26 mars 2016

464ème semaine politique: comment #NousSommesDésunis contre Daesh

 

 

Comme des lâches, ils ont ciblé des civils. Double attentat en Belgique, plus de trente morts, près de trois cent blessés et voici notre classe politique qui s'emballe, s'abime et s'égare.



#NousSommesUnis
Le drame, le carnage, la répétition en Belgique des attentats de novembre en France. La lâcheté est différente de celle de Paris, des kamikazes ceinturés d'explosifs se font sauter à l'aéroport de Bruxelles et dans une station de métro à une heure d'intervalles. Daesh revendique l'attentat.

La Belgique politique offre une leçon de courage et de dignité - les deux ministres de l'intérieur et de la justice remettent leur démission - une démarche impensable dans notre République irresponsable -  démission qui leur est refusée. Le gouvernement ne braille pas à la guerre, ni à l'état d'urgence. La ville est déserte pendant 24 heures, puis la vie reprend. Les terroristes sont tous identifiés rapidement. Six personnes sont arrêtées, le lien avec les attentats de Paris est confirmé.

La double attaque aurait été précipitée par l'arrestation de Salam Abdeslam, lequel se mure dans le silence. De complice des tueries de Paris, cet ancien délinquant est désormais aussi impliqué dans celles de Bruxelles. A Paris, la traque permet d'arrêter un autre suspect, à Argenteuil, dont l'appartement regorge d'armes et d'explosifs.

La Tour Eiffel se colore du drapeau belge.




La famille de l'un des djihadistes, harcelée par la presse, doit rappeler que c'est elle qui a prévenu la police, en 2013, du départ de leur fils pour la Syrie.
"On ne choisit pas sa famille".
Samedi, voici qu'on nous annonce que ces djihadistes viseraient aussi la filière nucléaire belge.


#IlsRécupèrent
Sans surprise, Marine Le Pen dénonce "des années de laxisme, des années de bons sentiments". Elle est en voyage à Montréal, un périple boudé par les politiques du coin, et bousculé par des médias plus tenaces que nos lopettes frano-françaises. Elle en appelle à la fermeture des frontières nationales, et l'extinction des accords Schenghen. A Paris, ses affidés renchérissent. Le frontiste Walleyrand de Saint-Just accuse Valls de lâcheté.

Marine Le Pen attaque les "Bisounours",  le FigMag dans son édition du samedi    "l'angélisme". Manuel Valls reprend l'argument: "il faut tourner la page de l'angélisme." Mais de quoi parlent-ils ?

Accuser ses rivaux ou critiques de naïveté face au terrorisme islamiste évite de chercher à comprendre. Dénoncer l'angélisme est à la mode. Pour éviter de saisir avec effroi la réalité, on préfère accuser les autres de complaisance.

La France est en état d'urgence depuis quelques lustres, en guerre en Syrie et en Afrique. Quelques milliers de citoyens ont été perquisitionnés, un gouvernement "socialiste" a proposé l'extension constitutionnelle de la déchéance de nationalité. Et certains dénoncent encore de "l'angélisme"... Qu'attendent-ils ? Des rafles, des internements, et des expulsions massives fondées sur quelques critères plus "souples" telles la religion ou l'origine ?

A Béziers, le maire Robert Ménard, jamais avare d'une bonne formule, tweete à chaud combien cette attaque a "peu de chances d'être l'oeuvre de néo-nazis."

A droite, Nadine Morano dérape à son tour, en fustigeant les "3 millions d'€ pour une campagne de com du gouvernement auraient été plus efficaces à la sécurité des Français." Son collègue Laurent Wauquiez "demande à nouveau l'internement des individus fichés S et de ceux qui reviennent du djihad". Les "Décodeurs" du Monde lui rappellent, à nouveau, que les personnes fichées S "sont aussi bien des individus de retour de Syrie que des jeunes autoradicalisés, des militants écologistes, des hooligans ou un militants opposés à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes."

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a lancé sa campagne pour les primaires de son parti, lance une pétition sur Internet pour l’instauration d’une "peine de perpétuité réelle et effective, sans possibilité de sortie, pour les terroristes. Perpétuité réelle ? Non, bêtise irréelle. Xavier Bertrand confie qu'il n'aurait pas voté la suppression de la peine de mort s'il avait été député en 1981. Et du temps de Charlemagne ou de Napoléon, qu'aurait-il fait ?

Ces politiques récupèrent les pires drames, réécrivent l'Histoire, réagissent à chaud, se perdent dans des mesures aussi symboliques qu'inefficaces et clivantes.

La gauche n'est pas en reste. Bruno Le Roux, chef du groupe socialiste à l'Assemblée, sombre littéralement en qualifiant la droite sénatoriale d'"irresponsable" à cause de son refus de voter l'extension constitutionnelle de déchéance de nationalité dans les mêmes termes que les députés. Quelques trolls supporteurs-béats de la Hollandie finissante lui emboitent le pas sur les réseaux sociaux, fustigeant à chaud celles et ceux qui ont critiqué la mesure. Tous oublient que les Belges l'ont voté, inutilement et divisés, l'été dernier.
"On ne va s'arrêter de vivre parce des imbéciles veulent mourir." Charline Vanhoenacker, France Inter, 23 mars 2016
Vendredi, Hollande explique que la cellule organisatrice des attentats de Paris et de Bruxelles est quasiment anéantie. Mais qu'il y en a d'autres. Il n'y a que Marine Le Pen à ne pas entendre, à ne pas écouter, à ne rien comprendre. A moins qu'il ne s'agisse que d'une énième hypocrisie politique de sa part quand on l'entend encore accuser Hollande et les autres de refuser de désigner l'ennemi.

Hollande fait du Hollande, l'art d'une synthèse qui n'arrive plus à convaincre sur d'autres sujets mais qui là serait légitime si seulement elle s'incarnait dans les actes. Il sauve le droit d'asile mais justifie les filtrages: "Nous veillons à ce que le droit d'asile puisse être pleinement respecté et, en même temps, que nous puissions contrôler nos frontières extérieures." Les demandes d'asile sont pourtant un calvaire administratif et, en même temps, quelques dizaines de terroristes ont profité du flux des migrants pour débarquer en Europe.

Daesh revendique une seconde fois les attentats. L'émissaire, un djihadiste belge, promet la paix si les bombardements de l'OTAN cessent en Syrie. Ces barbares établissent régulièrement un parallèle entre leurs exactions et les bombardements alliés en Syrie. L'aveugle boucherie dans un hall d'aéroport ou dans une salle de concert serait équivalent à la mort de civils victimes collatérales des attaques de l'OTAN contre Daesch. Ce parallélisme est ignoble et bête. Les alliés ne ciblent pas les civils. Les fous de Daesch ciblent les mécréants.

#NousSommesChômeurs
La France pleure avec la Belgique. Mais ces drames ne doivent pas occulter l'autre réalité socio-politique du pays. Jeudi, la publication des statistiques mensuelles du chômage fait l'effet d'une douche froide pour le gouvernement. Quelque 38000 sans-emplois se sont inscrits à Pôle emploi en février. Le chômage fait du yoyo. La courbe s'inverse chaque mois. Un journaliste complaisant tente de rassurer: le chômage va bien baisser cette année, l'INSEE et l'UNEDIC nous le promettent. Mieux encore, les comptes publics ont été redressés (3,5% de déficit public en 201, un exploit !). La "politique pro-business" de François Hollande porterait ses fruits.

Des fruits amers, des fruits si petits. les estimations les plus optimistes en matière d'emploi font état d'une réduction de quelques dizaines de milliers de chômeurs cette année.

Quelques dizaines de milliards d'euros de baisses de cotisations sociales pour quelques dizaines de milliers d'emplois créés ?

De qui se moque-t-on ?

Michel Sapin, ministre des Finances, couine sur BFM: "j'aimerais que les entreprises tiennent leurs engagements". 

A l'inverse, le taux de marge des entreprises bondit. 
 La double rémunération de l'un des fleurons français de l'automobile nationale choque. La captation de richesse par un petit nombre est l'une des causes de l'asphyxie économique du pays. Le constat vaut partout. Ce "pillage du pays par une caste gavée sur le dos des salariés" frappe l'Occident capitaliste depuis des années. Robert Reich, ancien ministre du Travail de Bill Clinton en 1992, l'expliquait parfaitement bien dans un excellent documentaire en 2013. Reich n'est pas Mélenchon, mais les deux racontent la même chose: l'accroissement incroyable de la rémunération des plus riches privent l'économie productive des capitaux nécessaires à sa croissance. C'est simple à comprendre, évident à défendre, mais aucun libéral, pas même les uber-fans des Macronneries de l'actuel gouvernement, ne vous l'avouera.

Qu'il est loin ce temps où la gauche de gouvernement réclamait un plafonnement des rémunérations des grands patrons... Cette promesse de campagne 2012, murie au plus fort de crise des années 2008-2010, a bien vite été effacée, étouffée, évacuée. On suffoque.

La mobilisation contre la loi EL-Khomri patine à coups d' "escarmouches exploratoires". Le 31 mars sera un troisième test. Cette semaine, la video figurant un CRS frappant un lycéen parisien a fait le tour des réseaux, et scandalisée jusqu''au préfet de police de Paris. Il n'y avait qu'une poignée de trolls hollandais embarrassant leur propre mentor pour applaudir.

La nouvelle version du texte n'en finit pas de délivrer ses surprises. La dernière, décortiquée par Mélenchon, est assez époustouflante: le MEDEF a réussi à y glisser une sur-représentation patronale des grandes entreprises: la représentativité patronale ne sera plus calculée "qu’à 20 % selon le nombre d’entreprises adhérentes et à 80 % selon le nombre de salariés de ces entreprises." La belle affaire...

Une vingtaine d'anciens responsables socialistes publient une tribune de soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Le Parti d'Epinay a fait long feu.

"Pour les progressistes, seule la raison doit guider l’action et considérer les personnalités qui, par le symbole de leurs engagements, sont aujourd’hui en position d’incarner l’espoir d’une résistance au mouvement de balancier vers la droite, en passe d’emporter notre pays."



Ami socialiste, réveille-toi.


2 commentaires:

  1. "Ami socialiste, réveille-toi" (Juan). Non, non, pas la peine, qu'ils restent où ils sont. Car ceux qui ne sont pas encore réveillés, alors même qu'Hollande n'avait pas attendu quinze jours après son élection pour montrer son vrai visage, peuvent continuer à dormir tranquilles. Ce n'est pas d'eux que viendra le sursaut. Fidèles à nombre de leurs prédécesseurs et maîtres, le PS, parti de bobos libéraux, est le repoussoir, qui ouvre un boulevard à la droite réactionnaire. De la belle ouvrage, en vérité.

    DemOs

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  2. Vers le cauchemar.

    En 2017, le second tour de l'élection présidentielle sera un cauchemar.

    Mercredi 30 mars 2016 :

    Présidentielle 2017 : François Hollande éliminé dès le premier tour quel que soit le candidat de droite.

    Les intentions de vote de 1er tour pour l’élection présidentielle de 2017 sont toujours plus défavorables à François Hollande. Le chef de l'Etat poursuit sa chute dans les sondages (-4 points face à Juppé et Sarkozy au 1er tour en 2017) et serait donc éliminé quel que soit le candidat de la droite, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde diffusée ce mercredi.

    14 % des voix pour Hollande si Juppé était face à lui.

    Dans l'hypothèse d'une candidature d'Alain Juppé à la présidentielle, le chef de l'Etat ne recueillerait que 14% (- 4%) d'intentions de vote, contre 31% pour le maire de Bordeaux (stable), 26% (+1%) pour Marine Le Pen, 10% (+1,5%) pour Jean-Luc Mélenchon, et 8% (stable) pour François Bayrou.

    En l'absence de candidature Bayrou, Alain Juppé est crédité de 36% et François Hollande de 15%.

    16 % des voix pour Hollande si Sarkozy était face à lui.

    Si Nicolas Sarkozy était le candidat de la droite, François Hollande recueillerait 16% (-4) des voix, contre 27% (+1) à Marine Le Pen, 21% (stable) à Nicolas Sarkozy, 13% (stable) à François Bayrou, et 11% (+1) à Jean-Luc Mélenchon.

    Nicolas Dupont-Aignan est crédité de 5% à 6% d'intentions de vote, Cécile Duflot de 3%, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou de 1,5%.

    Primaire à droite :

    Pour la primaire à droite, Sarkozy perd 6 points, à 26% d'intentions de vote.

    Avec 26% d'intentions de vote des personnes certaines de participer à la primaire à droite, Nicolas Sarkozy perd 6 points en deux mois sur Alain Juppé, toujours largement en tête malgré un léger recul, à 42% (-2).

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