28 avril 2018

573ème semaine politique: les trumperies de Macron


Où l'on s'interroge sur le sens de des "trumperies" de Macron, de ces bashings contre Hollande, le Media ou contre Macron, et du silence assourdissant de la Macronista officielle et officieuse sur son Code de la Honte voté malgré la désertion d'une centaine d'élu.e.s macronistes.


Trumperies
Aussitôt le Code de la honte voté, il s'échappe. Voici Jupiter qui débarque pour trois jours aux États-Unis avec un  programme publicitaire millimétré: premier jour "civil", une rencontre puis un dîner entre couples, des confidences préalables à Fox News, la seule chaîne d'information que Trump écoute sans faillir. Et, surtout, puis une séquence de saynètes présidentielles qui amusent trois jours durant.

Il faut juger Macron à l'aune de sa réussite publicitaire, puisqu'une large part de son parcours et de son projet politiques n'est que publicité et communication.

Tout est pensé, millimétré, contrôlé. Et quand ça dérape, le ridicule n'est pas excusé par une sincérité qui n'existe pas.

Il y a d'abord cette première séquence: deux présidents avec chacun une pelle pour enfouir un petit arbuste, et derrière, les deux premières dames qui prennent la pose en évitant d'enfoncer leurs escarpins trop profondément dans la gadoue.

Durant ce voyage, la proximité physique de Macron et Trump prend des allures gênantes: Trump qui essuie quelques pellicules sur l'épaule de Macron; Macron qui prend la main de Trump à l'envers, et vice-versa, à tout bout de champs. Cette succession de moments ratés fait les choux gras de tous les humoristes politiques du coin. La star Jimmy Fallon, ouvertement anti-Trump s'en régale et s’interroge à voix haute, en éclatant de rire: "comment dit-on arrêtez les gars en français ?".

Autre séquence, Macron face au Congrès américain. Ovation, applaudissements, sourires et contentements. Macron fait un discours aussi réussi qu'artificiel. Il empile les slogans et petites phrases qui se tweetent facilement - "il n'y pas  de planète B" - et qui paraissent lumineuses devant l'affreux jojo Trump.

Le ton grave, Macron invoque les "droits humains" partout sur Terre et la gloire des démocraties, trois jours à peine après que sa majorité fracturée ait voté l'une des pires lois contre les réfugiés. Le Code de la honte voté le samedi précédent, a manqué d'une centaine d'élu.e.s macronistes à l'Assemblée, planqué.e.s pour cause de vacances. Macron se fait aussi photographier avec une icône du combat pour les droits civiques, lui qui abime dans son pays les droits des salariés et a fait entrer dans le droit commun les mesures d'exception a-démocratiques de l'état d'urgence.

Macron a "toujours cette façon de sourire en niant l'évidence" résume Hollande dans son ouvrage "les leçons du pouvoir".

Dernière séquence, Macron en bras de chemise, parle au milieu d'une foule de jeunes. On lui pose des questions, sauf une, qu'il attendait, sur l’environnement. Mais Macron déroule quand même. Il conseille, comme à chaque fois qu'il est à l'étranger, que "toujours suivre les règles, c'est du bullshit". Les paysans de Notre Dame des Landes et les étudiants de Tolbiac apprécieront. "Macron le caméléon" s'amuse Marianne, "Expert dans l'art de s'adapter à son auditoire, le président de la République s'est livré ce mercredi 25 avril à l'un de ses exercices de prédilection : un échange avec les étudiants d'un pays étranger."


Hollande bashing contre Jupiter bashing
Retour en France, Hollande est encore sur tous les plateaux, ou presque. Et il balance.
Yann Barthès: " le président des riches, c'est ce qu'on entend beaucoup, c'est ce que vous pensez ?"
François Hollande: "Non, ce n'est pas vrai... Il est le Président des très riches."
Yann Barthès: "..."
François Hollande: "Vous avez ma réponse."
Les macronistes s'agacent de ce retour politique qu'ils n'attendaient pas. Ils enragent, ils dérapent. Les piques ne sont jamais aussi acérées que lorsqu'elles visent d'anciens proches. François Hollande revient, pépère. Et flingue gentiment. Dans son livre, il relate la trahison, une trahison qu'il avait devinée dès l'annonce de la démission de Macron en 2016. L'Histoire dira peut être comment une belle proportion de Hollandistes, officiels ou anonymes, ont plié armes et bagages pour suivre le jeune monarque sans reconnaître ni se sentir gêner par cette incroyable trahison.

Certains macronistes la rage haineuse. Hollande les touche au vif, là où fait mal, avec humour et précision. Ainsi Benjamin Griveaux, l'ex-strausskahnien qui brigue déjà la mairie de Paris pour 2020: "C'est de l’humour gras et avec une touche d'homophobie. Cela ne lui fait pas honneur…" Puis c'est Christophe Castaner, "le toutou" comme on le surnomme, qui déclare "préférer" la "sagesse" de Nicolas Sarkozy à l"aigreur" de François Hollande. La sagesse de Nicolas Sarkozy, vous avez bien lu. Cette sagesse qui a conduit l'ancien monarque a se jeter dans la bataille de la primaire de droite, puis le soutien jusqu'au-boutiste à Fillon contre Alain Juppé. La même sagesse qui l'a accompagné en garde à vue puis en mise en examen pour corruption.

La sagesse ?

Ministres tétanisés
Macron est loin, Gérard Collomb digère mal la fracture apparue dans sa majorité à l'occasion du Code de la Honte. Certains députés LeRM sont "des casse-couilles tétanisés par l'extrême gauche" confie-t-il. Et lui, Collomb, n'est-il pas tétanisé par l'extrême droite ? Quand une cohorte du groupuscule fasciste Génération identitaire s'installe sur un col des Alpes pour empêcher des migrants de passer, avec un hélicoptère loué pour se filmer, l'attentisme puis l'indulgence du ministre de l'intérieur sont fascinants. Les militants ne seront pas poursuivis, assure la police.  

"Humanité et fermeté", n'est-ce-pas ?

Deux macronistes brassent du vent. Le Parti médiatique honore Jean-Louis Borloo, ex-centriste sarkozyste, d'une couverture sur un énième rapport à propos "des banlieues". Combien de fois Borloo a-t-il été aux commandes de cette politique de la ville ? On ne compte plus. On a presque oublié qu'il a été ministre de la Ville (2002-2004), puis de l'Emploi et de la Cohésion sociale (2004-2005) et du Logement (2005-2007). Cette fois, c'est un rapport, pour donner du sommet de l'Etat l'illusion que l'on agit puisque l'on écrit.

Seconde ventilation, cette fois sur l'environnement.

Nicolas Hulot est ministre à bout. Macron n'a voulu l'emmener voir Trump. Hulot a été décrédibilisé depuis l'attaque au bulldozer de Notre-Dame-des-Landes. La gendarmerie poste des images tournées en hélicoptères de ces destructions, comme un trophée mal filmé. Du coup Nicolas Hulot aussi brasse du vent. Le voici qui brandit de belles intentions sur la "rénovation énergétique des bâtiments", avec peu de moyens (200 millions au total, dont 50 millions pour aider 35 000 foyers précaires quand le gouvernement reconnait lui-même que 14% des François ont froid l'hiver dans leur logement...), un planning au-delà de l'espérance de vie de son auteur, et des mesures vagues à souhait ("Créer une nouvelle dynamique de filière pour rénover plus, mieux et moins cher", ou encore "Entraîner les territoires par la mobilisation des acteurs locaux").

A Washington, son nouveau mentor braille son amour de la défense de l'environnement à coup de formules bien choisies - "there is no planet B". Devant Trump, certains prennent cela pour un acte de résistance. En France pourtant, Macron a fait repousser sine die les objectifs de la loi de transition énergétique; ou refuser d'interdire le glyphosate. Revenons à Hulot: ce ministre a-t-il seulement compris qu'il est au pouvoir ? Qu'il peut faire théoriquement voter ce qu'il veut puisqu'il a à sa disposition une majorité si godillot qu'elle vote sans débat des lois aussi scélérates et contestées que la loi Asile et immigration ?

Hulot ne sert à rien, voilà le triste constat. Même le Monde, quotidien indulgent avec la Macronista, ne sait que dire: "Un observatoire de la rénovation énergétique sera créé, alors qu’il existe déjà un Observatoire national de la précarité énergétique, une Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et un plan bâtiment durable." Fichtre ! Quelle annonce ! Autre élément de langue de bois, écrite par on-ne-sait-quelle agence de publicité: le gouvernement va "missionner une start-up pour accompagner la rénovation des bâtiments publics des collectivités en mutualisant les moyens afin de massifier les contrats, de réduire les coûts et lever les freins contractuels, juridiques et institutionnels." Relisez la phrase plusieurs fois, et mesurez le vide politique, le manque d'ambition publique.

Dès qu'ils sortent de leur politique de classe, ces ministres brassent du vent, agitent des concepts et lancent des phrases creuses pour faire croire qu'ils agissent pour le bien du grand nombre.

La " mobilisation nationale" décrétée par Hulot ce 26 avril pour la rénovation énergétique des bâtiments dispose d'un cinquième du montant du cadeau fiscal pour les plus riches voté l'an dernier.

Érection médiatique
Le parti médiatique a eu une érection cette semaine: la première contre le Media. La création d'un média généraliste opposé à la ligne dominante du pouvoir et de la couverture médiatique a toujours heurté.

On ne pardonne rien au Média. Ni ses erreurs, ni ses faux-pas, ni ses débuts techniques parfois chaotiques. Dans sa version écrite, le Média relaye la fausse nouvelle, illustrée avec un cliché sans rapport, qu'un étudiant a été gravement blessé après l'évacuation violente par les CRS de l'université de Tolbiac le 20 avril. Patatras ! Le Media reconnait l'erreur, puis s'excuse. Gérard Miller, l'un des fondateurs du journal, expose qu'il ne faut jamais cesser de filmer l'émotion du terrain. Rien n'y fait, bien au contraire.  Ce n'est pas une erreur, braillent macronistes et quelques autres, c'est une "Fake News" ! Vraiment ?

Un philosophe médiatique, qui dispose d'une chronique quotidienne dans la tranche matinale la plus écoutée d'une station radiophonique nationale, s'enflamme sur l'affaire. Il y consacre son billet d'humeur lundi, puis encore jeudi. Pas un mot en revanche sur le code de la honte. Pas une allusion, pas une critique, pas davantage un soutien. La loi asile et immigration n'est pas dans le cadre de son indignation. Raphael a l'indignation étroite et la leçon de morale "trollistique".

Le Média diffuse l'un des plus longs et complets dossiers de la semaine sur ce millionnaire de la Françafrique placé 30 heures en garde à vue puis mis en examen (tandis que la chaîne CNEWS dont ce dernier est actionnaire ne dit quasiment mot). Le Media est le seul à consacrer largement ses JT à la "météo sociale", à tendre largement ses micros aux porte-paroles des revendications, à consacrer largement son temps d'antenne à des voix dissidentes et critiques.

Et c'est forcément déjà trop pour certains. La survie de ces médias privés dissidents - où l'on trouve, pêle-mêle, Mediapart, L'Huma, le Monde diplomatique, le Media ou les Jours - est un vaste sujet où il n'y a qu'une certitude: il leur manque des moyens.

Libérer la précarité ?
Le chômage, la croissance s'essouffle... déjà. Au premier trimestre 2018, alors que les premiers effets des "réformes" de ce "président-qui-a-déjà-accompli-plus-que-tous-ces-prédécesseurs" (sic!) devaient se faire sentir, la croissance du PIB a connu un "trou d'air": 0,3 % entre janvier et mars, loin du rythme atteint lors du dernier trimestre 2017 (0,7 %). En cause, la croissance de l’investissement des entreprises s'est ralenti: +0,5 % après +1,6%. Que se passe-t-il ?

Côté emploi, les premiers résultats ne sont pas fameux, en partie à cause de la suppression de nombre d'emplois aidés

A quoi bon "libérer le capital", avec la suppression de l'ISF et le plafonnement fiscal à 30% des revenus du capital ? A quoi bon "libérer le travail" avec la loi de précarisation votée par ordonnances en septembre dernier ? 

A quoi bon ?

Vendredi, Muriel Pénicaud, la ministre (millionnaire) du Travail, fait le service après-vente de son projet "social" du moment: la "loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel". Quel joli titre ! "Libérer et protéger", reprend Benjamin Griveaux, c'est la ligne directrice de la politique sociale du candidat devenu président Macron. Le gouvernement joue gros, ce projet est censé rétablir son image, et incarner le versant "social" du "ni de droite ni de gauche." Il y a de l'ambition: "transformer" l’apprentissage et la formation professionnelle, "réformer" l’assurance-chômage", lutter pour l’égalité professionnelle femmes-hommes et améliorer l’emploi des personnes en situation de handicap. Fichtre !

Sur la Formation professionnelle et l'apprentissage, Pénicaud s'emballe: "il n'y a plus de limite au financement!" C'est faux, mais ça sonne bien. Concrètement, le gouvernement octroie généreusement 500 euros par an à tous les salariés "pour choisir leurs formations en toute liberté". Au passage, Pénicaud s'attribue une mesure qui n'est pas d'elle mais des partenaires sociaux - l'octroie supplémentaire de 800 euros par an, plafonné à 8 000 € aux salariés non qualifiés pour changer de catégorie professionnelle. Sur l'apprentissage

Au global, ce projet de loi est surtout riche ... en gadgets et en promesses vagues voire hypocrites:
  • Pénicaud promet ainsi une contribution de "solidarité financière" des grandes entreprises pour les TPE-PME, mais sans préciser de combien, et une simplification des taxes d'apprentissage et de formation.
  • Véritable progrès, mais sans calendrier, l'élargissement aux salarié.e.s à temps partiel (dont le nombre ne cesse d'augmenter) des mêmes droits que leur collègues à temps complet.
  • Alors que la formation professionnelle est jugée défaillante (sinon, pourquoi ce plan), Pénicaud propose de réduire les obligations des entreprises en la matière (sic!): "La construction du plan de formation sera fortement simplifiée".
  • Enfin, le pompon, l'inévitable gadget numérique, une "application mobile" pour que "chacun, salarié ou demandeur d’emploi, ait la liberté de choisir sa vie professionnelle." Sans rire ?! On va changer de vie grâce à une app mobile, c'est pas hyper-cool toussa toussa ?

Premiers scandales
Mercredi, Le Canard Enchaîné révèle comment Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint à l'Elysée, a œuvré à la cession du géant Alstom, une entreprise clé de la filière nucléaire française, à l'Américain General Electric. Jupiter a toujours nié être intervenu ni d'avoir même été au courant autrement que tardivement de la dite cession. Les auteurs d'un rapport d'une commission parlementaire démontrent le contraire.

En fin de semaine, la veille d'une long weekend jusqu'au 1er mai, c'est au tour de Mediapart de lancer un autre pavé dans la mare: un financement illégal de la campagne du candidat Macron, rien que ça ! L’entreprise GL Events dirigée par un proche de Gérard Collomb et "aujourd’hui très en cour à l’Élysée", aurait offert des ristournes jusqu'à 100% de réduction (sic!)  pour l'organisation de meetings du candidat Macron. La Commission des comptes de Campagne s'interroge. L’Élysée a eut cette réponse sibylline: "Au cours de la campagne présidentielle, le mouvement est parvenu à tenir les coûts des différents événements grâce à une approche agressive des négociations commerciales." Agressives ? Certainement, agressives avec la vérité et la justice puisque ces ristournes, que GL Events justifie comme un "geste commercial pour fidéliser la clientèle" sont justement illégales dans le cadre d'un financement de campagne présidentielle...


Chômage qui repart, croissance ralentie, un droit d'asile dégradé... Belle semaine.

Ami.e macroniste, viens faire la fête !




21 avril 2018

572ème semaine de Sarkofrance: le 21 avril d'Emmanuel Macron

Il y a un an, le résultat du premier tour des élections présidentielles provoque un choc. C'est le grand dégagement. Les deux candidats des partis historiques de gouvernement sont éliminés froidement. Hamon, Fillon, aux oubliettes. S'engage alors une campagne de second tour centrée autour du "sursaut républicain", un référendum "anti-Le Pen". Quiconque émet un doute sur les réelles chances de succès de la blonde immonde, ou exprime une hésitation voire un refus à se déplacer pour ne pas donner des ailes au jeune Macron au programme si flou est aussitôt traité de traître, de salaud, voir de complice de l'extrême droite.

Tout ça pour ça. 

La prochaine fois, probablement en 2022 vu les sondages, ce sera l'abstention.


#21Avril
Le 21 avril semble être devenu l'une de ces dates marqueurs de l'extrême droite en France. Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen parvenait au second tour de la présidentielle française sur la base d'un discours et de propositions xénophobes.

En 2002, Le Pen s'indignait des "Français de papier", de "l'immigration incontrôlable", du "droit d'asile perverti". Il réclamait déjà des restrictions au droit d'asile qui au paraissent bien timorées au regard de la loi Collomb: "Ce droit", écrivait Le Pen dans son programme présidentiel de 2002,"ne pourra plus être accordé qu’à des personnes subissant, directement à titre individuel, une grave persécution de la part de leur État d’origine."

Seize ans plus tard, jour pour jour après ce premier choc présidentiel, Emmanuel Macron va plus loin que les revendications de Jean-Marie Le Pen. A tel point que sa fille vote des deux mains et avec le sourire, un à un, les articles les xénophobes de cette loi

Les ex-socialistes ou ex-écolos égarés dans cette galère macronistes se réfugient derrière les maigres avancées du droit des migrants comme la création d'une carte pluri-annuelle de séjour (article 1), l'extension aux familles du bénéfice de l'asile (article 2 et 3), ou l'exclusion de la liste des pays considérés comme "sûrs" de ceux où les homosexuels sont persécutés.  Mais pour le reste, cette loi n'avait plus qu'à être votée avec plaisir et gourmandise par l'extrême droite et la droite furibarde, trop heureuses d'avoir trouvé dans la République en Marche les "idiot.e.s. utiles" de leur xénophobie.

Le Code de la Honte
Macron fait donc voter par une majorité godillot une loi baptisée "Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie" avec le concours des voix de la droite ... et de Marine Le Pen.

Un énième sondage nous "garantit" que si l'élection présidentielle se tenait aujourd'hui, Macron creuserait l'écart sur ses concurrents au premier tour, avec 36% des suffrages. Si l'on en croit le même sondage, c'est justement sur son flanc droit et droit-extrême que Macron a siphonné le plus de voix en à peine un an.

Il y a juste deux mois, le 21 février 2018, le groupe macroniste avait décidé de faire passer cette loi en "procédure accélérée". Où est l'urgence sinon celle de limiter les débats ? D'ailleurs, le même groupe a ensuite décidé que le vote final aurait lieu ce weekend.

Il fallait se cacher et faire vite pour adopter ce Code de la Honte comme l'ont baptisé les associations en plein weekend de vacances de Pâques.

A l'Assemblée, article après article, les députés socialistes, communistes, écologistes et insoumis, écrasés par le nombre, se succèdent pour souligner l'injustice et l'inefficacité du texte, et énumérer les oppositions de la société civile à ce texte indigne: le Défenseur des Droits (Jacques Toubon), les intersyndicales de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) et de l'Ofpra, 440 associations dont la CIMAD, Emmaüs, Amnesty international, ou Human Rights Watch.

Macron si rapide à caricaturer la moindre opposition se tait face à celle-ci. Il se réfugie dans des comparaisons européennes, dans cette Union qui tolère le fasciste Viktor Orban ou l'extrême droite autrichienne au gouvernement. Il reprend les arguments de l'extrême droite: " Nous sommes face à un phénomène migratoire inédit qui va durer. (...) Nos concitoyens les plus modestes, qui subissent les conséquences d’une immigration non maîtrisée." Il relativise les droits humains au nom du pragmatisme. 

"La France ne peut pas prendre toute la misère du monde" explique Emmanuel Macron: les demandeurs d'asile, déboutés ou pas, ont représentés 0,14% de la population française l'an dernier.


"Il faut lui donner sa chance". 
Combien de fois avons-nous entendu cela de supporteurs gênés par la tournure des évènements ? Combien de fois avons-nous entendu ce déni léger et gêné quand on pointe celles des mesures macronistes qui devraient heurter au coeur même des sympathisants macronistes. Lisez donc cette loi. Lisons-là ensemble puisque vos lunettes sont troubles. Lisons-là à voix haute pour comprendre comment cette loi rend désormais relatifs les droits humains fondamentaux. Puisque la France serait "bousculée" par l'afflux de migrants représentants 0,14% de sa population, la République s'affranchit d'une partie de son histoire humaniste:

Son article 5, dont les objectifs ont été réécrits dans une novlangue technocratique assez ignoble quand on comprend le sens des mots (la "maîtrise des délais d’instruction et de dissuasion des demandes pouvant apparaître comme étrangères à un besoin de protection"),  réduit de cent-vingt à quatre-vingt-dix jours  le délai pour déposer une demande ("délai courant à compter de l’entrée sur le territoire et au-delà duquel le dépôt d’une demande d’asile peut entraîner, à la demande de l’autorité administrative, l’examen de celle-ci selon la procédure accélérée);"  il simplifie et accélère les procédures de l'OPFRA par d'autres moyens: convocation à l’entretien individuel adressable par tout moyen (la non-présentation à l'entretien valant refus d'asile), choix d'une langue de dialogue parle demandeur d’asile (l'absence de choix valant refus d'asile), notification des décisions d'asile par écrit

Son article 6 réduit à quinze jours le délai de recours en justice pour l’ensemble des décisions de rejet de l’OFPRA, et prévoir une procédure simplifiée (jugement par videoconférence) pour juger les recours des déboutés. L'article 8 supprime notamment le caractère suspensif d'une demande de recours. Un débouté (ressortissants de "pays d’origine sûrs", demandeurs déjà déboutés une fois) pourra être expulsé même si son recours aboutit ultérieurement.

L’article 16, que la droite et l'extrême droite ont tenté de durcir encore, interdit aux étrangers placés en rétention toute communication pendant ses transferts, encadre les conditions de jugement du juge des libertés pour les décisions de rétention, porte la durée maximale de rétention à quatre-vingt-dix jours, en portant à trente jours la durée de la deuxième prolongation de la rétention. Le gouvernement voulait allonger ce délai jusqu'à 135 jours. Quand des député.e.s modem, socialistes, communistes et insoumis tentent de convaincre qu'il faut exclure les mineurs de la rétention, leur amendement est débouté.>

Pour "renforcer l’efficacité de l’éloignement", le même article permet de prolonger la rétention administrative au-delà de cette limite pour "contrer les stratégies d’obstruction à l’exécution de la mesure d’éloignement dans les derniers jours de la rétention".

L'article 19 ouvre le contrôle de l'identité, jusqu'à l'arrestation pendant 24 heures par "un policier ou un gendarme n’ayant pas la qualité d’officier ou d’agent de police judiciaire de procéder à diverses vérifications pendant la retenue, sous le contrôle de l’officier de police judiciaire."

Jeudi soir, les quelques députés macronistes présents dans l'hémicycle votent ainsi cette réduction de 120 à 90 jours du délai de dépôt d'une demande d'asile, puis l'ensemble de cet article 5, avec le soutien de la droite et de l'extrême droite.

Avions-nous voté pour cela ? 

Non.

"Nous n'avons pas voté pour Emmanuel Macron il y a un an pour battre le FN (...) pour ensuite voir Mme Le Pen vous apporter son renfort pour démanteler le droit d'asile !" Laurence Dumont, députée socialiste. 

Vendredi, interruption de séance, mais samedi dernière ligne droite. L'hémicycle contient juste ce qu'il faut de députés LREM, de droite et d'extrême droite pour faire passer le reste des articles.


Le drôle de pacte de la Macronista.
En coulisses, Macron suit de près. Son interview-putching ball de dimanche soir l'a parait-il agacé. L'Elysée a appelé les autres chaînes de télévision à cause de la concurrence déloyale, ces dernières ayant proposé des programmes trop puissants qui ont fait ombrage au show télévisuel sur BFM TV. Un peu plus de 3 millions de téléspectateurs étaient présents pour observer deux vrais journalistes s'affronter un jeune monarque qui ne comprenait pas qu'on ne l'appelle pas Monsieur le président.

Quelle distance les journalistes doivent-ils avoir avec leur "sujet" ? Il est déjà curieux de poser la question. L'impartialité version macronista a un autre nom,la complaisance et la connivence. Dimanche, Macron était tel Mélenchon: assiégé, bousculé, harcelé de questions qui l'indisposent par des journalistes qui ne ne sentent pas obligés ni convaincus. Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin ont ringardisé l'interview présidentielle.

Sur les réseaux sociaux, le Parti médiatique s'incarne enfin/

Quand Mélenchon l'avait fustigé il y a quelques semaines, une meute lui était tombée dessus, l'accusant des pires maux. Ce dimanche soir, le concert convergent des critiques de journalistes contre les deux journalistes à l'oeuvre valait mieux que tout communiqué ou toute accusation. Sans se concerter, une tribu d'éditocrates surmédiatisés s'est lâché, heurtée par le "manque de respect", les "questions orientées", ou "l'insistance" des deux journalistes. Il fallait donc remercier Emmanuel Macron pour ce moment de révélation.

Merci patron.

La grève de la SNCF devrait se poursuivre jusqu'à l'été.

La chienlit Macron
A Notre-Dame-Des-Landes, l'évacuation des récalcitrants vire au fiasco. 11 000 grenades qui ont été tirées, et près de 8000 lacrymogènes dont 3000 explosives... Une évacuation calme et sereine...

 Même les gendarmes et les CRS s'iqnuiètent de la nullité qui les gouvernent. Macron explique à la télévision qu'il ne veut que des projets agricoles, mais ses CRS casqués ont commencé par raser au bulldozer la Ferme des Cent Noms installée depuis 5 ans. Depuis l'intervention brutale, la violence a pris le dessus des deux côtés. Nicolas Hulot, silencieux, est envoyé à Nantes, en vain. Personne ne l'écoute. Pourquoi d'ailleurs écouter son appel à la soumission ? Dix jours après le début de l'intervention armée pour raser les habitations sauvages et déloger à coups de lacrymogènes les habitants, l'ex-égérie de l'écologiev s'agenouille: "Il n’y a pas d’autre issue que de saisir la main du gouvernement . (...) Ne ratons pas la dernière étape, ne rentrons pas dans une spirale de posture, de confrontation, de violence. Ne confondons pas écologie et anarchie. Et passons à une autre étape." Macron braille au rétablissement de l'état de droit quand on le voit faire la bise au nouvel homme fort et boucher islamiste d'Arabie Saoudite.


La loi sur le "nouveau pacte ferroviaire" est votée mardi. C'est en fait une loi qui habilite le gouvernement à légiférer par voie d'ordonnances sur 6 sujets: "réformer le groupe public ferroviaire, les entités qui le composent et le régime juridique des personnels" (Article 1er), "transposer en droit national la directive européenne" d'ouverture du marché des transports ferroviaire de voyageurs (Article 2), "réformer les services publics conventionnés de transport ferroviaire de voyageurs" (Article 3), "adapter le système ferroviaire dans le cadre de l'ouverture à la concurrence" (Article 4), "mettre le droit national en conformité avec les trois textes du pilier « technique » du quatrième « paquet ferroviaire » européen" (Article 5), et modifier les compétences de l'Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires et Routières (Article 6).

Source: cimade
Notez l'artifice, l'hypocrisie du vocable choisi par l'équipe macroniste: elle qualifie de "pacte", c'est-à-dire un "accord solennel conclu entre plusieurs personnes" (d'après le Larousse), un texte qui l'autorise à changer la réglementation, de surcroît sociale, sans débat parlementaire. La novlangue pollue jusqu'aux intitulés de lois.

Mercredi, Macron est à Saint-Dié. Il est hué, gravement hué.  Alors il s'énerve. On est loin du "président de tous les Français." Il y a des Français qui le sont moins que d'autres dans l'esprit du jeune monarque. A Saint Dié, Macron rencontre un échantillon de Français: des cheminots qui l'interpellent, une infirmière en grève, des retraités mécontents.  Il se lâche sur un micro à sa portée et dénonce ces "activistes, (...) ces gens qui décident d'être contre tout, qui sont contre la République. (...) Ils veulent rien, ils veulent bloquer, ils veulent contester. (...) Je n'ai pas grand-chose à leur dire."

Merci Macron, merci patron.

Le risque de l'exaspération.
Mercredi, l'université parisienne de Tolbiac est évacuée dans la nuit, sans morts ni blessé grave, officiellement. La violence de l'expulsion des étudiants n'a d'égale que le mépris présidentiel affiché par Macron quelques jours avant.

Samedi 21 avril, deux jours après l'évacuation, il y a débat et picnic juste en face de la fac. Une évacuation pour rien.

A Sciences Po, une banderole "Non à la dictature macronienne" orne une entrée bloquée. Quelques éditocrates raillent la démarche. Dictature ?  "Aujourd’hui, nous occupons Sciences Po pour bloquer la production de ce savoir dominant qui forme les fondations du monde actuel qui sont classistes, racistes, sexistes."





Epilogue
Dimanche, dernier jour avant les vacances de Pâques de l'Assemblée, les député.e.s votent donc le texte indigne, la loi Asile et immigration.

La presse retient que quatorze élu.e.s macronistes et 8 modemistes s'abstiennent; qu'un seul élu macroniste  - Jean-Michel Clément - et une seule élue Modem - Nadia Essayan - votent carrément contre.

Mais elle néglige que les députés frontistes ont également refusé de voter la loi, après avoir pourtant voté ses articles les plus répressifs.  Tout comme les 68 "Républicains".

La presse néglige aussi que quelques 186 député.e.s se sont fait porter pâle, dont 99 de la République en Marche: avaient-ils honte ?

Voulaient-ils laisser une autre trace ?

Un tiers des macronistes n'ont pas suivi la voix de Jupiter.

Est-ce un début ?


16 avril 2018

571ème semaine politique: Jupiter, maître d'école ou sous-curé ?

 

 

Il est apparu dans une salle de classe aux couleurs vives, d'une école rurale de l'Orne. Jupiter, maître d'école ? Il fallait délivrer la bonne parole aux Français, ils sont un peu plus de 6 millions, essentiellement âgés,  à suivre finalement le faux évènement. La mise en scène est contreproductive, à moins que ses communicants souhaitaient envoyer un pareil message.

"J'ai demandé un effort aux personnes retraitées, à une partie d'entre elles (...) Je leur dis merci." 

Assez vite, le ton est donné. On sait à qui Macron s'adresse.

Le vide
Jupiter ne répond pas à la contestation sociale.  Il répète un argumentaire idéologique connu (la théorie du ruissellement, rebaptisée "de la cordée"). Il répète, encore et encore, des mots et des formules rabâchés par ses prédécesseurs: "président de tous les Français", il martèle que "le monde change à une vitesse stupéfiante", et que la France "n'a pas fait les réformes qu'il fallait depuis 30 ans". Macron en 2018 parle comme Hollande en 2013, ou Sarkozy en 2008, ou même Chirac en 2003.  Il répète ses formules: "ce n’est pas vrai qu’on est juste quand on empêche les gens de réussir."

Nous sommes en France, république monarchique, où le président choisit la chaîne où il intervient, qui l'interroge, quelles seront les questions posées, quels reportages seront proposés, quelle durée pour cet interview. Évidemment, Jean-Pierre Pernaut n'aura pas de droit de suite, en aurait-il besoin ? Les communicants élyséens détaillent la cible, les enjeux, la mise en scène, mais rares sont les éditocrates et autres professionnels de cette mauvaise politique qui sont choqués par ce contrôle total et lunaire de notre démocratie. Interrogé sur France inter, le journaliste David Pujadas devenu producteur d'un énième documentaire sur Macron justement diffusé le même jour, servile et docile, justifie: "c'est la règle du jeu".

La règle du jeu ? Mais où vivez-vous ?

Sarkozy Macron met en scène, et cela ne choque plus grand monde.

Pernaut ne pose que peu de questions gênantes: il ne demande rien sur les affaires qui frappent ses ministres Darmanin et Hulot; rien non plus sur le financement de sa campagne électorale alors que ses comptes n'ont pas été publiés (à l'inverse de ceux de celle de Mélenchon). Rien encore sur la réforme des institutions où Macron veut réduire le nombre de parlementaires et leur pouvoir. Rien non plus sur le Yémen alors qu'il reçoit la même semaine le dictateur saoudien. Pas grand chose bien sûr, sauf une rapide question sur les effets de réforme fiscale qui rend quelques milliards d'euros aux plus fortunés. Il ne contredit pas davantage Macron quand ce dernier ment en affirmant que l'ISF n'a pas été supprimé. L'ISF a été remplacé par un nouvel impôt plus restreint, aux bases de calculs et aux barèmes différents, pour rendre quelque 3,2 milliards d'euros d'économies d'impôts à 350 000 foyers fortunés. Qui dit mieux ?

Jean-Pierre Pernaut est un "journaliste de proximité." Qu'on se le dise...

Quand Jean-Pierre Pernaut répète les critiques personnelles contre Macron, il laisse l'impétrant répliquer d'une formule publicitaire préparée à l'avance, sans que le journaliste n'ait bien sûr le loisir d'un quelconque droit de suite. D'ailleurs, Pernaut sait-il seulement ce qu'est un droit de suite ? Président des riches ? "Les riches n'ont pas de besoin de président." C'est tout l'inverse. Les riches de ce pays ont toujours besoin d'un zélé travailleur pour imposer une politique de classe. Président des villes ? "On s'engage pour le rural. On n'abandonne pas du tout la ruralité." Mensonges, mensonges. "À la rentrée prochaine, on aura 20 000 élèves en moins qui rentreront en CP dans les zones rurales. Et pourtant, on va y ouvrir 1000 classes ! " Faux... à la rentrée prochaine, entre 200 et 300 classes rurales seront supprimées.
"Cette production continue de donner le triste spectacle d'une télévision aux ordre, digne de la Papouasie." Bruno Roger-Petit, à propos de Sarkozy interrogé par Pernault en 2011, et actuel conseiller en communication de Macron, cité par le Canard Enchaîné du 11 avril 2018
Quand Jean-Pierre Pernaut évoque la contestation contre la réforme de la SNCF, il n'explique pas ce que tout le monde sait enfinque l'endettement de la SNCF n'a que peu à voir avec le statut des cheminots, 50 milliards d'euros dont les deux tiers sont dus aux investissements dans les lignes et non au statut des cheminots, dont 23 milliards pour les seuls TGV; et qu'il s'agit de préparer l'entreprise à une privatisation du rail Quand Jean-Pierre Pernaut évoque la contestation contre la réforme de la SNCF, il préfère soutenir Macron par un reportage à charge contre les grévistes, sur ces "usagers excédés" par le manque de trains.

Il laisse ensuite Macron répéter trois mensonges, ponctués d'un sourire à peine masqué: primo, il attribue à sa réforme un périmètre qu'elle n'a pas. Macron ment quand il affirme que sa réforme va doter l'entreprise d'un nouveau plan d'investissement ou d'une nouvelle convention collective pour les cheminots ("On a besoin d'un chemin de fer fort (...) et la réforme va le renforcer.") Cette réforme, et c'est normal, ne traite que tu statut de l'entreprise. Secundo, Macron ment quand il explique que l'Allemagne a réalisé la même réforme pour les mêmes raisons. En 1994, la réforme allemande était motivée par la réunification Est-Ouest; elle a supprimé 100 000 postes de cheminots en 6 ans, et l'endettement de la Deutsche Bahn a bondi à 20 milliards d'euros. Tertio, Macron ment quant il explique qu'il n'y aura pas de privatisation: ce n'est pas la SNCF qui est menacée de privatisation mais le rail français avec l'ouverture à la concurrence. La seule ouverture à la concertation porte sur le délai du changement du statut pour les nouveaux cheminots: "Cette réforme, il vaut la faire ensemble."

Des manifestants attendent Macron devant l'école. Ils sont écartés, évidemment. Macron tweete une photo de lui avec un maire du coin, "qui le remercie" pour avoir enfin augmenté les dotations aux collectivités locales, ce qui est faux.

Les macronistes aussitôt répètent les éléments de langage pour louer ce président "profondément à l'écoute."

Macron ne répond pas aux sujets des contestations. C'est le plus surprenant, la seule réelle nouveauté de cette interview. Aux blocages de facs et aux manifestations d'étudiants et de professeurs contre la réforme "Parcoursup", aux interventions de CRS dans certaines universités, Macron ne dit  que cela: " Les étudiants, ils doivent comprendre une chose, il vaut mieux réviser. Car il n'y a pas d'examen en chocolat dans la République." Contre Notre-Dame-des-Landes, Macron explique "Tout ce qui est évacuable a été évacué et dans les prochains jours, la préfète va examiner les projets légaux qui peuvent se faire." Où est la concertation ?


Les diversions du sous-curé Macron 

La semaine est riche, l'offensive médiatique macroniste puissante. Il y a donc des diversions.

Lundi, démonstration de force à Notre-Dame-des-Landes. Jupiter donne carte blanche à Collomb, qui s'en vante en coulisses: "La ZAD sera nettoyée en 3 ou 4 jours." Qui les Zadistes menaçaient-ils ? On invoque le respect de la loi. Depuis le renoncement à l'aéroport de NDDL en janvier dernier, on a ordonné aux Zadistes de dégager. Sur TF1, Macron explique qu'il faut désormais laisser la place à des projets agricoles. Il se fiche du monde. La ferme des Cent Noms, l'exemple même d'un projet agricole réussi, installée depuis 5 ans, est rasée au bulldozer, ses habitants évacués de forces, le tout filmé par un drone de l'armée.

Un photographe de l'AFP témoigne de la violence initiale des forces de l'ordre, puis l'affrontement et l'escalade. Des véhicules blindés, des gendarmes déguisés en Dark Vador. Les premiers Zadistes expulsés sont des paysans. Puis l'affrontement est plus sérieux, d'autres, plus jeunes, prennent la relève. Des blessés, nombreux, de part et d'autres. Qui comprend pourquoi on en est arrivé là ? Le gouvernement voulait une preuve d'autorité alors que partout en France la contestation sociale fait rage: "Mais les forces de l’ordre ont été utilisées avec beaucoup de violence pour l'opération d'expulsion des occupants de la ZAD considérés comme illégaux. J’ai du mal à comprendre pourquoi. C’était peut-être à la base une action symbolique, mais elle a été douloureuse, y compris pour moi, physiquement."

Plus tard, Macron parle à la Conférence nationale des Evêques. Une intervention lunaire, en totale contradiction avec les principes de la République laïque. Il parle de "réparer le lien entre l’Église et l’État". C'est une autre diversion, évidente, pour faire parler d'autre chose que des contestations, un besoin pressant d'attirer l'attention médiatique ailleurs. Il fallait lire le discours intégral du jeune monarque, à défaut de pouvoir l'écouter. Les services élyséens publient quelques morceaux de choix, des tweets soigneusement préparés qui témoignent d'une conception obsolète et rétrograde de la laïcité qui va jusqu'à heurter quelques fidèles.

Sans surprise, Macron emboite le pas de Sarkozy, une décennie plus tard.
"Dites ce que vous avez à dire à la société, pas seulement à vos fidèles. À l'heure où l'on écoute ces experts en tout, pourquoi ceux qui défendent une religion n'auraient-ils pas le droit à la parole?" Nicolas Sarkozy, décembre 2011. 
"J’appelle les catholiques à s’engager politiquement. Votre foi est une part d’engagement dont notre politique a besoin." Emmanuel Macron, avril 2018.
Avec cet appel à la mobilisation politique des catholiques devant les hiérarques catholiques, Macron a-t-il oublié, lui qui soutenait pourtant la réforme de Hollande, combien l’Église s'est mobilisée contre la légalisation du mariage homosexuel en 2013 ? Qui est-il pour appeler à l'intervention politique des catholiques en tant que catholiques dans la sphère politique ?

La raison de cette intervention est double: faire diversion, mais aussi séduire l'électorat catholique. Le commentaire de l'ineffable Gérard Collomb est ridicule et drôle: "Je ne sais pas si Emmanuel Macron est catholique, mais il a ce sens de l'absolu que d'autres, peut-être, ont moins."

Enfin, il y a la guerre, comme en 1991 ou en 2003. Samedi à 3 heures du matin, la France bombarde quelques entrepôts en Syrie, en toute illégalité internationale. Le jeune monarque se fait photographier dans une salle de contrôle de l'état major, tout attentif qu'il est à son image. Le boucher Bachar el Assad aurait fait usage de gaz chimique. Il y a quelques semaines, Macron accueillait en grandes pompes le président turc Erdogan, qui fait la guerre aux Kurdes laïcs aux côtés du même boucher Assad. "Nous avons la preuve" a expliqué Macron sur TF1 la veille.


La France entre en guerre.


(MAJ du 15 avril 2018, 23 heures).

Dimanche soir, nous sommes au théâtre. Au Théâtre de Chaillot, à Paris. Décor grandiose pour spectacle pénible. Jupiter est face à face à deux journalistes engagés à lui porter la contradiction, Edwy Plenel de Mediapart et Jean-Jacques Bourdin de RMC.

Macron annonce peu de choses, mais tout de même: la fin des régimes spéciaux de retraite, un plan pour aider les urgences d'ici fin mai, et l'absence de compensation fiscale pour la suppression de la taxe d'habitation. Sur la Syrie, son explication sur la légalité de l'intervention française ne convainc pas.

Mais l'on retient surtout son inconfort évident .

Il suffit d'attendre 7 minutes à peine pour que Macron s'énerver d'une question dérangeante. Puis encore une fois. Et encore. Jupiter s'agace, perd presque les nerfs quand on lui rétorque du tac au tac. Sur les réseaux sociaux, des confrères journalistes exposent leur surprise et leur désaccord, tous paumés devant ce manque de servilité.

Macron s'agace que l'on critique son silence en Syrie avant l'intervention sans mandat  ("De là où je suis, on ne peut pas se contenter de donner des leçons de morale "), sur sa pratique quasi-monarchique du régime ("Si la constitution ne vous plaît pas, vous pouvez proposer de la changer et vous présenter devant le peuple"), sur sa politique de réduction de certaines dépenses publiques ("Il n’y a pas d’argent magique"), sur l'augmentation de la CSG pour les retraités ("je vous remercie de me donner des instructions sur ce que je dois faire"), ou sur sa paresse à lutter contre la fraude et l'évasion fiscales.

A propos de la destruction de la ferme des Cent Noms à Notre-Dame-des-Landes, la réponse de Jupiter est lunaire et méprisante: " Je vais m'installer dans votre salon et dire que c'est un projet agricole alternatif !" Elle résume peut-être le mieux cet homme: agacé par la critique, et sans envie d'autre chose que de passer en force à défaut de convaincre.

Il y a enfin ces demi-aveux, enfin: d'abord, il reconnait qu'il n’a "pas plus de garanties que vous" et nous que les ex-assujettis à l’ISF investiront dans l’économie, et non dans la "spéculation", le gain qu’ils vont tirer de la suppression de l’ISF. Ensuite, il admet que son élection personnelle ne s'est pas faite sur son programme: "Je ne pense pas que les 65% qui ont voté pour moi au second tour ont tous une adhésion massive à mon programme. Mais je ne crois pas qu'il y ait eu une ambiguïté aux législatives ,au premier comme au second tour". Les deux journalistes n'auront pas le loisir de lui rétorquer que l'abstention record aux législatives ne vaut pas adhésion.

Sur les réseaux sociaux, une large fraction de journalistes politiques s'offusquent de voir le président ainsi bousculé. Soyons gré à Macron de nous avoir avoir offert ce spectacle-là aussi. Le Parti médiatique, qui n'incarne pas tous les médias mais au moins ceux et celles qui s'expriment le plus souvent, apparait dans sa quasi-globalité: surpris par leurs relances, effrayés devant la liberté de ton des deux journalistes, effarés devant le parti-pris des questions qui n'est pas le leur.



Ami journaliste, ne sois pas effrayé.

7 avril 2018

570ème semaine politique: comment Macron réussit son hommage à mai 1968

 

Où l'on parle d'une contestation sociale qui grossit, d'un gouvernement qui se braque, et d'un monarque qui s'étrangle.

Et si Macron avait enfin réussi quelque chose, l'anniversaire des évènements de mai 1968 ?


La diversion
La communication élyséenne mitraille la presse et des influenceurs complaisants de cette "fabuleuse" interview à Wired d'Emmanuel Macron sur l'intelligence artificielle. Quelques jours auparavant, le jeune monarque avait livré un non moins "fabuleux" discours au Collège de France sur le même sujet. Mais la diversion ne prend pas. La France sociale s'agite et la greffe publicitaire macroniste ne prend pas.
"Je ne peux pas avoir, d'un côté, des agriculteurs qui n'ont pas de jour férié et n'auront peut-être pas de retraite, et dire, le statut des cheminots, il ne faut pas le changer."
Emmanuel Macron, 24 février 2018.
Il y aura d'autres diversions dans la semaine, certaines sont cocasses, d'autres sérieuses.

Macron lance ainsi un autre sujet, la réforme constitutionnelle. Il est urgent... d'attendre, explique-t-on au gouvernement. Mais il faut que ça buzze cette semaine, et vite. La réforme devrait être populaire: réduire le nombre de députés et de sénateurs, surfer sur l'antiparlementarisme primaire pour mieux conforter le monarchisme de cette Vème République vieillissante... A priori, le sujet est en or. Le vieux Sénat résiste. Le monarque joue à Louis XVI.

L'introduction de la proportionnelle est homéopathique, la droite se réjouit, elle a remporté cette manche. Mais quelques esprits faibles ou complaisants surferont sur l'argument que cette "promesse" pourtant floue et jamais débattue pendant la campagne est tenue.

Autre bêtise, plus cocasse, le Venezuela. Cette semaine, Macron reçoit en urgence une délégation d'opposants à l'autocrate Maduro. Cela permet à quelques éditocrates et journalistes de changer de sujet. C'est drôlatique. Parmi les opposants reçus par Macron, on trouve un ancien candidat à la présidentielle qui en appelait à l'armée en janvier 2017 pour renverser Maduro. Et l'ancien gouverneur de Caracas qui, en 1992, justifia le massacre de quelques dizaines de prisonniers de droit commun après une révolte.


Mardi, des médias contre la grève du rail. 
La presse officielle s'en donne à cœur joie contre les grévistes. Bien sûr, personne ne critique le droit de grève, mais presque tous fustigent le "blocage", la "prise d'otages", la "galère", "la France sur les nerfs"Nos meilleurs éditocrates n'adorent que les grèves discrètes. Même le premier ministre abuse du même argument hypocrite: "j'entends autant les grévistes, qui parfois le disent avec vigueur, que ceux qui n'acceptent pas cette grève. Plus exactement que ceux qui veulent aller travailler veulent continuer à bénéficier de leur liberté constitutionnelle d'aller et venir."Les unes de presse sont éloquentes, les reportages sur ces "usagers en souffrance" se multiplient sur les ondes télévisuelles.

Ce début de grève est un succès. La SNCF est quasiment paralysée, comme si la loi Sarkozy sur le service minimum n'avait jamais existé. Les macronistes grommellent.

Le journal Les Echos, peu suspect de gauchisme primaire, révèle qu'il a du refuser de publier une interview de la ministre des Transports pour cause de censure et relecture par les services de Matignon. Le nouveau monde ressemble décidément à l'ancien.

A l'Assemblée nationale, l'examen de l'inique loi Asile et Immigration se poursuit. Les quelques députés LREM en désaccord avec le texte porté par le ministre de l'intérieur Gérard Collomb semblent découragés. Tous les amendements d'assouplissement ou presque ont été rejetés par la majorité de leur groupe, sur instruction gouvernementale. S'ils ont eu gain de cause pour exclure les pays pénalisant l'homosexualité de la liste des pays d'origine sûre (sic ! Voilà où nous en sommes !!), ils n'ont pu faire interdire le placement de familles avec mineurs en rétentio, ni obtenu le maintien des délais de recours. Cette loi vise à faciliter les expulsions, rien ne fera dévier Collomb de ce objectif.

Mercredi, d'autres grèves.
Le rail est toujours paralysé. Le nombre de facultés bloquées ou perturbées par le scandale Parcoursup augmente: Montpellier, Toulouse et Paris-VIII, Bordeaux, Limoges, Tours, Nancy, Lille, Nice, Lyon-II et Dijon. Les examens pourront se tenir... ailleurs, promet le gouvernement.

Une petite milice fasciste vient attaquer Tolbiac où l'occupation est pourtant paisible et animée.

Le Figaro titre sur les "étudiants-otages-des-bloqueurs".

Quelle surprise !

Dans la semaine, les éboueurs et les personnels d'Air France font également grève.

A ses sympathisants, la République En Marche envoie ses éléments de langage: "Chères adhérentes, chers adhérents, comme 4 millions de Français, vous êtes peut-être touchés depuis lundi soir par la grève qui perturbe fortement la SNCF et nous vous adressons notre soutien plein et entier si tel est le cas." Puis quelques mensonges: "la réforme va permettre d’investir massivement dans le réseau". C'est faux, la réforme législative concerne l'organisation et le statut de la SNCF, pas les moyens de l'entreprise. Ou encore: "Avec une dette de  50 milliards d’euros, la SNCF ne peut pas rester la seule entreprise à recruter au statut alors que le secteur s’ouvre à de nouveaux acteurs." Même le gouvernement Philippe reconnait que la dette de la SNCF n'a rien à voir avec le statut des cheminots.

A ses "adhérents", LREM avoue: "la réforme va permettre de préparer  l’ouverture à la concurrence". Et défend sa vision Bisounours des bienfaits de la privatisation du rail: "l’ouverture à la concurrence est actée. Elle est connue de tous, depuis presque 10 ans. Elle permettra de diversifier les offres, les services et de proposer aux voyageurs davantage de petits prix, en particulier à tous ceux pour qui prendre le train est aujourd’hui un service inaccessible."

Jeudi, la "concertation" reprend.
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 Le foutage de gueule aussi. Le gouvernement cède un peu de terrain, mais reste ferme sur l'essentiel: il maintient la menace d'une loi votée par ordonnances, le vote est d'ailleurs toujours calé dans une dizaine de jours; la ministre des transports n'apporte aucune précision sur les conditions de transfert d'un salarié chez un autre opérateur privé ayant remporté la gestion d'une ligne. Ni sur les conditions de mobilité des personnels entre la SNCF et ses futurs concurrents Transdev, Deutsche Bahn, ou Trenitalia.

La grève a eu son premier bénéfice, déplacer quelque peu l'attention publique sur le véritable objectif de la réforme accélérée de la SNCF: la privatisation progressive du rail français. Car l'ouverture des lignes nationales puis locales d'ici 2023 à la concurrence, s'il ne s'agit pas d'une privatisation de l'entreprise, est bel et bien une privatisation du service public du rail. Le gouvernement veut changer le statut des cheminots pour permettre de dégrader leurs conditions de travail en vue de l'ouverture à la concurrence. Rien de plus, rien de moins. La ministre des transports le confesse: "la SNCF ne peut être la seule à recruter au statut." Ou encore: "À l’avenir, les personnes recrutées ne le seront plus sous le statut de cheminot qui coûte trop cher à l’entreprise."

Le gouvernement est contraint de changer sa com'. L'attaque ciblée contre les cheminots-ces-privilégiés fait choux blanc.

Non, la dette de la SNCF n'a pas grand chose à voir avec le statut des cheminots, reconnaît l'ex-socialiste devenu ministre de droite Olivier Dussopt.

Vendredi, le mépris de classe
Parfois la communication présidentielle déraille, rattrapée par la réalité. 

 "Le gouvernement va consacrer au moins 340 millions d'euros sur cinq ans pour améliorer la recherche, le dépistage et la prise en charge de l'autisme, a annoncé l'Elysée à l'AFP., en marge d'une visite d'Emmanuel Macron dans un service hospitalier spécialisé à Rouen." Le président de la République est accompagné par son épouse Brigitte Macron. Le photo-reportage est prêt, le story-telling ("A Rouen, Emmanuel Macron se montre à l’écoute des autistes" dixit Paris Normandie) et les éléments de langage également: on devait voir une première Dame attentionnée, "engagée dans l'accompagnement des autistes", au chevet de patients, discutant avec les familles, tandis que le jeune monarque présenterait ses moyens supplémentaires consacré à ce quatrième plan autisme devant un personnel hospitalier attentif et soulagé.

Mais ce publi-reportage n'aura pas lieu.

A Rouen, Macron est d'abord accueilli sous les chahuts de manifestants et de grévistes. Ce n'est pas nouveau. C'est arrivé à ses prédécesseurs Sarkozy et Hollande. Sarkozy se barricadait.Hollande supportait en silence, jamais un mot de trop. Macron s'énerve. Mais deux infirmières l'interpellent sur le manque de personnel et de moyens, et cassent l'argumentaire publicitaire qu'il déroule devant des caméras autorisées: "Pour l'instant, la réorganisation, c'est des fermetures. On remplace pas un départ à la retraite sur deux tous les jours".... Jupiter s'agace, sa ministre Agnès Buzin détourne le regarde, lève les yeux au ciel puis fait semblant de prier. Puis Jupiter s'énerve, et tente de couper court en s'éloignant. Puis il revient sur ses pas, et il tacle, méprisant:
Une aide-soignante "C'est dommage de ne pas venir dans les services."
Le président : "Là, vous parlez. Je vous écoute, j'ai la courtoisie alors que vous ne m'avez pas serré la main de vous répondre et de parler avec vous. "
La seconde aide-soignante: "Je ne vous sers pas la main, pour moi, vous êtes..."
Macron, l'interrompant: "Ayez la courtoisie pour les familles d'autistes et les soignants de l'autisme de laisser parler.""
L'aide-soignante: Je suis là tous les jours, moi, je suis là tous les jours à 5 heures du matin" 
Il y a des comparaisons qui font mal, on pourrait dire qu'elles n'ont aucun sens. Pourtant, elles illustrent peut-être maladroitement le sens des priorités politique d'une équipe gouvernementale. A Rouen, Jupiter annonce "généreusement" qu'"au moins" 340 millions d'euros sur 5 ans seront débloqués pour traiter et soigner les quelques 700 000 autistes de France. C'est mieux que le précédent plan (2013-2017), qui n'était doté que de 205 millions d'euros. Mais arrêtons-nous un court instant sur ces chiffres: 340 millions, sur 5 ans, pour 700 000 personnes.

Jupiter a rendu 3 milliards d'euros d'ISF, à 350 000 foyers aisés, en une année. C'est-à-dire un cadeau 8 fois supérieur aux moyens dégagés pour le soin de l'autisme, pour moitié moins de bénéficiaires.

Le sens des priorités.

Samedi, l'Elysée s'inquiète. 
Samedi, la grève du rail reprend avec la même vigueur. Les services élyséens annoncent une interview du jeune monarque au 13 heures de TF1, pour "faire de la pédagogie". Le porte-parole macroniste promet un format "inhabituel", de courtes interviews et des reportages sur lesquels Jupiter sera appelé à réagir.

Un exercice de communication publicitaire contrôlé et d'avance sans saveur: "Ce n'est pas un format habituel mais il est important d'aller chercher des formes différentes d'expression, au delà des grands quotidiens et grands magazines." Il s'agit surtout de "reconquérir des retraités qui ont massivement voté pour (Macron) mais qui lui reprochent maintenant la hausse de 1,7 point de la CSG".

***

Selon une récente enquête d'Ipsos, une majorité des sondé(e)s place le mouvement macroniste à la droite de l'échiquier politique.

Un gouvernement réactionnaire.

Rien de plus, rien de moins.




Ami(e) macroniste, où es-tu ?



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