17 septembre 2015

Sarkozy et le pétainisme électoral.

Il faut suivre, lire et comprendre les tweets de l'ancien monarque. Ils sont révélateurs. Ce mercredi 16 septembre, Sarkozy tweetait lui-même ceci - la signature "NS" signalait qu'il s'agissait d'un tweet personnel :
On se souvient des dégâts du débat sur l'identité nationale lancé par Eric Besson en 2009. Il fut le lieu des pires dérapages, une diversion électoraliste et lepeniste, et un échec retentissant.

Alors que l'Union européenne disparaît sous nos yeux sous l'effet de la crise des réfugiés, Sarkozy a choisi son camp, indigne et irréfléchi, celui des sondages d'une France rabougrie. Comment interpréter autrement cette appel à voter sur la "politique d'immigration". Pour se démarquer de son opposant, et favori des sondages, Alain Juppé, Sarkozy a préféré durcir son discours contre les immigrés. Il répète, rabâche à l'envie le même argument: tous ses réfugiés qui déboulent en France vont nous envahir, car la France est socialement trop généreuse avec eux: "ceux qui sont rentrés dans un autre pays vont se précipiter chez nous pour profiter de nos prestations sociales." L'ancien monarque n'a visiblement pas remarqué combien les réfugiés, migrants et autres demandeurs d'asile sont de moins en moins nombreux à venir en France. A l'ignorance, Sarkozy ajoute l'indignité avec la même facilité qu'une Marine Le Pen: dans quel Etat de droit la protection des minorités (ici les réfugiés) dépend-elle de l'avis de la majorité ?

Pire, il revendique le droit de trier dans la misère:

"La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir sur son territoire et qui elle veut refuser"
Par cette simple phrase, Nicolas Sarkozy casse une autre digue, celle du droit. L'accueil des réfugiés ne souffre aucun tri. La politique française en mérite un, et rapidement.


Nous pouvons penser que Nicolas Sarkozy agit par opportunisme politique. Une quasi-majorité des sondés s'affirme, enquête après enquête, comme favorable au rejet des refugiés et à la fermeture des frontières. On se souvient d'une France de 1940 qui, soudainement pétainiste et soulagé par le Grand Maréchal, s'empressa de devancer l'appel des nazis pour exclure les juifs et parquer ses réfugiés. Cette France-là est un souvenir indigne de notre histoire nationale.

L'accueil des réfugiés, mal préparé, mal anticipé, y compris et surtout par l'équipe Hollande, n'est pas une épreuve facile. Mais on se souviendra plus tard de ce qui a été fait, dit, et refusé.


La politique est grande quand elle élève un pays.

Sarkozy la rétrécit.
 

4 commentaires:

  1. Qu'est-ce que vous êtes fidèle à Sarkozy !
    Vous avez vraiment besoin d'invoquer Pétain, qui nous ramène à une occupation d'armée ennemie en temps de guerre, alors que Sarkozy n'est que la voiture-balai du FN ? (et est, à mon avis, en train de perdre ses dernières billes...car LUI, il a déjà gouverné, et on sait de quoi il est capable, ou incapable...)

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    1. je m'efforce d'éviter d'avoir à le revoir en 2017 ;-)
      Invoquer Pétain est un risque. Je pense malheureusement que parfois les bornes sont suffisamment dépassées dans le langage (ou l'action) politique pour nous ramener à ces comparaisons historiques.
      (merci pour le correctif de grammaire par ailleurs)

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  2. Je crois ( le fait que je sois immigré à 16 ans et naturalisé Français à 23 n'y change rien ) que tout pays doit avoir sa politique migratoire, qu'aucun pays ne peut accueillir tout le monde (l'Allemagne, puis la Croatie, se sont dégonflées en 24 heures ), que le débat entre assimilation et intégration est une vraie question ( c'est celui du partage des mêmes valeurs ou de la coexistence de communautés aux valeurs différentes, à l'anglo-saxonne), et que, s'il a été mal mené, le débat sur l'identité nationale ( politique en France, ethnique au Japon et, jusqu'à une période récente, en Allemagne) est un vrai débat.

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    1. (suite) D'ailleurs, le pétainisme que vous citez l'illustre parfaitement: ce fut un retour de la définition politique et culturelle du citoyen Français à sa définition ethnique.

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