18 février 2017

511ème semaine politique: Le Pen, Fillon, le duo des prédateurs.

Où il est question de gémellité politique,  de prédation de l'argent public par Fillon/Le Pen, des ambiguïtés ahurissantes du candidat Macron, et de vote blanc à la prochaine élection présidentielle.

 



Les affaires
 Les "affaires" ne sont pas nouvelles, elles n'épargnent aucun camp, mais habituellement les partis dits de gouvernement (national ou local) concentrent les principaux scandales. Pour une raison simple, le pouvoir contribue à la corruption. Le quinquennat d'avant a mis en lumière un nombre assez incroyable d'affaires - Karachigate, Bettencourt, Kouchner, Tapie, Bruni, etc - qui mêlent et entremêlent corruption, trafic d'influence, conflits d'intérêt, et détournements de fonds publics. Plus récemment, les aveux puis la condamnation à de la prison ferme de Jérôme Cahuzac, le feuilleton Balkany ou même les révélations récentes des liens financiers du député LR Thierry Solère avec des entreprises privées du recyclage, sont des exemples de fraudes (Cahuzac, Balkany) ou de conflits d'intérêts légaux (Solère) qui heurtent évidemment l'éthique.

Nous vivons sans doute un tournant, lié à la crise, à l'échec des politiques de lutte contre le chômage, à la progression des inégalités et à l'exaspération que ces tourments aggravent chez nos concitoyens. L'idée que des donneurs de leçons profitent, légalement ou pas, du système dont ils réclament pourtant la "réforme" est devenue tout simplement insupportable à une fraction grandissante et désormais majoritaire de la population.

Et à ce titre, Fillon et Le Pen sont comme deux faux jumeaux de ce nouveau spectacle. 

Les jumeaux
La candidate du Front national conserve son socle de fidèles. Jamais n'est-elle tombée en deçà de 25% des intentions de votes dans les sondages. Les fragiles, les exaspérés, les complotistes, les racistes, ces cohortes peureuses, énervées ou simplement déçues n'entendent pas les accusations. Ils ne veulent pas voir ou ne voient pas l'évidence. Marine Le Pen est une prédatrice.

Son micro-parti "Jeanne", sans aucun adhérent ni militants, a récolté 10 millions d'euros de recettes en 2015. La blonde présidente a salarié son compagnon sur fonds publics, comme 5 autres de ses collègues eurodéputés frontistes. Marine Le Pen aurait même salarié son garde du corps comme assistant au Parlement européen.  L'un de ses proches, via sa société de publications, a surfacturé du matériel de campagne aux candidats frontistes d'après les enquêteurs. Quatre autres proches ont été également renvoyés en correctionnelle en octobre 2016 pour des motifs variés -  escroquerie, recel d'abus de biens sociaux, faux et usage de faux - rien que ça. A l'aune de ces travers, le slogan de campagne "remettre la France en ordre" donne le frisson. Le Front national a proportionnellement le plus d'élus condamnés ou sous enquête de justice pour des délits et soupçons de délits financiers. Depuis une décennie déjà, et malgré un nombre d'élus locaux en très forte progression, le FN détient le record de la plus forte proportion d'élus condamnés.

François Fillon est à peine mieux loti. Le "FillonGate" n'a pas livré toutes ces facettes, mais un trait domine: François Fillon a profité au maximum que la loi autorise de sa position d'élu et de ministre pour son bénéfice pécuniaire personnel et familial: il a utilisé des jets de la République pour ses besoins personnels, il a ponctionné l'enveloppe parlementaire pour salarier femme et enfants étudiants à des niveaux hors normes. Il a utilisé cette même enveloppe publique pour accorder 45 000 euros d'indemnités de licenciement à son épouse quand il a mis fin à ses fonctions d'assistante parlementaire (environ 10 fois plus que la normale d'après France Inter). Il a utilisé sa position de futur candidat crédible à la présidentielle pour délivrer des conférences ou des conseils chèrement payés par des entreprises privées directement intéressées par les mesures qu'il préconise.

"Fillon avait une image de parangon de vertu. Nous, on nous passe tout" Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen.

Fillon comme Le Pen sont aussi prolixes dans les médias qu'ils sont absentéistes dans les travaux parlementaires. Marine n'a rien à envier à sa nièce Marion, laquelle fait preuve d'une flemme parlementaire assez exceptionnelle. François n'est quasiment jamais là à l'Assemblée depuis 2012, malgré ses 7 185,60 euros d'indemnités et les autres 5000 euros qu'il a accordés à sa femme pour son job suspecté d'être fictif d'assistante parlementaire...




La défense
Le Pen comme Fillon usent des mêmes ficelles pour leur riposte: primo, ils récusent la justice, ils attaquent les médias dans leur ensemble, ils crient au complot. Ce serait la faute au "système", ils seraient persécutés par une presse aux ordres et des juges forcément gauchistes. Le FN étant sous le coup d'une enquête des institutions européennes pour détournements de fonds publics par 6 élus, Marine Le Pen a beau jeu d'assimiler ces accusations à de la persécution politique de "Bruxelles". Cette posture complotiste a une résonance facile dans ce monde 2.0.

Secundo, ils ne répondent jamais ô grand jamais sur le fond. Ils éludent, ils font distraction, ils s'éparpillent. Ou ils tombent dans le déni.

Tertio, ils invoquent le "peuple" contre la Justice, le vote contre le jugement. Que les électeurs tranchent et les juges se taisent. Ce bonapartisme fait fi de l'éthique au motif que les électeurs accepteraient la fraude.

N'oubliez pas que même Pablo Escobar a réussi à se faire élire au suffrage universel.

Politiquement, Fillon et Le Pen sont déjà les deux facettes d'une même pièce politique, la peste ou le choléra. Ou bien l'inverse. La ruine sociale ou la tragédie xénophobe. Les voici involontairement rassemblés sur le terrain judiciaire, par leur même mépris pour l'argent des contribuables, la vérité et l'éthique.

Quand l'un ou l'autre se déplacent en campagne, ils sont accueillis par des concerts de casseroles. En route pour les Victoires de la Musique !


Fillon versus Le Pen, le choix est clair. Ce sera le vote blanc.

L'apprentissage
Emmanuel Macron n'a pas été rattrapé par les affaires. Ses succès sondagiers lui ont permis d'emprunter sans difficulté la vingtaine de millions d'euros nécessaire pour sa campagne. Mais ces séances "Tupperware" avec de riches donateurs, lors de quelques déplacements, restent hallucinantes. 

Macron est jeune, fragile, sans grande expérience. Tout excité par ses récents succès sondagiers, Macron raconte tout et son contraire. En Algérie, il qualifie la colonisation de "crimes contre l'Humanité". Il n'en disait mot quand il était en France. En France, il explique que la légalisation du mariage homosexuel a trop clivé. Il expliquait pourtant son admiration pour cette mesure. Un jour, il s'oppose, l'autre il applaudit à la dépénalisation du canabis.

Un jour, un projet ?

Macron a des invariants, sa vision économique notamment: "Ni de gauche ni de droite", il embrasse la purge austéritaire version Fillon avec une gourmandise qui fait vomir: 60 milliards d'euros d'économies sur les budgets publics promet-il. Comment ? On verra plus tard ou presque - "masse salariale de l’Etat" et dotations aux collectivités sont dans sa ligne de mire.

Macron n'est pas une girouette, c'est un paradoxe. En matière politique, il est le chantre de la politique de la demande. En matière économique, c'est l'inverse.

Macron défend l'entreprise contre le salarié, il prône la juste liberté entre employeur et employé, faisant fi des inévitables et évidents rapports de forces déséquilibrés d'un monde du travail privé qu'il n'a connu que dans les salons feutrés d'une Banque Rothschild. Difficile de critiquer Macron sur ses propositions, il n'en a pas, elles sont en cours d'écriture par des experts qui filtrent les centaines de réunions "Tupperware" et réjouissantes que le mouvement En Marche organise. En parallèle, le même Macron conserve la main sur la désignation des candidats de son mouvement aux prochaines législatives. Il refuse que ce choix soit soumis au vote des sympathisants/militants. Quelque 6000 candidatures auraient été reçues.

Laisser croire que la politique se réalise hors parti, hors mouvement, "par le bas", on n'avait pas trouvé meilleur paquet cadeau pour défendre l'oligarchie. Bernard Kouchner, Alain Minc, Jean Arthuis, Jean-Paul Huchon ou Jean-Marie Cavada, les soutiens les plus connus sont des briscards.

La pression
C'est une curieuse musique. Une injonction du candidat Hamon d'abord. Un sondage d'Odoxa ensuite, réalisé auprès de 297 sondés. Que Mélenchon se rallie à Hamon, pour faire gagner la gauche à cette élection présidentielle improbable et ridicule ? Quelle curieuse démarche.

Mais de qui Hamon est le candidat ? Le garçon est valide, il valide 80% du programme de la France insoumise. Mais, mais, mais... un gros 40% des votants à cette primaire socialiste qui a désigné Hamon, une grosse moitié sinon davantage de l'appareil même du parti, s'avère hostile au cœur du programme défendu par Benoit Hamon.

Où est la cohérence politique ?

En d'autres termes, Benoît Hamon en 2017 est encore plus faible que Ségolène Royal dix ans plus tôt. Il a contre lui une majorité des barons, une large fraction de l'appareil. S'il était élu, avec qui gouvernerait-il ? Valls et El-Khomri récemment réélus ? Le premier a expliqué combien Hamon était inconséquent pendant la campagne des primaires. La seconde aurait rejoint Macron si le PS ne lui avait pas réservé une circonscription facile dans le Nord de Paris pour les prochaines législatives.

"Je te fais de bon cœur crédit de ta bonne foi. Mais nous ne pouvons avoir la naïveté de te croire sur parole, alors même que tu es et restes le candidat d'un parti et d'élus majoritairement hostiles à l'orientation que tu défends." Mélenchon à Hamon.


Ami socialiste, que fais-tu ?

Ami filloniste, où es-tu ?


1 commentaire:

  1. bONJOUR les racourcis, Mélenchon est has been, hélas et je le regrette, sa posture dogmatik digne du tche fait mal à voir . Se rappeler des dernières régionales combien de divisions Méluch ?,ou de son soutien au Vénézuéla (merci de faire un zoom sur le sujet en toute objectivité) les faits sont cruels, à
    faire perdre la gauches nous aurons le F haine. Salutations avant de partir en free ride ou roue libre si vous préférez, de grâce, un peu de raison.

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