4 janvier 2020

Souhaiter la mauvaise année à Macron - 660eme semaine politique



Les vœux de nouvelle année du jeune monarque furent hypocrites et sans surprise. Emmanuel Macron osa expliquer combien il avait su tenir compte de la révolte des Gilets Jaunes.

 Cet homme vit dans sa bulle. L’année 2019 s’est conclue sur l’utilisation sans discernement d’un arsenal répressif adopté au nom de la lutte contre le terrorisme notamment islamiste contre les opposants de toutes natures. 


« La généralisation de la pénibilité est au cœur du projet du gouvernement » explique un secrétaire d’Etat aux transports. Il faut prendre la formule au premier degré. Oui, la Macronie est pénible. Comme une provocation, elle vient de décerner une médaille de la Légion d’honneur au patron de la filiale française de Black Rock, ce fonds géant qui se frotte les mains à l’idée de récupérer une belle fraction de l’épargne retraite, notamment des cadres.

Le 2 janvier, le patron de LrEM, désigné par le vieux monarque de l’Elysee, a accusé de « radicalisés » de la CGT de s’être introduit dans un local du parti. C’est un mensonge mais le plus symptomatique est ailleurs. Stanislas GUERINI, puisque c’est de lui dont il s’agit, cadre supérieur du privé devenu porte voix du macronisme, utilise à merveille la novlangue du régime: « radicalisé » est indistinctement utilisé pour désigner tous les ennemis de l’Etat: islamistes qui poignardent des innocents, écologistes qui manifestent contre le bétonnage ou la surconsommation, antispecistes qui dévoilent les conditions de torture contre les animaux dans les abattoirs, étudiants qui occupent des facs contre la sélection à l’université publique, professeurs qui refusent de noter le bac contre sa réforme élitistes, grévistes de la RATP et de la SNCF, infirmiers protestant contre la cure des services de santé, et, bien sûr, les Gilets Jaunes.

Radicalisé est le nouvel adjectif qui désigne l’ennemi de la Macronie.

N’est ce pas cocasse ?

En 2019, Macron a vandalisé la République. 

Bonne année, Macron ? Le 30 décembre, ultime insulte au progressisme, le gouvernement publie l’un de ses décrets dont il a désormais l’habitude. On se souvient d’un autre décret en décembre 2018 sur le durcissement des sanctions et contrôles contre les chomeurs. Cette fois, en 2019, c’est un gros clin d’œil à l’extrême droite, un décret xenophobe, le n° 2019-1531 du 30 décembre 2019 relatif à la condition de résidence applicable aux demandeurs d'asile pour la prise en charge de leurs frais de santé qui détaille au Journal Officiel comment la prise en charge médicale des réfugié(e)s sera désormais repoussée. 

On s’interroge: combien de « castors », ces sympathisants de gauche qui en 2017 croyaient faire barrage à l’extrême droite, feront le lien entre les images choc de réfugié(e)s physiquement à bout après avoir survécu aux affres de leurs périples et cette mesure administrative xenophobe. 

En 2019, le jeune monarque a perdu les derniers soutiens naïfs. Il lui reste ses irréductibles et une nouvelle et grandissante fraction de soutiens à droite. 

Ami macroniste, où te situes ?


3 commentaires:

  1. le gouvernement aurait mieux fait d'"oublier" le décret du 30 décembre plutôt que de le PUBLIER !

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