7 octobre 2017

544ème semaine politique: les 5 intox du président des riches.

 

Où le président des riches s'essaye à intoxiquer les plus pauvres, où son mépris de classe le fait déraper, à moins qu'il s'agisse d'un acte volontaire d'un gouvernement de classe sans classe.



Intox #1
Jupiter dort peu, très peu. Le dernier reportage publi-rédactionnel sur le président des Riches figure en couverture de l'Express, "Macron, la nuit". Une vingtaine des pages pour apprendre tous les détails de vie nocturne et travailleuse de Jupiter. Insister ainsi sur l'énergie jupitérienne ne doit rien au hasard. C'est une communication lancée pour contrer l'image d'un président des riches qui abîme le story-telling macroniste. Non, Macron n'est pas ce bourgeois oisif, il mouille sa chemise à l'Elysée, il "ne dort jamais". Il n'est pas comme ces "fainéants" qu'il dénonce publiquement. Et son énergie n'a pas limite. "Il déteste être contraint, il veut reste le maître des horloges".

Il est Jupiter ou il n'est pas.

Conseillers et ministres sont appelés à témoigner: "Personne ne l'a vu somnoler". "Au pouvoir, vous n'êtes pas censé dormir" en rajoute son Simplet. Puisqu'il faut meubler cette longue, très longue enquête qui ne nous épargne rien sauf le début d'une analyse politique et sociale sur les conséquences de la politique macroniste, ce publi-reportage utilise même quelques citations jupitériennes croustillantes extraites de l'hagiographie récente de Philippe Besson ("Un personnage de roman") telles que celle-ci:

"Ma culture est une culture mâle, guerrière."
Ailleurs, les sondages se suivent et se ressemblent. Macron et son Philippe dégringolent.

Intox #2
Tardivement effrayé par la mauvaise image libérale et droitiste que dégage ce début de quinquennat - Libération ne titre-t-il pas sur "Macron, le fils caché de Sarkozy" ? #lol   - Jupiter réclame à ses troupes de revaloriser l'équilibre de sa politique.   

Rapidement, le premier des ministres explique qu'il serait ouvert à une hausse des taxes spécifiques, hors ISF, de certains biens de luxe. Cela ne sert à rien (le mal est fait), et les sommes en jeu sont symboliques et ridicules.

Pourtant les ministres représentant l'aile "sociale" de ce gouvernement se taisent. Ce silence est assourdissant. Il faudra qu'ils expliquent plus tard pourquoi et comment ils sont parvenus à endosser une politique fiscale pour les riches aujourd'hui qui va plus loin que le paquet fiscal de Sarkozy en 2007. Car il faut appeler un chat un chat: malgré les éléments de langage répétés par quelques député(e)s LREM, les lois de finance et de financement de la Sécu pour 2018 en disent beaucoup sur cette macronista. Les riches obtiennent des cadeaux, les pauvres doivent faire des efforts. Une caricature ? Non, un constat après un premier examen des deux projets de loi. Voici les mesures les plus massives, les plus décisives, les plus chères.
Bref, la majorité des réductions fiscales profite à une minorité de ménages aisés et aux entreprises; la majorité des efforts (réduction de dépenses publiques principalement), incombe aux plus grand nombre. C'est une politique de classe. Nulle honte à cela, il suffirait de l'assumer.

(Cliquez ici pour voir la video)
Entendre Castaner benoitement expliquer que "Macron est le président des pauvres" a quelque chose d'indécent. 
"Le budget 2018 prévoit d’alléger les aides personnalisées au logement (APL) touchées par les bailleurs sociaux pour le compte de 2,2 millions de leurs locataires, soit 50 % de leurs clients, d’en moyenne 60 euros par mois." Source: Le Monde.





Intox #3
Mardi, Jupiter visite l'usine Whirlpool d'Amiens. Sarkozy a (et s'est) échoué sur Florange. Hollande aussi. Macron voudrait qu'on se souvienne que lui, il a sauvé Whirlpool. C'est faux, mais c'est comme cela. Cela permet quelques belles images, filmées sous la protection de quelques centaines de CRS et gendarmes, du président des riches au milieu des victimes de la mondialisation. Le président des riches qui sauve des ouvriers, le plan de com' est bien ficelé.

Le député insoumis François Ruffin est là pour l'accueillir. Il est inquiet pour les intérimaires de l'usine. L'échange vire au dialogue de sourds. Il est cependant loin des caricatures que nos éditocrates effrayés propagent à l'encontre des députés insoumis.

Mercredi il est à Egletons, les GM&S et leurs soutiens sont accueillis à coups de lacrymo. Jupiter s'agace. Entouré de micros et caméras, Jupiter lâche à propos de manifestants, "il y a en certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux de regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes ailleurs, car il y en a qui ont les qualifications pour le faire, hein !".

"Au lieu de foutre le bordel".... La formule fait tâche.




Rattrapé par son mépris de classe, notre jeune monarque, ce super-héros de la Start-up France dont on vient de nous dresser le portrait flatteur d'un travailleur nocturne hors normes, exprime tout haut ce que nombre dans la France d'en haut pensent tout bas: les chômeurs seraient d'abord des "fainéants", "des "gens qui ne sont rien". En 2015 déjà, le fils caché de Sarko s'exclamait à la radio: "Si j'étais chômeur, je n'attendrais pas tout de l'autre, j'essaierais de me battre d'abord". Son secrétaire d'Etat Benjamin Griveaux ne fait pas mieux quand il cible deux syndicalistes de l'entreprise GM&S, également en difficulté.

Un peu de sérieux, bordel.

Toute la semaine, conseillers et proches du jeune monarque s'essayent à calmer l'incendie. Mais non, nous assure-t-on, il n'y a nulle mépris dans cette nouvelle formule jupitérienne.

Intox #4
Le Figaro Magazine, 7 octobre 2017
Un malade tue à l'arme de guerre près de 60 civils participants à un concert de country à Las Vegas. Quelques identitaires français croient y voir la main de Daech, ce que même Donald Trump dément pourtant. A Marseille, un petit délinquant devenu terroriste islamiste tue 2 jeunes femmes à l'arme blanche devant la gare Saint-Charles. Un autre groupe est arrêté alors sa bombe artisanale n'a pas explosé dans le hall d'un immeuble bourgeois du XVIème arrondissement de Paris. Cela suffit à réactiver les cris des partisans d'un énième durcissement sécuritaire.

Et voici même Manuel Valls, un ex-premier ministre devenu premier roquet de la Macronista, qui accuse la France insoumise d' "islamo-gauchisme" sur RTL: "Je pense par ailleurs que dans leur discours, dans leurs pratiques concernant l’islam radical, il y a de la complaisance, il y a de l’ambiguïté en tout état de cause. [...] Je pense que c’est un discours islamo-gauchiste. Trois hebdo consacrent la même leur couvertures à "l'islamophère". Tous prétendent que l'une des raisons de ce terrorisme-là serait la complaisance supposée de certains élus, intellectuels et autres citoyens (plutôt à gauche) en faveur de "l'islam politique".

La thèse est stupide et même diffamatoire. Elle cherche surtout à éteindre le débat sur les vraies raisons du terrorisme et comment lutter contre cet islamisme radical.

Ces gens sont les idiots utiles de Daech: ignorant pour certains, dont Manuel Valls, leur propre complicité politique quand ils étaient au poiuvoir à traiter encore avec des Etats soutenant le terrorisme, ils font également mine d'ignorer que Daech justement bâtit son discours de haine sur l'antagonisme entre musulmans et non-musulmans; que ces islamistes radicaux ne cherchent rien de mieux que des caricatures en face d'eux. Accuser de complicité avec ces terrorisme ceux-là même qui dénoncent cet antagonisme est faire preuve d'une ignorance crasse, ou d'une mauvaise foi certaine.

A l'Assemblée, les député(e)s godillots votent la transformation de notre état de droit en ce que d'aucuns appellent la "démocrature" avec l'inclusion dans le droit commun des mesures d'état d'urgence. Ces mêmes godillots vont voter la réduction des moyens de nos forces de sécurité (comme la majorité sarkozyste en son temps).

Moins de moyens pour enquêter, déjouer et réprimer, mais davantage pour espionner, fliquer et enfermer même sans preuve, voici le cocktail de cette République finissante. 

Cherchez l'erreur.


Intox #5
La réforme du Code du travail serait derrière nous. Macron n'aurait rien cédé. Il n'en est rien. Tout est possible.

Primo, les syndicats hier divisés se rassemblent. Ce n'est pas encore l'unité au combat contre la loi Travail, mais cela en prend le chemin. La plupart des syndicats, FO et CFDT compris, se joignent en effet à une première réunion unitaire contre la loi Macron. C'est une première après les déchirements des mois précédents.

Secundo, le gouvernement a cédé au mouvement des routiers. Discrètement, en fin de semaine, il a cédé. Une première brèche dans la loi Travail ... et dans le discours officiel. Au gouvernement, on minimise. A la CGT, on applaudit. A rebours de la loi Travail, Muriel Pénicaud a accepté de réintégrer "les éléments de rémunération compensant le travail de nuit, les jours fériés et les dimanches" à la rémunération conventionnelle, à laquelle il est impossible de déroger par accord d’entreprise comme le prévoyait initialement la loi travail.

Patatras !

Là aussi Jupiter emprunte le chemin de Sarko: grosse voix devant les caméras, quelques invectives pour cliver, mais finalement, il sait céder.



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Ami macroniste, combien gagneras-tu avec les réformes de Jupiter ?




1 commentaire:

  1. "Ailleurs, les sondages se suivent et se ressemblent. Macron et son Philippe dégringolent."

    Mais non, mais non...
    La popularité d'Emmanuel Macron augmente de 3 points en octobre par rapport à septembre, à 40% d'opinions favorables, et celle d'Edouard Philippe de 4 points, à 36%, selon un sondage Elabe pour Radio Classique et Les Echos publié le dimanche 8 octobre.

    Il s'agit de la première hausse de la cote de confiance du chef de l'Etat après une chute de 3 points en septembre et de 8 points depuis le début de son quinquennat.

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