9 novembre 2019

Le délire xénophobe de Macron - 652ème semaine politique



Les castors, qui croyaient être un barrage contre l'extrême droite, n'en sont que le marche-pied. C'est le constat de la semaine, sans doute l'un des plus importants du quinquennat.


Affairé à casser les digues, Emmanuel Macron a porté le sujet migratoire plus loin encore sur le terrain favori de l'extrême droite. Cette semaine, il a franchi "un pas important et longtemps inédit", restreindre l'accès au soins des demandeurs d'asile. C'est une diversion politique, une mesure contreproductive, et un rapprochement ignoble et calculé sur l'agenda politique de la droite xénophobe.

A l'Assemblée nationale, les député(e)s godillots vont voter sans rechigner la suppression de la prise en charge médicale, y compris d'urgence, pour les réfugiés, pendant 3 mois. Comme ils ont voté, sans rechigner pour 200 d'entre eux (sur 300), la réduction à 90 jours du délai de dépôt de demande d'asile, cette nouvelle carence permet de virer plus vite, même les malades et les blessés. Cette mesure fait partie des 20 propositions xénophobes présentées par Édouard Philippe après un "comité interministériel sur l'immigration et l'intégration", censé théâtraliser au mieux l'action gouvernementale.


Boutique Enlysée

Dans son texte, le premier ministre insiste à plusieurs reprises sur la nécessité de "reprendre le contrôle" de l'immigration. Cette fois-ci, la novlangue macroniste est peu créative, elle est simplement le copié/collé de la bouillie xénophobe de l'extrême droite. "Reprendre contrôle" sous-entend évidemment que l'immigration est incontrôlée. "Marine Le Pen peut rire sous cape” résume le journal Tageszeitung, en Allemagne. Elle peut même éclater de rire, et applaudir. Le clan macroniste fournit l'habillage sémantique qui va bien pour chaque recul des droits: il veut "protéger" le regroupement familial "en luttant contre certains détournements". Il veut favoriser "l'intégration par le travail" en durcissant les définitions d'emplois pour justifier l'immigration économique.
"Il ne s’agit pas de faire des quotas de personnes venant d’Afrique, du monde arabe ou d’Asie, il s’agit juste de dire que c’est une question légitime de savoir combien on veut d’ouvriers agricoles, d’ingénieurs, d’informaticiens, de techniciens" Laurent Wauquiez, 2007
"Fixer des objectifs quantitatifs ou des quotas - les deux termes me vont - en matière d'immigration professionnelle." Edouard Philippe, 2019
Pour justifier la suppression de l'accès aux soins  pendant 3 mois, les castors comparent ce traitement à celui, identique, réservé aux expatriés revenant au pays qui sont quasi-exclusivement des cadres et dirigeants d'entreprises  (1% d'ouvriers, source: ministère des affaires étrangères, 2013), la plupart installés en ... Suisse, aux Etats-Unis et au Royaume Uni.

Tous les parallèles, même les plus odieux, sont donc possibles.

Ils plaident également vouloir lutter contre le "tourisme médical", une odieuse expression selon laquelle ces réfugiés, dont quelques milliers meurent chaque année en tenant de rejoindre l'Europe, choisiraient la France pour le confort d'une auscultation médicale gratuite. Les traitements lourds étant de toutes façons proscrits de cette aide médicale, cette justification est inepte et honteuse. Le gouvernement pointe vers ses Géorgiens et Albanais qui afflueraient par milliers et "engorgeraient" nos hôpitaux. En 2018, d'après les chiffres de ce même gouvernement xénophobe,  la France a reçu (et non pas accueilli) 5100 demandes d'asile émanant de citoyens géorgiens, et 7200 d'Albanais, soit ... 10% des demandes de cette année là.

Une paille, mais un symbole pour caresser l'extrême droite dans le sens du poil. Les syndicats de médecins sont outrés. Les ONG révoltées.

Et les castors ? Où sont-ils passés ?

Une expulsion de mineure, novembre 2019
La traque des migrants n'est pas chose nouvelle en Macronie: à peine élu, Macron ferme les frontières et refuse aux bateaux humanitaires l'accostage. Le si centriste Gérard Collomb, alors ministre de l'intérieur, publie en 2017 une circulaire qui prévoient que des « équipes mobiles » feront le tri des réfugiés dans les centres d'hébergement d'urgence. Puis en avril 2018, la fameuse loi "asile et immigration", réduit les droits des réfugiés, soulevant l'indignation de plus de 400 associations humanitaires et partis politiques en France.  Et maintenant, pour replacer le débat xénophobe au cœur de l'actualité et taire son échec social et économique, Macron lance une nouvelle salve: "amélioration" du tri par métier créé par Sarkozy en 2008, et carence de 3 mois pour l'accès aux soins.

Cette mesure est aussi xénophobe que symbolique. Elle est l'une des premières marches vers la mise en œuvre intégrale d'exclusion des étrangers de la sphère nationale défendue le Rassemblement National.  

Macron n'est pas un barrage contre Le Pen, mais un marche-pied.

Reprenons l'ensemble des mesures annoncées cette semaine:
  • Macron accepte d'augmenter de quelques millions l'aide au développement, "et en même temps", il cible une partie de cette aide sur "la gestion des flux migratoires". Autrement dit, c'est un chantage, "aide contre fermeture des fermetures" à l'encontre des pays les plus pauvres.
  •  Création d'une "commission stratégique des visas", un machin administratif pour prétendre "reprendre le contrôle".
  • Fermer davantage les frontières européennes avec une augmentation des effectifs de FRONTEX de 1000 à 10 000 postes en 5 ans et une révision du Code Frontière Shenghen
  • Réduire l'accès aux soins pour les réfugiés (délai de carence pour l'Aide Médicale d'Etat; réduction de 12 à 6 mois l'accès aux soins pour les déboutés)
  • Supprimer le versement en liquide de l'allocation aux demandeurs d'asile (ADA: 6,8 euros par jour).
  • Supprimer le cumul RSA / ADA 
  • Augmenter les effectifs d'étudiants étrangers, et "promouvoir l'intégration au travail" "et en même temps" durcir les quotas d'immigration économique;
  • Élever le niveau de maitrise de la langue 
  • Renforcer la dématérialisation des procédures (plus excluante pour les personnes en précarité)
  • "Évacuer les campements insalubres", et y "associer une mise à l’abri humanitaire, un examen de situation administrative et une orientation conforme au résultat de cet examen." 
  • "Améliorer la fluidité de l’hébergement d’urgence et renforcer l’accès au logement", mais taire la baisse des crédits pour ces mêmes hébergements d'urgence.
  • Surtout, la "fluidité" revendiquée consiste à trier, pour évacuer plus vite. Pour améliorer le tri, le gouvernement demande aux centres de "transmettre à l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration les informations relatives aux demandeurs d’asile et aux réfugiés présents dans l’hébergement d’urgence."
Les "castors" voulaient faire barrage contre l'extrême droite. Ils ont simplement décidé de se décaler un peu plus vers elle pour mieux occuper le terrain politique. La presse étrangère ne s'y trompe pas: Voilà des années que la droite en parlait. Nicolas Sarkozy en avait rêvé. Emmanuel Macron l’a fait." (Le Soir, Belgique). “la classe médiatique et politique en France ait passé une bonne partie de l’automne à débattre de sujets tels que le voile et la laïcité, quand ce n’était pas l’immigration”, alors même que ces thématiques “ne figuraient pas parmi les préoccupations essentielles de la population?” (El Pais, Espagne).

Islamophobie-mania
Mais Macron prend un risque calculé: la quasi-totalité de l'opposition de gauche, à l'exception surprenante d'un Yannick Jadot (EELV) qui approuve la mise en place de quotas, est vent debout contre cette énième génuflexion servile à l'égard de la droite furibarde et de ses extrême. Même ce qui reste du parti socialiste pilonne (enfin) la Macronie avec vigueur. Mais l'occasion d'une manifestation initialement consensuelle contre les agressions dont sont victimes les musulmans en France est l'occasion de caricaturer l'opposition, de cliver à nouveau sur un sujet proche. Les plus forts soutiens à la politique xénophobe de Macron sont à droite, les mêmes défilent contre un appel à manifester contre l'islamophobie.

Les discriminations dont sont victimes les musulmans sont un fait: même les islamophobes les plus rageux doivent reconnaitre que les musulmans sont l'objet d'une attention politique, sociétale, judiciaire et policière hors normes depuis la montée de l'islamisme radical et la multiplication des attentats islamistes en France et en Europe. En ricochet, une majorité des musulmans en France se déclare avoir subi une discrimination: "les discriminations et les agressions visant les musulmans en France sont minoritaires au quotidien mais sont plus fréquentes que pour le reste de la population" d'après une récente enquête.
  • "Un quart des musulmans ont été insultés en raison de leur religion (24 %) au cours des cinq dernières années,"
  • "La proportion de victimes d’un comportement raciste au cours des cinq dernières années est deux fois plus élevée chez les musulmans vivant en France (40 %) que dans le reste de la population" (17 % : source Ifop 2019) 
  • 7 % des musulmans sondés déclarent à "avoir été victimes d’une agression physique à cause de leur religion, contre 3 % des non-musulmans".
Comment alors exprimer un soutien à ces victimes indirectes du climat délétère général ? Quel mot d'apaisement pour contrebalancer les insultes racistes déversées à heure de grande écoute par un prédicateur d'extrême droite sur une chaîne d'information nationale ? Comment exprimer le souci de la cohésion nationale et républicaine et ne pas laisser le débat aux islamistes et leur alliés objectifs de la droite furibarde ?
"Force est de constater qu’«islamophobie» est aujourd’hui celui le plus communément admis pour définir cette stigmatisation des Français musulmans. Il n’a toujours pas ma préférence mais à partir du moment où il est bien défini ainsi dans le texte, il ne peut pas m’empêcher de signer un appel unitaire – appel tout à fait juste sur le fond.
(...)
S’il n’y avait pas eu cet appel pour une marche le 10 novembre, il n’y aurait eu aucune initiative de rassemblement contre cette forme particulière de racisme. Rien ! Qu’ont proposé ceux qui protestent contre cette initiative pour réagir à la hauteur du danger ? Rien."
Eric Coquerel, 7 novembre 2019
Le Parti médiatique, c'est-à-dire cet ensemble de médias les plus plus visibles, les plus lus, les plus repris, bref dominants, est à l’œuvre pour relayer le propos de l'extrême droite et accuser la gauche de complicité avec l'islamisme: il décortique le texte d'une tribune simple qui a aucun moment ne vise la loi de 1905; ou la liste des milliers de signataires pour y débusquer des soutiens islamistes. Il fait croire que l'appel à manifester a été co-rédiger avec les Frères musulmans, c'est un mensonge. 

Macron se tait, le Parti médiatique travaille pour lui. La diabolisation permanente de l'opposition lui permet de tenir l'un des programmes les plus rétrogrades, et désormais pleinement xénophobe, de cette Vème République. Une frange prétendue laïcarde suit avec gourmandise et rage Marine Le Pen, Eric Ciotti et consorts pour attaquer avec des caricatures.
Il suffit qu'un appel à manifester en soutien avec les musulmans victimes de discrimination et de racisme: on monte alors en épingle que des personnes et mouvements peu recommandables ont aussi signé le même appel. L'indignation se fait à sens unique, pas un mot ou si peu quand la Bête Immonde s'affiche à la manifestation de soutien contre le meurtre antisémite de Mme Knoll. Le tri dans les manifestants ne vaut que lorsque l'islam et ses croyants, en est l'objet phobique du moment

L'islam et le voile sont les deux belles distractions du moment.

"Le problème c'est l'actionnaire, pas l'immigré ni le retraité." Jean-Luc Mélenchon.



Incapable de lutter contre l'évasion fiscale avec efficacité, Macron est plus habile pour jouer de la peur de l'étranger et harceler les demandeurs d'asile.

Sur les réseaux sociaux "pour jeunes", face caméra avec les dorures élyséennes derrière lui, Macron fait un selfie video pour expliquer que "le harcèlement scolaire, c'est mal." L'argument utilisé lui revient en pleine figure. N'est-il pas lui complice de la même passivité diplomatique vis-à-vis des dictatures du monde, du terrorisme islamiste émirati (qui sert de banque parfois même pour le Rassemblement national) ? Macron était aussi en Chine, il se félicite d'un accord sur la protection de la biodiversité "et en même temps" d'un nouvel accord de libre-échange sans doute détestable pour l'environnement.

La xénophobie macroniste est plus subtile que celle de la droite furibarde. Elle est sélective. Nulle xénophobie quand il fait la bise au prince héritier saoudien. Nulle xénophobie quand il s'affiche en Chine dont il espère les débouchés pour les entreprises françaises. Le 6 novembre, trente ans et 5 mois jour pour jour après les massacres de Tian'anmen, Macron défile sur la même place et fait davantage que le service minimum.



Ami castor, où es-tu ?


3 novembre 2019

Les valeurs actuelles de Macron - 651ème semaine politique

 

 

Macron parle dans Valeurs Actuelles, combien de castors, ces grands promoteurs du "barrage contre l'extrême droite" sont allés acheter ce canard de l'extrême droite ? La diversion est aussi belle que le faux barrage contre l'extrême droite que Macron remet en selle pour 2022. Le prix du gaz explose, le nombre de pauvres aussi, et les réductions de droits des chômeurs entrent en vigueur ce 1er novembre. 

 

Macron parle dans Valeurs Actuelles, vive Halloween !


Parlons valeurs
Emmanuel Macron a des valeurs, bien sûr, qui dépassent et orientent son action: dans son pamphlet publicitaire rédigé avec l'aide de quelques cadres de Havas en 2015 et sobrement intitulé "Révolution",le jeune monarque évoquait son social-libéralisme "enthousiasmant". Il applaudissait les "progressistes réformateurs qui croient que le destin français est d’embrasser la modernité". Il est attaché au libéralisme politique, la liberté individuelle, la concurrence, l'esprit d'entreprise, et la prise de risque. Plus récemment, il a embrassé la défense de l'environnement et même une laïcité conciliante comme nouvelles revendications.

On peut les lire et les relire dans les nombreuses adresses qu'il a livré aux Français depuis trois ans qu'il a fait irruption au premier plan de la scène politique nationale. Dans son dernier courrier, en janvier 2019, il évoquait encore la fraternité le travail louant "une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail".

Depuis deux ans et demi qu'il a tous les pouvoirs centraux de la République - présidence, assemblée nationale, on a pu mesurer l'écart entre les valeurs et l'action. Les valeurs de Macron sont apparues comme une bouillie recrachée en novlangue pour rhabiller la réalité de ce qu'il fait.
Le voici qu'il fait un long entretien qui fait beaucoup jaser dans les "propres" rangs macronistes à l'hebdomadaire de la droite la plus furibarde et la plus rance, Valeurs Actuelles. 





Ce choix révèle d'abord le caprice d'un homme. L'entretien a été réalisé dans l'avion de retour de la réunion, après quatre longues semaines de polémiques sur le voile, alimentée par Jean-Michel Blanquer ministre de l’Éducation nationale, à propos des sorties scolaires, l'irruption télévisuelle quotidienne d'un prédicateur d'extrême droite sur une télévision nationale propriété d'un oligarque dont le groupe apporte son concours logistique privé aux forces militaires en Afrique quand elles en expriment le besoin, et un attentat islamiste au cœur du renseignement français qui avait ridiculisé le ministère de l'intérieur. Macron a pris de court son propre entourage.

Ce choix révèle une fidélité, une relation personnelle de Macron et quelques proches avec l'hebdomadaire réactionnaire: pendant le quinquennat Hollande, Macron était la taupe élyséenne de Yves de Kerdrel, un ami rencontré à la Commission Attali sous Sarkozy, qui pris la direction de "VA" en 2012 (fut condamné pour provocation à la discrimination en 2015 puis pour diffamation en 2017). Sylvain Fort, ex-plume de Macron, fréquentait Louis de Raguenel pour préparer la campagne de Macron.

Dans cette interview, Macron reprend, et légitime ainsi, les propos de l'extrême droite: il caricature les manifestants contre l'islamophobie - "tiers-mondisme non-aligné aux relents marxistes.” Il qualifie les collectifs d'aide aux migrants de d'associations "droits-de-l'hommistes main sur le coeur". Il reprend le fantasme Blanquer, jamais étayé par des chiffres ni des études, sur les "enfants qui sont déscolarisés". Il s'attaque à l'AME: "il y a un sujet que personne n'a vu (...), ce sont les gens qui viennent avec un visa touristique, qui reste trois mois et ensuite se mettent à l'AME." Et le voici qui suggère un délai de trois mois de carence. Rappelons que l'AME ne concerne que 300 000 bénéficiaires. Et que les fins limiers du contrôle des abus du dispositif n'ont trouvé que 571 dossiers frauduleux l'an dernier...

Les valeurs d'Emmanuel Macron s'arrêtent-elles là où commence son ambition politique ? Il a besoin d'un duel final avec Le Pen. "Emmanuel Macron est le premier président de la Ve République à accorder une interview durant son mandat à un titre aussi marqué à droite." commente un politologue. En accordant cet entretien de 12 pages, écrit, relu et validé, "le président de la République, par des marqueurs sémantiques qui correspondent parfaitement au lectorat de Valeurs actuelles et à l'idéologie de ce journal, ne se situe plus au centre de gravité de LREM."
Ce n'est pas sans raison. Macron va porter l'argument là où il veut que le débat politique se clive, c'est-à-dire sur l'immigration et l'islam, pour mieux faire oublier son échec social et ses partis pris économiques. Sa seule issue politique pour faire oublier sa présidence des ultra-riches est de forcer un tête-à-tête contre l'extrême droite. La presse dominante emboite d'ailleurs le pas avec gourmandise. Ainsi le Monde, sous la plume d'Ariane Chemin et de , qui "décryptent" la tactique politicienne du jeune monarque, dans un article qui débute par un grossier mensonge: "Depuis 2017, les Français attendaient les réflexions d’Emmanuel Macron sur la laïcité, le droit d’asile, l’immigration, l’islam." C'est faux, même les sondages le disent.

Cette "minute d'allégeance à l'extrême droite" est un moment clé de cette séquence de rentrée. Macron est sorti de l'été en tentant de jouer sur un nouveau positionnement, la bienveillance et l'écologie - "J'ai changé" clamait-il sur le le site de l'agence de brand content "Konbini". Mais cela ne suffit pas. La grève réussie des syndicats contre son grand projet de réduction des retraites l'a fait reculer, très loin. Désormais, promet-il, sa réforme des retraites n'affectera pas celles et ceux avec déjà 15 ou 20 ans de carrières... En d'autres termes, rien de neuf avant quatre ou cinq quinquennats... L'ardeur réformatrice du président des riches serai-elle émoussée ?

Cachez cette présidence des riches...
Le 5 décembre, un appel à la grève général fiche la trouille en Macronie. La presse dominante, encore elle, commence son intoxication, comme ces sondages pour "prouver" que la grève est déjà impopulaire. Cette surimpression fasciste du débat politique par la Macronie n'est pas sans rapport.

Il faut divertir l'attention, souffler sur d'autres braises, faire oublier la police que l'on envoie matraquer à ciel ouvert et sans sommation contre les Gilets Jaunes pour leur 51ème acte. Il faut cacher cette guerre contre les pauvres. Son gouvernement envisage même de supprimer l'un des themomètres, l'Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale. 

Le gaz augmente (encore) de 3% pour 4 millions de foyers. Mais bonne nouvelle... les pensions de retraite sont revalorisées de ... 1%. L'allocation aux adultes handicapés (AAH) progresse de 40 euros par mois, soit +4,65%. Quel bel effort ! Merci messieurs. Le "pôle de gauche" de la Macronie peut espérer faire oublier le gel des autres prestations sociales qu'il vient de voter comme des godillot pour l'an prochain. Ou la hausse du nombre de pauvres que la réduction des aides au logement a provoquée.

C'est la Toussaint, 50% des demandeurs d'emploi voient leurs droits réduits à compter de novembre à cause des nouvelles règles d'indemnisation: 1,3 million de personnes sur les 2,7 millions qui bénéficient actuellement d’une indemnisation (sur 6 millions de personnes inscrites à Pôle emploi). Les dégâts sont considérables. Plus particulièrement visés, les CDD, les intérimaires, les mi-temps thérapeutique, les jeunes et les temps partiels (majoritairement des femmes). Pour 850 000 personnes, les indemnités vont diminuer de 20% en moyenne avec la réforme. Comment Muriel Pénicaud, ministre du travail, le justifie-t-elle ? "On corrige une situation. Aujourd'hui, en alternant des contrats, on gagne plus quand on entre au chômage qu'au moment où on travaillait. Ce n'est pas logique." La ministre ment: ces 40% des chômeurs ne touchent pas plus que lorsqu'ils travaillaient. L’objectif annoncé de la réforme  est d'économiser 3,4 milliards d’ici fin 2021.

Et de quelles indemnités faramineuses parle-t-on ?
  • D’après l’UNEDIC (organisme qui gère l’assurance-chômage), 850 000 personnes verront leur indemnité baisser de 905 à 708 euros (-22%). 
  • Pour 280 000 personnes, l’allocation diminuera de 897 à 679 euros (-25%).
  • Pour 7 % des chômeursc(190 000 personnes), l'allocation sera réduite de 868 euros à ... 431 euros par mois (-50%).
Aujourd'hui, on paye moins de cotisations sociales sur les revenus de la spéculation et les dividendes que sur ceux du travail.

Aujourd'hui, on paye moins d'impôts sur les revenus de la spéculation et les dividendes que sur ceux du travail dès que l'on paye plus de 12% d'impôt sur le revenu.



Ami castor, as-tu acheté Valeurs Actuelles cette semaine ?



Quand les macronistes n'aimaient pas VA