26 avril 2020

Les sous-doués de l'Elysée: #Macronavirus, à quand la fin ?

 

 

La gestion de la crise du Coronavirus est un fiasco mêlant arrogance, infantilisme, répression, lâcheté, inconsistance et incompétence. Et maintenant voici les prémisses de la fin de la démocratie.



 
Ailleurs en Europe, à l'exception notable de l'Espagne, les chefs de gouvernement n'apparaissent pas aussi fragilisés et nuls qu'en France. Angela Merkel se distingue par sa prudence, confortée par la situation hospitalière d'un pays qui a renié et économisé sur beaucoup de choses mais par sur ses hôpitaux publics ou privés. Les chefs de gouvernement italien, belge, néerlandais, suédois s'en sortent bien, malgré des difficultés parfois plus graves qu'en France comme en Italie ou en Belgique ou la surmortalité est impressionnante. Même au Royaume Uni, où Boris Johnson et son équipe ont agi comme des clowns inconséquents, l'équipe au pouvoir a changé son fusil d'épaule et rencontre désormais un soutien sondagier hallucinant.

Macron se distingue, il n'est dépassé dans le ridicule macabre que par Donald Trump. 

Le clown de la Maison Blanche inonde les réseaux sociaux et les ondes télévisuelles de ses interventions et conseils médicaux que d'aucuns prennent à la lettre. L'un des plus terribles fut son conseil de la semaine de s'exposer aux UV ou d'avaler du désinfectant. Un fabricant de désinfectants a du déconseiller publiquement de boire de ces produits. Des scientifiques se sont indignés. Trump, mal à l'aise, a expliqué que c'était du sarcasme le lendemain. Cet homme est un idiot, un jugement de sa mère.

Si le Trumpisme est un sarcasme permanent, la Macronie est une une pièce de théâtre, la tournée d'un petit homme qui se montre en costume, le teint de plus en plus orangé, dans des installations que d'aucuns qualifieraient d'art contemporain tant elles nous éloignent de la réalité.

Nous avions eu Macron déguisé en aviateur, en militaire, en marin. Macron en DJ, Macron dans les bras de deux hommes torses nus. Le voici sans masque face à des employés masqués, ou dans un super marché déserté. Ou bien les chaussures sous plastiques dans une usine de tomates industrielles. 

Quand il reçoit des journalistes à l'Elysée, ces dernier le trouve "affalé". Il y a aussi ce bronzage irrégulier qui interpelle, comme la dépigmentation accélérée du côté gauche de la barbe d'Edouard Philippe.

Pour le 14 juillet, Macron laisse fuiter qu'il cherche à faire un "grand discours de refondation" en lieu et place de défilé. Mais qu'est ce qu'on se fiche de savoir si Macron pense à des discours ? En Seine Saint-Denis, on craint des émeutes de la faim. A Marseille, des collectifs de quartier nourrissent des milliers de citoyens défavorisés.




Les sous-doués à l'Elysée


Le chefaillon de guerre s'indigne qu'on porte plainte contre sa tenue des élections municipales. François Bayrou lui vient en aide avec un gros mensonge par omission: Macron a maintenu le scrutin faute de consensus politique pour les reporter. Le 14 mars, l'Italie voisine comptait pourtant déjà 22 000 infectés, dont 1400 morts, l'épidémie est déjà galopante, l'Italie entièrement confinée, mais en France, Macron n'a pas agi pas, n'a rien dit de la gravité de la maladie aux partis politiques qu'il avait convoqué. C'est de l'incompétence criminelle.

Maintenant qu'il annoncé, sans préparation, un "horizon de déconfinement" au 11 mai, sa brochette de ministres nage en plein désastre.

Macron parle clairement si flou que ses ministres sont désemparés.
  • La ministre de l'Environnement refuse toujours des masques de protection aux éboueurs - "inutile" explique-t-elle. La Ville de Paris a révélé que 2 éboueurs sont morts du COVID-19.
  • Le surlendemain, son ministre de l’Éducation nationale dévoile sans crier gare un planning de rentrée des classes précis, dangereux, irresponsable, et impossible à tenir par les établissements: d'abord les maternelles, le public le moins apte à se protéger, puis les primaires. Et sur la base du volontariat. 
  • Vendredi, Le Maire, ministre de l'économie, raconte tout et son contraire: "nous sommes favorables à ce que le 11 mai, tous les commerces puissent rouvrir." Mais, "en même temps", pas dans toutes les régions, pour "tenir compte des situations sanitaires régionales différentes". Faudra-t-il des laisser-passer régionaux ? 
  • Le même Le Maire ne sait quoi bafouiller pour justifier le versement de dividendes par des entreprises ayant recours au financement public de chômage partiel comme Vivendi.
  • Samedi 25 avril, encore Le Maire promet 7 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat à Air France, en échange de "conditions de rentabilité" car "c'est l'argent des Français, donc il faut qu'Air France fasse un effort pour être plus rentable" (Le Maire exige-t-il un plan social ?), et "des conditions écologiques". "Air France doit devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l'environnement de la planète" explique benoitement le ministre. Sachant que le transport aérien est le transport les plus polluants (le transport aérien émet 45 fois plus de CO2 de serre que le TGV,  15 fois plus que la moyenne des trains à longue distance), le ministre nous prend-t-il pour des cons ?
Cet aréopage de branquignol(e)s gouverne la France, 25 000 morts au moins, un carnage toujours discret dans les EHPADs.





A quand le procès ? 

La Macronie ne sait toujours pas produire, ni acheter, ni même autoriser des tests grands publics. Or tester, pour mieux isoler les citoyens infectés et laisser tranquille les autres, est la seule et unique méthode efficace préconisée par la communauté scientifique pour un réel déconfinement. Même le quotidien du soir Le Monde, peu suspect de gauchisme, s'y est mis - la couverture claque comme un avertissement politique supplémentaire:"Dépistage du coronavirus : les raisons du fiasco français sur les tests".

L'Allemagne est en mesure de réaliser plus de 800 000 tests par semaine. En France, on en fabrique tout juste 50 000 par semaine. Cherchez l'erreur.

Les éditocrates suivent le monarque comme les rats suivent la musique du joueur de flute. Depuis que Macron a promis le déconfinement pour le 11 mai, en commençant par les écoles des moins aptes à se protéger, les élèves de maternelle, les éditocrates de la presse de gouvernement ont transformé la promesse présidentielle en menace. Ils s'empressent de multiplier les arguments les plus odieux qui ne confirment qu'une chose - la France d'en haut a besoin que la France d'en bas se remette à bosser dans les entrepôts, les usines, les magasins - 10 millions de Français sont en chômage partiel. Plus de 30 milliards d'euros de dividendes ont été supprimés ! Cela ne peut plus durer, salauds de pauvres ! Allez ! A l'école les mioches, et au boulot les parents ! "Il faut revenir à la stratégie de l'immunité collective" explique Eric Le Boucher (Les Echos), Un autre, Christophe Barbier, complète:"L’humanisme actuel est précieux, c’est un progrès de nos sociétés ; mais il ne doit pas écraser le réalisme : les choix effectués ont un coût pour le présent et l’avenir. Déconfinons le plus vite possible!" C'est pourtant une aberration sanitaire d'après les scientifiques.

Et certaines solutions ne sont toujours pas évoquées : réquisition, nationalisation, augmentation des impôts des plus riches, gratuité de l'électricité et de l'eau pour les plus pauvres, annulation des loyers. Cette crise est plus grave et totalement différente de celle de 1929.  Qui se rappelle que Franklin Delanoe Roosevelt, héritant de la gestion calamiteuse de la crise de 1929 par Herbert Hoover, avait décidé d'augmenter les impots des plus riches à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941 de leur revenu ?).




Le confinement a du bon pour la Macronie - les rues sont calmes, les citoyens sont disciplinés, ils gardent leur rage pour eux, ils s'habituent à sortir avec leur laisser-passer. Les flics ont tous les droits. Même l'Europe, cette référence des droits de l'homme, est désormais telle une prison géante: les frontières sont fermées, on ne laisse même pas passer les corbillards. Victor Orban a achevé de transformer la Hongrie en dictature en suspendant toutes les libertés sans que ses voisins ne daignent l'exclure des Conseils européens virtuels tels celui du 23 avril.

En France, la presse n'est libre que sur Internet, les parlementaires sont interdits d'hémicycle sauf en délégation (un élu pour représenter tout son groupe).

Le Virus, ce nouvel ennemi de l'intérieur, transforme chaque citoyen récalcitrant en traitre à la patrie.

Une femme qui avait abordé à la fenêtre une banderole "Macronavirus, à quand la fin ?" s'est vu offrir quatre heures de garde à vue au motif d'outrage au chef de l'Etat . Elle a été interrogée " sur l'affichage, ses opinions politiques, l'identité de ses colocataires."

Ce n'est pas un cas isolé: Mediapart a relevé d’autres cas de visites, à Paris, Marseille et Caen, de policiers auprès d’habitants confinés car ils avaient déployé sur leurs façades des banderoles à connotation politique depuis début avril.

C’est bien vous qui avez mis la banderole ?
— Oui.
— On est montés parce que votre banderole ne plaît pas à tout le monde. Il serait bon de la retirer. (source)
Les éléments les plus violents de la police peuvent frapper sans craindre trop de témoins. Pourtant,  le nombre de violences policières documentées par des témoignages videos se multiplie à nouveau sur les réseaux sociaux. La police débridée par Castaner et 18 mois de répression ultraviolente avant le confinement tombe sans retenue ni politesse sur le moindre contrevenant qui n'exhibe pas son laisser-passer auto-rempli. Toulouse, Villeneuve-la-Garenne, "l'Etat ne tient plus ses flics".

Elle frappe, menace, insulte, confisque quand on ne lui obéit pas.

L'excuse de l'état de guerre justifie la mise en parenthèse de la démocratie selon Macron. L'Allemagne voisine si souvent caricaturée n'a pas mis en œuvre d'état d'urgence.

Mardi 28 avril, le gouvernement fera voter par ses godillots la mise en place d'une application de tracking des déplacements de chaque citoyen. L'un des laquais de la Macronie avait proposé de la rendre volontaire mais de ne réserver les futurs traitements antiviraux qu'aux volontaires qui adopteraient la puce-espion. Cette application, promet le gouvernement, ne servira pas à "géolocaliser les populations et vérifier qu’elles respectent le confinement", mais à « signaler aux personnes qu’elles ont pu être en contact avec des malades du Covid-19 ». Qui croit encore les promesses du gouvernement en matière de libertés civiles ?

Déjà près de 400 drones sillonnent les airs pour surveiller, avec le soutien de reportages télévisés lénifiants. Et le ministère de l'intérieur vient d'en commander 650 supplémentaires.

Pas à pas, on s'habitue à un État policier.


#Macronavirus, à quand la fin ?

"À quel moment sait-on que l’on vit dans un monde dirigé par d’immondes raclures?"
Le Monolecte.




18 avril 2020

"Ceux qui ne sont rien" sont ceux qui font tout.

 

Ils sont banquiers, hommes d'affaires, grands patrons, publicitaires, traders, éditorialistes, cadres supérieurs, dirigeants, rentiers, propriétaires, actionnaires, promoteurs, bref, des premiers de cordée qui "investissent", "créent de l'emploi" et font "tourner l'économie". 

Depuis un mois et demi en Europe, ils ne sont plus grand chose. 



Leur modèle est en pause, une pause violente et contrainte. Leur position sociale a été mise à terre par un virus. Ils sont terrés à domicile ou dans leur résidence secondaire, confinés à donner des ordres en télétravail en priant chaque heure de chaque jour que des petites mains - ouvrier(e)s, livreurs, éboueurs, manutentionnaires, aides soignantes, et caissières, ne lâchent pas, ne craquent pas.

Les premiers de cordée sont ceux qui ne sont rien. Ils sont nus, ils sont à nu. C'est l'une des révélations de cette crise sanitaire devenue bouleversement économique. Il n'a pas fallu un mois que que la hiérarchie de l'utilité sociale soit complètement bouleversée.  

Ceux qui n'étaient rien sont ceux qui aujourd'hui font tout.
"Il est essentiel que tous les acteurs de la chaîne de production, de l’agriculteur aux ouvriers de l’industrie agroalimentaire, en passant par les transporteurs ou les caissières des supermarchés, restent présents à leur poste." Bruno Le Maire, 20 mars 2020.
Bien sûr, quelques éditocrates français propagent les mêmes abjections qu'Outre-Atlantique sur l'arbitrage prétendu nécessaire de faire repartir au plus vite l'économie au risque de tuer quelques dizaines de milliers d'anciens supplémentaires. L'éditocrate Christophe Barbier est à cet égard exemplaire: le 13 avril, il propose une "carotte" pour que les gens acceptent d'être espionner par un appli de tracking: "Il faut dire : tous ceux qui téléchargeront l’application seront prioritaires le jour où on aura des tests de sérologie qui permettront de déconfiner ceux qui sont immunisés." La veille, il se demandait s'il fallait continuer de mettre à l'arrêt l'économie pour sauver quelques vies de personnes âgées.


Bien sûr, les inégalités de classe sont toujours là. Les plus pauvres cumulent tous les handicaps - ils sont moins protégés, ils sont contraints au labeur physique, ils sont plus exposés au risque sanitaire, ils n'ont pas le choix du télétravail. Contraint par l'ampleur de l'arrêt économique, Macron a bien agi en prolongeant immédiatement et temporairement l'éligibilité des minima sociaux et de l'indemnisation chômage. Comme Sarkozy en 2009 qui lança le RSA. C'était la moindre des choses, après les ravages que son propre gouvernement a fait sur ces mêmes prestations: réduction des soins remboursés, plans d'économies sur la santé publique, réduction des retraites, réduction de l'accès au chômage pour 2 millions de personnes, gel des prestations sociales et des minima sociaux (hors minimum vieillesse).

Il n'y a pas si longtemps, "ceux qui ne sont rien" (Macron 2017) étaient ceux qui n'avaient qu'à travailler "pour se payer un costard" (Macron, 2016), ou "traverser la rue pour trouver un travail" (Macron, 2018), ces "Gaulois réfractaires" qui ne sont pas le cœur électoral de la Macronie.

Ceux qui ne sont rien et sur lesquels la France d'en haut compte aujourd'hui beaucoup sont aussi, mais pas seulement, les Gilets Jaunes d'hier si méprisés, caricaturés, brutalisés souvent.


Macron, l'incompétence devenue danger
On cache presque le nombre de morts. Le directeur de la Santé n'insiste plus sur le nombre de morts quotidiens - il ne le connait qu'imparfaitement.

Lundi de Pâques, Macron prend presque une demi-heure de son temps si précieux pour faire le show télévisuel. L'offensive médiatique du jeune monarque change de terrain. Il suspend provisoirement ses déplacements filmés qui ont suscité consternation, gêne et amusement les semaines précédentes.

Ce lundi soir, presque 37 millions de téléspectateurs/rices sont devant leur poste. Il évacue les termes guerriers de son discours, remercie beaucoup, enfin. Il raconte tout, mais aussi son contraire. Le fameux "en même temps".

Les enfants, pour qui le respect des "gestes barrière" sera le plus difficile à faire respecter, retourneront à l'école le 11 mai, et "en même temps", les étudiants devront rester confinés jusqu'en septembre. Les écoles avec des centaines de milliers de bambins seront ré-ouvertes et "en même temps" les cinémas et salles de spectacle resteront fermer. "L’objectif n’est donc pas scolaire… Il s’agit avant tout de permettre aux parents de retourner travailler", résume la députée insoumise Clémentine Autain. Macron parle de plan de déconfinement, et "en même temps" son gouvernement est incapable de livrer les tests et le matériel de protection. Macron récuse même que tester soit la solution, alors que c'est justement la seule méthode connue, et pratiquée, à ce jour. On ne sait pas si on aura un vaccin, si même l'homme peut être immunisé, mais Macron se force à donner une date de sortie, qui n'en est pas une. "Il faut donner un horizon" se justifie-t-il en privé. Car pour compléter cette offensive médiatique, Macron a livré ses éléments de langage à une douzaine de journalistes triés par l'Elysée chargés de faire le service après vente.

Un médecin explique ensuite qu'il faudrait laisser confinées les personnes à risques, c'est-à-dire notamment les plus âgées. La polémique enfle - 18 millions de citoyens privés de sortie ?? Volte face jupitérienne - une de plus, dès vendredi. Les vieux ne seront pas confinés plus longtemps que les autres. On n'y comprend plus rien: comment organiser un déconfinement sans vouloir tester ni protéger ?

Le service après-vente de Macron passe aussi par trois interviews à la presse : à RFI, il demande qu'in aide l'Afrique. Au Corriere della Sierra, il donne des leçons à l'Italie. Au Financial Times, il critique violemment Angela Merkel, qui pourtant conduit l'Allemagne dans cette crise avec une efficacité qui fait cruellement défaut à Macron. Il assure aussi qu'il faut "inventer une nouvelle mondialisation et un nouveau capitalisme." On dirait Sarkozy à l'automne 2008. Le copié-collé des arguments est saisissant. Il fait preuve d'un narcissisme enfantin ridicule - " “Il faut se rendre disponible à sa destinée".

Ce joli story-telling présidentiel se fracasse sur la réalité. "L'espoir renait" dit Macron. On finit le comptage des morts dans les EHPAD après le discours du roi:  1438 décès sont ainsi annoncés le lendemain.

On apprend que le porte-avion Charles de Gaulle, premier et unique bâtiment de combat de surface à propulsion nucléaire construit en Europe occidentale, a été contaminé parce le ministère des armées a refusé au commandant du Charles de Gaulle d'interrompre la mission le 15 mars lors d'une escale à Brest quand quelques marins montraient des symptômes du #coronavirus

Un mois plus tard, plus de 1000 marins sont infectés, dont un est en réanimation.

L'amateurisme macroniste est un danger.



L'hésitation au sommet
Le monarque est nu, et nul, incapable d'autre chose que des discours de théâtre. Macron a la même réaction de sidération que Sarkozy en 2008: il promet une rénovation du capitalisme. Il lâche des milliards d'euro de soutien aux entreprises sans contreparties en matière d'emploi ou environnementale. Il hésite à nationaliser ce qui doit l'être.

  • Pas de matériel de soins: le personnel soignant manque toujours de matériel, le "pont aérien"avec la Chine n'est en fait constitué que de quelques vols ici ou là. Des médecins et des infirmiers se filment en train d'enfiler de nouvelles tenues qui ne sont que des sacs poubelles géants. On attend toujours les masques. Dans le Grand Est, le nombre de cas graves repart à la hausse.
  • Le carnage discret continue dans les EHPAD: la France compte 25 000 morts en 6 semaines, sans compter les 59 000 retraités infectés dans les EHPAD et les établissements médico-sociaux (EMS). "En Ile-de-France, on a près de 60% des Ehpad dans lesquels il y a au moins un cas de Covid". Les EHPAD privés rechignent à livrer leurs chiffres, mauvaise publicité parait-il. C'est la Mort en marche.
  • Pas de réquisitions ni de nationalisations: ce gouvernement d'amateurs ne songe même pas à nationaliser en urgence Luxfer, le dernier producteur français de bouteilles d’oxygène à usage médical qui lutte contre l'asphyxie financière, ni même Famar, seule usine en France à produire encore la Nivaquine à base de chloroquine.
  • Pas d'aide ni de gratuité aux frais d'obsèques des dizaines de milliers de familles qui ont perdu un proche à cause du Covid-19.
  • Des subventions d'urgence aux grands groupes sans contreparties réelles et mesurables: on reproche à Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, d'avoir lâché 20 milliards d'euros d'aide aux grandes entreprises sans contreparties. Que nenni ! Le ministre promet des "conditions". Lesquelles ? Il faudra qu'elles signent des "engagements en matière environnementale et s'inscrire en cohérence avec l'ambition écologique du Gouvernement, qui reste intacte" dixit Elisabeth Borne. Y-a-t-il plus flou ? Des députés macronistes rajoutent que ces entreprises bénéficiaires devront souscrire à une politique RSE... ce que les principaux grands groupes éligibles à ce nouveau fond d'aide font déjà... Où est le progrès ? 

Un programme politique inchangé
Derrière les grandes déclarations de Macron, Philippe, ou Le Maire, il y a comme souvent l'hypocrisie, l'inaction et l'amateurisme le plus complet.

Macron braille "faisons nation !" comme un roi qui voudrait contenir la foule en colère. On attend son procès."Emmanuel Macron prépare l'avenir, se tournant vers les précieux conseils de Gérard Larcher et Nicolas Sarkozy" explique Gala. Ne riez pas... Quel sens politique ! Quel avenir prépare-t-il ? L'un des perroquets macronistes, Agnès Pannier-Runacher, répète mot pour mot l'argumentaire du MEDEF dont l'un des représentants demandait à faire travailler plus sans gagner plus quand le déconfinement serait possible: "il faudra probablement travailler plus que nous ne l'avons fait auparavant." Quelle bêtise, quelle aberration ... Almlonger la durée du travail quand une dizaine de millions de Français ne demandent qu'à travailler... mais "le Medef n'a rien appris, rien compris" répliquent les Economistes atterrés.. Notre réponse : travailler plus ou travailler mieux et tous ?

Macron ne remet pas davantage en cause sa propre action.

La réforme de l'assurance chômage n'est pas annulée, mais simplement suspendue - la dégressivité des indemnités pour les cadres est suspendue pour 5 mois. La durée minimale de 24 mois de travail pour prétendre à une indemnité est rallongée de la période de chômage partiel depuis mars.

Quand on demande à Gérald Darmanin, ministre des comptes publics qui souhaitait organiser un grand appel aux dons de solidarité nationale il y a trois semaines, s'il compte enfin rétablir l'imposition des plus riches qu'il a supprimé en début de Présidence des riches, il rechigne: "Il ne s'agit pas d'imaginer de nouvelle création d'impôt" - traduction - épargnons les riches, ne remettons pas en cause les cadeaux fiscaux, couteux pour les finances publiques. Pourtant le déficit budgétaire est désormais annoncé à 9% cette année, du jamais vu depuis 1945....

A Bruxelles, la Commission européenne, soutenue et applaudie par Emmanuel Macron, confie au gestionnaire de fonds BlackRock une mission de conseil sur la surveillance bancaire "des facteurs environnementaux et sociaux".

Sans rire ? 


 "Faisons nation", oublions Macron le temps de la crise. Conservons la rage et la colère pour les procès, les élections, les manifestations qui suivront. 


Ami castor, as-tu enfin peur ? 

11 avril 2020

Plus jamais ça ? Macron ment, esquive, abuse. #COVID-19




Il marche, souriant. On le voit sourire puisqu'il ne porte pas de masque. Emmanuel Macron déambule à Pantin, en Seine Saint-Denis, un mardi, en regardant en l'air les habitants qui se penchent à la fenêtre pour le saluer. Il s'est éloigné de quelques mètres de la maison de santé où il était venu s'entretenir avec le maire socialiste. Il parait que c'était spontané, aussi improvisé que cette visite présidentielle.

L'improvisation et l'amateurisme sont les deux caractéristiques de la Macronie face à la pandémie, la mort en marche.

Il y a d'abord cette première exception aux règles qui s'imposent au pays tout entier. Macron se montre là où les autres ne peuvent plus être, dans leurs propres rues, leurs trottoirs, leurs quartiers. Il profite du couvre-feu généralisé pour déambuler dans son royaume. "Merci à vous tous, ici à Pantin comme partout en France, de sauver des vies en restant chez vous" fait-il tweeter sur son compte officiel, avec une video de lui, sans masque, dans les rues. 

Il y a ensuite cette seconde exception, tout aussi odieuse qu'incompréhensible: faisant fi des plus élémentaires règles de sureté, et ignorant le mauvais exemple qu'il s'empresse de donner à des millions de Français verbalisés, fouillés, contrôlés quand ils sortent de chez eux, Macron s'amuse à un bain de foule. Même les journalistes habituellement béats de la Macronie ne peuvent cacher leur gêne.

Jeudi, il recommence. Il visite le CHU du Kremlin Bicetre, sans journaliste ni témoin, l'image officielle doit être maitrisée - c'est une video sans parole où l'on voit le personnel soignant réuni dans les étages du hall de l'établissement et Macron s'applaudissant mutuellement. La vidéo est distribuée par l'Elysée, et aussitôt diffusée sans recul par tous les journaux télévisés. Faudra-t-il s'étonner quand on qualifiera de "presse officielle" ces médias qui publient sans retenue des images filmées, éditées, manipulées par le pouvoir ? Cette vidéo ne dure que quelques secondes, et suffit à faire croire que Macron est applaudi par les forçats de la lutte contre le virus.

Il n'en est rien.

Manipulations


C'est faux. C'est une manipulation présidentielle de plus. Macron n'est pas applaudi. La vidéo a été tronquée. Une infirmière venait d'interpeller Macron sur le manque de moyens et d'effectifs, c'est elle qui est applaudi, Macron suit pour sauver sa peau.



Puis Macron file à Marseille en jet présidentiel - il emmène sa troupe habituelle - agents de sécurités et conseillers - combien sont infecté(e)s ? Combien vont-ils en infecter ?

Macron va voir le controversé Didier Raoult, sans qu'on comprenne vraiment ce qu'il cherche. On espère qu'il ne pense pas qu'on compte sur lui pour trouver un vaccin. Macron est déjà incapable de fournir des masques aux personnels soignants, aux agents de sécurité, aux livreurs, aux manutentionnaires, aux éboueurs, à toute cette classe ouvrière, ces "salariés de la peur", cette France d'en bas précarisée par toutes les mesures des trois premières années  de cette Présidence des ultra-riches.

La France d'en haut a peur.  Macron a sans doute peur. Dans les enquêtes d'opinion, les trois quarts des sondés estiment qu'il leur a menti sur les masques de protection. Une trentaine de plaintes ont été déposées contre les édiles de la Macronie pour leur amateurisme mortel - un "déluge de procès" s'inquiète le quotidien libéral l'Opinion. Ils sont tous visés - Edouard Philippe, Olivier Véran, Agnès Buzyn, Nicole Belloubet, Laurent Nunez, Muriel Pénicaud, Jean-Yves Le Drian, Florence Parly. Tous sauf un. Il manque le premier d'entre eux, le plus incompétent, il est institutionnellement irresponsable.

Les motifs de plaintes sont nombreux ("homicides involontaires", "violences involontaires", "mise en danger de la vie d’autrui", "abstention de prendre des mesures de nature à éviter un sinistre"), tout comme les institutions saisies (Cour de Justice de la République, Cour européenne des droits de l'Homme, haut-commissaire du Conseil de l’Europe). Les plaignants sont des collectifs de médecins, la Fédération CGT des personnels du commerce de la distribution et des services; des détenus; un syndicat de policiers. Un site a été ouvert pour faciliter le dépôt de plaintes - du 24 mars au 11 avril, plus de 144 000 formulaires ont été téléchargés.
"Le ministre de l’Intérieur refuse que nous portions des masques alors qu’on commence à avoir du matériel" ,Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police FO, samedi 11 avril 2020.

Macron avait donc besoin de montrer qu'il est au-dessus des autres. Rien d'un Churchill qui prenait le métro avec le commun de ses concitoyens en plein bombardement. Rien d'un de Gaulle qui bravait les balles en défilant sur les Champs Élysées le 25 août. Non, le jeune monarque joue et se montre comme au théâtre. Il n'a rien à dire - les milliards de masques ne sont pas là, les tests non plus. A l’Élysée, on murmure qu'il sera impossible de voyager en Europe jusqu'en septembre.

Macron sort quand les Français sont interdits de sortie, il se pavane. Depuis un mois, après une volte-face hallucinante au lendemain d'un premier tour des élections municipales maintenu en dépit du bon sens, la Macronie s'est empressée d'imposer au pays un confinement de plus en plus strict, avec des millions de contrôles policiers, une mise entre parenthèses de la démocratie et des droits humains, la mise en scène filmée de réunions ministérielles où chacun, président inclus, est à un ou deux mètres de distance des autres,  et l'interdiction de tous les commerces "non essentiels".

Mais cette semaine de vacances de Pâques, le jeune monarque a décidé de se balader.

C'est ridicule et symboliquement dangereux.

Macron ridicule, Trump odieux.


La crise du Coronavirus force les comportements et révèle les caricatures de ces malades qui, parfois, nous gouvernent. En France, voici l'amateurisme qui vire au fiasco sanitaire, le court-termisme comme ligne d'action, et ce besoin narcissique du spectacle permanent qui abime la fonction présidentielle en décrédibilisant la parole publique - pas de tests systématiques, seule solution pour organiser un déconfinement et analyser correctement le virus; une mise sous cloche des activités qui provoque un désastre économique, et des consignes officielles incohérentes.

Au Royaume Uni, le vainqueur du Brexit Boris Johnson se félicitait de serrer des mains, et enjoignait ses compatriotes à la promiscuité et au contact pour favoriser une "immunité collective". Il a fait volte face, est tombé malade au point d'être hospitalisé en soins intensifs. Ce clown a failli lui-même périr de sa propre inconséquence - le Royaume Uni enregistre 900 morts par jour. En Russie, l'autocrate Poutine cache la vérité. Son pays a 4 250 kilomètres de frontières communes avec la Chine, et pourtant, il ne déclare officiellement qu'une centaine de décès et 13 000 cas.

Aux États-Unis, la crise pousse Trump au-delà de ses pires caricatures - omniprésence dans les médias, mensonges systématiques, recherche de bouc-émissaire, limogeage aussi rapide et massif que discret de ses conseillers , vision court-termisme et isolationnisme -  le COVID-19 a permis de montrer, en pire, ce qu'était le Trumpisme.

La crise économique est là, 7 millions de chômeurs supplémentaires et le gouvernement nous abuse avec ses demi-mesures.

Il vole, il ment, il esquive.

Où sont les masques ?

Le ministère de l'intérieur a du reconnaitre qu'il a volé des commandes de masques de collectivités locales. Les "milliards de masques" commandés en Chine n'arrivent qu'au compte-goutte. Où est passé le "pont aérien étroit et intensif entre la France et la Chine" annoncé il y a 10 jours ? Pire, ce ne sont pas les bons... "Selon une source anonyme à la Direction générale de la santé citée par France Info, il n’y en aurait que 74 millions dans le milliard annoncé le 28 mars." (Mediapart). Mediapart révèle aussi que "plusieurs membres du cabinet du ministère ont en effet reçu de la part d’entreprises françaises, dans le courant du mois de mars, des propositions d’importations rapides et massives de matériel. Ils ont choisi de ne pas y donner suite." 

Pour habiller son fiasco, le gouvernement s'abrite toujours derrière des mensonges. Mardi, le ministre de la Santé Olivier Véran explique qu'"aucune décision de recommandation du port du masque, ni obligatoire, ni recommandé, en tout cas à ce stade, pour la population générale." On comprend pourquoi. Mais jeudi, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, déclare sur France Info qu’il n’existe aucune "doctrine en France tendant à dire qu’il faut porter le masque en population générale".

 

A-t-on oublié de porter plainte contre Sibeth Ndiaye ?

Ailleurs en Europe (Autriche, Allemagne), les pistes de déconfinement s'appuient pourtant sur un port du masques. En France, la Macronie cache son échec derrière de faux arguments scientifiques.

Macron se pavane d'ailleurs en hôpital avec un masque FFP2 tandis que les infirmier(e)s et médecins derrière lui n'ont que des masques chirurgicaux. Le cliché est ignoble et symbolique de cet amateurisme mortel.

On ne décompte plus les morts et les infectés à cause de ces lacunes (3000 personnels soignants maladés d'après Mediapart, un nombre multiplié par trois en 2 semaines).

Le ministère de la Santé ne reconnait que 13 500 morts au 11 avril.

Le rythme quotidien des décès dépasse les 1000, dont 550 en hôpital et le solde en EHPAD, la Mort en marche. 

L'amateurisme du "en même temps" sévit aussi en économie: Bruno Le Maire assure que les entreprises françaises qui verseront des dividendes n'auront pas accès au soutien exceptionnel de l’État. Quand on l'interroge sur les cas de Total, Lagardere ou de Vivendi (dont la filiale Canal+ vient de mettre une centaine de salariés au chômage technique en sus des 500 suppressions de postes annoncés l'an dernier), il botte en touche.
« J’ai dit très clairement que nous interdirions l’accès au soutien de la trésorerie de l’État à ceux qui verseraient des dividendes. » Bruno Le Maire.

« Cette année, le directoire vous propose le versement d’un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2019, en progression de 20 %, représentant une distribution globale de 697 millions d’euros. » Vivendi.
La France "mobilise" 100 milliards d'euros, vraiment ? Macron nous fait croire qu'il claque "un pognon de dingue". En fait, quelque 49 milliards ne sont que des reports de cotisations sociales et d'impôts. Il n'y a qu'une trentaine de milliards d'euros de dépenses publiques: 20 milliards d'euros pour le chômage partiel, un fonds de solidarité pour les PME, TPE et indépendants (6 milliards) et 1,5 milliards d'indemnités journalières pour les congés parentaux. Où sont les réquisitions d'entreprises puisque nous sommes "en guerre" ? Un plan de réouvertures de lits (4 172 fermetures en 2018)

 Au niveau européen, les Etats se sont péniblement accordés sur un plan à 540 milliards d'euros... Le "club des radins" a gagné, les dettes supplémentaires ne seront pas mutualisées - on a juste assoupli les curseurs, autorisé un quasi-déplafonnement des garanties bancaires et un report des remboursements.

On pense au "Jour d'Après." On n'entend nulle excuse du sous-investissement dans les services publics essentiels, de l'absence ou de la précarisation des travailleurs (ordonnances Travail, durcissement des conditions d'accès au chômage). On entend au contraire déjà la petite musique libérale - il faudrait assouplir encore davantage le code du travail, ou supprimer les congés payés.

En Italie, l'un des partis du gouvernement envisage un impôt de solidarité sur les plus riches. En France, le MEDEF suggère déjà une nouvelle loi Travail.
"Il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire" Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF.
Affaiblir les droits sociaux ? Quelle idée peu surprenante... L'arnaque en marche...


Ami castor, reste confiné.





3 avril 2020

La Mort en Marche #LMeM

 

7500 morts, officiellement. Sans doute quelques milliers de plus puisque le carnage des Ehpad est mal mesuré et que l'on ne recense par ailleurs, comme en Italie ou en Espagne, que celles et ceux qui tombent épuisés par le virus dans nos hôpitaux. Des scientifiques et des médecins évaluent à dix fois plus que les décomptes officiels le nombre de personnes réellement infectées. Les exemples coréens et allemands, où les tests ont été massifs, sont là pour confirmer que les statistiques françaises sont ridicules.

 




Face à cette vague médiatisée avec la théâtralisation nécessaire aux pires films catastrophes, l'amateurisme macroniste fait peine à voir. Macron raréfie ses apparitions, il a de la chance, les foules sont interdites. Il s'agace des critiques publiques, il devrait s'en inquiéter. Dans toutes ses interventions, il annone qu'il faut "faire nation" comme un Louis XVI qui cherche à échapper à son sort.

La Mort en Marche fait et fera des victimes par (dizaines de) milliers. Il comptait les sous - les indemnités chômage, le budget des hôpitaux, les APL, le "pognon de dingue" des prestations sociales. 

Les Français comptent aujourd'hui les morts.


L'ordure.

Le préfet Didier Lallement, préfet de Paris, explique que les morts du COVID-19 aujourd'hui sont des contrevenants aux règles de confinement d'il y a 15 jours. Les propos sont ignobles, il les prononce calmement, sans énervement, avec le sang-froid de ces troisièmes couteaux brutaux qui ont jalonné l'histoire de France dans ses périodes de répression et de dépression. Didier Lallement, toujours coiffé de sa casquette qui semble trop grande, est un personnage habituel des mauvais moments de notre Histoire collective.

Le silence de la @TeamProgressist sur les propos du préfet n'est pas surprenant, émanant de militants ultras, cyniques et fidèles de la Macronie qui sévit sur Internet pour défendre le clan au pouvoir coûte que coûte.


Quelques heures après le tollé qu'il a suscité jusque dans les rangs macronistes (l'indignation du député "macroniste de gauche" Aurélien Taché qui découvre la violence du personnage quand ce dernier ne fait pas mutiler des Gilets Jaunes fut touchante), voici le préfet qui tombe veste et képi pour s'excuser: "C'est une erreur et je la regrette" Il lit un texte devant une caméra, sans aucune émotion. Quelques minutes avant, le communiqué de presse de la Préfecture était laconique et grossier.

Lallement n'a eu aucun regret ni remords. Cela se lit sur son visage. Le ministre de l'intérieur lui a téléphoné pour lui demander de s'excuser. L'explication officielle ?  "Le propos du préfet de police est inexact". Pas ignoble, juste inexact. Notez la distinction. 


La peur.

Attaqué par l'opposition, critiqué par les représentants du personnel soignant, le gouvernement continue de se justifier tous azimuts. Edouard Philippe, Olivier Véran ou maintenant Jean-Michel Blanquer se relaient dans les journaux télévisés pour prêcher leur bonne parole, justifier qu'ils ont bien agi, et critiquer les critiques. Ils montrent qu'ils ont mobilisé des hélicos pour transporter quelques dizaines de malades d'un endroit à un autre, quelques malades parmi quelques milliers; ils rassurent les familles en annulant l'examen du bac. Ils effraient les familles en confirmant à demi-mot que le confinement va (évidemment) durer longtemps, jusqu'en juin, peut être plus. Le second tour des élections municipales serait reporté à octobre. 

Philippe confirme sur TF1 que Macron, lui-même et d'autres ministres appellent des industriels pour trouver les médicaments d’urgence qui manquent.... Panique ?

La défense du clan évolue. Lundi, Macron se montre dans une usine de masques. Il critique les critiques, et clame sa bonne foi et celle de ses prédécesseurs. "Quand on vit ce que l'on vit, on ne peut pas demander aux gens de l'avoir prévu il y a dix ans" : Grippe H5N1 en 1997 et en 2005, Sras en 2003, H1N1 en 2009, Mers en 2012, sans oublier Ebola. En 2014, Valls et Touraine réduisent le nombre de lits. Depuis 2017, Macron réduit de 1 milliard par an le budget de l’hôpital. En 2020, voici le COVID-19.

L'amateurisme a des limites. 

L'actuel directeur de la Santé, Jérôme Salomon, ex-conseiller de la ministre Touraine qui a initié le déstockage des masques de protection, a-t-il la gorge serrée chaque jour lors de son point presse ?

Il y a deux ans, la principale usine de masques en France a été contrainte à la fermeture pour cause de délocalisation. L'actionnaire, Honeywell, a appelé un ferrailleur pour tronçonner les machines de production et éviter toute reprise par un concurrent éventuel.
Pour éviter des commissions d'enquête parlementaire, les députés macronistes se dépêchent d'auditionner Edouard Philippe... mercredi 1er avril, nul poisson d'avril. Il ne faut pas rire. Le premier ministre n'est pas gêné par les questions complaisantes de ses camarades de jeu. Richard Ferrand, président macroniste de l'Assemblée nationale, a d'ailleurs ouvert le "débat" par cette mise en garde - il ne faut "pas entraver l’action de l’exécutif dans cette phase de crise". On n'est jamais trop prudent. Philippe en profite pour semer le doute sur la gestion allemande: "Quand l’Allemagne dit qu’elle procède à 500 000 tests par semaine, est-on absolument certain qu’elle procède à 500 000 tests par semaine ou qu’elle se fixe l’objectif ou qu’elle pourrait techniquement procéder à, mais qu’il peut y avoir un décalage entre la réalité de ce qui est fait et l’ambition ou l’objectif affiché ?" La mesquinerie n'a pas de limite.

« On n’a rien préparé… Il ne reste alors que des mesures extrêmes » Didier Torny, sociologue interrogé par Mediapart.


Gérald Darmanin, ministre des Comptes Publics qui justifiait la suppression de l'ISF et autres flat tax pour alléger la charge fiscale des plus riches du pays, annonce qu'il va lancer un grand appel aux dons: "Je lance un grand appel à la solidarité nationale. Beaucoup de particuliers ou d’entreprises nous demandent comment participer et nous aider. Tous ceux qui le souhaitent pourront le faire prochainement, via une plate-forme de dons que nous allons mettre en ligne."

L'indécence s'ajoute à l'amateurisme.

L'amateurisme.
Mercredi, Edouard Philippe se défend. Mais l'échec français est là. La France manque de lits (25 000 en Allemagne contre 7 000 en France ou 5 000 en Italie), de tests (12 000 quotidiens en Allemagne contre 5 000 en France).

Jeudi, Mediapart dévoile les coulisses d'un fiasco d’État sur la gestion des stocks et les commandes de masques. D'autres médias s'engouffrent dans la brèche.
  • Le Plan pandémie n’a pas été activé dès janvier alors que tous les indices étaient là: "On a les chiffres : 0 importation de masques par l'Etat entre décembre et mars !" explique un délégué CGT des Douanes françaises.
  • Les stocks publics de masques d’État étaient faibles mais le ministère de la Santé ne décide pourtant de ne commander que de très faibles quantités. Pire la seconde salve de commandes un mois plus tard échoue - Mediapart révèle qu'à peine 40 millions de masques sont récupérés.
  • Publiquement, les porte-flingues de la Macronie expliquent que les masques ne servent à rien, ou pas: "fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile" résume Mediapart.
  • Trois mois plus tard, les États de la moitié de l'Humanité se disputent la production de masques (7 milliards commandés par les États-Unis, 20 milliards par la Chine, 2 milliards par la France) - la France vole des livraisons destinées à l'Espagne et l'Italie; les Américains rachètent des livraisons destinées aux Français sur le tarmac des aéroports chinois.
  • Et en France, le gouvernement secrètement explique qu'il faudra équiper des millions de citoyens pour envisager un quelconque déconfinement.
  • Faute de matériel de protection, des milliers de personnels soignants ont été infectés depuis janvier: 1200 employé(e)s de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont été contaminés par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie, révèle Mediapart.
  • Plusieurs médecins du conseil scientifique de Macron ont bénéficié d'environ 500 000 euros en hébergements, cadeaux et rémunérations ont été dépensés par d'importants laboratoires .
  • Le ministère de la Santé ne mobilise pas les laboratoires biologiques publics pour fabriquer des tests...

Début mars, la France manque de masques, de blouses, de sur-blouses, de gants, de respirateurs, de lits. 

Début avril, la France manque toujours de masques, de blouses, de sur-blouses, de gants, de respirateurs, de lits. 



La mort.

Un bâtiment du marché de Rungis a été transformé en morgue.
 
"Le pire du pire, en médecine, c’est d’avoir à décider de la vie ou de la mort de quelqu’un" explique un urgentiste, un parmi d'autres tant les témoignages sont nombreux et se ressemblent. "Nous sommes confrontés à des questions encore inimaginables il y a quelques semaines : nous savons que nous n’aurons pas les moyens de nous occuper de tous les patients de la même façon."  Le constat est horrible, mais pas spécifique à la France. Il y a un mois déjà, le même scenario de tri des malades était à l’œuvre en Italie.

A Tourcoing, des soignants sortent et manifestent en silence, épuisés. A Mougins, une plainte contre X pour «mise en danger de la vie d'autrui» a été déposée par la famille d'une résidente d'un l'Ehpad. En Franche-Comté, deux millions de masques n'ont pas été livrés. Des syndicats et associations réclament à la ministre du travail de respecter le droit de retrait dans les secteurs non-essentiels: "Les petits patrons du BTP souhaitaient arrêter leurs chantiers pour ne pas mettre en danger leur vie et celle de leurs ouvriers ni propager l’épidémie : vous avez osé les traiter de « défaitistes ». Vos services ont publié une circulaire dissuadant les salarié.es d'exercer leur droit de retrait, au motif que le respect individuel des gestes barrières serait une garantie suffisante. Si tel était le cas, pourquoi confiner 3 milliards d’humains ?"

Le 2 avril, le gouvernement publie un décret l'utilisation chez l'homme de traitements à usage vétérinaire, ayant les mêmes effets thérapeutiques, en cas de pénurie. Le 2 avril, le Conseil d’État rejette la demande de collectifs Inter Hôpitaux et de syndicats de personnels soignants que le gouvernement réquisitionne des moyens de productions pour le matériel de soin. Ces associations ont une adresse email pour recevoir des témoignages de pénurie.



Contre la maladie, le gouvernement a imposé une dictature sanitaire qui laissera des traces. Elle n'a d'égal que l'impréparation du gouvernement. 


Ami castor, où es-tu ?