31 mars 2019

Pourquoi Macron ne fait pas campagne pour les élections européennes

 

Le déni démocratique est total. A six semaines de l'élection du parlement européen, la Macronie n'a pas dévoilé son programme. Et voici pourquoi.


Les élections européennes sont importantes, qui pourrait le contester ?

Premièrement, l'Union européenne est en crise politique, avec la sortie possible ou probable du Royaume Uni dans les prochaines semaines. Le Brexit est un coup pour l'Union. Le miracle européen devient mirage. La sortie du Royaume uni semble inéluctable. Theresa May a mis sa démission dans la balance et, vendredi 29 mars, cela n'a pas suffit à lui faire obtenir une majorité d'accord sur son projet de départ négocié. Cette politique sacrificielle ne change rien à la farce. Le Brexit, obtenu sur fond d'abstentions et de surenchères xénophobes, ressemble désormais à un fiasco politique qui décrédibilise jusqu'à la démocratie parlementaire elle-même. Le Brexit est un épouvantail idéal pour Macron et quelques autres euro-béats

Deuxièmement, la quasi-totalité des gouvernements européens se sont alignés sur la doxa libérale: réduction de la dépense et des services publics, défiscalisation des foyers aisés et des grandes entreprises et, surtout, libre-concurrence. Le "projet européen" de Macron n’inclura pas de changement de ligne politique. Les "cadeaux sociaux" de Noël en France ont été arrachés par des semaines de luttes des Gilets Jaunes. Comment imaginer que la liste macroniste qui s'est auto-proclamée "progressiste" soutienne l'idée d'étendre le droit syndical alors que la loi Travail a "permis" de supprimer des milliers de postes d'élus du personnel et de renverser la hiérarchie des normes ? Macron est grandiloquent mais osera-t-il accepter de rogner le sacro-saint droit de la concurrence et réviser les règles des marchés publics pour favoriser les entreprises qui respectent les droits des travailleurs et l’écosystème (proposition LFI) ?

Dans son courrier fin février, qui sert de boussole à des macronistes déboussolés, le jeune monarque appelle à défendre la démocratie. Mais en France, il a réduit la protection des sources journalistiques et des lanceurs d'alerte; réduit les libertés publiques avec sa loi anti-Casseur et la légalisation permanente de l'état d'urgence; il a réduit le droit d'asile, réduit le pouvoir des syndicats. Il nie même les violences policières, comme encore cette semaine, où il a publiquement menti sur les circonstances de la chute d'une manifestante septuagénaire.

Macron promeut l'idée d'un "salaire minimum européen, adapté à chaque pays". Un salaire minimum sans plancher... bel oxymore, comme toujours. Macron promeut la "renaissance européenne", mais sur quelles bases ? En France, il s'est engagé dans une "rénovation" du modèle français en réduisant l'accès aux prestations sociales et sa fonction publique de 120 000 postes, et en introduisant de la concurrence partout où il le peut: dans les recrutements d'élèves de l'université publique (via la réforme Parcoursup), dans l'obtention du bac (avec l'introduction du contrôle continu et d'un grand oral), dans la gestion des effectifs de la Fonction publique même dans les services les plus régaliens tels le fisc; dans les transports (le rail, ADP); dans les hôpitaux (fermeture des établissements non rentables).

Troisièmement, l'Union européenne est invoquée comme un prétexte facile par les dirigeants libéraux tels Macron quand ils veulent faire passer la pilule. Tout autant que par les europhobes quand il s'agit d'expliquer que l'Europe est la cause de tous nos maux. Les élections européennes sont l'occasion de débattre de ces faiblesses démocratiques. Le prochain scrutin est symbolique, c'est un simulacre. Certes, les citoyens pourront voter et désigner leurs élus au Parlement. Mais le vrai pouvoir reste à la Commission, qui n'est pas désigné, seulement adoubée, par le Parlement, et au Conseil des chefs d’États européens. Des propositions d'amélioration sont sur la table :  créer un « mois parlementaire européen » pendant lequel les parlements nationaux se prononcent sur les textes européens avant leur mise en débat au niveau européen; ou faire désigner le président de la BCE par le Parlement. Mais peu de chance que le "projet européen" de Macron inclue des obligations de transparence sur les lobbys, comme la tenue d'un "registre des lobbys et lobbyistes, la publication de tous les rendez-vous des députés, commissaires ou fonctionnaires européens avec des lobbyistes"(proposition de la France insoumise). Le gouvernement Macron est truffé d'anciens lobbyistes, ministres ou membres des cabinets; Macron a durci le secret des affaires; sa loi sur la transparence parlementaire est suffisamment floue sur les lobbies en France.


Quatrièmement, l'échelon européen est sans aucun doute celui qui compte pour peser dans la lutte contre la crise écologique. Mais là encore, la Macronie se tait, ou plutôt elle brasse du vent. Elle a réussi à débaucher Pascal Canfin et Pascal Durand (qui ?). Et Canfin ose justifier son ralliement par la garantie de son indépendance vis-à-vis des insuffisances écologistes de la Macronie ... en France (sic!). On suppose que ces macronistes, historiques ou débauchés, ne remettront pas en cause le CETA; qu'il refuseront d'augmenter les objectifs de réduction des émissions ou de sortir des pesticides, des néonicotinoïdes et des OGM (proposition des listes LFI, EELV, PS et Generation.s.). Le "projet européen" de Macron ne prévoira pas non plus l'interdiction des perturbateurs endocriniens, ni des élevages en batterie, ni des sévices sur les animaux vivants (la récente loi EGALIM prévoit l'inverse !). Peu de chances qu'il s'oppose à la brevetabilité du vivant ou qu'il soutienne la taxation carbone du kérosène (Jupiter l'avait refusé en France, lui préférant une surtaxation du diesel). Peu de chances qu'il accepte de réduire les soutiens directs et indirects aux énergies fossiles, quand on sait que les 6 banques françaises habituelles des "fêtes à selfies" de la Finance Verte organisés régulièrement par Macron ont réduit leur financement des énergies renouvelables. Les macronistes sont-ils au moins favorable aux proposition actuelles du Parlement européen visant à interdire mondialement l’expérimentation animale dans les cosmétiques ?

Les élections peinent à mobiliser: l'abstention y est plus forte que sur les scrutins nationaux. Les sujets de débats contradictoires sont nombreux. Mais la Macronie n'y prend pas part. Elle ne dit rien, ou si peu. Elle tait son "projet européen". Le camp macroniste refuse de faire campagne: deux mois avant le scrutin, il dévoile sa liste composée de débauchages divers, de quelques médiacrates qui au moins assument leur opinion. Mais de programme, nulle part. "Il sera dévoilé dans le courant du mois d’avril." prévient-on sur le site officiel du parti présidentiel.

L'ADN politique de Macron n'est pas l'Europe mais la confiscation du débat démocratique par des campagnes aussi éclair que floues et caricaturales.

Fin février, les macronistes ouvrent un site internet, vide. Fin mars, un début de liste de candidats a été dévoilée. C'est la seconde contribution macroniste au débat pour ce scrutin européen. Et c'est bien maigre. Pour l'heure, le "projet européen" de la Macronie se résume à un courrier du jeune monarque qui nous encombre de gadgets si chers à la novlangue jupitérienne. La liste donne le tournis: "Agence européenne de protection des démocraties", "office européen de l’asile", "Conseil européen de sécurité intérieure", "Banque européenne du climat", "force sanitaire européenne", "Conférence pour l’Europe"... Ces gadgets sont utiles, ils ont des appellations pompeuses, ils rassurent les béats et les paresseux, ils font croire que l'on agit. Ils habillent la réalité.

Chacun de ces gadgets trouve sa contradiction dans l'actuelle politique de Macron: Jupiter repousse les délais de fermeture de nos centrales nucléaires hors d'âge, il repousse l'interdiction des pesticides; il gèle les prestations sociales; il précarise les salariés devant leurs employeurs; il durcit les conditions de l'asile politique; il réduit les libertés publiques; il nie les violences policières (Macron a été justement pris en flagrant délit de mensonge cette semaine quand il avança qu'une septuagénaire assommée jusqu'au coma par la police avait simplement "trébuché"). Macron renforce le secret des affaires et fragilise le statut des lanceurs d'alerte et la protection du secret des sources journalistiques. Il fait propager des Fake News par des internautes anonymes.

Macron cache son programme européen car le président des riches serait nu face à la réalité de ses objectifs. Impossible pour lui de s'abriter derrière l'argument d'une quelconque contrainte européenne. Il faudrait assumer que l'axe politique est réactionnaire.

Macron est un faussaire politique.

Cette semaine, au moment où la Macronie fait mine de lancer sa campagne européenne, sans programme, deux anciens conseillers élyséens font la tournée des plateaux radio-télévisés pour la promotion d'un ouvrage de novlangue. Ne riez pas du titre - "Le progrès ne tombe pas du ciel” - , les deux impétrants s'y croient. Le plus connu des deux, Ismaël Emelien, a été exfiltré de l'Elysée en octobre dernier. Ancien conseiller de l'autocrate vénézuélien Maduro, il a œuvré à l'élection de Macron (c'est le champion du "en même temps" et autres formules "ni de droite, ni de gauche") puis à la gestion élyséenne des premiers mois. La métaphore des "premiers de cordée" est de lui, d'après la légende. Quand l'affaire Benalla éclate, Emelien adopte une attitude de crapule: il transmet deux vidéos, l'une illégale, l'autre mensongère, à des trolls macronistes pour qu'ils défendent le garde du corps de Macron. "L’Elysée a utilisé une vidéo de la Préfecture de police obtenue illégalement et a ajouté des images d’une autre scène de violence, avant de les diffuser anonymement sur Twitter." résument deux journalistes du Monde.

La tournée promotionnelle de ces deux ex-conseillers est l'une des meilleures contrepublicités à la politique macroniste.

Amis macronistes, ne changez rien.


  







23 mars 2019

Macron, clown dangereux (619ème semaine politique)




Sont-ils des bleus, des incapables, des clowns dangereux ? La question se (re)pose. Quelques semaines après les élections de juin 2017, la multiplication de boulettes, bêtises, fautes et saloperies des nouveaux élus du Nouveau Monde jupitérien avait créé le trouble. Dans cette majorité pléthorique, il y avait de tant de débutants. Mais passés ces premiers mois de rigolade, d'énervement et de sidération, la mise en œuvre agressive du programme macroniste avait emporté l'attention médiatique.

Vingt mois après l'élection d'Emmanuel Macron, voici une autre histoire qui commence. Les clowns dangereux sont de retour. Et ils sont au sommet.

Macron a trop d'angles morts dans sa (faible) culture politique - il ne comprend pas les exclus en général, confie un ancien conseiller au magazine Society. Comme nombre de monarques autoritaires, il préfère la loyauté à la compétence. Sinon, comment comprendre le maintien en poste de Castaner, Kohler, de Rugy, Parly, Belloubet ou Buzyn, pour ne citer que les plus incapables ?

CRISE
Énervé que quelques dizaines de milliers de Gilets Jaunes l'aient encore défié, et, surtout, que des centaines de casseurs aient pu dévaster nombre de magasins et le prestigieux Fouquet's, Macron a piqué une crise d'autorité.

Une de plus, une de trop.

Samedi 15 mars, la police a encerclé Gilets Jaunes et casseurs. Elle a ensuite laissé quelques violents incendier, détruire, ruiner. On s'est assuré au préalable que les chaînes d’info étaient bien présentes. La casse est plus visuelle que les manifestations pacifistes. Il faut se réfugier sur les couvertures "Live" et régulières du Media TV ou de Mediapart pour sortir de cette nasse médiocratique. Les Gilets Jaunes sont autre chose que les casseurs, mais la Macronie a l'amalgame aussi facile que la répression violente.

On fait ensuite le coup de la réunion de crise. Revenu du ski, le jeune monarque engueule ses proches, mais épargne Rantanplan aka Castaner, ministre de l'intérieur rescapé par sa fidélité, et son secrétaire d'Etat "professionnel" qu'on lui a flanqué pour encadrer, l'incapable ministre, Laurent Nuñez. Il faut faire sauter un fusible, ce sera le préfet. Et tant pis si Laurent Nuñez concède à la radio d’État que Castaner et lui ont été nuls et inefficaces le samedi précédent.

Joli paradoxe, le gouvernement macroniste multiplie les dispositifs liberticides - état d'urgence dans la loi ordinaire, jugement des réfugiés par visioconférence, interdiction de manifestants, fichage de manifestants,  périmètres interdits, marquage chimique, mutilations en grand nombre et sans excuse officielle, amalgame des manifestants avec les casseurs - et pourtant il est incapable de gérer quelques centaines de casseurs pré-identifiés dans Paris. Ces gouvernants sont des clowns; et leur incompétence aggrave leur dangerosité.

Macron est en rage intérieure car ces Gilets Jaunes abiment la théâtralisation de son Grand Débat et, surtout, son image auprès de l'électorat conservateur qui le faisait remonter dans les sondages. Lundi soir, il prend en otage les ondes de France Culture pour de longues heures de débat, à l'heure du dîner, avec 65 intellectuels, aux deux tiers mâles, plutôt âgés. Se sachant filmé, il braille son incompréhension: "On a des gens qui ne savent plus pourquoi ils sont dehors". Il disserte, il "monologue", il s'épanche, il est au théâtre. Tout est filmé. Le lendemain, 350 autres intellectuels signent une pétition de solidarité avec les Gilets Jaunes contre l'autoritarisme macroniste.

 "Face à cette dérive grave d’un pouvoir incapable d’offrir une réponse politique à la contestation des gilets jaunes, alors que pleuvent depuis des semaines les condamnations internationales des violences policières contre le mouvement (Conseil de l’Europe, Nations Unies, Parlement européen), nous, universitaires pour beaucoup spécialistes des questions de mouvements sociaux, de maintien de l’ordre et de violence politique, alertons solennellement la population des graves dangers que la nouvelle politique du gouvernement, de la majorité parlementaire, de la police et de la justice, font peser sur les libertés publiques et les droits humains." (lire la suite).

RÉPRESSION
Dans la plus grande tradition des autocrates à la petite semaine, Macron amalgame manifestants et casseurs. Il fait interdire les manifestations sur les Champs Élysées. Son premier ministre Edouard Philippe promet un marquage chimique des "casseurs" - des "PMC" (Produits de Marquage Codés), et ensuite ?

Est-ce suffisant ? Non. Mercredi, le porte-parole du gouvernement et aspirant candidat à la Mairie de Paris Benjamin Griveaux commet une bourde encore plus grosse: il promet le renfort de l'armée au maintien de l'ordre du prochain samedi. Il faut faire peur. Plus précisément, l'armée sera déployée en protection de lieux sensibles tandis que police et gendarmerie interviendront sur les manifestants. D'après la presse, Macron lui-même a réclamé l'adjonction d'un dispositif militaire pour assurer la sécurité lors des manifestations du 23 mars. La démarche est dingue, et provoque le trouble jusque dans les rangs militaires. Griveaux assure donc la "mobilisation renforcée du dispositif Sentinelle pour sécuriser les points fixes et statiques" contre les Gilets Jaunes. Aussitôt annoncé, aussitôt amplifié: un général, gouverneur militaire de Paris interrogé sur France Info confirme que les militaires pourront "aller jusqu'à l'ouverture du feu (...) si leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent" en cas de contact. Une députée macroniste, Claire O'Petit, qualifie les Gilets Jaunes de terroristes et justifie que les militaires tirent "après 3 sommations".

Revendiquer une intervention militaire est une aberration en République. Elle équivaut à désigner les Gilets Jaunes comme des ennemis.Des militaires et des anciens militaires se désolidarisent: "cet emploi répressif de l’armée est très dangereux" explique un ancien colonel. Le journaliste Jean-Dominique Merchet complète: "Reposant sur la distinction du délinquant et de l’ennemi, le cloisonnement juridique entre la sécurité intérieure et la défense extérieure est l’un des fondements démocratiques de l’usage de la force."

C'est dit, mais la Macronie n'entend pas. Elle est en rage. Et elle est devenue aussi dangereuse que des casseurs vidant le Fouquet's de sa vaisselle.



BARBOUZERIES
A Paris, Macron a nommé un nouveau préfet qui fait "flipper les flics". Il est filmé sur les Champs Elysées dès samedi, avec une casquette trop grande sur sa tête. Flippant, cassant, froid, agressif, il a surtout carte blanche. Castaner lui a demandé de "débrider" l'usage des grenades mutilantes si nécessaires.

Non seulement Macron glisse vers un autoritarisme antidémocratique de plus en plus assumé, mais ses barbouzeries n'ont pas cessé. Après la cascade de révélations sur les mensonges (sous serment), le trafics d'intérêts avec des oligarques russes et le soutien constant de l'Elysée à son son ancien protégé, le Sénat saisit la Justice - Benalla, Crase, Strozda et Kohler - pour faux témoignages ou suspicion de faux témoignage. Des repérages de balises téléphoniques ont aussi convaincu les enquêteurs que Benalla et Crase ont violé leur contrôle judiciaire et qu'ils ont échangé avec la directrice de la sécurité de l'Elysée en pleine affaire l'été dernier (sic!).

Catastrophe !

Jupiter s'agace et minimise la portée judiciaire de la fraude au cœur de l’Élysée, ses sbires dénoncent le "procès politique". Mais enfin ?! De quoi parle-t-on ? Le garde du corps et homme de main de Macron a menti sous serment. Son directeur de cabinet et son secrétaire général ont également menti sous serment devant une commission d'enquête sénatoriale. Et la Macronie ose parler de "procès politique" ...
"Le chafouin Philippe Bas a demandé aux auditionnés de prêter serment de dire la vérité. Patrick Strzoda, Alexis Kohler et Lionel Lavergne ont levé la main droite et juré. Mais voilà, ils ont menti." , Les Jours
Ce n'est pas tout. Cette semaine, Mediapart révèle que le remplaçant de Benalla auprès de Macron a été recruté par Benalla, via une procédure de faveur éloignée des exigences de contrôle habituelle des forces de sécurité. Christian Guédon se déclare expert en infraction et infiltration, rien que ça. Et, rapporte Mediapart, "Christian Guédon a continué à échanger avec Alexandre Benalla après son départ de l’Élysée. Il s’est même rendu en sa compagnie, à la fin de l’été, chez un trouble intermédiaire syrien domicilié à Paris."


DESTRUCTION SOCIALE
Macron accuse les Gilets Jaunes dans leur ensemble de "destruction sociale", rapporte le Canard Enchaîné. Il perd son jugement, il perd la mesure. En coulisses, son équipe peaufine la réforme des retraites, tandis que ces députés godillots votent la privatisation d' Aéroports de Paris. Vendre à des investisseurs privés, et sans doute étrangers, la principale porte d'entrée sur le territoire français est une idée lumineuse que seuls quelques libéraux béats dans la Main Invisible du Marché pouvaient avoir. Il faut de la concurrence et de la tune, voici les deux référents de la Macronie: de la concurrence, "parce que c'est mieux"; de la "tune", parce que les caisses se vident à force de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises (20 milliards d'euros par an) et aux plus riches (5 milliards par an) qui n'en ont pas besoin. La privatisation d'ADP est économiquement bête, politiquement dangereuse et diplomatiquement inacceptable.

Mais la réelle destruction sera sociale. Après les Ordonnances Travail, le renforcement des sanctions contre les chômeurs, le gel des aides et prestations sociales (à l'exception d'une poignée d'entre elles), voici la fusion et la nationalisation des régimes de retraites. la ministre Buzyn évoque un énième allongement de la durée du travail (rappelons qu'il faut déjà 43 années de cotisations sans interruption). La presse officielle fait croire à une cacophonie car Buzyn et Edouard Philippe expliquent "en même temps" que l'âge minimal ne devrait pas bouger. La belle hypocrisie... Maintenir l'âge minimal, mais allonger le nombre d'années de cotisations pour en bénéficier, voici l'arnaque.

Pour l'heure, comme le relève le Conseil d'Orientation des retraites, déjà 20% des retraités ne partent pas au taux plein. Et, une majorité des retraités part après l'âge minimal légal. Pire, un quart des retraités - principalement des femmes, des ouvriers/employés, des assurés du secteur privé et les classes modestes) partent plus tard que l'âge pour des raisons économiques.

Macron veut "fusionner" les régimes, pour mieux piloter la réduction générale des pensions ou le cout général des retraites: le projet, assumé, est de permettre une réforme des retraites qui absorbe les 10 milliards d'euros annuels que couterait le nouveau plan pour la dépendance. On retrouve la marque de fabrique de la Macronie: financer une "nouvelle" solidarité en taxant le plus grand nombre tout en réduisant la contribution des plus riches et des grandes entreprises.

La même démarche avait été appliquée pour le plan contre la pauvreté: 8 milliards d'euros dégagés pour 4 ans, quand les exonérations fiscales supplémentaires accordées aux plus riches frôlaient les 5 milliards par an...


FAILLITE EUROPÉENNE
L'Europe à 27 se fait peur. Le Brexit est théoriquement pour vendredi 29 mars, mai, ric-rac, un conseil européen a décidé d'un sursis de 3 mois si le Royaume Uni se décide à re-voter. Le Brexit est peut être une bonne affaire pour les conservateurs: il assure le maintien d'une précarisation du salariat sur la base d'un chantage et la finance britannique se porte très bien.

Sans vote des peuples concernés, les 27 chefs de gouvernement décident d'un sursis à deux vitesses, jusqu'au 22 mai si le Parlement approuve l'accord négocié, jusqu'au 12 avril si le Royaume Uni organise des élections.

Le Brexit, est-ce le seul sujet de ces élections ? Sans doute, puisque l'équipe macroniste n'a toujours pas dévoilé son programme, à 4 semaines du scrutin et ne veut pas débattre de rien.




Blindés sur les Champs Elysées, 23 mars 2019




Le Grand Débat se termine dans l'obscurité des "conférences citoyennes" et la magouille, le pouvoir enrage et tremble devant les Gilets Jaunes et les casseurs, et le débat européen est sacrifié par la Macronie.

Ami macroniste, où es-tu ?


16 mars 2019

La véritable renaissance européenne de Macron (619ème semaine)

 

 

Macron part faire du ski après avoir donné quelques leçons d’environnement en Afrique, entouré de militaires anxieux de sécuriser leurs bases et d'une cinquantaine de patrons heureux de quelques contrats. 

L'absurdité de cette Macronie se résume en peu.


TERRORISME

Un terroriste blanc, australien, brandit l'ouvrage du néo-nazi français Renaud Camus "Le Grand Remplacement", puis se filme et diffuse en direct sur Facebook le meurtre de 49 musulmans dans deux mosquées en Nouvelle Zélande. En France, les sympathisants d'extrême droite toussent; les furibards qui habituellement déversent leur haine de l'islam tentent de s'exonérer.

Quelques laïcards égarés dans leur rage contre -productive tentent de justifier en accusant la Nouvelle Zélande de communautarisme anglo-saxon: "Le multiculturalisme est la règle, la coexistence le but. C'est le modèle anglo-saxon qui est le cadre de cette tuerie. (...) En France nous sommes protégés de ce type d'attentats."...

On croit rêver...

Sont-ils tous à ce point dérangés que "pour une fois", des dizaines de musulmans sont victimes d'un attentat terroriste ? 

Sur CNN, un ancien de la CIA explique que les suprémacistes blancs sont "désormais plus dangereux que Daesh". "Une tuerie dans une synagogue est un acte terroriste antisémite. Une tuerie dans une mosquée est un acte terroriste islamophobe." conclue à juste titre Jean-Dominique Merchet, dans l'Opinion.

En Algérie, la momie Bouteflika renonce à se représenter à la présidentielle, et annule la présidentielle. L'Algérie voisine, si proche, si loin. La France officielle applaudit à ce déni de démocratie. La jeunesse, majoritaire, est dans la rue. Macron tweete son soutien prudent, lui qui préfère soutenir son ancien garde du corps quand il cassait du jeune en marge des manif du 1er mai, réduit les APL ou fait voter une loi de sélection à l'université. Macron aime la jeunesse ailleurs.

A Londres, le Financial Times se demande si Macron ne prend pas la pente du despotisme... Ah mince... Le président des Riches lâché par les siens...


CYNISME

Emmanuel Macron repart en Afrique avec une cinquantaine de chefs d'entreprises français, contrats obligent. Escale dans la dictature djiboutienne, si stratégique. Puis en Éthiopie et enfin à l’édition kényane du OnePlanetSummit, ce gadget macroniste pour dire qu'on fait des choses pour l'environnement. Si si, ne riez pas... Macron va parler écologie au Kenya où quelques entreprises françaises, invitées du voyage, sont au centre de scandales écologique tel ce projet d’exploitation pétrolière ou le projet LAPSSET (Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport corridor project).
" Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé." Jean-Luc Mélenchon
Macron parle écologie en Afrique tandis qu'en France des milliers de jeunes et moins jeunes manifestent vendredi pour lui rappeler son inaction coupable. Que fait Macron, et ses ministres de Rugy ou Poirson, à part de grandes déclarations sur ces "milliards d'euros" "mobilisés" pour le climat lors de sommets médiatisés ? Quatre ONG, et pas des moindres, la Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme, Greenpeace France, Notre affaire à tous et Oxfam France, déposent un recours administratif contre l’Etat français pour « inaction climatique ». La ministre Brune Poirson s'énerve sur twitter et crie au "cynisme".
  1. Mais Macron, en séchant le COP 24 en décembre dernier, n'était-il pas cynique ? 
  2. La prolongation de l'autorisation du glyphosate par la Commission européenne contre l'avis du Parlement n'était-elle pas cynique ?
  3. La suppression des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre au profit d'une formule floue de "neutralité carbone en 20150", n'est-ce pas cynique au regard de l'urgence ?
  4. Le refus de toute régulation contraignante ou attaque en justice contre les entreprises polluantes n'est-il pas cynique ? 
  5. Le soutien aux projets polluants comme les forages en Guyane et la raffinerie de Total à la Mède n'est-il pas cynique
  6. Le maintien discret de 8 milliards d'euros de niches fiscales favorables aux énergies fossiles n'est-il pas cynique ? 
  7. Les reports des engagements publics écologiques aux calendes grecques n'est-il pas cynique? 
  8. Les effets d'annonce comme cette loi pour mettre fin aux hydrocarbures tout en prolongeant l'autorisation des soixante-deux concessions pétrolifères jusqu’en 2040 ne sont-ils pas cynique ? 
  9. Le gel de la fiscalité carbone n'est-il pas cynique ? 
  10. La division par deux du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) qui soutient la rénovation énergétique des logements, n'est-elle pas cynique ?
Vendredi 15 mars, les ministres Poirson et Attal font un selfie pendant la marche pour le Climat, tandis que l'Assemblée nationale vote l'extension de l'autorisation d'exploitation de pesticides jusqu'en 2025. Combien de lobbyistes à l’œuvre derrière cette mesure cynique ?

VIOLENCE

La loi dite "anticasseur" est votée. La renaissance européenne est en marche. Le Sénat, majoritairement à droite, a voté sans rechigner cette loi proposée par la droite furibarde et entérinée par les godillots macronistes à l'Assemblée. Les rares récalcitrants ont été menacés d'expulsion du groupe majoritaire par Gilles Le Legendre, ancien socialiste devenu collabo de ce mauvais régime. Exit la liberté de manifester. Cette dernière sera désormais, plus que jamais dans l'histoire de la Vème République, sous contrôle: interdictions préfectorales, sans juge, de manifester à l'encontre d'individus représentant «une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public» (notez le flou); création d'un fichier national des interdits de manifester; délit de dissimulation volontaire du visage; fouilles aux abords de manifestations.


Le Brexit vire au désastre. La renaissance européenne est en marche. Du Brexit au "Brex-shit", il n'y a plus qu'une marche. Et les Britanniques jouent involontairement les épouvantails idéaux du prochain scrutin européen de mai. D'ailleurs, ils devront y participer, n'est-ce pas délicieusement cocasse ?

LREM s'est-elle dotée d'une tête de liste, enfin, à deux mois du scrutin ? Face à Marine Le Pen, Nathalie Loiseau, la discrète secrétaire d'Etat aux affaires européennes, rate sa déclaration de candidature: "Marine Le Pen, je voudrais vous dire bravo parce que vous avez réussi à me faire changer d'avis : je suis prête à être candidate". Sans rire ? Il fallait une émission télévisée, où la blonde présidente de l'Immonde répète ses mêmes idioties (ah ! Le SMIC à 36 euros de l'heure... L'incompétence de Marine Le Pen n'a pas de limite), pour être "prête à être candidate" ? Bravo !

Macron bafouillait qu'il fallait protéger les démocraties européennes contre des ingérences étrangères mais pourtant il se soucie peu du manque de démocratie ... au sein de cette même Union européenne. Macron se tait sur l'incapacité parlementaire européenne, la quasi-toute puissance de la Commission européenne seule à proposer les lois. Face à Marine Le Pen à la télévision, Nathalie Loiseau ne fait pas mieux. Il faut protéger les lobbies, dont on estime à 20 000  les effectifs entourant les lieux de décisions européennes à Bruxelles et Strasbourg. D'ailleurs, la Macroniste s'est empressé de traduire dans la loi française la répression des lanceurs d'alerte exigée par une décision européenne. On applaudit, ou bien ? Et quand un Commissaire européen décide de passer outre le vote du Parlement européen qui interdisait le Glyphosate en brandissant un rapport de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments qui n'était qu'un copié/collé d'un rapport de Monsanto fourni par quelque lobbyiste, où est la renaissance européenne ? Et quand l'ancien président de la Commission Barroso part cachetonner chez Goldman Sachs, sans sanction ni contrôle, pour mieux revenir faire un peu de lobbying l'an dernier, où est la renaissance européenne ?

Loiseau se ridiculise ainsi en direct et sans filet à la télévision. On imagine que Macron voudra peut-être la dégager de la tête de liste européenne. Puis voici Castaner qui succombe à son tour. Il est en couverture de la presse people. Il a été surpris et filmé en boite de nuit parisienne, samedi, par de nombreux smartphones, alors qu'il buvait, dansait et embrassait une ancienne de ses conseillères. Dérapage public, sans garde du corps, un soir post-manifestation. Castaner dérape quand le "patron" est loin. "Vous remarquerez qu’il y a une merde à chaque fois que le patron est à l’étranger." confie sobrement Mimi Marchand aux Jours. Pauvre Castaner... Le Rantanplan du gouvernement, désormais associé aux centaines de blessé.e.s et de mutilé.e.s, est embrouillée dans une sale histoire d'adultère filmé en public et sans sécurité. Le sentiment de toute-puissance de ces hommes de pouvoir n'a pas fini de surprendre.



ARNAQUE

https://twitter.com/zededalus?lang=fr
Le Grand Débat se termine vendredi 15 mars. Les deux prestataires du gouvernement se frottent les mains, l'opération fut belle. "En échange d’une forte visibilité et de revenus appréciables – selon nos informations, Cap Collectif devrait toucher un million d’euros du gouvernement –, ces deux acteurs ont accepté de se prêter à un exercice totalement biaisé destiné à redonner une légitimité à un pouvoir impopulaire" résume le site Les Jours. D'ailleurs, connaissez-vous Cyril Lage, ancien lobbyiste et président de l’entreprise Cap Collectif choisie par l'équipe Macron pour gérer la plateforme du grand débat ? Le sieur avait tenté de créer une "plateforme" similaire avec le soutien affiché de Marion Maréchal-Le Pen. Pas belle la vie ?

Le gouvernement peine à trouver des volontaires pour les "conférences citoyennes régionales" censées résumer les contributions. De 100, le quorum est descendu à 50. Il y a trop de citoyens tirés au sort à refuser de participer. Jupiter jubile, près de 2 millions de contributions reçues, et, surtout, des heures et des heures d'antenne consacrée à sa propagande gouvernementale. Le clan macroniste se félicite grassement du succès de l'opération. De quel succès parle-t-on ? Les jeunes, les chômeurs, les pauvres, les familles, les classes laborieuses ont déserté les rangs de cette mascarade. Les participants, largement minoritaires, ont été à une écrasante majorité des vieux (77%), des cadres et professions intellectuelles supérieures (65%), des propriétaires (76%). Pire, les sondés doutent des suites qui seront données et se méfient de l'enfumage gouvernemental à venir. D'ailleurs, d'après les sondages, les principales mesures réclamées sont contraires aux objectifs et à la politique macronistes: réindexation des retraites sur l’inflation, baisse de la TVA sur certaines catégories de produits, augmentation du Smic, rétablissement de l’ISF. Macron va-t-il encore avaler sa cravate et dévier de sa présidence des Ultra-riches ?

 

PRIVILEGES

Brigitte et Manu filent au ski. Il faut fêter ce succès, avec l'argent des contribuables. Tout souriant dents blanches dans sa combi au pin's tricolore, le crâne que l'on devine dégarni, Manu 1er slalome pendant que des Gilets Jaunes déboulent à Paris.

La veille, son shérif avait prévenu que de nombreux casseurs seraient présents. Le message fut largement relayé sur les chaînes et radio d'information, comme si le communiqué de presse de l'intérieur valait reportage. La gendarmerie poste ses blindés. Les forces de l'ordre nassent les manifestants sur les Champs Elysées. Bizarrement, ce gouvernement "ultra-préparé" à la venue de casseurs "ultra-violents", laissent ces derniers venir et agir, et, bien sûr se faire filmer. Pour ensuite communiquer sur la violence irresponsable de ces gueux qui abiment la vitrine du Fouquet's...

Brigitte et Manu font du ski. 
A l'Assemblée nationale, en pleine nuit, les godillots votent le principe de privatisation d'Aéroports de Paris, entreprise publique, stratégique et profitable. Brader des actifs stratégiques (l'entrée sur le sol national !), quelle belle affaire !

Combien de lobbyistes à l’œuvre pour soudoyer les édiles de la Macronie ?



 Macroniste anonyme, ne part pas.





9 mars 2019

Comment Macron est pathétique sur l'Europe, inacceptable en France (618ème semaine politique)

 

 

Jusqu'où les mensonges de Macron ? Nul ne sait. Mardi, le jeune monarque a publié un courrier dans 28 quotidiens européens de 28 pays européens.


Y compris au Royaume Uni.

Indifférence quasi-générale, la lettre n'attire que quelques commentaires polis de ses alliés. Grâce au Brexit, le Royaume-Uni est l'épouvantail idéal pour Macron: un pays gouverné par des ultra-libéraux caricaturaux depuis deux décennies, un référendum improbable remporté par le clan xénophobe sur fond d'abstention, et deux années plus tard, la perspective d'une sortie brutale et sans filet de l'Union Européenne. Le Brexit est un échec non pas britannique mais européen. Mais il n'y a que Macron à tenter de ne pas le comprendre ou de le cacher.

Macron écrit donc aux Français, partout en Europe. Et pour leur dire quoi ? Un enchainement de poncifs libéraux entendus et rabâchés, et malheureusement qui ne résistent pas à l'analyse des faits.

Macron inacceptable

Macron a l'indécence de proposer "0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025" alors qu'il a repoussé au nom du business TOUS les engagements écologiques décidés par ses prédécesseurs. Macron propose une Agence européenne de protection des démocraties en Europe, mais il a réduit les libertés en France (Loi anti-casseurs), réduit les droits des lanceurs d'alerte (:oi sur le secret des affaires), réduit les droits des réfugiés (loi Asile et immigration). Et le voici qui fait voter, sur fond d'abstention parlementaire massive (7% des députés présents seulement!), une réforme de la justice qui va supprimer des centaines de tribunaux de proximité (via la fusion du tribunal de grande instance et du tribunal d’instance en un seul tribunal judiciaire), dématérialiser la procédure pénale au risque de creuser encore davantage l'inégalité de la loi à cause des fractures numériques, et ...  le principe d'une réforme de la justice des mineurs par ordonnance, c'est-à-dire sans débat. Macron veut un salaire minimum européen, mais "adapté aux conditions de chaque pays". Notez la novlangue, une fois de plus. Quel bel oxymore !  En France, il a déjà affaibli les droits des salariés au nom de la concurrence... jusqu'à ce durcissement des sanctions contre les chômeurs publiées au Journal officiel fin décembre.

Macron explique que "le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité",  et, à l'ONU, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, s'inquiète des centaines de blessés graves depuis le début des manifestations des Gilets Jaunes et réclame une "enquête approfondie" sur les 500 violences policières recensées. Le 7 mars, Macron s'indige qu'on ose parler de "violences policières" puisqu'on est dans "un Etat de droit". Mais Etat de droit ne signifie pas absence d'abus, ni même abus du pouvoir. Quand la violence policière est légitimée et encouragée par le pouvoir en place, comme c'est le cas depuis le début de la répression du mouvement des Gilets Jaunes ou lors de celle à l'encontre des jeunes contre la sélection à l'Université publique et Parcourssup, cette violence est "d'Etat," et ce "droit" est inique. Les dénégations macronistes à l'encontre des violences sont inacceptables. Macron, Philippe et Castaner sous-estiment et légitiment au nom de l’État de droit les centaines de mutilations et les blessures. Et ils recourent aux deux arguments imparables et usités par tous les régimes autoritaires et dictatures du monde: (1) "ces opposants ont bien cherché ce qu'il leur est arrivé" (autre version de la fameuse formule: "si vous manifestez, vous êtes complices") et (2) "la fin justifie les moyens."

"Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit." Emmanuel Macron, 7 mars 2019.
"Castaner laissera une trace de sang." Jean-Luc Mélenchon, 8 mars 2019.
Jupiter tentait de caricaturer les Gilets Jaunes, devant quelques des journalistes fin janvier,  "40 000 à 50 000 militants ultras" disait-il. Selon Mediapart, les services de renseignement dressaient "un constat exactement inverse. L’ultradroite et l’ultragauche seraient « quasi inexistantes au sein des cortèges'". Les mensonges officiels de la Macronie n'ont donc pas de limites.

Emmanuel Macron est inacceptable en France.


Macron en chute

N'est-elle pas belle, cette démocratie macroniste ? On oublierait presque le Code de la Honte, la réduction des délais de dépôts des demandes d'asile, et l'enfermement des mineurs réfugiés. Déjà les premières jugements par vidéoconférence, avec micros défaillants, images figées et mauvais cadrage, ont débuté à Nancy pour une justice plus "efficace" qui préserve quelques simulacres du droit. Ils sont bloqués à Lyon par le barreau qui refuse cette justice expéditive, injuste et pathétique. En Autriche, le gouvernement néofasciste, soutenu par Macron (on se souvient des franches accolades avec le nouveau chancelier l'an dernier), vient de lancer la création d'une agence fédérale pour assurer la prise en charge des demandeurs d’asile pour mieux exclure les ONG de ces tâches.

Trois mois avant le scrutin européen, la droite européenne tente de faire le ménage dans ses rangs, en ordre dispersé: une douzaine de formations, pour l'essentiel des démocrates-chrétiens du Benelux et des pays scandinaves, ont demandé l'exclusion du parti de l'autocrate xénophobe Victor Orban du PPE. La belle affaire ! Orban, justement, félicite grassement la tribune de Macron. Baiser de l'araignée ? Le monde est cruel. La Macronie est pathétique.

Dans les sondages, peu après la publication de cette mauvaise lettre, Macron rechute. "Après près de 57 heures d’échanges avec les élus et les Français, l’effet «grand débat» s’essouffle." Fichtre ! Même Paris Match est inquiet. A l'Elysée, Macron invite à dîner quelques ténors de sa majorité pour décider la composition de la liste. Macron assume de diriger la France ET son parti politique. A l'Elysée donc, le clan cogite avec Jupiter - François Bayrou, Marielle de Sarnez, le jeunot Stéphane Séjourné (qui ?) ... et Marlène Schiappa. Et ce beau monde cogite sur la tête de liste - Nathalie Loiseau (qui ?) ou Agnès Buzyn ? La ministre de l'Europe, inaudible et transparente, ou son homologue de la santé, qui pêche par quelques conflits d'intérêts, un dédain visible pour les classes populaires et sa maitrise de la langue de bois ?

Macron pathétique

Les sondages prédisent les macronistes en tête, juste devant les frontistes. Il faut avouer que LREM est servie par des médias dominants totalement alignés sur la question européenne:
(1) ne jamais parler de programme,
(2) préférer des incantations europhiles dénuées d'éléments concrets,
(3) diaboliser les critiques.
Il faut aussi reconnaitre que c'est à peine surprenant: à gauche, la division devient risible: insoumis, socialistes, communistes, génération.s. (Hamon), trotskystes, EELV et même les radicaux de gauche qui désirent recouvrer leur autonomie de "centre gauche", considérant que Macron a dérivé trop à droite. Mieux encore, Macron fait campagne ... à droite. Il conserve le soutien de quelques irréductibles couillons qui ne peuvent plus renoncer à leur béatitude macroniste malgré les couleuvres et autres empalements que Jupiter fait avaler ou subir à leur "conscience". Mais surtout Macron cherche son salut à droite: Juppé et Raffarin sont les nouveaux béats. La lettre "européenne" de Macron aurait pu être rédigée par Sarkozy comme le note le très gauchiste Le Monde (sic!). Et les publicitaires macronistes ont même choisi de chiper un peu de vocabulaire frontiste pour leur site de campagne "Renaissance européenne", ça fleure bon la reconquête !
"La droite ne devait pas être si loin de la vérité pour qu’on se mette aujourd’hui à l’imiter." François-Xavier Bellamy, "philosophe conservateur, Tête de liste LR aux élections européennes, à propos de la tribune de Macron.
La campagne pour les élections européennes du camp macroniste ressemble à un immense foutage de gueule. Les 3 autres partis principaux du premier tour de la présidentielle - FN/RN, LR et insoumis - se sont dotés de programmes et de candidat(e)s. Les insoumis par exemple déroulent semaine après semaine leur programme, adopté dès janvier dernier, et ouvert au débat et à la critique. Mais côté macroniste, le directeur de campagne, Stéphane Séjourné, explique un tout autre timing: une lettre générale du jeune monarque début mars, suivi du lancement de 28 sites internet vides de propositions (puisqu'il n'y a pas de programme officiel), puis un meeting de lancement de campagne le 30 mars, puis révélation du programme pour la législature européenne... courant avril, à environ 4 semaines à peine du scrutin. Pire encore, le camp macroniste s'abrite derrière l'organisation du "Grand Débat" et de sa restitution prochaine pour expliquer qu'il ne peut pas faire deux choses à la fois...

Emmanuel Macron est pathétique sur l'Europe.

Ami(e) macroniste, ne pars pas.

Ce n'est pas fini.


2 mars 2019

La séquence Emotion d'Emmanuel Macron (617ème semaine politique)

 

Emmanuel Macron multiplie les séquences "émotion-proche-du-peuple", surmédiatisées, tandis qu'il cache son programme pour les élections européennes pour encore quelques jours ou semaines. Le décalage entre ces interventions souriantes ou compassées et la réalité d'une action anti-sociale et anti-féministe est surprenant. Sur les réseaux sociaux, quelques nervis philosophes ou simples trolls se déchainent pour caricaturer au plus vite les insoumis en héritiers du fascisme français.

 

La France politique est folle.


Séquence émotion #1

La photographe officielle est évidemment là. Macron est en maraude avec le SAMU social, ça ne se rate pas: "Objectif du Président: mieux comprendre les besoins et les lacunes des dispositifs. Ensemble, agissons" explique son jeune sous-ministre Lenormandie. Oui, agissons... Macron vient justement de faire supprimer 57 millions d'euros de financement des centres d’hébergement.

C'est bêta.

Quelques clichés de la visite"underground" sont rapidement postés sur les réseaux sociaux. Un humoriste talentueux doit s'excuser d'avoir comparer cet affichage publicitaire avec la propagande non moins talentueuse de l'ignoble Leni Riefenstahl. Macron en photo faussement sur le vif génère des commentaires laudateurs de ses propres trolls. La propagande n'a rien à voir avec celle de l'hitlérisme bien sûr. Mais nous n'avons plus rien à à envier à la bêtise nord-coréenne.

Le coup de com', car il ne s'agit que cela, fait flop et suscite des railleries en tous genres. Macron a fait mine d'être surpris. Est-il stupide, ignorant ou hypocrite ? Outre les 57 millions d'euros de suppression de subventions aux centres d'hébergement, le jeune monarque sait bien qu'il a réduit les aides au logement, gelé les prestations sociales (exceptées le minimum vieillesse, exception brandie comme un trophée dans cette sinistrose libérale), supprimé quelques centaines de milliers d'emplois aidés dans les associations, et qu'il a promis encore davantage de réduction d'emplois publics.

Séquence émotion #2

Il arrive "par surprise" et prend rapidement le micro qu'on lui tend. Emmanuel Macron se place au milieu d'une assemblée de femmes. Elles sont 400 ou 500 dans un gymnase de Pessac, et la participation présidentielle à cet énième épisode du Grand Débat serait une surprise. Avec le président, on compte facilement une dizaine de photographes. Sans doute aussi présents "par hasard". Il y a aussi, "par hasard", deux ministres qui attendaient, Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon. On saura plus tard combien de militantes macronistes étaient présentes. Macron se cache toujours pour éviter la "foule haineuse".

Pour une fois, point de leçons ni de mépris dans la bouche présidentielle. La première dame fait du ski sans lui, et Jupiter se concentre sur ses séquences "Emotion-et-Proximité". Il montre presque de la compréhension. Le monarque se fait surprendre quelques instants par une femme agacée qui tente de lui offrir un mini-gilet jaune. Macron refuse, avec le sourire. Et la dame doit vite partir.

Macron déroule ses réponses, cela n'engage à rien. Il est tout content: "J'ai lancé un exercice inédit, celui de ce grand débat partout en France." Il enfonce des portes ouvertes pendant 3h45. La presse cherche une annonce, une réponse concrète, elle n'en trouve pas. Il n'y a que du vent et des petites phrases telle cette fausse excuse: " Je ne suis pas le personnage qu'on a voulu caricaturer : je vais toujours vers les gens et je parle très librement", à propos de ses déclarations sur les jobs que l'on trouverait "en traversant la rue"

Macron est souriant, gentil, attentionné. Il cite le film "Les Invisibles", joli succès social dont l'une des actrices principales a refusé de venir à l'invitation présidentielle. Macron recycle, canalise, récupère la colère, la rage, les frustrations, "et en même temps" de ne rien changer à son action anti-sociale. "Ces femmes qui vivent à la rue, ces réalités que vous venez de décrire, il faut à la fois les dire et apporter une réponse."

... Et ?

Et rien.

Séquence réalité #1

Le plan pauvreté de Macron, lancé en septembre dernier, coûtera deux fois moins sur 4 ans que le coût des défiscalisations accordées aux ultra-riches (suppression de l'ISF et instauration de la flat tax pour les revenus financiers et de spéculation).

L'échange avec ces femmes de Pessac est mis en valeur sur le site de l'Elysée, avec ce paragraphe d'accroche: "On les a vues en première ligne sur les ronds-points ou dans les cortèges de manifestants : les manifestantEs. Elles ont rendu visible leur réalité : elles sont moins payées que les hommes, ont plus de mal à subvenir à leurs besoins, faire face aux fins de mois et sont plus touchées par la précarité. Le Grand Débat National leur donne la parole.Pour transformer leur colère légitime en solutions concrètes, le Président Emmanuel Macron est à leur écoute au Grand Débat au féminin à Pessac, près de Bordeaux."

Relisons le commentaire élyséen: " Pour transformer leur colère légitime en solutions concrètes, le Président Emmanuel Macron est à leur écoute au Grand Débat au féminin à Pessac, près de Bordeaux." Mais qui a donc trouvé cette formule publicitaire ? 

(crédit)
C'est donc la semaine des femmes. L'Académie française accepte de féminiser les noms de métier. Fichtre ! C'est la révolution ! Ce cimetière du masculinisme réactionnaire joue sa partition involontaire dans la mise en scène présidentielle. Mercredi, la Macronie n'est pas en reste pour agresser l'entreprise privée Decathlon qui a osé mettre sur le marché un Hijab de running. Extrême droite et furibards opportunistes de la laïcité fondent en escadrille contre l'enseigne au nom du droit des femmes. Côté clan macroniste, député(e)s (Aurore Bergé,) et ministres (Gérald Darmanin, Agnès Buzyn, Marlène Schiappa) s'expriment avec autant de rage contre Decathlon qu'ils ont de pudeur à l'encontre du client saoudien, cette dictature islamiste amie qui quand elle ne fait pas découper et dissoudre ses opposants, achète nos missiles nationaux pour bombarder la population yéménite. Decathlon cède, retire l'objet du délit, et la France devient la risée de la presse ... occidentale.  Vendredi 1er mars, grosse journée: c'est l'entrée en vigueur de "l'index de l’égalité femmes-hommes" voté l'an dernier, pour les entreprises de plus de mille salariés. Cet arbre cache une forêt.

Mais revenons sur cette soudaine attention macroniste pour la cause féministe. Macron ne promet rien à ces quelques femmes de Pessac, il est à "l'écoute". Il se garde surtout de rappeler les dégâts de sa propre politique: la loi Travail, passée en force par des Ordonnances sans débat en septembre 2017, a fragilisé les salariés et en particulier les femmes salariées: en autorisant les entreprises à imposer des accords plus défavorables que les accords de branche, elle a rendu possible des clauses de mobilité sans limite géographique, des modifications d’horaires et de temps de travail, ou des conditions moins favorables d'indemnisation des congés maternité. Cette même loi a supprimé  les CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), et près de 200 000 postes de représentant(e)s du personnel au passage, dont l'une des missions étaient la prévention des violences sexuelles au travail.

Que dire du gel des prestations sociales, ce "pognon de dingue dans les minima sociaux", dont les prestations d'aide aux parents isolés ? 85% des parents isolés sont des mères, soit environ deux millions de personnes, lâchées en rase campagne par la politique macroniste depuis juin 2017: gel du RSA, gel de l’Allocation de Soutien Familial, gel de l'Allocation de veuvage, gel du Complément familial, gel du PAJE, gel de l'Aide à la garde d'enfants pour parent isolé... Macron ce soir-là devant ces femmes n'avait pas grand chose à dire.

Il ne fut d'ailleurs que peu contredit.

Que dire de la fermeture de maternités "pas rentables" ? A Die, samedi 2 mars, quelque 500 personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Aimé, un bébé mort in utero le 18 février, et pour réclamer la réouverture de la maternité de Die.


Séquence réalité #2

Il ne fallait pas s'inquiéter. Le lendemain de sa prestation toute "féminine", le jeune monarque passe quelques instants dans un autre épisode du Grand Débat qui est bien masculin avec des élus du Grand Est: ils sont tous blancs, hommes et majoritairement quinqua, le cliché de la réunion fait pleurer de conformisme. 

Forcément, Macron a sa petite langue de bois toute prête: "Il n’y a pas un programme de retour des djihadistes qui est aujourd’hui conçu." Et que fera la République des enfants de ces Djihadistes ? On les laisse crever à l'étranger ?

Le gouvernement stresse. Le Grand Débat, belle anarque, vraie propagande, touche à sa fin. Et il va donc falloir expliquer ce qui sera tiré exploiter de ces "millions" d'interventions et de contributions. Le Grand Débat n'était-il qu'une gigantesque farce ?

"Pour vous rendre compte du manque de professionnalisme qui règne à la mission du grand débat (conduite par les équipes de Matignon et du ministère de l’Écologie), commençons par une anecdote. Mercredi 13 février, l’Élysée envoie à la presse un compte-rendu du conseil des ministres (comme c’est l’usage). Une large place est consacrée au grand débat et au choix des prestataires. Il y est indiqué que « les contributions en ligne reçues jusqu’au 18 mars feront l’objet d’une exploitation quantitative et qualitative par OpinionWay » et qu’un consortium « piloté » par le cabinet de conseil Roland Berger associé au spécialiste de l’analyse sémantique Cognito et à l’entreprise de « civic tech » (ou technologie civique) Bluenove se chargera de l’analyse des « contributions sous format libre » (cahiers de doléances, courriers, comptes-rendus de réunions locales)." (lire la suite sur le site des Jours, article payant mais pas cher)

Ami(e) citoyen(ne), as-tu saisi ? Les contributions en ligne ne seront pas toutes lues. Encore moins retenues. Un algorithme fera le tri. Des sbires élyséens feront le reste. Macron fera un discours. Il dura qu'il a "écouté la colère", qu'il "a compris la rage", qu'il "faut agir". Il va même écrire une "tribune" dans 28 journaux européens pour expliquer que l'Europe, c'est bien. Gageons qu'il ne parlera pas de sa loi anti-réfugiés qui expulse et faire mourir dans la Méditerranée quelques centaines de migrants chaque mois, ni du climat ni même de l'emploi et encore moins de la démocratie.

Il publiera une tribune mais pas son programme, Macron n'aime pas les programmes trop précis., La France d'en haut avance cachée.

Surtout, il ne fera rien, ou si peu contre le réchauffement climatique qui coutera en emplois, en vies, en espérance de vie, on connaît les mesures, mais elles ne sont pas dans l'agenda macroniste. Rien ou si peu contre les défiscalisations, les évasions fiscales, les fraudes fiscales, on connait d'ailleurs les mesures. Mais elles ne sont pas non plus dans le programme macroniste; Espagne et Royaume Uni se sont par exemple dotées d'une taxe sur les Gafa. Et la France ? La France braille qu'il vaut mieux attendre une mesure de toute l'Europe. La France macroniste se couche. Elle promet même de punir les lanceurs d'alerte.

Qui dit mieux ?



 Ami(e) macroniste, reste avec nous.


Tiens, Benalla a été libéré de prison.
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