31 décembre 2016

504ème semaine politique: Bonne année Mélenchon

(Crédit photographique)

 

Tous les sondages, qu'il ,e faut jamais croire bien sûr, donnent un trio surprise vainqueur de cette pré-campagne présidentielle: Fillon (facile), Macron (improbable) et Mélenchon (surprise!).  Et bien sûr Marine Le Pen, silencieuse à souhait.

L'année s'achève et il est trop tard pour s'inscrire sur les listes électorales et participer à la plus surprenante des élections présidentielles depuis 2002.

Bienvenue en 2017.


La fin de 2016
2016 nous a trahi, fatigué, ému, attristé.

Comme 2015.

Des attentats, des guerres, des morts par milliers, quelques dizaines de trop à Orlando, Bruxelles et Nice sous les coups de fanatiques de Daech. Une guerre en Irak et en Syrie qui vire à la boucherie. La Russie qui s'en mêle, un cessez-le-feu qui se dessine côté syrien en fin d'année sur fond de Yalta entre Turquie et Russie.

La victoire des autocrates aux quatre coins de la planète : un fou meurtrier élu président des Philippines; Erdogan qui déjoue un coup d'Etat en Turquie et emprisonne 50 000 personnes en représailles; Donald Trump qui malgré une campagne xénophobe, misogyne et outrancière l'emporte à la présidentielle américaine; et Poutine, admiré par Fillon, Trump, et Le Pen, qui domine la diplomatie occidentale.

L'Europe qui s'effondre en silence, après le Brexit inconséquent, le scandale Barroso, l'adoption d'un traité libre-échangiste avec le Canada, l'Italie qui fait démissionner Renzi, le "Valls italien"; la Grèce encore menacée par l'Allemagne.

En France, le spectacle politique a ceci de réjouissant qu'il ne ressemble plus à rien de ce que les spécialistes espèrent ou prédisent. Il y a d'abord la trahison Macron. L'ancien banquier, conseiller économique puis ministre de l'Economie de François Hollande ose nous prendre pour des cons en promettant la "Révolution", titre de son ouvrage rapidement écrit un été après sa démission, entre deux une avec sa compagne dans les pages de Paris-Match.

En novembre, la primaire de droite est un succès, quelque 4 millions de cadres sup, retraités et leurs descendances se précipitent pour élire leur champion. Sarkozy est éliminé dès le premier tour de la primaire d'un parti dont il avait ravi la présidence en 2014. Juppé le favori des sondages est écrasé au tour suivant par un Fillon que nul n'avait vu venir. Lequel Fillon aplatit son programme ultra-choquant, utra-libéral, ultra-inégalitaire que personne n'avait réellement lu avant sa désignation, pas même ses soutiens de la primaire.  A gauche, Hollande renonce un 1er décembre. Ses ministres un à un se rangent derrière le dauphine Brutus, aka Manuel Valls, qui se précipite. Valls déclame l'inverse de sa politique. Ensemble, surtout avec lui, tout est possible. Le 49-3 qu'il affectionne ? Il veut le supprimer.

La primaire socialiste bat de l'aile. Gérard Filoche n'est pas qualifié faute de parrainages, mais Cambadélis, premier/dernier secrétaire du PS, exhorte Macron et Mélenchon de rejoindre ce scrutin interne au PS.

Cette démarche est curieuse, le chant du cygne.


La fin du PS
Le renoncement de François Hollande est autre chose que l'abdication courageuse d'un président enfin lucide. C'est un coup de tonnerre, la fin d'un parti politique.  

Le Parti Socialiste avait un président sortant qui renonce à sa réélection. 

Répétez-vous cela à voix haute pour mesurer le choc et la portée. La fin d'un parti.

La primaire socialiste n'a de socialiste que les vestiges institutionnels qui la soutiennent. Manuel Valls s'est jeté dans la partie pour emporter le parti, et le façonner à sa façon. Quoi de plus noble qu'un premier ministre qui prend la relève d'un président défaillant pour sauver l'honneur d'un quinquennat ? C'est en tout cas l'élément de langage, le nouveau mythe que l'on nous sert déjà en coulisses pour assurer à Valls le soutien d'un appareil après la défaite d'avril prochain.

L'OPA de Valls sur le PS se déroule avec une facilité qui apparaîtra déconcertante à celles et ceux qui pensaient le PS encore vivant. Ce parti a pourtant des militants, des sympathisants, une histoire, un honneur. Pris en tenaille entre un macronisme qui se veut "Fillon-compatible" et la France insoumise qui grappille peu à peu ce qu'il reste d'incarnation politique sociale dans les espoirs de ce parti, le PS est tel un poisson rouge hors de son bocal. Puissent ses sympathisants, militants et quelques autres le réaliser à temps.

Emmanuel Macron devrait écraser l'un ou l'autre des vainqueurs de la primaire socialiste. Il mord à pleine bouchée sur le cœur de la cible vallsiste. Il aurait déjà 400 parrainages. Une large fraction des baronnies socialistes locales - Collomb, Patriat. En décembre, Macron réunit et réussit son premier meeting politique Porte de Versailles, comme Sarkozy avant lui. Il s'égosille sur la tribune, il fait rire.

Macron ne fait pas rire. Sa prétendue modernité est une nouvelle décoration de mesures authentiquement libérales et d'un grand retour en arrière. Le candidat "ni de gauche, ni de gauche" fait aussi peur à droite. Il a suffit d'un sondage de popularité qui le propulse devant Fillon, en chute grave, pour que l'alerte soit sonné. Et que l'on découvre que Macron est suffisamment à droite pour mordre sur les sympathisants de ... Fillon.

Notez le glissement à droite.

Qui est surpris ?



Bonne année 2017.


24 décembre 2016

503ème semaine politique: Fillon, chantre de la Vroite.

 

 

Abusée par une décennie de sarkozysme agité et Bling-Bling puis un social-libéralisme complexé et défait, la France découvre ce qu'est la vraie droite: un camp qui défend une politique de classe, une justice de classe, une France déclassée. Cette Vroite a un chantre, François Fillon, lequel sera confronté à l'épreuve ultime: assumer sans mentir ni renoncer le programme sur lequel il s'est fait désigné par 3 millions de retraités, cadres sup et patrons lors de la primaire de droite de novembre dernier.

Chiche.




"Il faut avoir le courage de « casser la baraque » pour la reconstruire autrement. C’est le sens du projet de rupture que je porte." François Fillon, programme pour les primaires.




Les pièges primaires
Ce n'est pas encore un trou d'air, mais ça en prend l'allure. Une salve de sondages de fin d'année déstabilisent l'assurance souriante du vainqueur de la primaire de droite. Tous les résultats convergent: les sondés rejettent ultra-majoritairement le saccage des services publics proposés par Fillon (suppression de 500 000 postes de fonctionnaires en 5 ans, privatisation partielle de la Sécurité sociale, etc). Mêmes les sympathisants LR s'inquiètent à 50% de ce programme économique.

Surprise ? Non. La droite découvre "le piège des primaires".

Les primaires peuvent être une tentative de rassemblement de second tour. Celles qui désignent le candidat le mieux à même de mieux franchir l'obstacle de l'élection présidentielle. C'est ainsi que François Hollande, dont peu avaient lu le programme, s'est retrouvé qualifié en 2011 car il fut jugé plus apte à terrasser Sarkozy.  Le piège des primaires s'est renfermé sur Hollande après sa victoire. Il a cru qu'il avait été élu pour appliquer un programme "social-libéral", et tourné le dos à une large fraction de ses électeurs de mai 2012.  Ignorant, volontairement ou pas, les raisons profondes de sa victoire à l'automne 2011 puis en mai 2012, Hollande a ensuite conduit une politique qui, si elle avait une majorité institutionnelle (brutalisée à coups de 49-3 pour éviter les débats), n'avait plus aucune majorité populaire. En témoignent les scrutins intermédiaires désastreux et, évidemment, l'incroyable renoncement de Hollande à se porter candidat à sa propre réélection le 1er décembre 2016.


 

Il y a aussi des primaires de rassemblement de premier tour. Celles qui désignent le candidat qui synthétise le mieux son camp mais qui coincent le vainqueur dans des promesses étroites et impossibles pour convaincre au-delà des sympathisants. Aux Etats-Unis, les qualifications des extrémistes conservateurs Barry Goldwater (contre Johnson en 1964) ou, plus récemment, de Mitt Romney (contre Obama en 2012) ont privé le Parti Républicain d'une victoire présidentielle dans un régime américain ultra-bipolaire.

Bref, quelles qu'elles soient, les primaires sont devenues un piège démocratique quand elles visent large.

En France, l'électorat, motivé ou indifférent, découvre peu à peu la Vroite. A force de reniements, divisions, et triangulations, Nicolas Sarkozy nous avait fait oublié ce qu'est la vraie droite. 






La Vroite complexée
François Fillon incarne parfaitement cette "Vroite", il est la synthèse idéale et quasi-parfaite "entre la promesse de rupture autrefois attribuée à Nicolas Sarkozy et la «force tranquille» préemptée par Alain Juppé". Une Vroite qui assume de moins en moins son programme présidentiel au point d'en effacer peu à peu des pans entiers sur son site internet, ... mais une Vroite qui n'en pense pas moins.

Après son renoncement provisoire sur la privatisation partielle de la Sécurité sociale, on attend ainsi avec impatience que Fillon dévoile comment se répartiront les 500 000 réductions de postes de fonctionnaires.

Qu'il explique si le report à 65 ans de l'âge minimal pour une retraite pleine tiendra compte de la pénibilité, ou si la durée de cotisation sera également prolongée comme Sarkozy puis Hollande l'ont fait voté.

Qu'il explique, publiquement, que la suppression des 35 heures signifie bien la suppression de la rémunération des heures supplémentaires au-delà de 35 heures.

Qu'il explique pourquoi, et avec chiffres et raisonnement, la suppression de l'ISF qui ne concerne que 300 000 foyers est si "urgente" et "décisive" pour le redressement du pays.

Etc...

Le programme de François Fillon est riche en promesses. Il faut le lire, et le relire. Surtout le sauvegarder.

Devant ces premières menaces sondagières contre le chantre de la Vroite, on tente bien sûr de victimiser l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy. Il serait devenu "l'ennemi public numéro Un" du "système politico-médiatique". Après une brève tournée en Françafrique, Fillon se fait discret. Il prend les conseils de VGE, un vrai spécialiste en défaite présidentielle.

Il part en vacances en famille au ski, un vrai sport d'ennemi du système politico-médiatique. Il ira ensuite à Las Vegas (sic!) pour un salon high-tech. Il laisse sa centaine de conseillers de campagne, logés dans les bureaux des 2500 mètres carrés de son pharaonique QG de campagne, répliquer aux attaques.
"Taisez-vous, allez dans la Sarthe et lisez des livres ­d’histoire ! Une campagne présidentielle, ça dure un mois" Valéry Giscard d’Estaing à Fillon.
Fillon s'inquiète aussi des caricatures fascisantes des partisans de Marine Le Pen. Les sbires de cette extrême droite "normalisée" le caricature en "Farid Fillon" sur les réseaux sociaux. A Berlin, dimanche 18 décembre, un terroriste tunisien fauche 11 passants, en blesse une cinquantaine d'autres, après avoir tué le chauffeur d'un camion qu'il précipite dans un marché de Noël. L'homme s'enfuit, traverse la France, peut-être la Suisse puis se fait tuer à Milan par la police locale. En France, dans une petitesse minable et admirable, nos commentateurs s'indignent de "l'Europe passoire". Et le Pen instrumentalise une fois de plus le fait divers.

Le "phénomène Macron", qui pour l'instant n'a fait ses preuves de popularité que dans les sondages, et d'adhésions, que chez la plupart de nos éditocrates, inquièterait les chantres de la Vroite

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Le Père Noël a déjà gâté Christine Lagarde.

L'actuelle directrice du FMI, ancienne ministre des finances de Nicolas Sarkozy, a été condamnée pour négligence dans l'indemnisation faramineuse de Bernard Tapie par un Tribunal arbitral. Condamnée mais sans peine ni sanction.

La belle affaire...

Cette justice de classe fera d'autres dégâts, on l'espère dans les urnes.

François Fillon ne commente pas. Il est pourtant directement concerné.

Une pétition pour un vrai procès attire quelques milliers de soutiens en quelques jours. Et Lagarde crâne dans les colonnes de l'Obs où elle s'indigne des inégalités.

Ami filloniste, où es-tu ?


17 décembre 2016

502ème semaine politique: le bal des tartuffes

 

 

Ils nous prennent pour des cons. Ils ont peut-être raison. Après tout, certains sont parvenus à se faire élire finalement.


Fillon, couché.
Il s'est couché, plus vite que prévu. François Fillon a cédé cette semaine sur l'une des mesures phares de son programme, la privatisation partielle de la Sécurité sociale, pour le plus grand nombre, et, surtout, le plus grand nombre de maladies et d'affections.

Rien que cela.

En catastrophe, les équipes du nouveau chantre de la droite libérale et du centre ont effacé du site du candidat désigné les mesures de suppression des remboursements des soins hors affection graves que Fillon défendait quand il combattait pour la première place dans la primaire de la droite. L'honnêteté politique s'arrête là où commence l'ambition personnelle.

Quel courage politique !

En 2007, Fillon a mis de côté son "gaullisme social" version Philippe Séguin pour s'allier au balladurien bling bling Sarkozy. En 2012, Fillon licencié des sommets de l'Etat comme son président de patron, entame son chemin de rupture. Il trahit son ancien mentor Sarkozy, il se fait piétiner par le rival Copé. Il gagne enfin contre le promis de sondages Juppé.

Mais Fillon n'a fondamentalement pas changé. 

Il se renie pour son ambition.

Il n'a pas changé.

Le candidat dévoile son équipe de campagne, une armée mexicaine où la moindre ambition a été récompensée. Il y a 45 "conseillers stratégiques", 16 "conseillers politiques" et même un pôle "société civile"... On appelle cela l'union de la droite et du centre. C'est surtout une démonstration de force contre d'éventuels dissidents tel François Bayrou. Le clan Fillon craint la désunion. Des anciens juppéistes - Raffarin, Calmels - se chargent de convaincre les 160 000 fans du maire de Bordeaux de ne pas céder aux sirènes d'Emmanuel Macron.

"Pour gommer son image de candidat des riches" (ne riez pas), Fillon quitte le 7ème arrondissement pour installer son QG de campagne dans le 15ème arrondissement si populaire (8000€ le mètre carré tout de même, un vrai ghetto !)




Valls, "changé"
A côté, plus à gauche mais de cette gauche qui a déblayé le terrain pour la droite, Manuel Valls joue les candidats anti-système, le candidat qui "a changé" à l'épreuve de la vie et du pouvoir.

Manuel Valls a "changé" parce qu'il aimerait qu'on ne le change pas pour un autre. Il a changé comme tous les candidats qui se présentent au suffrage après un bilan peu recommandable.

Voici même qu'il déteste le 49-3, et qu'il "propose une renaissance démocratique car il y a un malaise dans notre démocratie." Manuel Valls a appris. "Je connais les effets pervers du 49.3. Je suis très lucide. Son utilisation est devenue dépassée et apparaît comme brutale. Hors textes budgétaires, je proposerai de supprimer purement et simplement le 49.3." 

Valls n'échappera pas à l'examen du bilan du quinquennat. Son volet économique, au coeur de la trahison libérale de l'équipe Hollande/Valls, est mauvais, très mauvais. Hollande et la reprise ? Un "rendez-vous raté", explique Le Monde. La croissance sera molle cette année, un maigre 1,2%. Des dizaines de milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales pour ça... La politique de l'offre, injuste socialement, est injustifiée économiquement. Il y a un acharnement idéologique à la défendre du côté des Valls et Macron qui ne surprend plus.

Samedi dernier, Macron braille sur son estrade: "le travail rend libre." Le garçon a des lacunes historiques évidentes.

Trump, obscène
A un mois de son entrée en fonction, Donald Trump a finalisé la composition de son gouvernement. C'est un cauchemar, un mauvais rêve, une caricature: trois anciens de Goldman Sachs  (la puissante multinationale bancaire qui avait aidé le gouvernement conservateur grec à truquer ses bilans à la fin des années 2000), le PDG d'Exxon Mobil proche de Poutine aux Affaires Étrangères, un chirurgien militant anti-IVG et adepte de la suppression de l'Obamacare, du Medicare et du Medicaid à la Santé; un climato-sceptique à l'Environnement.

Bref, cette équipe est plus caricaturale que tous les clichés antiaméricains du moment. 
"Je les connais, les banquiers de Goldman Sachs ! Ils exercent un contrôle total sur Hillary Clinton"  Donald Trump.
Et ce n'est pas tout.

Trump accuse la CIA de manipulation. L'agence de renseignement est convaincue, et l'a fait savoir dans un rapport publié le 9 décembre, que la Russie a influencé l'élection présidentielle. Les services russes ont piraté l'été dernier les ordinateurs du Parti démocrate puis fait fuiter tout ce qui permettait d'affaiblir Hillary Clinton. Laquelle a finalement perdu l'élection malgré une avance de 3 millions de votes, le plus gros écart favorable jamais enregistré pour un perdant dans l'Histoire américaine. Barack Obama s'est décidé à demander à Trump d'accepter une enquête bi-partisane sur cette affaire.

Poutine, partout
En Syrie, Alep, seconde ville du pays, disparait peu à peu sous les bombes russes et pro-Assad. Quelque 40 000 civils et combattants sont encerclés dans le quartier Est, l'un des fiefs d'Al Qaïda. Les évacuations, organisées par la Russie et la Turquie, s'interrompent quand l'Iran, qui soutient également Assad, réclame la levée d'un autre blocus sur deux villages chiites attaqués par des rebelles sunnites. La réalité du drame à Alep n'est pas binaire. Elle est grise et meurtrière.

En France, on simplifie. C'est la campagne. On accuse donc Mélenchon de complicité avec Poutine.  A-t-il applaudi aux bombardements de l'automne ? Non. A-t-il approuvé l'intervention russe ? Oui, mais à ses débuts. Poutine a déjà déchiré la gauche française. La volonté de contrer le discours occidental dominant a conduit Mélenchon à soutenir la Russie contre les Etats-Unis. Ce n'est pas nouveau. Mais la récente boucherie à Alep, qui n'est que la conséquence évidente et prévisible d'une guerre, est instrumentalisée. Les silencieux de la Real-politik occidentale ou saoudienne deviennent soudain bruyants pour tenter de contrer la progression sondagière de Mélenchon.

Tous les moyens, donc, sont bons. 

Dans son billet vidéo hebdomadaire, qui compte désormais plus de 130 000 abonnés, le candidat de la France insoumise répond aux critiques. Il rappelle une évidence: "quel doit être notre point de vue ? Notre point de vue, c'est celui des Français et des intérêts de la France. L'intérêt de la France, c'est la paix. Pour arriver à la paix, il y a une méthode, la coalition universelle pour en finir avec Daech. Mais est-ce qu'on veut vraiment en finir avec Daech ?"

Aussitôt, nouvelles accusations. Mélenchon "flirte avec la théorie du complot" s'étonnent les faux-naïfs de Libération.

Vraiment ?


Mélenchon est en Martinique. Il promet "une amnistie sociale aussi étendue que possible pour tous les syndicalistes". Pas très loin d'un autre candidat qui enquille les bourdes, Emmanuel Macron. Mélenchon déroule surtout son programme écologiste.

Chacun ses priorités.


10 décembre 2016

501ème semaine politique: de la nausée Fillon aux vomissements Le Pen




 C'est une campagne présidentielle finalement très primaire.

Présidentielle primaire
Un jour, un candidat. La perspective d'une élection où tout serait possible, même le plus improbable, donne des ailes aux ambitions les ridicules. Cette semaine, Vincent Peillon annonce sa candidature, paraît-il poussé par Martine Aubry pour faire barrage à Montebourg et Valls. A droite, Michèle Alliot-Marie, celle-même qui fut éjectée du gouvernement Fillon/Sarkozy pour une funeste affaire de vacances offertes par un dirigeant tunisien en pleine révolution, se croit aussi un destin national. Et Nicolas Dupont-Aignan, le "Kennedy français" (ne riez pas) se compare à Jeanne d'Arc et de Gaulle sur l'estrade d'une salle parisienne, pour lancer sa propre campagne.

Cessez le feu.

Le Parti socialiste s'enfonce dans un cirque primaire, trois mois trop tard après les primaires de droite, et après avoir sabordé la réélection de son président sortant. L'éparpillement des candidatures ramène la gauche à une situation ante-Congrès d'Epinay, que trois générations n'ont pas connue.

On applaudit.

"Camba", premier et peut-être dernier secrétaire du PS, écrit à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron pour leur demander d'intégrer les primaires socialistes au nom du péril national-populiste. Bizarrement, il fait moins d'efforts pour convaincre Silvia Pinel, la candidate PRG et ancienne ministre; Yannick Jadot, candidat écologiste, tous les deux restant scotchés dans les plus profondes profondeurs sondagières.; ou même les ("la primaire c'est pas open bar").

Jean-Christophe Cambadélis préfère s'adresser aux deux rivaux les plus populaires, ceux-là même qui étranglent le PS à droite et à gauche: d'un côté Emmanuel Macron, qui fait campagne sans programme si ce n'est un livre d'une platitude étonnante, mais avec ses fans digitaux, les bourgeois de l'ex-UDF et, en retrait, ce cortège de patrons modernes si chers à la "révolution" soc-lib à l’œuvre depuis l'élection de Hollande. Et de l'autre, Jean-Luc Mélenchon, dont la pédagogie insoumise cartonne désormais sur les réseaux sociaux, qui multiplie les meetings bondés et qui vient de publier son programme, "l'avenir en commun."

Samedi, Macron rassemble près de 15 000 personnes porte de Versailles à Paris. Le volume de l'assistance surprend. Macron est galvanisé. Il s'égosille. Ses incantations semblent tirées du mauvais feuilleton Sarkozy version 2007: " je suis le candidat du travail . (...) Je veux que le travail paye mieux". Comme Sarko en 2007, il prône la "valeur travail". Comme Sarko en 2007, il ne supprime pas les 35 heures mais il renvoie la régulation du travail au niveau des entreprises, moins protecteur pour les salariés. Pour moderniser cette proposition directement empruntée du capitalisme du XIXème siècle, ante-conquêtes sociales, Macron n'est pas avare en formules délicieuses telles: "libérer l'accès au travail, c'est libérer le dialogue social au plus près de l'entreprise et du terrain." 

Valls à deux temps
Pour Manuel Valls, nouveau candidat, héritier du quinquennat finissant, il y a danger, grand danger.

Lundi, Valls officialise sa candidature présidentielle, chez lui, à Evry, en Essonne. Les communicants ont soigné le tableau: amis, épouse et ex-épouse, salle des mariages et gros sourires. Il y a même un joli slogan, presque anachronique quand on connait l'homme qui le porte: "faire gagner tout ce qui nous rassemble". Mais les accents gauchisants et les appels à la "réconciliation" d'un premier ministre qui a fracturé son camp ne trompe pas grand monde. Valls a 50 jours avant la primaire socialiste, et 5 mois avec le premier tour présidentiel, pour faire oublier ses 200 semaines de gouvernement en tant que ministre puis premier ministre.

Il fait comme Sarko en 2007, mais très tard, trop tard. Valls dit qu'il a "changé".  Au mieux rassemblera-t-il une grosse minorité de sympathisants socialo-socialistes. Un sondage le place déjà en tête d'une primaire dont les prédictions de participation sont pour l'instant faibles. Mais d'autres prédisent une disqualification de la gauche dès le premier tour - Valls, Macron et Mélenchon chacun à 14% des intentions de vote.

Son premier meeting à Audincourt, dans l'une de ses contrées désindustrialisées dans l'Est, près de Montbelliard, a l'ambiance fraîche. Là aussi, sa récente conversion ne fait pas illusion. On retient l'interpellation par une dame dénommée Renée qui l'engueule en fin de réunion devant une grappe de micros et caméras.



Et Hollande ? Sans surprise, il remonte dans les sondages. Son renoncement sera la meilleure trace, courageuse, qu'il laissera dans l'Histoire. L'ex-Pravda de Sarkofrance entame une chronique des derniers mois, presque élogieuse: "François Hollande a endossé une nouvelle et peut-être ultime fois le costume de chef de guerre - une tenue qui lui a plutôt réussi depuis qu'il est entré à l'Élysée" peut-on ainsi lire dans les colonnes du Figaro. On attend plus qu'un numéro spécial de Valeurs Actuelles et le bonheur sera complet...

Pasokisation
La France n'est pas la Grèce, mais le Parti Socialiste est en passe d'entamer la dernière étape de sa Pasokisation. La Grèce avait un parti socialiste "historique", le PASOK, qui a soudainement, brutalement disparu en l'espace de quelques scrutins, disqualifié par sa gestion de crise et ses trahisons.

A force de holdups inefficaces sur les idées réactionnaires (déchéance de nationalité, loi Travail, réforme des retraites, Pacte irresponsable, maintien des franchises médicales et déremboursement votés sous Sarkozy; etc) que Fillon s'attache désormais à amplifier (destruction du Code du travail, assouplissement des conditions de licenciement, réduction de l'impôt sur la rente et le capital, privatisation partielle de la Sécurité sociale, allongement de la durée de cotisations et d'âge de départ à la retraite; suppression des heures supplémentaires, etc.), les représentants du Parti socialiste se retrouvent soudainement devant un triple obstacle: orphelins de candidat naturel, éparpillés façon puzzle et surtout ignorés du débat politique.




Primo, qui peut être surpris du désintérêt qu'une large partie de leur électorat d'antan leur porte ? Toutes les élections intermédiaires depuis 2013 n'ont pas tant été marquées par la défaite des représentants du PS que par l'immense abstention et notamment à gauche. Secundo, à force de crier qu'il est "moderne" d'augmenter le temps de travail, d'assouplir les licenciements, et de réduire l'impôt du capital; ou de couiner qu'il y a trop d'impôts, trop de réfugiés et que le coût du travail est trop élevé, comment rester crédible contre le candidat désigné par la droite ?

De la nausée Fillon aux vomissements Le Pen
L'ancien premier ministre de Sarkozy déroule son programme inégalitaire. Car le programme de Fillon est d'abord inégalitaire avant d'être austéritaire. Des premiers sondages lui sont défavorables, comme chacun commençait à comprendre. Le programme présidentiel de Fillon n'est pas un choc pour les grandes entreprises (avec la promesse d'un nouveau pacte irresponsable de 50 milliards d'euros de réduction des cotisations sociales (après les 41 milliards inefficaces de Hollande/Valls) ni pour les ménages fortunés (avec la réduction de la taxation du capital "en instaurant une taxe forfaitaire modérée sur tous les revenus du capital et en supprimant l’ISF"), bien au contraire, c'est un ravissement, une "divine surprise".

Le choc est pour les autres, la majorité: suppression des remboursements de soins et de médicaments par la Sécurité sociale - hors pathologies graves -; suppression de 500 000 postes de fonctionnaires en 5 ans (infirmiers, policiers, enseignants, assistantes sociales, militaires ?); réduction des dépenses de retraite; assouplissement des licenciements collectifs (en instaurant "le motif de réorganisation" de l’entreprise "pour faciliter l’adaptation des entreprises à leur contexte concurrentiel"), etc.

Marine Le Pen dit qu'elle a "la nausée" en lisant les promesses de Fillon sur la santé. Nous pouvions vomir en l'écoutant parler devant un parterre de journalistes jeudi dernier. 

Elle expose ses propres idées, ou plutôt régurgite la vieille antienne de son paternel. "La France aux Français" est de retour, les outrances xénophobes, appuyées sur quelques grossiers mensonges, également: "la solidarité nationale doit s’exprimer à l’égard des Français. Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : “Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !

Marine Le Pen ment et se corrige ensuite à l'AFP ("Je parlais des enfants de clandestins"), pour mentir à nouveau. Elle ment quand elle attaque la "population immigrée" qui "ne travaille pas." S'appuie-t-elle sur des statistiques ? Non. Elle ment quand elle fustige ces retraités immigrés qui touchent "des minimums vieillesse avec le seul critère d’arriver en France, d’avoir 65 ans, sans avoir jamais ni travaillé ni cotisé en France." C'est encore faux. Toujours faux. Les minimums vieillesses sont soumis à condition. Elle ment encore quand elle affirme  que les retraités agriculteurs n'ont pas droit au minimum vieillesse.

La menace frontiste effraye.

Elle devrait effrayer d'abord par ses mensonges.






3 décembre 2016

500ème semaine politique: contre Valls/Fillon/LePen, la guerre des clones aura-t-elle lieu ?

 

 

Un cap a été franchi. Hollande a joué la normalité jusqu'au bout. Valls piaffe d'impatience, Fillon laboure, Le Pen savoure.


La dernière victoire de Hollande
Un François en chasse un autre. Fillon débute sa première semaine de candidat de la droite, mais Hollande lui chipe la vedette pour un dernier coup d'éclat. Jeudi 1er décembre, dans un mini-studio près de l'Elysée, fond bleu ciel et ton cafardeux, François Hollande dresse un bilan flatteur et partiel de son quinquennat pour terminer sur cette phrase:
"Face aux épreuves, j’ai pu avoir une capacité inépuisable de résistance devant l’adversité. Mais le pouvoir, l’exercice du pouvoir, les lieux du pouvoir et les rites du pouvoir ne m’ont jamais fait perdre ma lucidité, ni sur moi-même, ni sur la situation, car je dois agir. Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle.
Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, au renouvellement donc de mon mandat."
Patatras !  Hollande renonce ! Sur les réseaux sociaux et ailleurs, stupeur et consternation chez les proches et les derniers fidèles.


Pourtant, Hollande aura été normal jusqu'au bout. Car c'est bien la décision la plus normale, la plus lucide que les circonstances imposaient. Hollande renonce à un second mandat le jour même de l'entrée en vigueur de l'assouplissement du licenciement économique, l'une des mesures phares de la loi El Khomri.

Le calendrier crée des symboles qui sont plus que des coïncidences.

Après un dîner en famille, il s'envole pour les Emirats arabes unis. "Libéré d'un fardeau" (Le Monde), "soulagé" (Le Parisien), Hollande est devenu un objet de curiosité politique inédit sous la Vème République. Même Arnold Schwartzeneger l'a félicité. Gaspard Gantzer, le trop jeune conseiller ès communication fait mine de découvrir le renoncement le jour même. Il est surpris en flagrant délit de confessions "off" au pied de l'Elysée par une caméra de France 2. Il s'énerve. Le Monde venait de lui consacrer un portrait élogieux.

Ce renoncement est aussi la dernière victoire politique de Hollande contre Sarkozy. Le premier avait promis de se présenter si les résultats étaient là, il a tenté, il a échoué. Il se retire sans s'accrocher ni perturber. Le second a trahi sa promesse d'arrêter la politique, s'est remis en selle, a tout tenté, même l'ignoble, pour dézinguer les rivaux de son camp; a fait campagne à l'extrême droite pour conquérir une candidature. Et s'est fait jeter dès le premier tour de la primaire de la droite.

Hollande part avec des honneurs. 

Sarkozy part se cacher.

Les trois gauches
L'après-Hollande commence. Un paysage curieux à gauche, si éclaté qu'on doit le rassembler au-delà des egos pour comprendre sa signification politique.

Au centre, ou plutôt à droite, les faux vrais-faux fidèles du hollandisme finissant, les plus responsables à défaut d'être les plus solidaires de la politique de ce quinquennat: Valls qui a sabordé une candidature Hollande de l'intérieur; Macron qui a conçu la trahison libérale de l'année 2013 et la trahison politique de l'été 2016; et quelques gentils inconnus qui profitent d'une primaire socialiste pour tenter de redorer leur notoriété personnelle - Jean-Luc Benhammias (qui ?) et François de Rugy (qui ?!?). Une fraction large du Parti radical valoisien s'apprête à suivre Macron, comme Jean d'Arthuis dès le soir de la victoire de Fillon. Même François Bayrou se tate, incapable de rejoindre l'ultra-libéral et ultra-conservateur Fillon.

Plus à gauche, voici une foule de frondeurs socialistes. Ils sont en rupture de banc depuis la mi-mandat, mais ils n'ont pas suffisamment divorcé pour quitter le navire socialiste en dérive. On dira qu'ils sont en état de séparation de fait avec le Hollandisme présidentiel, mais sans oser franchir le Rubicon de la vraie rupture. Montebourg, Hamon, Filoche, ou Lienemam, sont telles Bayrou à droite: ils râlent contre leur taulier pour exister davantage. C'est pourtant leur moment de vérité. Celui où ils pourraient enfin suivre leurs idées plutôt qu'un appareil.

A gauche enfin, plus en colère, et dès les premiers jours, moins énervée mais tout aussi déterminés que les premiers jours, Mélenchon domine; sa France insoumise est désormais soutenue par le PCF. Et il est même devenu la coqueluche des sondages à gauche. Sur YouTube, sa chaîne de videos pédagogiques et politiques frôle déjà les 100 000 abonnés. Ajoutons quelques trublions trotskystes (Artaud, Poutou) qui font le folklore de nos élections présidentielles depuis 5 décennies et, parfois, permettent à la gauche de rater le second tour de l'élection présidentielle.

Qui s'alliera avec qui ? C'est toute la question. Face à une droite désormais coalisée derrière le plus rétrograde des candidats qu'elle ait présentée depuis l'aube de la Vème République et une extrême droite qui a rompu avec son pétainisme originel pour embrasser le social-fascisme mussolinien, la gauche se présente divisée pour l'instant.

La Vème République présidentielle est maléfique. Elle agite les égos autour de ce fumeux concept anti-démocratique de la rencontre d'un homme avec le peuple qui conduit même l'écrivain Alexandre Jardin, le déçu Julien Dray ou le lunatique Jacques Cheminade à se présenter. Ne riez pas. Vous pouvez au contraire pleurer.

Trois gauches, dont les deux extrémités sont évidemment irréconciliables. Le sort de l'élection présidentielle à gauche se joue ici.

Combien de frondeurs assumeront leur rupture ?


Valls/Fillon/Le Pen, le spin-off de 2012
Au pied des collines d'Hollywood aux Etats-Unis, on appelle cela un "spin-off" pour désigner ces feuilletons qui prolongent une série originale sur la base d'un personnage. Dans l'esprit des producteurs et scénaristes américains, il s'agit de reproduire un succès, de capitaliser au maximum sur une vieille recette.  

En l'espace d'une semaine, la politique française s'est "spinoffiée" à vive allure. Et ce spin-off repose sur trois clones imparfaits: Marine, clone de Jean-Marie; Fillon, clone de Sarkozy; et bientôt Valls, clone de Hollande.

Nous avons déjà Marine Le Pen, clone islamophobe de son père. Marine Le Pen a gauchisé son discours pour diriger la colère vers la haine. Elle a remplacé le juif par le musulman. Elle transforme la laïcité en guerre de religion. Mais Le Pen reste Le Pen. L'entourage néfaste, le programme absurde, et mêmes des déboires de détournements de fonds publics. Marine Le Pen souffre encore à peine de sa propre affaire Bygmalion. L'enquête sur le savant montage de facturation du matériel de campagne par des sociétés d'amis aux candidats frontistes se poursuit. Après les législatives de 2012, voici que le dispositif a été reconduit pour les régionales de 2015. Il y a quelques jours, les enquêteurs ont découvert une surfacturation de près de 3 millions d'euros au profit d'une société créée en 2015 par un proche ami de Marine Le Pen, Axel Lustau. Or tous ces frais surfacturés furent ensuite remboursés par l'Etat.

Autre clone politique plus récent et tout aussi rance, François Fillon, l'ex-premier collaborateur d'un quinquennat entier et épuisant de Nicolas Sarkozy, a expulsé ses rivaux dans la primaire de droite. Avec une très large participation, près de 5 millions de Français, Alain Juppé s'est effondré comme certains le prédisaient déjà depuis longtemps.  

Nous faire croire qu'il y a là un renouveau est quelque chose d'aussi aberrant qu'irrespectueux. Fillon a fait la campagne de Sarkozy de 2007, en fut le premier ministre servile et docile durant 5 ans. Plus discret, il en partage pourtant les travers - l'utilisation des biens publics à des fins privés (comme ces allers et retours répétés en jets républicains pour retourner le weekend dans la Sarthe pourtant à 2 heures de train de la capitale); un certain goût pour le conseil rémunéré et le conflit d'intérêt (comme sa société de conseil et ses 17 000 euros mensuels qu'il a omis de déclarer sur le plateau de TF1 le lendemain de sa victoire). Fillon, député très jeune, n'a jamais travaillé dans une entreprise de sa vie. il a pourtant des idées très arrêtées sur le choc libéral dont la France aurait besoin. Comme Sarkozy, il sait s'entourer les seconds couteaux les plus conservateurs - Valérie Boyer, Hervé Novelli, Patrick Stefannini, Gérard Longuet, Frigide Barjot ou l'ex-MPF Bruno Retailleau.

Fillon est un clone politique caricatural de Sarkozy. D'ailleurs Bayrou ne s'y pas trompé. Dès le soir de la victoire de Fillon, François attaque François, Baryou ne rejoint pas Fillon. Le président du MOdem (kessako ?) s'inquiète à la télévision des projets mortifères du nouveau candidat de la droite catho-bourgeoise. "J'ai de l'amitié pour François Fillon depuis longtemps et je veux l'alternance. Le projet de Fillon est dangereux pour l'alternance. (...) C'est Robin des Bois à l'envers. Au lieu de prendre aux riches pour donner aux pauvres, il prend aux pauvres pour donner aux riches!"

"Robin des Bois à l'envers."

Exactement. 

Le président des Riches a son successeur.





Dernier clone bientôt, nous promet-on, Manuel Valls, le futur ex-premier ministre et ministre de l'intérieur de François Hollande s'apprête à concourir à son tour pour le poste suprême. Après le renoncement de Hollande, il respecte "un délai de décence" a confié un proche anonyme, avant d'annoncer sa candidature.

A 50 jours à peine de son premier tour, la primaire socialiste, que certains donnent acquise à Valls, intéresse peu. Samedi, le PS rassemble ses affidés quelque part dans Paris. Il attendait 5 000 personnes. A peine 2 500 participants se serrent porte de la Villette. Valls renonce à se pointer. Il peaufine son entrée en campagne. Sur l'estrade, Cosse, Le Roux et quelques autres fidèles braillent leur soutien à la politique passée du président Hollande.

Cette convention se tient le jour même de la trentième édition du Téléthon.

Décidément, le calendrier crée des symboles qui sont plus que des coïncidences.



Ami de gauche, choisis ton camp.