Plus jamais ça ? Macron ment, esquive, abuse. #COVID-19




Il marche, souriant. On le voit sourire puisqu'il ne porte pas de masque. Emmanuel Macron déambule à Pantin, en Seine Saint-Denis, un mardi, en regardant en l'air les habitants qui se penchent à la fenêtre pour le saluer. Il s'est éloigné de quelques mètres de la maison de santé où il était venu s'entretenir avec le maire socialiste. Il parait que c'était spontané, aussi improvisé que cette visite présidentielle.

L'improvisation et l'amateurisme sont les deux caractéristiques de la Macronie face à la pandémie, la mort en marche.

Il y a d'abord cette première exception aux règles qui s'imposent au pays tout entier. Macron se montre là où les autres ne peuvent plus être, dans leurs propres rues, leurs trottoirs, leurs quartiers. Il profite du couvre-feu généralisé pour déambuler dans son royaume. "Merci à vous tous, ici à Pantin comme partout en France, de sauver des vies en restant chez vous" fait-il tweeter sur son compte officiel, avec une video de lui, sans masque, dans les rues. 

Il y a ensuite cette seconde exception, tout aussi odieuse qu'incompréhensible: faisant fi des plus élémentaires règles de sureté, et ignorant le mauvais exemple qu'il s'empresse de donner à des millions de Français verbalisés, fouillés, contrôlés quand ils sortent de chez eux, Macron s'amuse à un bain de foule. Même les journalistes habituellement béats de la Macronie ne peuvent cacher leur gêne.

Jeudi, il recommence. Il visite le CHU du Kremlin Bicetre, sans journaliste ni témoin, l'image officielle doit être maitrisée - c'est une video sans parole où l'on voit le personnel soignant réuni dans les étages du hall de l'établissement et Macron s'applaudissant mutuellement. La vidéo est distribuée par l'Elysée, et aussitôt diffusée sans recul par tous les journaux télévisés. Faudra-t-il s'étonner quand on qualifiera de "presse officielle" ces médias qui publient sans retenue des images filmées, éditées, manipulées par le pouvoir ? Cette vidéo ne dure que quelques secondes, et suffit à faire croire que Macron est applaudi par les forçats de la lutte contre le virus.

Il n'en est rien.

Manipulations


C'est faux. C'est une manipulation présidentielle de plus. Macron n'est pas applaudi. La vidéo a été tronquée. Une infirmière venait d'interpeller Macron sur le manque de moyens et d'effectifs, c'est elle qui est applaudi, Macron suit pour sauver sa peau.



Puis Macron file à Marseille en jet présidentiel - il emmène sa troupe habituelle - agents de sécurités et conseillers - combien sont infecté(e)s ? Combien vont-ils en infecter ?

Macron va voir le controversé Didier Raoult, sans qu'on comprenne vraiment ce qu'il cherche. On espère qu'il ne pense pas qu'on compte sur lui pour trouver un vaccin. Macron est déjà incapable de fournir des masques aux personnels soignants, aux agents de sécurité, aux livreurs, aux manutentionnaires, aux éboueurs, à toute cette classe ouvrière, ces "salariés de la peur", cette France d'en bas précarisée par toutes les mesures des trois premières années  de cette Présidence des ultra-riches.

La France d'en haut a peur.  Macron a sans doute peur. Dans les enquêtes d'opinion, les trois quarts des sondés estiment qu'il leur a menti sur les masques de protection. Une trentaine de plaintes ont été déposées contre les édiles de la Macronie pour leur amateurisme mortel - un "déluge de procès" s'inquiète le quotidien libéral l'Opinion. Ils sont tous visés - Edouard Philippe, Olivier Véran, Agnès Buzyn, Nicole Belloubet, Laurent Nunez, Muriel Pénicaud, Jean-Yves Le Drian, Florence Parly. Tous sauf un. Il manque le premier d'entre eux, le plus incompétent, il est institutionnellement irresponsable.

Les motifs de plaintes sont nombreux ("homicides involontaires", "violences involontaires", "mise en danger de la vie d’autrui", "abstention de prendre des mesures de nature à éviter un sinistre"), tout comme les institutions saisies (Cour de Justice de la République, Cour européenne des droits de l'Homme, haut-commissaire du Conseil de l’Europe). Les plaignants sont des collectifs de médecins, la Fédération CGT des personnels du commerce de la distribution et des services; des détenus; un syndicat de policiers. Un site a été ouvert pour faciliter le dépôt de plaintes - du 24 mars au 11 avril, plus de 144 000 formulaires ont été téléchargés.
"Le ministre de l’Intérieur refuse que nous portions des masques alors qu’on commence à avoir du matériel" ,Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police FO, samedi 11 avril 2020.

Macron avait donc besoin de montrer qu'il est au-dessus des autres. Rien d'un Churchill qui prenait le métro avec le commun de ses concitoyens en plein bombardement. Rien d'un de Gaulle qui bravait les balles en défilant sur les Champs Élysées le 25 août. Non, le jeune monarque joue et se montre comme au théâtre. Il n'a rien à dire - les milliards de masques ne sont pas là, les tests non plus. A l’Élysée, on murmure qu'il sera impossible de voyager en Europe jusqu'en septembre.

Macron sort quand les Français sont interdits de sortie, il se pavane. Depuis un mois, après une volte-face hallucinante au lendemain d'un premier tour des élections municipales maintenu en dépit du bon sens, la Macronie s'est empressée d'imposer au pays un confinement de plus en plus strict, avec des millions de contrôles policiers, une mise entre parenthèses de la démocratie et des droits humains, la mise en scène filmée de réunions ministérielles où chacun, président inclus, est à un ou deux mètres de distance des autres,  et l'interdiction de tous les commerces "non essentiels".

Mais cette semaine de vacances de Pâques, le jeune monarque a décidé de se balader.

C'est ridicule et symboliquement dangereux.

Macron ridicule, Trump odieux.


La crise du Coronavirus force les comportements et révèle les caricatures de ces malades qui, parfois, nous gouvernent. En France, voici l'amateurisme qui vire au fiasco sanitaire, le court-termisme comme ligne d'action, et ce besoin narcissique du spectacle permanent qui abime la fonction présidentielle en décrédibilisant la parole publique - pas de tests systématiques, seule solution pour organiser un déconfinement et analyser correctement le virus; une mise sous cloche des activités qui provoque un désastre économique, et des consignes officielles incohérentes.

Au Royaume Uni, le vainqueur du Brexit Boris Johnson se félicitait de serrer des mains, et enjoignait ses compatriotes à la promiscuité et au contact pour favoriser une "immunité collective". Il a fait volte face, est tombé malade au point d'être hospitalisé en soins intensifs. Ce clown a failli lui-même périr de sa propre inconséquence - le Royaume Uni enregistre 900 morts par jour. En Russie, l'autocrate Poutine cache la vérité. Son pays a 4 250 kilomètres de frontières communes avec la Chine, et pourtant, il ne déclare officiellement qu'une centaine de décès et 13 000 cas.

Aux États-Unis, la crise pousse Trump au-delà de ses pires caricatures - omniprésence dans les médias, mensonges systématiques, recherche de bouc-émissaire, limogeage aussi rapide et massif que discret de ses conseillers , vision court-termisme et isolationnisme -  le COVID-19 a permis de montrer, en pire, ce qu'était le Trumpisme.

La crise économique est là, 7 millions de chômeurs supplémentaires et le gouvernement nous abuse avec ses demi-mesures.

Il vole, il ment, il esquive.

Où sont les masques ?

Le ministère de l'intérieur a du reconnaitre qu'il a volé des commandes de masques de collectivités locales. Les "milliards de masques" commandés en Chine n'arrivent qu'au compte-goutte. Où est passé le "pont aérien étroit et intensif entre la France et la Chine" annoncé il y a 10 jours ? Pire, ce ne sont pas les bons... "Selon une source anonyme à la Direction générale de la santé citée par France Info, il n’y en aurait que 74 millions dans le milliard annoncé le 28 mars." (Mediapart). Mediapart révèle aussi que "plusieurs membres du cabinet du ministère ont en effet reçu de la part d’entreprises françaises, dans le courant du mois de mars, des propositions d’importations rapides et massives de matériel. Ils ont choisi de ne pas y donner suite." 

Pour habiller son fiasco, le gouvernement s'abrite toujours derrière des mensonges. Mardi, le ministre de la Santé Olivier Véran explique qu'"aucune décision de recommandation du port du masque, ni obligatoire, ni recommandé, en tout cas à ce stade, pour la population générale." On comprend pourquoi. Mais jeudi, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, déclare sur France Info qu’il n’existe aucune "doctrine en France tendant à dire qu’il faut porter le masque en population générale".

 

A-t-on oublié de porter plainte contre Sibeth Ndiaye ?

Ailleurs en Europe (Autriche, Allemagne), les pistes de déconfinement s'appuient pourtant sur un port du masques. En France, la Macronie cache son échec derrière de faux arguments scientifiques.

Macron se pavane d'ailleurs en hôpital avec un masque FFP2 tandis que les infirmier(e)s et médecins derrière lui n'ont que des masques chirurgicaux. Le cliché est ignoble et symbolique de cet amateurisme mortel.

On ne décompte plus les morts et les infectés à cause de ces lacunes (3000 personnels soignants maladés d'après Mediapart, un nombre multiplié par trois en 2 semaines).

Le ministère de la Santé ne reconnait que 13 500 morts au 11 avril.

Le rythme quotidien des décès dépasse les 1000, dont 550 en hôpital et le solde en EHPAD, la Mort en marche. 

L'amateurisme du "en même temps" sévit aussi en économie: Bruno Le Maire assure que les entreprises françaises qui verseront des dividendes n'auront pas accès au soutien exceptionnel de l’État. Quand on l'interroge sur les cas de Total, Lagardere ou de Vivendi (dont la filiale Canal+ vient de mettre une centaine de salariés au chômage technique en sus des 500 suppressions de postes annoncés l'an dernier), il botte en touche.
« J’ai dit très clairement que nous interdirions l’accès au soutien de la trésorerie de l’État à ceux qui verseraient des dividendes. » Bruno Le Maire.

« Cette année, le directoire vous propose le versement d’un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2019, en progression de 20 %, représentant une distribution globale de 697 millions d’euros. » Vivendi.
La France "mobilise" 100 milliards d'euros, vraiment ? Macron nous fait croire qu'il claque "un pognon de dingue". En fait, quelque 49 milliards ne sont que des reports de cotisations sociales et d'impôts. Il n'y a qu'une trentaine de milliards d'euros de dépenses publiques: 20 milliards d'euros pour le chômage partiel, un fonds de solidarité pour les PME, TPE et indépendants (6 milliards) et 1,5 milliards d'indemnités journalières pour les congés parentaux. Où sont les réquisitions d'entreprises puisque nous sommes "en guerre" ? Un plan de réouvertures de lits (4 172 fermetures en 2018)

 Au niveau européen, les Etats se sont péniblement accordés sur un plan à 540 milliards d'euros... Le "club des radins" a gagné, les dettes supplémentaires ne seront pas mutualisées - on a juste assoupli les curseurs, autorisé un quasi-déplafonnement des garanties bancaires et un report des remboursements.

On pense au "Jour d'Après." On n'entend nulle excuse du sous-investissement dans les services publics essentiels, de l'absence ou de la précarisation des travailleurs (ordonnances Travail, durcissement des conditions d'accès au chômage). On entend au contraire déjà la petite musique libérale - il faudrait assouplir encore davantage le code du travail, ou supprimer les congés payés.

En Italie, l'un des partis du gouvernement envisage un impôt de solidarité sur les plus riches. En France, le MEDEF suggère déjà une nouvelle loi Travail.
"Il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire" Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF.
Affaiblir les droits sociaux ? Quelle idée peu surprenante... L'arnaque en marche...


Ami castor, reste confiné.





Commentaires

  1. Et après la trêve des confineurs...le Medef et le gouvernement veulent faire travailler plus les français...quand il suffirait de diminuer le chômage !
    Sylvie

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    1. Il y a une obsession de la croissance - le MEDEF ne semble pas comprendre que ce qui est perdu est perdu, point.

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  2. La ministre de l'intérieur Britannique présente " les excuses de son gouvernement qui n'a pas su faire face à la pandémie .
    Stanislas Guérini, ci devant patron de LREM prétend que " le temps n'est pas aux excuses mais à l'action " .
    Nous lui répondrons que l'un n'empêche pas l'autre mais, surtout, que cette forme d'arrogance devra se payer un jour où l'autre !

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    1. c'est sûr que c'est pas en France qu'on aurait ce type d'excuses. La Macronie a la trouille des procès mais reste arrogante.

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  3. Pourquoi pas ne plus payer les salariés ? indemniser les chômeurs ? verser les retraites ? etc ... etc ... afin de pouvoir continuer à payer nos dévoués élus, nos patrons toujours sur la brèche, si cela ne suffit pas à redresser nos comptes ! pourquoi pas un impôt de solidarité sur les plus pauvres, ils sont les plus nombreux.

    Ceci est bien entendu de l'humour pour les mal entendants malgré l'idée proposée par le Medef semble intelligente, coulait du simple bon sens à condition d'y ajouter le personnel médical ! les professeurs ! les agents publics obligés de rester chez eux ! les territoriaux ! et j'en oublie ...

    Manque à ce pittoresque tableau les Balkany !!! ... rassurez vous les voila https://www.20minutes.fr/municipales/2759491-20200412-municipales-levallois-perret-balkany-larguent-candidate-soutenaient-mars

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  4. Simplement un jeu de mot pourri.
    Nous sommes en plein amacronisme, entre anachronisme et amateurisme.
    Faites passer...

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