaré.

La sortie de Macron abime jusqu'à Manuel Valls lui-même. L'actuel premier ministre devrait sortir du gouvernement à l'issue des élections régionales de décembre. Lesquelles promettent d'être un nouveau désastre pour la "majorité" socialiste. Cette semaine, un ministre anonyme a agité le Landernau socialiste en proposant des alliances avec la droite pour faire barrage au Front national. Jean-Marie Le Guen fustigeait la même semaine la victoire de Jeremy Corbyn à la tête du Labour Party. Il fallut rameuter l'essayiste Caroline Fourest pour enfoncer le clou contre cette gauche qualifiée de "gauchiste" qui ne comprendrait pas la "réalité". Fourest avait des arguments caricaturaux: Corbyn serait ami des pires intégristes et antisémites du moment - le Hamas voire Al Qaida. Rappelez vous du proverbe moyennageux, "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage."



La réalité est connue, elle se dévoile jour après jour devant nos yeux: une gauche qui doute applique le programme d'une droite elle-même décalée vers l'extrême droite. Et un président social-libéral croit en sa bonne étoile au point de refuser de comprendre la réalité et la désagrégation de son propre camp politique.





17 septembre 2015

Sarkozy et le pétainisme électoral.

Il faut suivre, lire et comprendre les tweets de l'ancien monarque. Ils sont révélateurs. Ce mercredi 16 septembre, Sarkozy tweetait lui-même ceci - la signature "NS" signalait qu'il s'agissait d'un tweet personnel :
On se souvient des dégâts du débat sur l'identité nationale lancé par Eric Besson en 2009. Il fut le lieu des pires dérapages, une diversion électoraliste et lepeniste, et un échec retentissant.

Alors que l'Union européenne disparaît sous nos yeux sous l'effet de la crise des réfugiés, Sarkozy a choisi son camp, indigne et irréfléchi, celui des sondages d'une France rabougrie. Comment interpréter autrement cette appel à voter sur la "politique d'immigration". Pour se démarquer de son opposant, et favori des sondages, Alain Juppé, Sarkozy a préféré durcir son discours contre les immigrés. Il répète, rabâche à l'envie le même argument: tous ses réfugiés qui déboulent en France vont nous envahir, car la France est socialement trop généreuse avec eux: "ceux qui sont rentrés dans un autre pays vont se précipiter chez nous pour profiter de nos prestations sociales." L'ancien monarque n'a visiblement pas remarqué combien les réfugiés, migrants et autres demandeurs d'asile sont de moins en moins nombreux à venir en France. A l'ignorance, Sarkozy ajoute l'indignité avec la même facilité qu'une Marine Le Pen: dans quel Etat de droit la protection des minorités (ici les réfugiés) dépend-elle de l'avis de la majorité ?

Pire, il revendique le droit de trier dans la misère:

"La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir sur son territoire et qui elle veut refuser"
Par cette simple phrase, Nicolas Sarkozy casse une autre digue, celle du droit. L'accueil des réfugiés ne souffre aucun tri. La politique française en mérite un, et rapidement.


Nous pouvons penser que Nicolas Sarkozy agit par opportunisme politique. Une quasi-majorité des sondés s'affirme, enquête après enquête, comme favorable au rejet des refugiés et à la fermeture des frontières. On se souvient d'une France de 1940 qui, soudainement pétainiste et soulagé par le Grand Maréchal, s'empressa de devancer l'appel des nazis pour exclure les juifs et parquer ses réfugiés. Cette France-là est un souvenir indigne de notre histoire nationale.

L'accueil des réfugiés, mal préparé, mal anticipé, y compris et surtout par l'équipe Hollande, n'est pas une épreuve facile. Mais on se souviendra plus tard de ce qui a été fait, dit, et refusé.


La politique est grande quand elle élève un pays.

Sarkozy la rétrécit.
 

12 septembre 2015

436ème semaine politique: comment la crise des réfugiés permet de trier la politique

 

Ils n'ont que ce mot à la bouche, il faut "trier". 

 

Trier ces migrants qui frappent aux portes de l'Europe, isoler les réfugiés des immigrés économiques, trier entre les réfugiés eux-mêmes suivant leur religion ou leur niveau de danger dans leur pays d'origine. 

 

Il faut trier. L'expression surgit même dans les commentaires de journalistes, certains s'excusent aussitôt mais l'utilisent quand même.

 

La crise des réfugiés permet surtout de trier nos politiques, nos voisins, nos proches. Elle nous trie. Elle nous rapproche des années trente, et provoque des auto-analyses en cascade. 



Hollande, tout raide  
Actualité oblige, Hollande se raidit. Parfois le naturel revient, un certain ridicule sympathique aussi. Ne lui dites pas qu’il est en campagne, ça le fait sourire. Lundi, il promettait des baisses d’impôts l’an prochain. Son ministre des Finances, Michel Sapin, s’est empressé de désigner les heureux gagnants de ce bonneteau électoral: "les célibataires et les classes moyennes". Quelque trois millions de foyers fiscaux sortiront ainsi de l’imposition sur le revenu, pour des baisses d'impôts de 3 milliards d'euros environ. Personne n'oubliera de comparer le geste, l'aumône, aux quelques 40 milliards de baisses de charges sociales concédées aux entreprises depuis 2012.

Vendredi, le président visite un zoo et s'extasie devant le spectacle. Il pose à côté d'un panda. Les gens sont souriants, vie est belle, la situation est irréelle. Hollande est même "ovationné" par des salariés du Commissariat à l'Énergie atomique de Monts (Indre-et-Loire). Un conseiller élyséen, anonyme, glisse au Figaro: "je n'avais jamais vu ça". Forcément, Hollande adonné quelques gages, en août dernier. La fermeture de l'établissement a été suspendue cet été.

Hollande "pète la forme". Le service médical de l'Elysée nous rassure. Son bulletin officiel de santé vaut toutes les photos truquées de son prédécesseur dans Paris Match. Ce lundi, Hollande est grave et raide. Jeudi, l’Elysée a commencé son opération de communication sur la COP 21, la conférence internationale sur le climat qui se déroule en décembre à Paris. Même des blogueurs ont été invités, en pleine semaine, pour relater. Hollande présente ainsi "l’équipede France sur le climat", on scénarise au maximum, on se croirait auxJ.O. Pour verdir un quinquennat qui peine à convaincre, Ségolène Royal a ravi les ONG écologistes en annonçant la fin des aides d’Etat à l’exportation de centrales à charbon.

La plupart des Etats du monde ont déjà remis leurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique. Nicolas Hulot, désigné conseiller spécial par Hollande sur le sujet, est inquiet. Il se souvient du fiasco du sommet de Copenhague, en 2009. Fâcheux hasard, le gouvernement confirme que la fermeture de l’obsolète centrale nucléaire de Fessenheim n’interviendra … qu’en 2018. Dans l’Allemagne voisine, on réalise l’ampleur des difficultés à fermer des centrales, un arrêt complet prévu par Merkel pour 2022. Les énergéticiens allemands, comme leurs collègues européens, ont sous-évalué le coût du démantèlement, histoire d’afficher un prix de l’énergie nucléaire très compétitif.

Le nucléaire, non-polluant et bon marché ? Foutaises !

Hollande est surtout grave et raide quand il parle, lundi, à la presse car cette image de l’enfant Aylan mort sur une plage turque hante encore tous les esprits. Quelques sondages révèlent un changement d’attitude des sondés, désormais plus favorable au secours des réfugiés. Les images-choc ont-elles véritablement une quelconque influence sur le cours des choses ? Et le dernier film de Jacques Audiard, "Dheepan", Palme d’or au dernier Festival deCannes qui relate la vie de réfugiés tamouls dans une banlieue française, attire 300.000 spectateurs dès sa première semaine en salles de cinéma.

Les réfugiés
Pour sa 6ème conférence de presse, il annonce que la France accueillera 24000 réfugiés de la guerre en Syrie et en Irak, et sur deux ans. Ce n'est quasiment rien, et bien tardif. D'ailleurs, l’Europe n’accueille que 10% des réfugiés de la zone. C’est mieux que les Etats du Golfe, des pétromonarchies qui préfèrent fermer leurs frontières pour éviter toute déstabilisation ; ou qu’Israël, qui choisi de se murer car la Syrie est un "pays ennemi".

Les efforts européens sont très modestes si on les compare à ceux de la Turquie voisine, qui accueille déjà près de 2 millions de Syriens et d’Irakiens sur son sol; ou du Liban, où un résident sur quatre est Syrien.

L’Europe, la riche Europe, fait son tri. En Hongrie, les barbelés récemment dressés n’ont pas empêchés 3.600 migrants de passer.

24.000 réfugiés, ce n'est quasiment rien, et pourtant cela suffit à faire éructer Nicolas Sarkozy. L'ancien monarque attaque dans le Figaro, il en remet une couche sur TF1 deux jours plus tard. " C'est un mensonge. Le chiffre de 24 000 annoncé par François Hollande a été lendemain démenti par les nouvelles demandes de la commission."
 
Et il continue d'assimiler réfugiés et migrants de toutes sortes. Il explique qu’il faudrait un statut spécifique de réfugié pour "trier" plus finement ceux qui fuient des pays en guerre de ceux qui sont persécutés dans des pays non officiellement en guerre. En fait, il existe déjà un statut particulier pour les réfugiés de guerre, mais il sert à justifier l'asile à des demandeurs non personnellement persécutés mais qui fuient un pays en conflit. Ce statut existe depuis 2003. Sarko était ministre de l'intérieur, mais sa mémoire défaille.

Tri politique
Sa proposition n'a qu'une cible, conforter la frange effrayée et/ou égoïste de la population. Elle n'a qu'un objectif : convaincre que parmi ces centaines de milliers de réfugiés qui débarquent actuellement en Europe depuis ces derniers mois se cachent des migrants économiques: "Je demande donc que face à l'afflux de réfugiés syriens, le président de la République dise aux français que nous allons réduire considérablement l'immigration économique (…) et que l'on va renforcer la lutte contre la fraude au statut de réfugié politique".

Sans gêne ni distinction, il martèle : "Puisque la France garde des allocations sociales supérieures à celles de ses partenaires de Schengen, les réfugiés qui rentrent dans les autres pays de Schengen finiront inéluctablement chez nous. ". La France accorde 350 euros par mois à un réfugié.

Qu'Angela Merkel ait décidé d'en accueillir 800.000 sur cette seule année 2015 réactive les peurs sarkozystes: "Une fois qu'ils rentrent en Allemagne, ils ont le droit d'aller où bon leur semble."

Comment peut-il, lui, "petit Français au sang mêlé", tenir pareils propos ?
"Vous avez oublié ce que c’est d’être juif. Réfugié. Persécuté." Isaac Hertzog, 5 septembre 2015
Nicolas Sarkozy reste figé sur le sujet migratoire, accroché comme un migrant à sa bouée de sauvetage. S’il le lâche, il coule.

La peur migratoire est ce qui lui reste pour conquérir les faveurs des militants LR à la prochaine primaire. Son rival Juppé domine désormais dans les sondages, donc Sarkozy s’accroche. Et ses proches sont toujours empêtrés dans l'affaire Bygmalion. Guillaume Lambert, son ancien directeur de campagne, et mis en examen, veut prouver que l’ancien monarque n'y est pour rien, et que les escrocs sont bien les patrons de la société d'évènements. Il voudrait que les juges comparent les factures de meetings de Hollande et de Sarkozy. Pour mémoire, Sarkozy a dépensé 20 millions d'euros de plus, en toute illégalité, que son concurrent victorieux.

La crise des réfugiés révèlent des humanités, éclairent des comportements, ou embrouille des positionnements. Jean-Luc Mélenchon surprend quand il fustige les quotas d'accueil, inutile puisque la libre-circulation des personnes est la règle en Europe; il surprend moins quand il dénonce l'opportunisme économique d'une Allemagne accueillante en crise de natalité, ou quand il réclame qu'on s'attaque aux causes de ces exodes. Jean-Pierre Chevènement ne dit pas autre quand il explique qu'il "faut tarir les sources de ces migrations."

La crise des réfugiés en fait déraper plus d’un. "Le bêtisier ne cesse de s'allonger dans un débat franco-français nauséabond" commente Mediapart.

C'est pire que cela.

Un maire LR ne veut accueillir que des réfugiés chrétiens.

Sur Europe 1, le président LR du département Patrick Devedjian croit faire un bon mot en déclarant à propos des Allemands : "ils nous ont pris nos juifs, ils nous rendent des arabes."

Le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, confie jeudi qu’il faudrait exiger des réfugiés qu’ils accomplissent des travaux d’intérêt général en contrepartie de l’accueil qui leur est fait. Voilà où en est le centrisme aujourd’hui.

A Béziers, le maire Robert Ménard ne failli pas à sa réputation outrancière. Il fait publier dans le journal municipal unphotomontage au titre anxiogène "Ils arrivent!", figurant des réfugiés descendant d’un train.

Eric Zemmour ne surprend plus quand il déclare sur RTL que "les 800.000 réfugiés en Allemagne vont faire des petits."

On n'évite pas la nausée, on se souvient des années trente. Au-delà de ces pitreries xénophobes de quelques politiciens à la remorque d'une fraction de l'opinion, cette crise des réfugiés interroge plus fortement chacun. A Londres samedi 12 septembre, des manifestants réclament de leur gouvernement plus de générosité. En France, le ministre Cazeneuve promet 1000 euros par place d'hébergement aux mairies accueillantes. Mais des milliers de citoyens s'y mettent spontanément. A Toulouse, une quarantaine de réfugiés syriens risquent l'expulsion de leur squat dans un immeuble abandonné.

La France schizophrène et droguée à la xénophobie furibarde depuis 15 ans patauge.

Ami citoyen, tiens bon.



5 septembre 2015

435ème semaine politique: la photo qui détruit 6 clichés politiques, ou pas.

Crédit Illustration: DoZone Parody
 

L'enfant mort a trois ans, il se nomme Aylan, et il git échoué sur une place, face contre terre, avant qu'un secouriste ne l'emmène. Cette photographie publiée mercredi a secoué les consciences et les médias

Elle a bousculé les discours convenus, et forcé l'Europe à réagir différemment.


#1 Cette photographie questionne la presse française. 
L'émotion est forte, très forte. Elle ne s'est pour l'instant pas vue dans ces sondages aux résultats xénophobes qui, cuvée après cuvée, donnent une haleine fétide à la parole de la France. Mais les appels à la solidarité se sont multipliés, avec plus de voix ou de portée que jamais.

La plupart des journaux nationaux ont préféré les unes sur les tracteurs ou la rentrée scolaire. Le cliché est paru mercredi matin (heure française), propagé par les réseaux sociaux avec une puissance et une rapidité que seuls Twitter ou Facebook peuvent avoir. Il fallu encore deux jours pour que le cliché efface l'actualité française.

La France médiatique est résiliente contre la réalité qui ne l'arrange pas.

#2 Cette photographie illustre la vacuité du débat sur les "migrants"
Ce sont des réfugiés qui fuient Daesch et la guerre en Syrie et en Irak. Pourtant, depuis bientôt trois ans, on s'exerce à qualifier de migrants des réfugiés politiques. On s'abime à débattre du "tri" qu'il faudrait faire entre demandeurs d'asile et clandestins économiques dans les flux d'immigrés qui déboulent en Italie, en Grèce ou en Bulgarie.

"Les réfugiés d’aujourd’hui me rappellent mon père fuyant le nazisme" écrit l'économiste libéral Guy Sorman. "Entre 1933 et 1940, plusieurs millions de réfugiés échappés d’Allemagne, de Pologne, des pays baltes, fuyant le nazisme, se heurtèrent à des frontières fermées." Les démocraties occidentales, à l'époque, étaient déjà honteuses.

Qualifiait-on de "migrants",  les millions de personnes qui fuyaient les dictatures nazie, mussolinienne ou franquiste ?

#3 Cette photographie a troublé la droite française
La droite furibarde, qui avait rejoint l'extrême droite, odieuse, dans son travail de confusion, assimilait réfugiés et immigration économique. Lundi, la porte-parole de LR, Lydia Guirous, demandait encore de "fermer les frontières, arrêter Schengen, arrêter la libre circulation". Un autre UMPiste, Frédéric Lefebvre, proposait la création de camps de réfugiés en Libye. La photo de l'enfant mort bouscule le parti LR. Nathalie Kosciuko-Morizet, qui veut se présenter à l'élection présidentielle de 2017 (C'est du "off", révélé jeudi par mégarde et dans la plus grande indifférence générale) l'a involontairement très bien illustrée sur France inter jeudi. Elle bafouilla des propositions contradictoires sur la situation des réfugiés.  La droite française est mal à l'aise.

Nicolas Sarkozy, qui expliquait son hostilité à toute répartition de l'accueil des réfugiés par une comparaison douteuse avec une "fuite d'eau" dans la cuisine, se planque.





#4 L'extrême droite est apparue fidèle à elle-même, odieuse. 
Réagissant à la publication de la photographie d'Aylan, Marine Le Pen ose dire que c'est la faute des gouvernements qui laissent croire qu'on peut accueillir ces "clandestins". Le droit d'asile et le devoir d'asile n'ont plus aucun sens pour elle. Mercredi 2 septembre, quelques heures après la publication de la photo d'Aylan sur les réseaux sociaux, Marine Le Pen publiait sur son compte Twitter officiel ceci:


Sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, l'une des deux députés frontistes, renchérit: "cette photo est atroce, elle est bouleversante et je trouve d'ailleurs indécent qu'elle soit ainsi utilisée à des fins politiciennes parce que c'est évidemment le but. Le but, c'est de culpabiliser les Français et leur faire accepter l'inacceptable, c'est-à-dire un nouveau transfert de souveraineté, une nouvelle dépossession de notre capacité de contrôle migratoire puisque aujourd'hui François Hollande et Angela Merkel veulent s'entendre pour mettre en place des quotas obligatoires".

Samedi 5 septembre, son compagnon et vice-président du FN Louis Alliot recommandait d'aller faire la guerre à Daesh.

#5 Cette photographie a conforté Angela Merkel.
La chancelière avait changé d'avis depuis le 25 août dernier. Elle avait déjà déclaré qu'elle refusait l'expulsion des réfugiés syriens vers leur pays d'entrée dans l'Union européenne. Dès jeudi, elle annonçait que son pays accueillerait des migrants à son tour. Les règles de l'espace Schenghen stipulent au contraire que seul le premier pays d'arrivée doit se charger des immigrés. Dès vendredi, des milliers de migrants sont transportés en bus de Hongrie vers l'Allemagne et l'Autriche.

#6 Cette photographie peut faire bouger l'Europe. 
A l'Elysée, une réunion interministérielle "sur les migrants" a permis quelques clichés supplémentaires d'un gouvernement "mobilisé", "qui travaille". Hollande parle à Merkel. Les deux expliquent qu'ils vont faire des "propositions communes pour organiser l’accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe", pour "rapprocher les normes pour renforcer le système d’asile européen". Aylan serait-il mort à cause d'un problème d'harmonisation des règles d'asile en Europe ? On se pince.

Jeudi, la Commission européenne demande aux Etats membres de répartir quelque 120.000 réfugiés supplémentaires au sein de l'Union. Hollande et Merkel envoient une lettre aux autorités européennes. Ils proposent de répartir les réfugiés sur l'ensemble de l'Union, "équitablement et dans un esprit de solidarité entre les Etats membres". On doute toutefois que l'autoritaire Orban, premier ministre hongrois qui vient d'ordonner la construction de barbelés, change d'avis sur la question.



Quand elle n'est pas photographiée, la réalité n'existe pas.