30 juin 2018

582ème semaine politique: Le moment néofasciste d'Emmanuel Macron

 

 

Où l'on parle de comment Emmanuel Macron tente de ré-habiller en victoire de l'Europe humaniste ce qui n'est qu'une capitulation devant la xénophobie.

Décryptage.

 

 

La xénophobie comme politique

Ils sont souriants, presque béats. Après une journée et une nuit de négociation, un représentant des chefs d’État européens vient expliquer vers 4 heures du matin, dans une salle de presse truffée de journalistes à moitié endormi, que l'Union européenne a encore gagné: les divisions des jours précédents ont été vaincus et un accord sur les migrants est trouvé.

Sur le dos des migrants, rien de moins.

C'est la seconde fois que l'Union nous offre une farce, mais celle-ci est triste et grave.  La semaine passée déjà, Macron avait fait croire que la zone euro se dotait d'un budget avec le soutien d'Angela Merkel, jolie blague.  Bien au contraire, Macron y a accepté un énième renforcement des pouvoirs du Mécanisme Européen de Stabilité...

L'Union européenne, qu'on ne confondra pas avec l'Europe, s'est couchée. Elle s'est alignée sur les positions d'un ministre italien neofasciste. D'ailleurs, le président du conseil italien ne s'y trompe pas: "l'Italie n'est plus seule". Quelle avancée !

Il fallait lire le relevé officiel des conclusions de ce sommet de la honte. Les chefs d’États se félicitent de l'efficacité des fermetures aux frontières: "le nombre de franchissements illégaux des frontières de l'UE détectés a été réduit de 95 % par rapport au pic qu'il avait atteint en octobre 2015". Ils n'ont pas tort. Le nombre de migrants traversant la Méditerranée a chuté de un million en 2015 à 43 000 en 2018.

La seconde conclusion commune est sans appel sur les intentions de nos gouvernants européens et la réorientation xénophobe de la politique européenne: "Le Conseil européen est déterminé à poursuivre et à renforcer cette politique pour empêcher que ne se reproduisent les flux incontrôlés de 2015 et endiguer davantage les migrations illégales sur toutes les routes existantes et émergentes." Et d'ajouter que "l'UE soutiendra, financièrement et par d'autres moyens, tous les efforts consentis par les États membres, en particulier l'Espagne, et les pays d'origine et de transit, en particulier le Maroc, pour prévenir la migration illégale".

 Où est passée la belle Europe, celle chantée haut et fort par le jeune monarque ? Celle louée en alexandrin par le candidat Macron en 2017 qui n'avait pas de mots assez doux pour louer les traditions d'accueil de l'Europe humaniste ?

Pour "casser définitivement le modèle économique des passeurs", les chefs d’États mettent les grands moyens: les chefs d'Etats européens s'engagent à "examiner sans tarder le concept de plateformes régionales de débarquement". La Commission européenne, toujours présidée par Jean-Claude Junker, ex-premier ministre de l'un des paradis fiscaux européens, a justement proposé un plan d'action  dont le premier scenario est de créer des centres de "débarquement" et de rétention aux frontières de l'Europe: elle propose "d'augmenter les capacités de rétention et de détention aux frontières de l'Union". Dans un second scenario, elle propose de créer des centres de tri "dans les pays tiers", pour éviter l'embarquement vers l'Europe.

Notez le langage, emprunté aux fantasmes de l'extrême droite européenne: le Conseil européen est "déterminé à poursuivre et à renforcer cette politique pour empêcher que ne se reproduisent les flux incontrôlés de 2015".

Troisième point d'accord, "tous les navires qui opèrent dans la Méditerranée doivent respecter les lois applicables et ne pas faire obstacle aux opérations des garde-côtes libyens." Quatrième point d'accord, "prévenir de nouveaux franchissements à partir de la Turquie et mettre un terme aux flux". Sous-traiter la gestion des réfugiés fuyant les guerres du Moyen Orient à l'autocrate islamiste turc, voilà au moins un objectif qui est explicite. Cinquième point d'accord, sur l'accueil des migrants: et bien d'abord, "uniquement sur une base volontaire", pour faire le tri "entre les migrants en situation irrégulière, qui feront l'objet d'un retour, des personnes ayant besoin d'une protection internationale, auxquelles le principe de solidarité s'appliquerait." Notez l'usage du conditionnel. Et si l'on n'avait compris, les 28 insistent sur l'absence d'obligation; "Toutes les mesures dans le contexte de ces centres contrôlés, y compris la relocalisation et la réinstallation, s'entendent sur une base volontaire, sans préjudice de la réforme de Dublin."

Le gouvernement italien l'a bien compris. Le ministre Salvini annonce quelques heures plus tard que tous les bateaux chargés de migrants, à la dérive ou non, seront interdits d'accostage sur les côtes pendant tout l'été. Samedi, il refoule un autre bateau de migrant à dérive, tandis que 200 autres, dotn 3 bébés, sont repêchés morts dans la mer.

Qui a parlé d'Europe ?

Depuis janvier, quelque 1000 migrants sont morts noyés dans la Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Le reste du relevé de décisions comprend aussi l'annonce d'une prochaine loi européenne "en vue d'une politique européenne plus efficace et cohérente en matière de retour." Décidément, c'est une obsession. Le lavage xénophobe des cerveaux européens, en pleine crise humanitaire, fonctionne à plein.   

Le règlement de Dublin est mort.

L'espace Schengen est également techniquement mort: nos 28 autorisent les États membres" à prendre toutes les mesures législatives et administratives internes nécessaires pour enrayer ces mouvements et coopérer étroitement à cette fin."

La dernière conclusion, marginale, concerne "la réforme en vue d'un nouveau régime d'asile européen commun". Et là, la panne, pas d'accord, juste des intentions, belles ou moches, aucun engagement, pas même un consensus précis: on promet cet "équilibre entre responsabilité et solidarité" si cher à Jupiter: "en même temps", qui espérait mieux ?

La trouille de Macron
Au final, le résultat est clair, limpide. Le jeune monarque s'est aligné sur la ligne dure et xénophobes des positions italiennes , autrichiennes et hongroises. Quel succès !

Devant la presse, Emmanuel Macron est blême. Il tente de faire bonne figure, il ment, il, se défausse. Il bredouille des excuses: "Ce que certains proposaient, c’était des centres extérieurs à l’Union européenne, pour refouler les migrants. La réalité est que, sous des mots techniques, ils proposaient de déporter des gens…" Vraiment ? Finalement, les chefs d'Etats européens ont justement demandé à la Commission européenne d'évaluer la faisabilité de ces "plateformes régionales de débarquement" - notez la novlangue technocratique. Macron a voté, soutenu, défendu, accepté l'assignation à résidence des migrants en Afrique

Et le voici qui nous mitraille de tweets trumpesques lénifiants: "Face à la crise migratoire : l'Europe à la hauteur de son histoire." L'Europe aurait été sauvée, elle vient d'être coulée.

Macron ment quand il explique que l'Union européenne est "sauvée". Pire, il ment quand il promet le rétablissement de l'accueil des migrants, ce que l'Italie dément aussitôt. Pire encore, le même Jupiter se défausse encore, rassurez-vous gentes dames et jolis messieurs: "la France n’est pas un pays de première arrivée. Certains ont voulu nous pousser à cela, j’ai refusé", explique Macron.

"La France n’ouvrira pas de centres"  car elle "n’est pas un pays de première arrivée."


Le même jour, jour de honte, les élus corses votent à l'unanimité une motion d'accueil des migrants, et "la création d’une commission ad hoc composée de membres de l’Assemblée de Corse, de présidents d’intercommunalités, de maires et des services de l’Etat chargée de trouver des solutions pour un accueil efficace des migrants." 

La Corse donne des leçons de République à la macronista.

Dans les colonnes de Mediapart, Eric Fassin résume, "mieux vaut parler d’un «moment néofasciste» du néolibéralisme pour mobiliser un antifascisme qui, loin d’être la caution démocratique du néolibéralisme, pointe sa responsabilité." Eva Joly, ancienne magistrate et ancienne candidate écolo à la présidence de la République, résume: "la vérité est que cet accord signe la fin du droit d’asile sans rien régler de la souffrance des migrants  les idées de l’extrême droite plutôt que d’être combattues deviennent désormais des politiques européennes."

Au-delà de l'aspect humanitaire, la question politique qui se pose désormais à Macron et ses supporteurs est simple: en faveur de quelle Europe les macronistes pourront-ils faire campagne pour le prochain scrutin européen ? Celle qui expulse plus vite des réfugiés dont elle réduit les délais de dépôts de dossier à 15 jours ? Celle qui reste indifférente aux barques qui coulent ? Celle qui pinaille sur l'accueil d'une cinquantaine de milliers de migrants ? Celle qui promet la libération des esprits et du capital mais exige l'assignation à résidence des pauvres du monde ? Il y a urgence en Macronista pour tenter de redorer le blason européen du jeune monarque. Il décroche dans les sondages, surtout et principalement à gauche.

Macron a tourné le dos à son discours euro-béat de la campagne de 2017 pour s'aligner sur les positions de l'extrême droite européenne: il fait poursuivre en justice les aidants, il interdit aux ONG de servir des repas et des soins; il réduit le droit d'asile au nom de l'efficacité du traitement des dossiers. Mercredi, comme le ministre néofascite italien Salvini, il fustige même les ONG qui portent au secours aux embarcations de fortune en les accusant de "faire le jeu des passeurs". Au Sénat, les élus de droite réduisent l'Aide Médicale d'Etat, et un élu LR justifie la mesure au nom de la lutte contre le "tourisme médical" des migrants. Le sénateur LR Gérard Larcher

Jupiter le catholique
La République s'égare, la Macronista l'achève.

Mardi, le jeune monarque abime la laïcité par sa visite au Vatican: ses communicants postent quelques extraits vidéo sur les réseaux sociaux où l'on entend ce président se féliciter de son éducation chez les jésuites devant le pape François, faire une mauvaise blague sur les Bretons, cette "mafia française". Puis ces propos inouïs, la religion "est partout dans la société. Et nous en avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin." 

Cette laïcité fatiguée ne choque pas en Macronista. Même le Printemps Républicain si prompt à s'indigner contre l'islam fait silence, ou presque. Quelques propos à peine, gênés. Au Vatican, Macron nous fait du Sarko, n'hésitant pas à reprendre l'argument des racines chrétiennes de la France si "nécessaires" en ces temps troublés.
"Nous ne pouvons pas avancer si nous ne savons pas d’où nous venons et quelles sont nos racines profondes, nos traditions avec leurs histoires, et donc le lien particulier qu’il y a aussi entre la République française et le Vatican, c’est une part de cette histoire." Emmanuel Macron devant le pape, juin 2018
A Paris, les députés macronistes votent le retrait des associations à vocation cultuelle de la liste des lobbies. Mais 80 d'entre eux s'indignent, en vain. On traine des pieds. Les élu(e)s du "nouveau monde" sont lassés. Certain(e)s sont aux abonnés absents.

Peu à peu, pas à pas, l'Union européenne suit le chemin étriqué, fatiguant, inefficace, d'une politique inégalitaire et xénophobe. En France, le jeune Jupiter sert les plats avec philosophie et application. Il couine qu'on s'attaque à sa propre personne: "Après avoir échoué sur une coagulation des luttes, ils instruisent un procès sur ma personne." Mais comment oublier les promesses du nouveau monde,  cette piscine qu'il a demandé eu fort de Brégançon, ces voyages en jet privé aux frais du contribuable, ou la récente instruction sur les dépenses illégales de campagne? Et voici sa ministre du travail se fait photographier en position de yoga dans un jardin de la République. 

Les temps sont rudes.





Ami macroniste, où es-tu ?

23 juin 2018

581ème semaine politique: la capitulation européenne de Macron.

Où l'on s'amuse brièvement du nouveau fiasco marketing de Sa Majestée Jupiter, et où l'on s'inquiète de l'action européenne d'Emmanuel Macron, l'alliance des pires, xénophobie et néo-libéralisme.

 C'est la boulette.

Emmanuel-Macron-Sa-Majesté se heurte avec un collégien qui lui fredonne l'Internationale sur son passage et, pire encore, l'appelle "Manu". La réaction de Sa Majesté à l'égard du jeune insolent est à l'image du personnage, arrogante, surdimensionnée, monarchique. Après le "Casse-toi pov'con !" d'un Sarkozy face à un visiteur du salon de l'Agriculture, voici la saillie incontrôlée de son successeur:

 "Tu m’appelles Monsieur le président de la République ou Monsieur !"

Macron fait la leçon (et quelle leçon!), il tutoie alors qu'il exige le vouvoiement.

Il insiste, il s'attarde, il appuie. Il réclame au collégien qu'il passe son bac d'abord.

Il devient lourd, puis ridicule.

C'est gênant.

Il nous gêne.

L'échec de communication est total.

Consciente du danger, l’Élysée poste plus tard une seconde vidéo, avec cette légende, comme pour minorer l'incident de départ: "Le respect, c’est le minimum dans la République – surtout un 18 juin, surtout en présence des compagnons de la Libération. Mais cela n’empêche pas d’avoir une conversation détendue – regardez jusqu’au bout." L'effet est pire, l'irrespect présidentiel total, l'arrogance encore plus grande. Ecraser la modeste insolence d'un collégien d'une référence aux résistants du 18 juin 1940. Et pourquoi pas la Shoah tant qu'on y est ?

Voici l'adolescent mal en point, harcelé dans sa propre banlieue.

Plus drôle, Macron est soudainement dépeint sur les réseaux sociaux et dans la presse comme OSS117 version Jean Dujardin: un charmant jeune homme rance et ringard, bloqué dans l'image artificielle d'une France conservatrice triomphante, dont les déclarations hors sol provoquent rire et consternation à son insu.

Bref, il a fallu une vanne d'un adolescent pour que Macron plonge dans le ridicule, et abime la fonction présidentielle avec lui. 

Emmanuel Macron avait pourtant tenté de placer sa semaine sous le signe de l'Europe, cette belle union des nations en paix, cet idéal indépassable dont il serait le sauveur. La défense de l'union libérale européenne est au cœur du projet macroniste. L'Europe est à Macron ce que la sécurité devait être à Sarkozy, la première brique de son ADN politique. Depuis son élection, il a livré trois discours que ses communicants ont présenté comme historiques. A chaque fois, le décor et la mise en scène étaient soignés. Son proche ami Arnaud Jolens, celui-là même qui a fait des ristournes illégales pour l'organisation des meetings de la campagne présidentielle, veille au grain. Embauché à l'Elysée au lendemain de la victoire, on lui doit notamment ce show nocturne à Athènes, à la Pnyx, en septembre 2017.

L'Europe est essentielle à Macron.

Et pourtant, quel revirement !

L'action européenne d'Emmanuel Macron valide la xénophobie du populisme fascisant de l'extrême droite, aggrave la concurrence, protège la finance et les grandes entreprises contre les syndicats, la presse, et les citoyens. 

Le projet européen d'Emmanuel Macron est l'alliance des pires.

#1. Mentir sur l'Europe sociale
La promesse était presque belle, elle est déjà morte: "Nous exigerons que soit mis en place un socle de droits sociaux européens, en définissant des standards minimums en matière de droits à la formation, de couverture santé, d’assurance chômage ou de salaire minimum (à des niveaux tenant compte de l'inégal développement des Etats membres)." (notez la précision délicieuse: "à des niveaux tenant compte de l'inégal développement des Etats membres").

La seule mesure "sociale" qu'Emmanuel Macron a défendu au niveau européen concerne l'interdiction du travail détaché. Ou plutôt son encadrement.

En octobre dernier, Emmanuel Macron avait tenté de faire croire qu'il avait enfin résolu le problème de la concurrence des mains d'oeuvre au sein de l'Union. La fameuse révision de la directive en matière de travail détaché est une victoire à la Pyrhus: après 6 mois de négociation supplémentaire après les premiers cris de victoire macroniste, les pays moins-disants ont obtenu 2 à 4 ans pour se mettre en règle. Des secteurs comme le transport routier en sont exemptés. Pire, la nouvelle règle du "travail égal, salaire égal" ne s'applique pas aux cotisations sociales. Ce qui revient à laisser un avantage compétitif aux pays où les cotisations sociales sont les plus basses.


#2. Mentir sur la taxe sur les transactions financières
Son ami, c'est la finance. Et la finance le lui rend bien. Macron a rétrécit l'ambition française de taxe sur les transactions financières (TFF). Macron veut profiter du Breixit pour transformer Paris en capitale de la spéculation européenne. En France, il fait d'abord voter la suppression de l'extension de la taxe sur les transactions financières aux opérations infra-journalières par ses députés godillots.
Ensuite,  au niveau européen, il fait tout son possible pour que la TFF soit rétrécie au seul marché des actions, et épargne les produits dérivés, soit 70% du potentiel de revenus.


#3. Se taire sur la répression en Catalogne
Quand la Catalogne se déchire sur fond de référendum sur l'indépendance à l'automne 2017, Macron est silencieux, il n'offre pas même un rôle de médiation alors que le gouvernement conservateur, depuis renversé au Parlement après des accusations de corruption, lance une répression inouïe contre les dirigeants indépendantistes.

L'Europe version Macron est un modèle d'égoïsme répressif.


#4. Se dépêcher pour privatiser le rail
Le rail sera ouvert à la concurrence, des lignes seront privatisées. Macron n'y est pour rien, mais il a tenté de le cacher. Il a fait voter une réforme hypocrite, initialement présentée comme inévitable pour "sauver" la SNCF d'un endettement qui n'avait rien à voir. Il fallut une grève à l'appl de tous les syndicats pour que le gouvernement cède sur les garanties à apporter aux salariés qui seront victimes de cette privatisation.

Macron et ses sbires ont agi comme les zélés soldats du libéralisme européen, sans s'interroger sur le bien-fondé de ces privatisations.


#5. Durcir le secret des affaires
Avec un autre zèle tout aussi inhabituel, le gouvernement macroniste a transposé une directive européenne sur le secret des affaires. Plutôt que de créer quelques gardes-fous, voire, soyons fous, contester la dite directive, Macron s'est couché. Pire, il est allé plus loin que le texte européen. Certes, les entreprises pourront désormais attaquer en justice quand une information est divulguée les concernant, qui n’est pas connue ou aisément accessible à des personnes extérieures à l’entreprise, revêt une valeur commerciale parce qu’elle est secrète ; et a fait l’objet de mesures de protection « raisonnables » de la part de l’entreprise. Mais la transposition française créé un flou sur la nature de secrets, inverse la charge de la preuve et, pire, restreint la définition des lanceurs d'alerte aux seuls dénonciateurs de faits illégaux. Par exemple, la révélation des "Panama Papers" eut été illégale.

Là encore, L'Union européenne progresse... contre les citoyens.

Macron se tait et obéit.


#6. Mentir sur le budget européen
C'est la "victoire" de la semaine. Mardi 19 juin, au château de Meseberg en Allemagne, Jupiter tient sommet avec Angela Merkel. La chancelière accepte qu'un budget de la zone euro soit voté. On n'en connait ni le montant, ni les modalités, ni les finalités, mais Macron se gargarise.

Les macronistes proclament la victoire. Et patatras... 12 pays européens rejettent même l'idée.


#7. Tolérer les autocrates européens
Pendant la campagne, les faux Bisounours de l'équipe Macron promettaient l'organisation de "conventions démocratiques" partout en Europe dès 2018 pour faire "vivre l'idéal européen". Que c'était joli ! En lieu et place de ces belles déclarations qui n'engageaient que celles et ceux qui y cru, Emmanuel Macron est resté coi devant la montée de l'autoritarisme de certains Etats européens.

Il s'est tu devant les atteintes aux libertés en Pologne et en Hongrie. Pas un mot quand les ministres de l'intérieur, tous d'extrême droite, d'Autriche, d'Italie et d'Allemagne créent un "axe" commun contre l'immigration illégale.

Plutôt que de s'en inquiéter, il reste sur un discours vague "contre les populismes", qui lui permet d'y amalgamer l'extrême droite dont il applique la politique aux oppositions de gauche qui réclament davantage de démocratie.

Macron est silencieux sur les travers autocratiques de quelques pays clés de l'Europe.

#8. L'impasse libérale
En France, Macron emboite les pas de Sarkozy et de Hollande. Le jeune monarque s'essaye à tenir le cap des 3% du PIB en déficit budgétaire. L'exercice est délicat puisque ses mesures fiscales les plus importantes ont été une large exonération des foyers les plus aisés, un demi-million tout au plus pour une dizaine de milliards de cadeaux de trop (supression de l'ISF, plafonnement fiscal des revenus financiers), alors que le reste du pays, c'est-à-dire l'essentiel, la majorité, l'immense majorité, devait faire face à des exonérations retardées, des hausses et déremboursements immédiats et une promesse d'économie sur les services publics les plus essentiels comme les hôpitaux.

Pour la troisième fois, l'INSEE confirme que le pouvoir d'achat fléchit en 2018.


#9. Le pragmatisme xénophobe
Il fallait prendre à la lettre son slogan programmatique: "une Europe qui protège les Européens".

A Quimper où il s'amuse à célébrer "la fierté bretonne" le 22 juin, Emmanuel Macron s'inquiète de "la lèpre qui monte" en Europe. De qui se moque-t-il ? Sa Majesté tentait sans doute de surfer sur l'indignation provoquée par Donald Trump outre-Atlantique, ce même Donald Trump avec lequel il a multiplié les bisous et gestes d'affectation "parce c'est utile à notre diplomatie". Cette semaine, Trump choque une large fraction de son pays et le monde en décidant de séparer les enfants de clandestins de leurs parents, et de les enfermer dans des cages. L'émotion est immense. Mais en France, sommes nous mieux lotis ? 

Quand l'extrême droite parvient au gouvernement en Autriche, et arrache les ministères clés comme l'intérieur et les armées, Macron est là pour s'empresser de féliciter le nouveau chancelier et minimiser leurs différences. Quand l'Italie se dote d'un gouvernement xénophobe, Macron reçoit rapidement le premier ministre à l'Elysée pour le féliciter.

Mais pire, la politique migratoire d'Emmanuel Macron fait honte. Même son premier cercle tousse. Le décalage entre les discours lénifiants sur "la solidarité" et "la tradition d'accueil" de la France et de l'Europe, le "vocabulaire de l'extrême droite" repris par son sinistre ministre de l'Intérieur et le "pragmatisme xénophobe" et l'action, incarnée par ce Code de la Honte qui réduit les délais de dépôts de dossiers d'asile pour les réfugiés mais allonge la durée de leur rétention, y compris des mineurs, donne la nausée.

"On ne peut pas revoir nos valeurs à l'aune des risques du monde", Emmanuel Macron, candidat, le 10 janvier 2017.

"Nous devons conjuguer notre idéal et nos réalités" Emmanuel Macron, président,
le 21 juillet 2017.

Macron fait des selfies avec des sauveteurs, mais interdit l'accostage d'un bateau en péril chargé de 630 migrants aux larges de côtes corses. 

Il a fallu attendre une dizaine de jours avant que Sa Majesté, pourtant très présente devant les caméras, notamment ce 18 juin, réagisse publiquement, et en utilisant une novlangue technocratique indigne: "Sur ce sujet, ce qui a dysfonctionné c'est que nous n'avons pas eu une coopération suffisamment anticipée pour gérer le problème et donc nous souhaitons pouvoir construire. (...) En la matière les solutions faciles, les déclarations d'estrade ne sont jamais bonnes conseillères". La seule mesure concrète annoncée par Macron fut le renforcement des moyens de police de l'agence Frontex (pour porter ses effectifs de police à 10 000 personnes), pour "en faire une vraie police des frontières". Marine Le Pen aurait sans doute surenchéri. Mais aurait-elle récusé l'objectif et la trajectoire ?

"Comment avons-nous pu laisser un bateau avec 629 hommes, femmes et enfants dériver, aller nous faire rejeter par les fascistes italiens et ne rien dire alors qu'il était à 7 km de nos côtes ?" Fabien Gay, sénateur communiste. 

PLUS DE 34 000 MIGRANT(E)S MORTS DEPUIS 25 ANS IDENTIFIES
De qui Macron se moque-t-il ? Marine Le Pen en rêvait, Macron l'a fait. Il y a en effet peu de différences (la suppression de l'AME ?), voire aucune, entre le projet lepeniste et l'action du gouvernement Macron - fermeture des frontières, durcissements du droit d'asile, traque des clandestins et des aidants.  La politique migratoire et d'asile d'Emmanuel Macron se heurte à l'opposition de tous les partis de gauche et écologistes, de tous les syndicats, de toutes les ONG et associations humanitaires, et à l'abstention d'une centaine de ses propres député(e)s lors du vote du Code de la Honte. La Hongrie, la Pologne, le Royaume-Uni, l'Italie, et maintenant, la France "grâce" à Emmanuel Macron sont les piliers de cette Europe refermée sur elle-même, xénophobe au sens littéral du terme.



Macron enterre l'idéal européen. Il est devenu l'un des bras armés les plus puissants d'une Europe refermée et des thèses xénophobes de l'extrême droite.

Vous avez voté contre Marine, mais Manu fait le job.


Ami sarkozyste, où es-tu ?




17 juin 2018

580ème semaine politique: retour sur le cynisme de dingue d'Emmanuel Macron

 

Où l'on parle d'une radicalisation supplémentaire du jeune monarque, cette semaine où il claque 500 000 euros de vaisselle quand il dénonce le "pognon de dingue" que coûteraient les aides sociales. Et où il refuse l'accueil d'un bateau chargé de migrants sur les rives française tout en tweetant sur le devoir de responsabilité. Où il lance la privatisation de quelques joyaux nationaux pour financer sa politique de président de riches.

La triche et la honte
Pour sa campagne électorale victorieuse, celle qu'il a gagné grâce à un duel final contre une extrême droite dont il a finalement repris l'essentiel de la politique migratoire et sécuritaire (dixit l'un de ses anciens supporteurs, #lol), Emmanuel Macron a violé la loi. Il a bénéficié de ristournes prouvées et illégales de la part d'entrepreneurs amis pour ses frais de campagne. Les sommes en jeu dans ces "rabais Macron" sont faibles, plus faibles que les montants facturés par la France insoumise à deux prestataires que la commission de contrôle des comptes de campagne conteste à demi-mots. Mélenchon justement réclame une révision de tous les comptes de campagne. Puisque la commission n'a pas fait correctement son boulot,

La réalité est là, Macron a triché sur le "pognon de dingue" dépensé pour sa campagne et qu'il entend se faire rembourser aujourd'hui.

L'association Anticor a porté plainte.

En début de semaine, Macron tweete et tweete encore des bons mots sur le désir de solidarité et de compassion à l'égard des réfugiés du monde entier.

Justement, un bateau de SOS Mediterranée, avec 629 migrants à son bord, réclame de pouvoir accoster sur les cotes italiennes. Le nouveau gouvernement de coalition avec l'extrême droite héritière des fascistes, lui interdit.  Le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni propose mardi 12 juin d'accueillir le navire sur l'île. Mais la République lui interdit. Le gouvernement macroniste s'oppose. Emmanuel Macron est ce "bon bourgeois qui regarde ailleurs". La France refuse l'accueil à ce bateau en perdition.

C'est finalement à Valence, en Espagne, 3 jours et deux morts plus tard, que le bateau accoste enfin. A Paris, quelques élu(e)s macronistes ne cachent plus leur écoeurement devant le cynisme de l'équipe Macron/Philippe/Collomb: "on les accueille et on voit après !" enrage la députée Sonia Krimi, les larmes aux yeux.

Mais ce n'est pas tout.

Vendredi, le cynisme du jeune monarque est à son comble quand il tweet à nouveau: "sur l'immigration, souvenons-nous qu'il s'agit de vies humaines"...

"Cynisme de dingue"
Pour sortir de cette polémique, le clan macroniste imagine une contre-offensive des plus fumeuses, dont la mise en scène est confirmée par un conseiller ministériel. Mais la manipulation se révèle trop voyante, la ficelle trop grosse, l'expression toute en mépris social. Dans une vidéo faussement "volée" et postée vers minuit sur Twitter par Sibeth Ndiaye, la directrice de la communication élyséenne, on voit le jeune monarque s'appliquer à tester son raisonnement contre les aides sociales devant une assistance de conseillers: "On met un pognon dingue et les pauvres restent pauvres!" L'homme qui dit cela a rendu  15 000 euros mensuels de suppression d'ISF, sans aucune contrepartie, à moins de 450 000 des foyers les plus aisés du pays.


Vous avez bien lu, nous avons bien entendu: les minimas sociaux coûtent "un pognon de dingue". Et il faut "responsabiliser les pauvres". Macron répète l'argument conservateur ultime - attaquer l'efficacité des prestations sociales, qui restent le plus fort et le plus important élément de redistribution sociale du pays, avec une hargne aussi intense que sa passivité polie sur l'efficacité des exonérations fiscales accordées à la France d'en haut.

Agnès Buzyn, celle pour qui la Sécu "n'est pas là pour rembourser des montures Chanel" ose justifier d'un gros mensonge, le lendemain: "c'était une conversation privée autour d'un discours. Il était en train de penser". Car même au gouvernement, on avoue que la manœuvre publicitaire est bien préparée, "Il fallait faire monter le sujet, attirer l’attention coûte que coûte. A côté de la tragédie de l’Aquarius, le congrès de la Mutualité ne faisait pas le poids" confie un responsable de la communication d’un ministre du gouvernement Philippe.

La belle affaire...

La même Buzyn, le surlendemain à l'Assemblée, continue l'attaque contre les prestations sociales: il faudra s'assurer que le montant des prestations sociales s’appuie "sur les ressources d’une personne au moment de sa déclaration."
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Introduire le doute sur l’éligibilité des pauvres aux prestations sociales, alors que l’État devrait être condamné en justice pour non-assistance aux millions qui ne réclament pas les aides auxquelles ils ont droit., n'est-ce pas la Macronista ainsi bien résumée ?

Quelque 5 milliards du RSA ne sont pas versés faute de réclamation et à cause du labyrinthe administratif créé par un certain Martin Hirsch, alors ministre de Nicolas Sarkozy.  Plus généralement, près d'un Français sur deux ignorerait les aides auxquelles il a droit.

"La présidence des riches pousse partout à une violence qui suffoque la société." Jean-Luc Mélenchon

La sous-ministre à l'Egalité Femmes/Hommes, Marlene Schiappa, se fend d'un tweet où elle croit citer Karl Marx pour défendre les déclarations de son patron de monarque. La citation est fausse, lui rappelle son propre père, dans un court billet sur Facebook qui ne fait que citer la doxa marxiste. Le contre-sens de la ministre est total.
"On est très content. C’est un succès." 
Un conseiller élyséen.

Mercredi 13 juin, Jupiter délivre donc son "grand" discours de politique sociale au congrès de la Mutualité Française, à Montpellier. Il est sifflé. Même Sarkozy n'avait pas osé, en son temps, venir défier l'argument de solidarité nationale qu'est notre système de prestations sociales. A Montpellier, Macron déroule le même raisonnement rapidement mis en scène pour Twitter, de façon grossière: les pauvres sont toujours pauvres ("Mais dans les faits, ce que nous constatons, c'est que tous les jours l'effectivité de ces droits est remis en cause (...)."); les prestations sociales coutent de plus en plus  cher ("nous consacrons une part toujours plus grande de notre richesse nationale à la protection sociale."), trop cher puisqu'elles sont inefficaces.

Donc la conclusion macroniste est simple, évident, logique: il faut "réinventer un système qui rende les droits effectifs et concrets pour tous nos concitoyens", "s'attaquer à mes yeux au problème à la racine, aux dysfonctionnements d'un système social trop centré sur les acteurs et pas assez sur nos compatriotes".

Bizarrement, il n'applique pas, jamais, cette même logique à la politique de l'offre (cf. le bilan désastreux pour les finances publiques du CICE) ou à la baisse massive des impôts des plus riches du pays.

Bizarrement.

Le doublage chantage contre les pauvres
Ce mercredi à Montpellier, Jupiter est clément, il a une grosse mesure sociale à annoncer, encore un "pognon de dingue" qu'il faudra bien trouver en réduisant ailleurs. Les pauvres et autres fragiles, soit environ l'essentiel des foyers du pays, pourront se doter de prothèses dentaires, auditives ou de lunettes sans débourser un centime, mais sous conditions. C'est une promesse de campagne, et une mesure forte et habile. Le flou sur l'augmentation éventuelle des cotisations de mutuelles est total.

De ces recommandations jupitériennes, évacuons les arguments de façades qui ne correspondent à rien de la pratique gouvernementale depuis un an ("prévention de la pauvreté" ?). Concentrons nous sur le premier chantage: réclamer du travail aux bénéficiaires du RSA. Le Conseil d'Etat vient d'ailleurs de lui donner quelque espoir: saisi par le préfet du Haut-Rhin qui contestait l'obligation à quelques heures de travail imposée par le conseil départemental de droite aux bénéficiaires du RSA (Faire sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir priver de l'allocation du RSA), il a considéré que cela n'était pas illégal.

A Montpellier, Macron est explicite:
"Il y a ensuite la part de celles et ceux qui peuvent revenir vers le travail, mais que rien n'incite, ni n'accompagne pour faire ce chemin. Et c'est là où il nous faut tout à la fois accompagner et responsabiliser, et j'assume ce double discours, à la fois, cet « en même temps », il y a celles et ceux qui, étant aux minima sociaux, y restent parce qu'ils ne peuvent pas reprendre un emploi à temps plein pour des raisons familiales, pour des raisons d'accompagnement d’eux-mêmes ou du reste de la famille, et pour lesquels, aller vers quelques heures de travail, aller, avec un accompagnement social, vers le travail est la bonne réponse."
Réclamer des heures de travail en échange du revenu minimum de solidarité, voici que nous sommes prévenus.

Jupiter précise d'ailleurs ce qu'il entend par cet "accompagnement social vers le travail" qu'il veut mettre en place pour les bénéficiaires des minima sociaux tels le RSA: "cet accompagnement va avec une responsabilisation, va aussi avec un contrôle, va avec un suivi, parce qu'il existe, vous avez eu raison de rappeler qu'elles ne sont pas majoritaires, mais des situations où des gens se sont installés dans une forme d'exclusion, mais où ils ont construit leur existence et où dans les situations économiques où nous sommes, nous devons, là aussi, les accompagner, les responsabiliser et leur faire retrouver le travail, parce qu'ils en sont capables." La novlangue utilisée pour masquer la réalité du flicage et des sanctions à prévoir contre celles et ceux qui, "accompagné(e)s vers le travail", ne donneront pas satisfaction, est écœurant.

Elle s'accompagne d'un second chantage: si dans "ce chemin d'accompagnement et de responsabilisation qui permet l'émancipation dans et par le travail" précise Macron, "toutes celles et ceux qui peuvent faire ce chemin ne le font pas, nous n'aurons pas légitimement les moyens d'aller financer les risques légitimes et la grande vulnérabilité que j'évoquais tout à l'heure". En d'autres termes, bougez vous les pauvres et les fainéants ! Car sinon, on ne pourra plus payer le reste des prestations sociales ! Jupiter prévient: pas question de "dépenser plus en ne responsabilisant personne."

Que n'a-t-il utilisé le même vocable au sujet de sa politique d'assistanat aux plus aisés du pays, ou sur le bilan du pacte irresponsable de responsabilité, incluant ce CICE que Macron a pérennisé ?

Comme le souligne l'hebdomadaire Marianne, Macron suit les pas de Nicolas Sarkozy version 2009 et Laurent Wauquiez quand ces derniers réclamaient de subordonner l'accès au RSA (550 euros mensuels actuellement) à un minimum d'heures de travail par mois.

L'efficacité des aides sociales
Plutôt que de commenter l'aggravation des inégalités de revenus que son propre gouvernement a réalisé,  Macron fustige donc les prestations sociales: "la réponse à la pauvreté ne saurait être monétaire" explique-t-il (sic!). Il s'abrite derrière des formules creuses qui sont à l'exact inverse de la politique qu'il mène depuis un an: il loue un "Etat providence de la dignité et de l'émancipation" mais aggrave les inégalités avec la suppression de l'ISF sans contreparties, le plafonnement des impôts et cotisations sur les revenus de la spéculation et de l'épargne à un niveau plus bas que ceux du travail, l'augmentation des déremboursements et du forfait hospitalier, la réduction des aides au logement, ou la déconstruction des engagements de logement social. 

Source: Alternatives Economiques
Macron dépense un "pognon de dingue" en exonérations fiscales pour les entreprises, suivant l'exemple désastreux des politiques reaganiennes des années 80.

Un "pognon de dingue" en réduction d'impôts pour quelques centaines de milliers de foyers les plus riches.

Il s'autorise un "silence de dingue" contre les paradis fiscaux, où "il n’y a jamais eu autant d’argent sale", rapporte le juge Renaud Van Ruymbeke dans une édifiante interview aux Jours.

Il nie la réalité: l'ensemble des prestations sociales réduisent les inégalités sociales dans une proportion inégalée en Occident. C'est démontré année après année, malgré les arguments des défenseurs de la rente et de la France d'en haut.

Les deux tiers des réductions des inégalités de revenus en France sont obtenus grâce aux prestations sociales:  "En 2016, les prestations sociales mettent en jeu des masses moyennes deux fois moins importantes que les prélèvements mais contribuent pour 65 % à la réduction des inégalités, soit presque deux fois plus que les prélèvements" explique l'INSEE.

Le train de vie du président des riches
Macron est ainsi, hors sol, volontairement ignorant d'une réalité de classe qui le dérange. Il ne comprend d'ailleurs pas qu'on s'indigne quand il dépense sans compter l'argent des contribuables pour les besoins de son confort présidentiel.

Macron dépense un "pognon de dingue". 

Le jour même de ce discours, le Canard Enchainé confirme que le couple Macron a commandé pour 500 000 euros de vaisselle en porcelaine à la Manufacture de Sèvres. Et qu'il a préféré dépenser une vingtaine de milliers d'euros de l'argent des contribuables en jet privé pour parcourir 110 km entre La Roche-sur-Yon (Vendée) à Rochefort (Charente-Maritime).

Quand il présidait le pays, le Général de Gaulle payait lui-même ses factures de gaz et d'électricité, et même sa vaisselle à l'Elysée. Jupiter accorde 400 000 euros d'argent public à son épouse, et voyage en jet privé y compris pour des déplacements privés.


7 milliards d'économies sur les minima sociaux.
L'hôpital public coute un "pognon de dingue". C'est pour cela que le gouvernement a supprimé 1,6 milliards de crédits pour 2018. Quand deux infirmières réclamaient davantage de moyens au jeune monarque en visite publicitaire dans au CHU de Rouen en avril dernier, Jupiter répliquait qu' "il y a des catégories de postes où il faut le faire (...) et des réorganisations à faire" tandis qu'Agnès Buzyn roulait des yeux en expliquant que "l''activité des hôpitaux en France a baissé de 2% alors qu'on augmente les budgets."

Depuis janvier, quelque 100 000 patients des hôpitaux publics ont passé au moins une nuit sur un brancard. Où est passé Agnès Buzyn ?

L’hôpital public n'est pas seul menacé. Le projet Cap 22 est ce plan encore tenu secret qui vise à économiser un "pognon de dingue" sur les services publics, 30 milliards d'euros d'économies d'ici 2022, dont la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. 34 hauts fonctionnaires et cadres supérieurs y travaillent en secret: aucun travailleur de terrain, aucune infirmière, aucun ouvrier, juste une ancienne représentante de la CFDT (révolutionnaire !). Ce petit groupe acquis à la marche macroniste comprend même deux représentants de fonds d'investissement (BlackRock et FDR Finances).

La livraison du premier rapport a pris du retard.

Le gouvernement dément encore les révélations du Canard Enchaîné sur les 7 milliards d'euros d'économies sur les minima sociaux, dans le cadre du plan CAP22. Et pourtant le journal persiste et signe.

Pourtant, peu à peu chaque ministre déshabille ses propres équipes. Ainsi, sur les bancs de l'Assemblée nationale, Bruno Le Maire justifie la suppression de quelques dizaines de postes de surveillance sanitaire à la DGCCRF.

Pour protéger des intérêts économiques, les député.e.s godillots adoptent la nouvelle loi sur le secret des affaires. Promesse non tenue, cette loi ne renforce pas mais affaiblit les protections des journalistes, des médias, des chercheurs, des syndicalistes, bref, des lanceurs d'alerte en tous genres: elle définit un droit au secret des plus flous qui autorise les entreprises à placer tout et n'importe quoi sous le sceau du secret inviolable des affaires. Le député LREM rapporteur de cette loi, Raphaël Gauvain, est un ancien avocat d'affaires spécialisé dans les contentieux d'affaires pour le compte de grandes entreprises.

Vendredi 14 juin, jour du vote, la quasi-totalité des journaux français, mais aussi 52 organisations et syndicats: "Les représentants du personnel pourront être poursuivis pour avoir diffusé des informations aux salariés. Les ONG devront démontrer qu’elles agissent pour le bien commun. Et les organes de presse pourront être assignés devant des tribunaux de commerce" expliquent les signataires de la tribune.


Privatiser pour financer les cadeaux fiscaux
Lundi 18 juin, le gouvernement examine en conseil des ministres la loi "Pacte". Sur son site de promotion publicitaire, le gouvernement se félicite de la "co-construction" organisée en deux étapes, d'abord avec des représentants du patronats (jamais des salariés), puis une "consultation citoyenne" si discrète que moins de 8 000 citoyens y ont participé. La "consultation" des syndicats s'est réduit à un entretien d'une heure environ avec chaque organisation. La Macronista préfère la "co-construction" des lois avec des lobbyistes du privé. Dans ces premières grandes lignes, le projet apparaît surtout comme un gadget fourre-tout, recyclant des mesures déjà connues voire en place (comme la défiscalisation de l'assurance-vie placée dans le capital de PME), d'autres bonnes idées, et d'autres franchement plus affreuses (alléger les seuils sociaux dans les entreprises, faciliter les transmissions d'héritage).

A la dernière minute, le ministre Bruno Le Maire a décidé d'ajouter un volet de privatisations à cette loi, une mesure jamais annoncée lors de cette fabuleuse "co-construction" du "Pacte". Ah les cachotiers ! Le gouvernement espère récupérer 15 milliards, un "pognon de dingue"  de la vente de quelques bijoux de famille pour financer les cadeaux fiscaux inutiles mais coûteux dont on réalise qu'ils ont sans doute plombé le début du quinquennat  - des entreprises rentables, parfois en situation monopolistique, un cadeau du ciel pour les racheteurs privés: Aéroports de Paris, la France des Jeux, et Engie (ex-GDF). Bruno Le Maire a des grandes formules, inspirées du programme de gouvernement de Jacques Chirac en ... 1986: "L'Etat, pour sa part, doit être un Etat stratège. Il n'a pas vocation à diriger des entreprises concurrentielles à la place d'actionnaires qui ont les compétences et les savoir-faire pour le faire mieux que lui."

Le "Pacte" est une loi alibi pour habiller une énième libéralisation reaganienne.

Quelle modernité...





Ami macroniste sarkozyste, où es-tu ? 




Mise à jour du 18 juin.

Macron célèbre l'un des derniers compagnons de la Libération, lui qui sabre, abime et tue à petit feu l'héritage du CNR. En croisant un lycéen qui chante l'internationale et le tutoie d'un gentil "ça va, Manu ?", il s'exclame: "Tu m'appelles Monsieur le président de la République."
Rien que cela.

La macronista est résumée dans ce tutoiement à sens unique.




9 juin 2018

579ème semaine politique: décrypter la novlangue macroniste.

 

 

Pour conquérir les esprits, la macronista utilise une "novlangue", un langage positif, neutre, parfois technique, pour décrire la réalité, adoucir la dureté de son action, masquer l'inégalité de sa politique. Ce n'est pas nouveau, mais c'est plus grossier qu'avant.


"Trump mon ami"
Au Canada où se tient un G7, le jeune monarque fait le spectacle. Ses bisous, poignées de mains, embrassades et plantage d'arbuste aussitôt déraciné une fois parties les caméras, le mois dernier avec le clown de la Maison Blanche n'y auront  rien changé. Donald Trump n'en a fait qu'a sa tête. Il a dénoncé l'accord sur le nucléaire iranien et, surtout, imposé des taxes douanières sur l'acier européen. Plus grave encore, il se moque sur Twitter, quotidiennement, des haussements d'épaules et saillies verbales du jeune Jupiter.

Avant ce G7, spectacle de la mondialisation, Trump attaque, rit et raille. Emmanuel Macron tweete comme une brute. Il menace d'organiser un G7 à 6, sans les Etats-Unis, première puissance mondiale. Cet éclair de lucidité sur le gouvernement américain désormais isolationniste arrive bien tard et sonne bien ridicule. Que comprendre de l'attitude de Macron qui plante des arbres avec Trump devant les photographes un jour et, quatre semaines après, déraille sa voix dans des sons trop aigus à cause d'une déception diplomatique ?

Que Jupiter est inconséquent, donc fragile, et peu crédible. Il fallait lire les tweets amusés de Trump à l'égard du jeune monarque.

Quand Trump et Macron enfin se rencontrent à La Malbaie au Québec, la presse insiste sur cette poignée de mains où Jupiter laisse l'empreinte de son pouce sur le dessus de la main du président américain.

On a les victoires qu'on peut.

"Les aides sociales ne sont pas efficaces."
Benjamin  Griveaux réécrit la réalité, comme à chaque fois. Porte-parole du gouvernement, porte-flingue de la macronista, l'ancien strauss-kahnien est l'une des meilleures voix de la novlangue macroniste. Il faut l'écouter pour comprendre les éléments de langage, Griveaux est avec Castaner l'un des meilleurs spécimens.

Un jeudi matin sur France inter, "la première matinale de France", Griveaux sourit jaune quand on l'interroge sur les révélations du jour, le favoritisme financier suspect dont a bénéficié la campagne électorale du candidat Macron, ou les conflits d'intérêt du secrétaire général de l'Elysée, le jeune Kohler ("Il n’y a pas de fragilisation du Président").  

 La Macronista est prise dans deux nouvelles affaires. Une arnaque au financement des comptes de campagne ignorée par la Commission de Contrôle, et un conflit d'intérêt. 

Mais Griveaux est très efficace en novlangue. Ainsi souligne-t-il que la macronista n'entend pas baisser les aides sociales puisqu'elle a augmenté les minima sociaux. Notez déjà la confusion volontaire, assimiler les aides sociales aux minima sociaux, quelle belle réduction de réalité ! Les minima sociaux ne sont qu'une partie des aides sociales (12% des prestations sociales), qui incorporent notamment aides au logement (réduites par Macron en 2018), les prestations familiales ou la prime d'activité que les ministres Darmanin et Le Maire songent à réduire également.

Mais Griveaux continue et relaye ce que tous les zélotes macronistes répètent sur d'autres ondes: "Il y a neuf millions de personnes en situation de pauvreté en France. Si les aides sociales étaient efficaces, ça se saurait et ça se verrait et ça se verrait mieux que ça". Le message est passé: les aides sociales seraient inefficaces. Saper, petit à petit, le concept même d'aide et de redistribution, voilà l'objectif.

Griveaux ment effrontément. La France est l'un des pays les moins inégalitaires des pays occidentaux grâce à ses aides sociales. Les aides sociales, plus que l'impôt, réduisent les inégalités: un exemple statistique, répété par l'INSEE, "en 2016, le niveau de vie des 10% de Français les plus riches était 23 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, avant  l’impôt et la distribution des aides. Après, l’écart se réduit à 5,7."

Sans pudeur, Griveaux réitère sa saillie verbale sur "l'homme pauvre"  qu'il veut sortir de la pauvreté par le travail. Cette reconversion du slogan sarkozyste - travailler plus pour gagner plus - cache mal la précarisation du travail qui à l'oeuvre. Novlangue encore quand il ose affirmer: "Moi je considère que c'est le travail qui, aujourd'hui, est un facteur d'émancipation, de progression". Les ordonnances Travail passées en force à l'été 2017 ont supprimé 200 000 postes de représentants de salariés dans les entreprises, accorder plus de liberté aux employeurs pour aménager des conditions de travail moins favorables que les accords de branche et créer le contrat de travail salarié le plus précaire. Mais Griveaux, indécent, répète les mots, tout aussi indécents: "émancipation", "État d'investissement social", "épanouissement". 

Le lendemain, sur la même antenne, un jeune économiste français, Gabriel Zuckman, dépeint de quelques phrases l'échec de la théorie du "ruissellement" chère à Macron et ses sbires: "Aux États-Unis, cela a provoqué un niveau d'inégalité aussi élevé que dans la Russie de Vladimir Poutine." La réduction massive des impôts pour les classes les plus aisées opérées il y a bientôt quatre décennies par l'administration Reagan, associée à une dérégulation des marchés financiers, a provoqué une explosion des inégalités outre-Atlantique.

Mais chut... Dormez tranquille.

"Les assignés à résidence"
C'est la formule à la mode en macronista. Pour tenter d'échapper à l'accusation de servir les intérêts des rentiers, cette présidence des riches s'est inventée un vocabulaire: soutenir les "premiers de cordées", comme les avait appelé Emmanuel Macron lors de l'un de ses exercices de publicité télévisuelle en début d'année, n'avait pas retourné les esprits, bien au contraire. Jupiter fut raillé. La nouvelle formule pour défendre le darwinisme social macroniste serait la lutte contre "l'assignement à résidence", c'est-à-dire promouvoir l'égalité des chances, corriger les inégalités de départ nées des hasards de naissance, d'héritage, de culture. Au passage, les mesures les plus coûteuses de la première année de la macronista s'inscrivent en faux avec cette nouvelle doxa - suppression de l'ISF, réduction de l'imposition des revenus de la rente. Mais passons. Prenons les macronistes au mot.

Les mêmes conseillers élyséens, a-t-on fuité dans la presse, ont parait-il un "plan" pour contrecarrer cette désastreuse image de Président des riches qui colle aux basques d'Emmanuel Macron. Une note "confidentielle" est communiqué au Monde (#lol),  et sans surprise on y apprend que les trois conseillers de la première heure s'inquiètent: "le thème de la lutte contre les inégalités d’accès, qui était constitutif de l’identité politique du candidat, est occulté."

L'essence même du projet idéologique libéral consiste en cela: permettre à chacun un accès équitable à la grande compétition de chacun contre les autres, et que le meilleur gagne. Et mort aux perdants, dans ce monde idéal où "l'assignation à résidence" initiale aura été corrigée.

A quelques lieues de l’Élysée où les conseillers élyséens peaufine la communication jupitérienne sur fond de publi-reportages de l'agence Bestimage, une "famille en danger", comme elle se surnomme, en appelle aux dons pour se payer un avocat, avant une échéance judiciaire fatidique et l'expulsion programmée de leur maison familiale. Les quelques milliers d'euros sont heureusement rassemblés, un nouvel espoir.

Ce drame particulier, tristement exemplaire du chômage et de la précarité, ne rentre pas dans le cadre de la novlangue macroniste du moment sur les "assignés à résidence". Les victimes du monde Bisounours de cette présidence des riches, "ceux qui ne sont rien" comme les a qualifié Emmanuel Macron, sortent du cadre.

"La grève ne sert à rien"
Ont-ils honte de ce qu'ils font ? Les voici qu'ils lisent le dernier brûlot d'Edouard Louis, un jeune auteur issue de ces fameuses classes de travailleurs pauvres dont prétend se soucier Benjamin Griveaux: Dans son dernier ouvrage "Qui a tué mon père", l'écrivain décrit l'impact, direct, immédiat, de ces "réformes" qui réduisent les prestations sociales au nom de la Dette, du Marché et de l'Efficience. Quand l'Elysée fait fuiter que les conseillers élyséens apprécient l'ouvrage, Louis réplique violemment et sagement: "mon livre s'insurge contre ce que vous êtes et ce que vous faites. Abstenez-vous d’essayer de m’utiliser pour masquer la violence que vous incarnez et exercez. J’écris pour vous faire honte. J’écris pour donner des armes à celles et ceux qui vous combattent."

Cette présidence qui lit Édouard Louis n'a pas de mots assez durs contre le mouvement social. 

Les jours de grève se poursuivent à la SNCF. Le taux de grévistes s'affaisse, et la loi de "réforme" passe au Sénat. A l'Elysée, on se réjouit. La novlangue macroniste fait rage: la grève aurait échoué, Macron aurait tenu bon.

Certes, la fin du statut de cheminots est prévu pour 2020, et la privatisation du rail est maintenue, par étape à partir de 2020 (TGV, puis les TER entre 2019 et 2023, puis en 2033 pour les autres lignes). Pourtant, sans cette grève, le gouvernement n'aurait pas cédé sur d'autres points cruciaux: Macron a été forcé de faire acter dans la loi l'incessibilité des titres de la future société anonyme SNCF, après l'avoir refusé aux députés de la France insoumise. Il a aussi été contraint d'apporter des garanties sociales qu'il refusait initialement, sur les transferts de personnel en cas de privatisation de ligne ou la création d’un périmètre social ferroviaire.

Plus discrètement encore, à Rouvray, près de Rouen, la cinquantaine de personnel hospitalier de l'établissement psychiatrique de la ville, en grève de la faim depuis deux semaines, ont obtenu la création de 30 postes supplémentaires.

Oui la grève, parfois, ça paye.


"Les HLM ne pourront pas être rachetées par des “fonds spéculatifs” "
A l'Assemblée nationale, les députés godillots détruisent les maigres avancées récents du droit en matière de logement, une "grande dérégulation" résume Le Monde. Ils ont baptisé cette démolition la loi "ELAN' ("Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique"). Notez l'introduction du terme "numérique" dans l'intitulé, ça fait moderne. Qui voudrait s'opposer à la modernité ? La novlangue commence là, dans le titre même des lois.

Il y a d'abord cette victoire du lobby immobilier, gêné par l'obligation faite aux nouvelles constructions d'appartement d'être accessibles aux handicapés. Désormais, seuls 10% des logements neufs devront remplir ce critère. Les députés godillots expliquent que l'ancienne obligation était "compliquée" à gérer.

Il y a ensuite le détricotage de la la loi SRU vieille de 18 ans: les communes pourront comptabiliser pendant une décennie dans leur obligation de logement social les ex-HLM vendus au privé. Le gouvernement se fixe d'ailleurs un ambitieux objectif de vente de logements HLM à leurs locataires, de 8 000 à 40 000 par an... Un (trop) jeune député godillot vient défendre la mesure à la radio, il conteste que ces ventes de HLM puissent profiter à des fonds d'investissement privé: "ça a été une fausse information qui a circulé sur ces fonds de pension (...). On parle de sociétés HLM créées expressément pour, justement, la vente de ces logements, mais il ne s'agit pas de fonds spéculatifs, de fonds financiers."

Il ment. L'AFP le dément le lendemain. Cette présidence des riches et des rentiers peine à trouver les mots justes. La novlangue a ses limites. 

Il y a aussi cette dérégulation de la loi "Littoral", pour construire et bétonner plus vite, plus simplement, plus largement, le littoral français là où il y a encore des "trous" entre les habitations. Tollé, scandale, et protestation. Cette fois-ci, le gouvernement recule, les députés godillots suivent les nouvelles consignes.

"Fermeté et humanisme"

Au Sénat, la droite durcit le Code de la honte, aka la loi asile et immigration. A l'instar de leur camarade Gérard Collomb, quelques centaines de vieux blancs bourgeois s'inquiètent du "grand remplacement". Au slogan "humanisme et fermeté", les sénateurs ont préféré "cohérence et efficacité".

La République est loin, très loin. Les sénateurs ont décidé de refuser l’extension de la réunification aux frères et aux sœurs des réfugiés mineurs. Ils ont aussi durci les conditions d'accès à l'aide médicale d'Etat (300.000 personnes concernées) en la limitant aux personnes migrantes souffrant de "maladies graves ou douloureuses", "à la médecine préventive" et aux "soins liés à la grossesse".

L'Aide Médicale d'Etat coutait entre 10 et 30% de l'économie d'impôt que ces mêmes sénateurs ont accordé à 350 000 foyers en supprimant l'ISF.

 Ont-ils honte de ce qu'ils font ? Pas forcément.

Quelle novlangue vont-ils inventé ?

Une enquête sondagière inquiète: "un sondage pointe un risque de coupure «définitive» avec l'électorat de gauche" explique le Figaro. Sans rire ? Enfin ? Le seul "maintien" sondagier de Jupiter ne tient qu'à la droite filloniste.

Qui est surpris ?