24 mai 2019

Pour l'Europe, contre Macron - 628ème semaine politique



La campagne pour le renouvellement du parlement européen s'achève et Emmanuel Macron a peut-être remporté son pari: l'abstention s'annonce massive. Et pourtant, cette élection est la première où le choix peut se porter largement contre Le Pen/Bardella et Macron/Loiseau, "et en même temps" pour l'Europe.



Macron se jette dans l'arène, vraiment ?

La macronie met en scène sa mobilisation contre l'abstention, plutôt que de parler de son propre programme. D'un parti qui n'a osé publier ses propositions pour les 5 années à venir que trois semaines avant le scrutin, un véritable sabotage politique assumé, cette mobilisation sonnait fausse.

Il y a donc cette video présentant une brochette de ministres (Parly, Blanquer, Wargon, Buzyn, Penicaud, etc) et de "ténors" (Aurore Bergé, Stanislas Guerini), en plein recrutement téléphonique pour le vote de leur liste "Renaissance". Qu'une pareille équipe se mettent ainsi en scène est risible et outrancier.

Il y a surtout cette vidéo publicitaire du youtubeur Hugo Travers, employé de l'agence Blog Press Agency, où le vieux/jeune monarque déploie ses arguments, il répète en boucle le story-telling de sa propre aventure politique et les injonction à la mobilisation: "Si vous n'aimez pas le système dans lequel on vit, changez-le !" Oubliera-t-on la répression inouïe, les menaces et les mesures liberticides pour décourager les Gilets Jaunes, les étudiants, et toutes la manifestations mobilisant des oppositions à sa politique en France ? Macron est tel un Poutine qui donne des leçons d'engagement politique.

Le YouTubeur n'est pas à la hauteur. Il n'est pas journaliste, il ne relance pas. Il survole les sujets. Il ne contredit pas quand Macron ment (la séquence sur les lobbys est croustillante); HugoTravers n'évoque pas la loi contre les lanceurs d'alerte; il oublie même de demander à Macron pourquoi ses propositions européennes ont été dévoilées si tard. On apprend de Macron qu'il a "perdu" sur le glyphosate "à cause du lobbying par ailleurs". Tiens donc... Et donc, comment le croire efficace demain s'il a perdu hier sans proposer une seule mesure correctrice contre le poids des lobbys dans son programme européen ?

Les médias officiels également tentent de rattraper leur retard: LCI enquille deux débats lundi (245 000 téléspectateurs puis près de 500 000 téléspectateurs); France 2 suit avec une Emission Politique mercredi (2 millions) où les têtes de liste de la droite furibarde (LR), de l'extrême droite  (RN) et des macronistes se portent pâle. Jeudi, "l'ultime débat" sur BFMTV (473 000 téléspectateurs) permet à Manon Aubry d'éteindre Nathalie Loiseau sur l'hypocrisie macroniste des ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite qui violent les traités européens de sécurité. Et à Hamon de rappeler à Bardella (RN) ses origines immigrées alors que le "leader" frontiste arranguait le plateau contre les migrants.

L'Europe abîmée
Au nom du chantage à la paix, on simplifie les enjeux (pour ou contre l'Europe ? Populisme contre Europhiles ? etc), on étouffe les échanges sur les propositions concrètes des rivaux, et on agite les peurs (la guerre, le chaos, la faillite) pour forcer l'application d'un modèle de libre concurrence (y compris fiscale), de négligence écologique, et d'affaiblissement social au nom du Marché.

Macronisme et frontisme sont les deux actes d'une mauvaise pièce de théâtre, chacun nourrissant l'autre de ses caricatures; chacun aidant l'autre à étouffer le débat de ses rivaux. Mais pire, l'orchestration du débat politique autour de ce scrutin européen est à l'image de l'Union européenne elle-même: une caricature, comme celle dans laquelle la Grèce est tombée il y a 4 ans. En 2015, la faillite de Syriza en Grèce à respecter le vote des urnes et sa capitulation devant la Troika (Commission européenne, FMI et Banque Mondiale) est l'illustration du même chantage "chaos ou libéralisme": quelques mois avant Syriza, dirigée par Alexis Tsipras, avait remporté les élections législatives (avec une majorité relative des suffrages), et écrasé le PASOK.

Pendant des mois, son équipe gouvernementale a ensuite tenté de négocier un assouplissement des conditions de "redressement" économique que la Troïka lui imposait pour rembourser (et sauver) les banques européennes (allemandes et françaises notamment). Malgré un référendum populaire où le refus des exigences de la Troïka l'avait emporté, Tsipras avait choisi de se coucher et de trahir le résultat du référendum. Surendettée auprès de banques européennes sur la foi de statistiques tronquées et de banques d'affaires qui recrutent à la Commission européenne, la Grèce a privatisé jusqu'à son patrimoine, réduit l'espérance de vie de ses concitoyens, augmenté la pauvreté et le chômage à des niveaux affolants.

Certains ont vu dans ce revirement de Tsipras une victoire du réalisme, la prouesse tactique d'un homme à canaliser la colère sociale. Tsipras a surtout dégouté des légions de citoyen(ne)s de l'action politique. Pour le scrutin de mai 2019, le premier depuis 2015, la droite est donnée gagnante. Tsipras a explosé la gauche qui l'avait porté au pouvoir. Mais le cas de Tsipras n'est pas grand chose. Il y a plus grave, un échec symbolique porteur de plus graves déceptions encore: en Grèce, en 2015, l'Union européenne toute entière s'est abimée. Elle a montré le véritable visage de ces faux béats en tee-shirt bleu qui aujourd'hui bafouillent leur amour de la paix et de l'union, mais cachent leur programme de fracture sociale et fiscale. L'Union européenne s'est abimée, écrivions-nous, "en démontrant qu'elle était incapable de solidarité, qu'elle préférait le dépeçage d'une économie et l'absurdité austéritaire."

Depuis 2016, l'Union s'est abimé à bien des occasions, et notamment en matière internationale: la crise des réfugiés a révélé qu'elle n'était qu'un club de riches effrayés: en Italie, en Autriche, en Hongrie et en France (avec Macron), des lois anti-migrants ont été votées, sans gêne, tandis que, à l'exception de l'Allemagne en manque de main d’œuvre, les États européens étaient incapables d'apporter une réponse à la hauteur de leur déclaration.

Jean-Jacques Bourdin: "Monsieur Alliot, vous approuvez la politique du gouvernement vis-à-vis des migrants ?"
Louis Alliot (RN): "Monsieur Bourdin, je n'ai pas à l'approuver, cela fait trente ans qu'on la défend."
RMC, BFMTV. 30 mai 2018

Pour lutter contre le dérèglement climatique, l'Union a aussi montré ses limites. En France, le macronisme au pouvoir a porté un coup dur à la transition écologique non seulement nationalement mais aussi au niveau européen. Les agitations publicitaires de quelques ministres ex-lobbyistes de grands groupes (Poirson, Wargon) ne font pas une politique.

L'Union s'est abimé mais elle est encore le meilleur endroit pour agir sur les sujets qui comptent, à condition d'y réformer ses institutions, d'accroitre les pouvoirs de son Parlement élu. 

Le scrutin européen est une chance: il n'y a qu'un tour, mais il est proportionnel. Les vieux chantages RN/LREM ne jouent pas. Ils ne servent à rien. 
 
Les députés frontistes ne servent pas davantage. Il y a 5 ans, le Front national ne créait plus la surprise mais emportait le scrutin européen en France en envoyant le plus fort contingent. Le bilan de ses député(e)s est nul: le groupe a perdu des troupes (9 sur 24!), les député(e)s restants sont surtout abstentionnistes, et le FN a surtout marqué par les détournements de fonds pour se payer des assistants (17 députés mis en cause), et ... de joyeuses dépenses de frais de bouche. Et les votes ont été systématiquement contre, même lorsque les mesures allaient dans le sens de leurs promesses.


C'est le premier scrutin depuis 2017 où l'on peut voter "pour", "et en même temps" contre le macronisme et son idiot utile, le Rassemblement national.

Ami citoyen(en), aux urnes !



18 mai 2019

Pourquoi un vote macroniste est inutile pour l'Europe - 627ème semaine politique



Le vieux-jeune monarque s'est décidé à entrer dans l'arène.

Il a bien planifié sa manœuvre. Emmanuel Macron veut convaincre qu'il est europhile, le champion des europhiles contre les populistes, un rempart pour la construction européenne à l'heure du Brexit. La démarche est louable, le fond est faux, la manipulation grossière.  La campagne des élections européennes a été sacrifiée par la Macronie, de A à Z. On l'a écrit, expliqué, détaillé.

Caricaturée jusqu'à sa plus simple expression, le "débat" sur les enjeux européens et la politique à venir s'est même concentré ces derniers jours sur le ralliement d'un obscur élu local insoumis au Rassemblement national: le sujet rassemble les fachos frontistes trop heureux d'une pareille publicité gratuite et les macronistes, appuyé par le Parti médiatique, qui sont trop heureux d'amalgamer LFI et RN. Et pour aider, voici que nos médias relaient à grands traits un opportun sondage sur le degré de prétendue proximité politique des différents sympathisant(e)s, et, surtout, ceux de Mélenchon, avec le RN.

Sans rire...

Triste à pleurer.

Le vieux-jeune monarque "s'engage dans la campagne." Appliquant cette verticalité politique qui lui sied tant, selon laquelle tout en Macronie doit procéder du monarque, les fans du président ont remplacé la terne Nathalie Loiseau par leur champion sur les affiches électorales. Reconnaissons le courage de se placer ainsi en première ligne, une bravoure couplée à un narcissisme excessif. Mais il y a urgence, le RN fait la course en tête des sondages et ça panique en Macronie.

En coulisses, les ministres s'inquiètent. Le premier d'entre eux, Edouard Philippe, a confirmé qu'il y aura un remaniement après les élections, plus ou moins important en fonction du score macroniste que les sondages prédisent élevé grâce à l'abstention des classes populaires, mais derrière l'extrême droite. Des parlementaires macronistes anonymes flippent aussi. La campagne "est un désastre" confie un député. "Y a le feu au lac!"dit un autre. Macron a été élu contre le FN en 2017. Qu'il se révèle incapable de juguler la progression de la Bête Immonde, de surcroît sur le sujet qui fait paraît-il son ADN politique - l'Europe - n'est pas seulement cocasse mais aussi terrifiant.

Macron entre donc en scène, trop fort, trop tard, et à coup de gros slogans naïfs, hypocrites ou mensongers.

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye instrumentalise à fond ses origines dans sa communication politique: "C’est l'histoire de Fara. Son père est mort à la guerre. Il va réussir ses études à Dakar, puis venir à Paris et rencontrer ma mère. C’est ça l’histoire de l’Europe: la paix, la guerre, la réconciliation. Un rêve fou. C’est pour ça que je voterai . Un vote de cœur."

Cela cache mal la xénophobie administrative en vigueur en Europe et qu'a renforcé l'équipe macroniste en France avec sa loi Asile et immigration d'avril 2018. Un mois avant le scrutin, la CIMADE publie une édifiante analyse des travers de l'asile européen, et des persécutions et tracas dont sont victimes les demandeurs d'asile en France: "(1) Le système Dublin mine la solidarité européenne ; (2) il affaiblit les droits de personnes en besoin de protection ; (3) il n’est pas efficace (au sens des autorités et des taux d’expulsion) puisque la balance des « transferts » de personnes entre États est sensiblement équilibrée."

La "Renaissance européenne" macroniste a un goût de cendres. Les réfugiés sont traqués, baladés d'un pays à l'autre, emprisonnés et les délais de demandes et de recours ont été réduits. Pire, leur accès aux soins est fragilisé en France, dénonce le Défenseur des Droits - " baisse drastique d’avis médicaux favorables au maintien sur le territoire", "mauvaise information" des migrants lors de leurs détention.

Ailleurs, la France assume ses ventes d'armes à l'Arabie Saoudite qui pilonne la population civile du Yémen. La "Renaissance européenne" macroniste a un goût de cadavres. La France et ses alliés (sauf l'Allemagne) aliment les conflits de leurs ventes d'armement. Un navire saoudien termine ainsi cette semaine son périple européen chargé d'armements belges, britanniques, espagnol et bien sûr français, et bafoue donc les obligations des États de l’Union Européenne au regard du Traité sur le commerce des armes, dénonce Amnesty International. En Libye, pays déstabilisé par la France quand Sarkozy craignait que Kadhafi ne dévoile ses financements occultes selon plusieurs enquêteurs, les forces du maréchal Haftar, lequel est soutenu par Macron, abiment par le feu et le sang le processus de paix de l'ONU. Amnesty évoque des possibles crimes de guerre. Dans cette même Libye, la France macroniste a livré des bateaux pour ramener les migrants qu'elle refoule. Et Macron expliquait, il y a un an, qu'il souhaitait y installer des "hotspots" pour filtrer sur les côtes libyennes les migrants. Et préférait taire les abus sexuels et les tortures dans les camps de réfugiés libyens dont la France officielle avait connaissance.

La "Renaissance européenne" macroniste a parfois un goût de cadavres et de cendres.

Un vote en faveur de la liste macroniste dessert l'Europe: primo, il ne sert pas la lutte contre le réchauffement climatique car il ne suffit pas d'afficher beaucoup de propositions écologistes lointaines ou floues à la dernière minute d'une campagne pour faire oublier l'inaction en France et le carcan de la règle des 3% qui empêche d'investir dans la transition écologique à la hauteur des enjeux au niveau européen.

Un vote macroniste n'améliore pas la démocratie européenne: tandis que les insoumis proposent le renforcement des pouvoirs de désignation, de vote et de contrôle du Parlement, les macronistes se contentent d'un silence prudent: la seule proposition concrète dans le programme macroniste, est d'accorder un pouvoir d'initier les lois; pour le reste, ils renvoient à l'organisation d'une "conférence" pour en discuter. Au nom de l'Europe, Macron a également fait voter une loi liberticide contre la presse et les lanceurs d'alerte pour protéger le secret des affaires.

Un vote macroniste  n'est pas humaniste car les actes de Macron à l'encontre des migrants, des manifestants, des opposants dans son propre pays démontre au contraire un autoritarisme croissant et inquiétant. En France, le macronisme est autoritaire et (physiquement) violent. Il réorganise la sécurité de l'Elysée contre les hiérarchies policières et de gendarmerie. Il couvre ses barbouzes Benalla et Crasse qui trafiquaient des contrats de sécurité avec des oligarques russes et d'autres en Afrique. Il durcit semaine après semaine le contrôle des manifestants. Le ministre Castaner et Macron sont silencieux sur l'incroyable bilan répressif des 6 mois écoulés - des milliers d'arrestations préventives, des comparutions immédiates malgré des chefs d'accusation parfois inexistants, des mutilations en grand nombre, une énième loi liberticide au nom de la défense de la République (mais de quelle République parle-t-on quand cette dernière a pris tous les oripeaux juridiques des régimes autocratiques ?). Non seulement cherche-t-il à décourager les manifestants, mais il poursuit "en même temps" ses provocations verbales.

Un vote en faveur de la liste macroniste abimera encore davantage le droit social. Aligné sur le slogan sarkozyste "travailler plus pour gagner plus", les macronistes trouveront au Parlement de Bruxelles des alliés de circonstances chez l'extrême droite autrichienne (qui a voté l'allongement à 60 heures par semaine de la durée maximale de travail hebdomadaire en Autriche). La réforme des retraites qui se prépare, avec l'allongement de la durée de cotisation, est un autre coup de canif dans la solidarité nationale au nom des équilibres budgétaires européens.

Un vote en faveur de la liste macroniste est inutile dans la lutte contre l'évasion fiscale - cette évasion qui pénalise les comptes publics des États membres de l'Union, et donc les services publics les plus élémentaires. Qui peut trouver ce Président des ultra-riches crédible dans la lutte contre l'optimisation fiscale des quelques centaines de milliers d'ultra-aisés qui l'ont choisi et fait élire ?  Une fraction de ces derniers se sont retrouvé ces jours derniers à Monaco pour le Salon de l’émigration et de la propriété de luxe (Ielpe) s'est tenu les 15 et 16 mai. La Macronie loue l'optimisation fiscale. A Bruxelles, elle soutient l'UE quand cette dernière retire trois paradis - Aruba, la Barbade et les Bermudes, de sa liste noire: "les réformes auxquelles se sont engagés Aruba, la Barbade et les Bermudes ne vont pas les empêcher d’opérer en tant que paradis fiscaux" résume OXFAM.

Un vote en faveur de la liste macroniste abimera encore davantage les services publics: au nom de l'Europe, Macron a accéléré la privatisation du rail en détruisant le statut des cheminot et préparant la fermeture discrète des petites lignes "non rentables" (il n'y a pas de "plan de fermeture" assure le président de la SNCF, mais "le statu quo n'est pas tenable" ajoute-t-il).




"Renaissance européenne", "union des progressistes", ... vraiment ?

Ami(e) macroniste, où en es-tu ?





11 mai 2019

Macron écolo ? Parole de vert de gris ! (626 semaine politique)

 

 

Brailler que tout changera après-demain pour que rien ne change aujourd'hui, voici l'arnaque macroniste.

 

L'urgence... électorale
A la va-vite, le vieux jeune homme s'est dépêché de faire un micro-discours sur la bio-diversité sur le perron de son palais. Il avait une double urgence personnelle. Un énième rapport du GIEC sur "les impacts d’un réchauffement climatique global" venait d'être publié par l'ONU, et ses auteurs y décrivent une catastrophe écologique majeure mais connue, une "extinction de masse", un génocide écologique. A trois semaines d'un scrutin européen volontairement négligé, Macron a besoin de se faire valoir sur le terrain écologiste.

Il ne lui reste que cela pour paraître "progressiste".

Macron donc bafouille quelques mots ce mardi 7 mai 2019 - le président des riches, l'auteur de la loi anti-asile et de la traque des Gilets jaunes appelle de ses vœux à une "Terre habitable". Des mots, du vent, aucune action ou si peu. Macron s'affiche comme le capitaine d'un Titanic qui explique qu'il vient de changer l'orchestre du pont supérieur. Il récupère même à son compte quelques slogans de l'opposition - "fin de mois, fin du monde", même combat ?

Voici le vieux jeune monarque qui le dit lui-même après que pendant des semaines de mobilisation Gilets Jaunes, ses sbires les plus outranciers aient proclamé l'inverse.

Et oui, maintenant, c'est devenu la thèse officielle, merveilleux retournement: "l'angoisse de fin de mois, c'est une angoisse de citoyens [...] C'est aussi l'angoisse des problèmes de réchauffement climatique et de biodiversité. Je pense que ces problèmes n'en font qu'un."


VERT DE GRIS
Vraiment ?

Le monde s'écroule, on évoque une extinction de masse mais Macron recycle de vieilles et insuffisantes mesures, personne n'est dupe. La manœuvre est politicienne: Macron frappe à "gauche" sur l'écologie, à la dernière minute, car la défense de l'environnement est l'un des rares thèmes à faire surface dans l'inquiétude générale. Mais il pioche aussi à droite, à l'extrême droite, avec sa tête de liste Nathalie Loiseau, ex-candidate sur une liste étudiante avec l'extrême droite dans sa jeunesse qui aujourd'hui répète à n'en plus finir les mêmes slogans anti-migrants et anti-asile que les fachos du Rassemblement national:


La République en Marche a la trouille rageuse de se trouver derrière le FN aux élections européennes. Pensez-vous... Quel bel échec de celui qui s'était érigé en rempart anti-FN en 2017 ? Deux ans plus tard, ce premier scrutin montrera sans doute que son cœur électoral d'une dizaine de pourcent des électeurs est toujours là, ce qui, sur fond de divisions de l'opposition savamment entretenue et d'abstention massive, lui donnera mécaniquement une avance à environ 20% des suffrages exprimés. Dans les sondages du moment, 60% du corps électoral n'a pas l'intention de voter. Les plus fortes proportions de citoyens découragés sont les jeunes et les classes populaires.

Cette abstention sert la Macronie. Cette dernière a tout fait pour qu'elle soit élevée et les oppositions divisées n'ont pas réussi pour l'heure à renverser la barre, à l'exception du Rassemblement national légitimée dans ses bêtises xénophobes par la politique migratoire et sécuritaire de Macron et, plus récemment, les discours de campagne de Loiseau.

Mais si la Macronista se trouve derrière la liste de la Bête Immonde, la claque sera cinglante. Macron d'ailleurs est lui-même cinglant à l'encontre de ses ministres qu'il trouve désormais trop timorés dans cette non-campagne. Le vieux jeune monarque, qui s'attache à "verticaliser" sur sa personne tout le dispositif politique et institutionnel de cette République à bout de souffle se trouve soudainement à engueuler ses sbires de leur manque d'enthousiasme.

La République en Marche a donc la trouille rageuse de se trouver derrière le FN et la voici qui sert la soupe idéologique du RN. 

Ecolo/facho ? La Macronista serait-elle devenue vert-de-gris ?

Bref, dans cette dernière ligne droite d'une course européenne ratée, où tout a été fait pour laisser les électrices/teurs dans le découragement et l'abstention la plus massive, la macronie joue la carte vert/brune, nauséabonde et hypocrite à souhait.


Macron n'est pas bio
Revenons sur le "programme" écolo si soudain de la Macronista.

Le bilan provisoire de Macron est connu. Il a même une incarnation symbolique, la démission en direct à la radio de la star écolo du pays débauché pour rejoindre la première équipe du Nouveau Monde en juin 2017, Nicolas Hulot.  Ce ministre de l'Environnement a tout balancé en direct: sa rage, sa déception devant tant d'inaction. Les macronistes effrayés ont accusé son amateurisme. Mais jugeons donc les décisions et non-décisions de Macron depuis deux ans en matière écologique.

 
Paroles, Paroles
Le "Green-washing" macroniste suit une logique connue: annoncer bruyamment des grandes intentions et de grands objectifs très tardifs, le tout habillé par des slogans aussi séduisants que vagues ("big bang dans les poubelles", "make our planet great again", etc). L’urgence écologique version Macron consiste à reporter très loin ce qu’on doit faire aujourd’hui; à fixer des objectifs plus ambitieux s’ils sont lointains, modestes s’ils sont immédiats; à promouvoir des gadgets qui sonnent bien mais ne signifient rien. Ainsi les quelques promesses dévoilées à la va-vite (le lendemain des annonces du GIEC), au dernier moment (le 9 mai), et dans un hebdomadaire notoirement de droite (sic!), ne sont qu'un effet d'annonces
  • Une taxe carbone aux frontières ? Elle est promise depuis ... 2008 par Barroso, et, en France, Macron a préféré l'annuler en décembre. Comment le croire crédible pour l'appliquer ?
  • Le "Pacte de soutenabilité" et la "Banque pour le climat" sont des gadgets politiques pour éviter de modifier l'existant (le Pacte de stabilité, la Banque Européenne d'Investissement). Proposer de créer une banque du climat le jour même, où l'Union européenne entre en dette écologique est cocasse.
  • La promesse de neutralité carbone en 2050 est hypocrite, la France ne respecte déjà pas ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
  • L'interdiction de vente de voitures thermiques en 2040 est l'exemple type d'objectif ambitieux puisque lointain; et sans contrainte réelle ni mesure concrète immédiate.
Macron court après les symboles qui feront joli dans ses discours, ses tweets et son site élyséen, des symboles qui singeront une action, feront illusion qu'une action réelle a lieu alors qu'il ne s'agit rien d'autres que de paroles.

Brailler que tout changera après-demain pour que rien ne change aujourd'hui, voici l'arnaque macroniste.

"Plus rien ne sera comme avant." La porte-parole officielle de la bouillie macroniste le répète sur tous les tons, et sur tous les réseaux. C'est la parole du patron, le vieux jeune homme l'a dit en conseil des ministres. Et l'humain d'abord !
"Moi même, j'ai fait un effort sur moi. Il faut que vous fassiez cet effort." Emmanuel Macron.

Le changement, c'est enfin maintenant, vraiment ? Non, vraiment pas.


Ami(e) macroniste, où en es-tu ?







4 mai 2019

Macron 2017-2019: le malaise démocratique - 625ème semaine politique

 

 

Deux ans que Jupiter est à l’Élysée. Emmanuel Macron n'a pas seulement "baissé les impôts comme jamais depuis 50 ans". Il a surtout abaissé la démocratie en France à niveau inédit depuis la guerre d'Algérie.


Le progressisme de la matraque
Macron n'est pas Pétain mais c'est la seconde fois qu'il rend un hommage, cette fois-ci indirect, en reprenant à compte l'une des révisions historiques de l'ignoble collaborateur de l'occupation nazie. En novembre dernier, le vieux jeune homme s'était égaré dans sa propre "itinérance mémorielle" sur la Grande Guerre. Il avait gâché, contre toute attente et de sa propre initiative, les célébrations officielles en rendant un hommage public au vainqueur de Verdun. Sept mois plus tard, un an après les agressions filmées de son barbouze Alexandre Benalla, Macron use du même révisionnisme que Pétain, du même mensonge que Pétain à propos du 1er mai. En 1941, le collabo avait requalifié le 1er mai en "symbole d’union et d’amitié parce qu’il sera la fête du travail et des travailleurs", en célébration du "moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maîtres de notre sort."

A 78 ans d'intervalle, le monarque sans peuple énonce la même contre-vérité historique: "le 1er mai est la fête de toutes celles et tous ceux qui aiment le travail, le chérissent, parce qu'ils produisent, parce qu'ils forment, parce qu'ils savent que par le travail nous construisons l'avenir." Macron est une chose politique sans culture, un homme de théâtre pour qui l'auto-mise en scène prime sur le sens des actes et la vérité de l'Histoire.

Macron n'est pas un

dictateur

mais sa police frappe sans discernement, elle assaille des street-medics et des personnes âgées, elle dérape et déborde. Sous les applaudissements twittosphériques des militants macronistes, ces policiers surarmés, protégés d'armure et de casques, équipés de matraques et de grenades qu'ils lancent régulièrement à hauteur de visage, sont motivés par leur hiérarchie qui légitime tout, pardonne tout, et n'enquête sur rien.

La France n'est pas une dictature mais une démocratie affaiblie où l'on assiste chaque samedi ou jour férié au spectacle de ce combat de gladiateurs officiels contre ces "animaux de Black-Blocs" et ces "chiens de Gilets Jaunes". On compte les blessés (des milliers), les bavures (près de 800 signalements ), et les mutilations (près de 300). Les esprits prudes de la Macrionista soulagent leur conscience en regardant "ailleurs" où il y a pire.

Macron n'est pas un dictateur mais son ministre de l'Intérieur interdit à des gens de manifester sur simple soupçon ou fichage sans jugement de Justice. Il ment sur les violences, il encourage l'utilisation d'armes qualifiées de guerre (LBD), il menace à l'avance les participants aux manifestations pour décourager l'exercice d'un droit constitutionnel. Il interdit, sans jugement et sur décision préfectorale, à un journaliste de se rendre sur les lieux des manifestations pendant près de six mois.

Macron n'est pas un dictateur, mais il centralise encore davantage le pouvoir autour de sa personne; comme par exemple quand il choisit personnellement les procureurs (ceux-là même qui ont pouvoir de geler ou d'accélérer les instructions), ou quand il réorganise la sécurité de l'Elysée en en retirant la responsabilité à la police et la gendarmerie, un projet mis en sommeil par l'éviction de Benalla qui en était chargé mais qui a été lancé cette semaine.

Macron n'est pas un dictateur mais il accuse les manifestants les plus pacifiques d'être "complices du pire" et des Black-Blocs. Il amalgame ses critiques en ennemis de l'Etat. Ses trolls, certains qui sont ministres et d'autres député(e)s, qualifient l'opposition d’extrémistes, appellent à sa censure. Le syndicat des commissaires de police, applaudi par des militants macronistes qui osent encore se qualifier de "progressistes", justifie l'interdiction de la presse dans les "périmètres interdits".

"Pire ailleurs"
Christophe Castaner incarne bien la Macronie: l'homme est aussi fidèle qu'incompétent, aussi loyal que prêt à tout. Le 6 mai 2017 quand un Macron rigidifié marchait au pied de la Pyramide du Louvre pour s'adresser au 30,8% qui l'avaient élu, qui aurait pu penser que deux ans plus tard, son ministre de l'intérieur, un ex-socialiste sorti de l'anonymat par le vieux jeune homme, balancerait à la face des télévisions la fable d'une attaque d'hôpital et d'une tentative de destruction de matériel de réanimation? Qui penserait que chaînes d'information, éditocrates et philosophes de salon, militants et nervis relaieraient cette thèse avec gourmandise et sans vérification ? Il n'a pas fallu attendre plus longtemps que quelques heures pour qu'une dizaine de vidéos démontrent la tartufferie: une petite foule de manifestants poussée par des canons à eau et des gaz lacrymogènes passe par une entrée annexe du CROUS qui jouxte l’hôpital, avant se faire interdire l'accès.  Samedi 4 mai, un collectif des 34 gardés à vue de la Pitié Salpêtrière livre sa version des faits, qui confirme les images et contredit les mensonges d’État.

Que faudra-t-il pour que tant d'incompétences et de mensonges à la tête du ministère de l'intérieur ne soient plus protégés ?

Macron n'est pas un dictateur mais les provocations les plus grossières émanent désormais de ministres tels Castaner qui ment effrontément sur une prétendue attaque de vandales contre un hôpital; de députées telle Aurore Bergé qui, aveugle ou borgne, ne voit de blessures graves pendant les manifestations que sur les policiers; de journalistes de salon tel Brice Couturier, salarié de l'audiovisuel public, qui relaie tels quels et sans critique les éléments de langage et videos macronistes bidonnées semaine après semaine; de philosophes de salon qui tels BHL diffament l'opposition à longueur de tweets postés depuis leurs riches demeures; ou de simples trolls anomymes qui vomissent leur haine contre la contestation, ou d'autres, plus calmes, qui détournent le regard des mutilations et des excès de la force policière en pointant vers d'autres cieux car, bien sûr, "il y a pire ailleurs".

La France va peu à peu vers ce "pire".

Deux ans après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, la France est ainsi une démocratie affaiblie où la Macronie bannie peu à peu celles et ceux qui la contestent. "Tout a été fait pour réduire au silence les manifestants." Des chercheurs et universitaires dénoncent ainsi la "dérive autoritaire du gouvernement", la "criminalisation" de l'opposition. Quelque 300 journalistes et photographes, avec ou sans carte de presse, s'inquiètent des menaces contre l'exercice de leur métier et du "cap répressif" qui a été franchi. 1400 personnalités du monde de la culture dénoncent ce "récit" officiel qui "ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-paroles du gouvernement voudraient bien nous y faire croire." La France a été accusée par l'ONU d'"usage excessif de la force". Une trentaine d'ONG dont Amnesty International et RESF ont déjà appelé à manifester contre les restrictions de libertés publiques en France. Selon l'association Reporters sans frontières, "près de 90 journalistes ont été victimes de violences policières depuis le début du mouvement des "gilets jaunes"."

Mais le gouvernement légitime toujours des violences contre des civils, des suppressions de libertés publiques temporaires (état d'urgence, loi anti-Casseurs) ou définitives (asile, secret des affaires). Semaine après semaine, le gouvernement jette de l'huile sur le feu. Il lui suffit de théâtraliser la casse réelle de quelques centaines activistes dénommés Black Blocs, qu'il provoque et met en exergue chaque semaine. Ce même gouvernement assène ensuite que les Gilets Jaunes ne sont rien - pas représentatifs, minoritaires, désorganisés. Il utilise ces mêmes Gilets Jaunes pour justifier les pires excès contre les libertés individuelles que la France ait connus depuis la guerre d'Algérie.

Les réseaux qui ont fait Macron
Le malaise démocratique est grand, si réel que l'on peut espérer que la Macronie perde enfin certains des réseaux qui l'ont soutenue. Deux ans après l'élection de Macron, on réalise en effet de mieux en mieux comment, par qui et pour qui il fut élu. le brûlot de Juan Branco, préfacé par Denis Robert ("Crépuscule", Edition Au Diable Vauvert)puis l'enquête de Marc Endeweld ("Le grand manipulateur, les réseaux secrets de Macron", Edition Stock), ont permis à chacun(e) de mieux comprendre les réseaux qui ont fait l'élection. Le premier ouvrage est un carton en librairie mais boycotté par la presse, les radios et les télévisions. Juan Branco fait peur car sa parole n'est pas assez policée sur les plateaux radiophoniques souvent complaisants. Le second ouvrage fait l'objet de chroniques élogieuses mais parfois gênées. L'éditocratie ne conteste pas les révélations, mais elle en minore l'importance.

Ces réseaux, pris individuellement, ne sauraient "faire" une élection présidentielle, nous explique-t-on. Pourtant, là 'est pas le propos. Pris dans son ensemble, voici le dispositif macroniste qui a fait l'élection:

#1. Le contexte: Depuis 2013, les sondages promettent Marine Le Pen en tête de tous les scrutins et, surtout, celui présidentiel. La menace d'un basculement frontiste permet d'agiter les peurs et de coincer l'essentiel de l'électorat entre indifférence ("l'élection est pliée") et chantage à la fin de la République. Contre Le Pen, n'importe quel candidat qualifié au second tour avait la quasi-garantie d'une victoire.

#2. La publicité:  Grâce à Mimi Marchand et aux journaux people (Paris Match, VSD, Gala, Closer, etc), le candidat Macron, avec ou sans son épouse, a bénéficié d'un "matraquage publicitaire massif" et gratuit grâce à  des centaines de publi-reportages, articles et couvertures sur lui, sa vie, son œuvre. Qu'aurait-on dit si Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon avaient chacun capté 42% des parts de voix dans les médias entre avril et septembre précédent les primaires puis la campagne présidentielles ?

#3. Les réseaux: Macron a investi tous les réseaux historiques à droite comme à gauche, tantôt pour s'y appuyer (la Françafrique) tantôt pour éviter qu'ils ne servent à ses concurrents de droite (Fillon, Juppé, Sarko) ou de gauche (Hollande, Valls): associations étudiantes; grands patrons (Niel, Arnault, etc); communicants spécialisés (Havas); dictateurs africains et intermédiaires douteux (Dhjouri); cercles religieux et communautaires; réseaux sarkozystes et juppéistes; déçus du Hollandisme (Patriat, Jouyet) et vieille garde mitterandienne (Charasse); écologistes mous et lobbyistes des industries polluantes; publicitaires et éditocrates; réseaux de la nouvelle économie et collectifs de startupers et autres "Pigeons"; SciencesPo.
"Dès 2013, Emmanuel Macron organise des réunions de communicants pour sa communication personnelle et sa future ambition politique dans le dos de François Hollande. II a pu inviter Franck Louvrier, illustre conseiller communication de Nicolas Sarkozy. Contre François Hollande, il n'a pas hésité à utiliser les réseaux de la droite et de Nicolas Sarkozy." Marc Endeweld.
 #4. Les financements: en optimisant la loi sur le financement électoral, Macron a obtenu la moitié de ces 16 millions nécessaires au premier tour grâce à un petit millier de donateurs, des gens aisés et sociologiquement premiers bénéficiaires des premières mesures "urgentes" de Macron au pouvoir (flat tax, suppression de l'ISF). En jouant sur la coupure fiscale des deux exercices calendaires 2016 et 2017, "le candidat a levé 15 994 076 euros entre la création d'En Marche en mars 2016 et décembre 2017" expliquent les journalistes Sylvain Tronchet et Julie Guesdo. "Tout au long de la campagne, l'équipe d'Emmanuel Macron a noyé dans un brouillard de chiffres sa dépendance aux donateurs fortunés." En fait, la campagne a été été financée pour moitié par 800 grands donateurs et majoritairement dans les arrondissements riches de la plus riche ville de France, Paris. Quelques 15% de la collecte est venue de l'étranger (2,6 millions d'euros).

Guichet des riches après la victoire, le clan macroniste a cependant souffert de trous de trésorerie difficiles au début de l'année 2017, avant que deux banques ne lui prêtent généreusement en avril. La mise à nue, par le journaliste Endeweld, des efforts macronistes à chercher des riches soutiens en Algérie appelle une question: comme Sarkozy en Libye en 2006, le clan macroniste cherchait-il des financements occultes en Algérie ? Les contacts avec le trouble Alexandre Djourhi via l'ambassadeur Driencourt, le rôle du secret Ludovic Chaker (ancien espion devenu conseiller du monarque et officier traitant de Benalla à En Marche pendant la campagne), l’entregent de Dominique Villepin, ou les rencontres Benalla/Djouhri avant l'élection (et non pas seulement après son éviction en 2018), les relations nouées avec le pouvoir algérien interrogent.

 Bref, deux années après l'élection, le pouvoir macroniste est nu. Grâce à lui, la différence est ténue avec la politique xénophobe italienne ou autrichienne. Son échec économique est pour l'instant patent, avec la division par deux du nombre d'emplois créés entre 2017 et 2018, la progression de la dette, et l'asphyxie de la demande. Son inaction écologique, au-delà des agitations médiatiques sur les "Big bang dans les poubelles" et autre green-washing de la finance mondiale, est coupable et cache mal la relance couteuse du nucléaire et la protection des plus gros pollueurs. Son mépris social, avec la réduction ou la déstabilisation des services publics, a été partiellement corrigé grâce aux mesures de pouvoir d'achat forcées par le mouvement des Gilets Jaunes en décembre.

A cause de Macron, la France est une démocratie affaiblie, une démocratie qui s'affaisse.

Même si les deux tiers des sondés n'y croient pas, Macron a bel et bien baissé les impôts, pour l'essentiel ceux des ultra-riches. Et il a baissé la démocratie, pour toutes et tous.

Ami(e) macroniste, où en es-tu ?



Appel de la Cimade, avril 2018