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6 juillet 2014

Comment ils défendent Sarkozy



Après la mise en examen pour corruption de leur mentor, les sarkozystes s'agitent.


Revue en 5 videos.





















Jeudi 3 juillet, Nadine Morano répète les éléments de langage.


Vendredi 4 juillet, Henri Guaino réclame la suppression du Syndicat de la Magistrature.

 

Samedi 5 juillet, à la "Fête de la violette" des sarkozystes pur jus, Brice Hortefeux tente de mobiliser.





Au même endroit, Rachida Dati reste groupie.





Sarkozy, lui, est retourné au Cap Nègre. Il fait du vélo devant les caméras, comme avant.

22 juillet 2012

Ils sont tous candidats à la présidence de l'UMP

Les candidatures se dévoilent une à une. La gauche aurait tort de s'en désintéresser. La question du leadership post-Sarkozy du parti principal de la droite engage l'avenir et la démocratie.

Rien n'est gagné.

Le 10 juillet dernier, la COCOE (Commission d’Organisation et de Contrôle des Opérations Électorales de l'UMP) a dévoilé les règles de candidature: il faudra au moins 3% des adhérents à jour de cotisation au 30 juin 2012 répartis sur au moins 10 fédérations différentes pour se porter candidat à la présidence du parti. Au passage, nous avons appris que l'ancien parti majoritaire comptait  264.137 adhérents à jour de cotisation au 30 juin 2012.

A ce stade, les candidatures dévoilées ne permettent pas de distinguer des différences programmatiques ou d'orientations politiques. C'est le choc des personnes, pas des idées.

François Fillon: l'ancien premier ministre l'a annoncé par un tweet. On le croyait gaulliste social, maltraité par 5 années de sarkozysme. Il s'est doté d'Eric Ciotti, l'un de ces extrêmes-droitistes de l'UMP comme directeur de campagne. A Paris, Fillon s'est fait élire dans une circonscription sans risque. Fillon n'a sans doute de courage politique que l'image que ses amis tentent de donner de lui. Il peut compter sur les soutiens

Jean-François Copé: trop sensible à l'argent et au pouvoir, il pense qu'il n'a pas été grillé par son amitié tenace et profitable avec l'intermédiaire Ziad Takkiedine. ce dernier, qui a fait fortune entre 1993 (pour le compte des Balladuriens) et 2007 (pour le compte des Sarkozystes) est au coeur de l'instruction sur le Karachigate. Copé s'était également permis de cumuler un poste d'avocat d'affaires quand il était président du groupe UMP à l'Assemblée entre 2007 et 2010. Sarkozy lui a donné la direction de l'UMP. Il a reçu l'imprévu soutien de Jean-Pierre Raffarin, preuve qu'il sait même rassembler des centristes de l'UMP.

Nathalie Kosciusko-Morizet: elle incarnait la droite anti-FN après un ouvrage presque remarqué publié à l'été 2011. Presque centriste, elle ne supportait pas Jean-Louis Borloo. Puis l'aristocrate de Longjumeau s'est donnée corps et âme au porte-parolat de Nicolas Sarkozy pour une campagne ratée et conduite à l'extrême droite. Depuis la défaite, elle tente de faire oublier toutes les couleuvres frontistes qu'elle a avalé sans sourciller. Samedi 21 juillet, elle a officialisé son ambition à la tête de l'UMP. Elle voudrait «reconstruire une droite qui met de la clarté dans ses valeurs de travail et d'autorité mais qui investit des sujets modernes». Après 5 années de sarkozysme, sous-entendrait-elle qu'il y a matière ?

Dominique Dord: député de Savoie et maire d'Aix-les-Bains, il a pris le relais d'Eric Woerth à la trésorerie du parti en 2010 quand ce dernier avait sombré lors du scandale Woerth/Bettencourt.

Philippe Herlin: illustre inconnu, économiste de profession, militant UMP, visiblement de tenedance libérale (sic!).

D'autres se tâtent: Bruno Le Maire aimerait bien faire entendre sa voix. Il « compte » ses soutiens parmi les parlementaires. Rachida Dati, toujours soucieuse d'entretenir sa notoriété, a fait savoir qu'elle « réfléchissait ». Elle aurait rassemblé 120 éluEs de l'UMP dans un collectif baptisé A Droite Toutes. Xavier Bertrand, ex-ministre du travail et de la santé, se verrait bien un destin à la François Hollande. Christian Estrosi craint d'être contraint à se présenter (sic!) si le sarkozysme était mal représenté dans cette course au perchoir. Il y a quelques semaines, Alain juppé pensait être un recours.

Ami sarkozyste, n'hésite pas.


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26 octobre 2011

Sarkozy fatigue. Nous aussi.

Nicolas Sarkozy est fatigué. Le Monarque n'a plus le courage de partir dans les Deux-Sèvres, ce vendredi, nous apprend une journaliste. Comme Chirac en son temps, à quelques mois d'une élection présidentielle qu'il termina pourtant victorieux, Sarkozy serait-il déjà « fatigué, vieilli, victime de l'usure » ?

Quoique fatigué, Sarkozy parlera à la télévision, c'est confirmé, ce jeudi. Il « sera l'invité exceptionnel d'une émission consacrée à la crise jeudi dès 20 h 15 » et « répondra en direct de l'Elysée aux questions d'Yves Calvi pour France Télévisions et de Jean-Pierre Pernaut (TF1). Il fallait deux chaînes pour impressionner l'électeur.

Stress européen
L'information nous vient de Nathalie Schuck, la jeune journaliste du Parisien, accréditée à l'Elysée. « Selon nos informations, Nicolas Sarkozy devrait se rendre courant novembre dans le département des Deux-Sèvres, fief de son ex-rivale de 2007, Ségolène Royal. Initialement, le déplacement était prévu vendredi au lendemain de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy consacrée à la crise sur TF1 et France 2, en direct depuis la bibliothèque du Palais de l'Elysée. Mais crise européenne oblige, le président est trop fatigué... » Vous avez bien lu: « crise européenne oblige.... » Le story-telling continue.


Il faut avouer qu'il se dépense beaucoup, notre Monarque. Mais ce n'est pas l'Europe et sa crise de gouvernance qui l'ont autant fatigué. Il a certes fait quelques allers-et-retour le weekend dernier entre Paris et Bruxelles, pour être près du berceau de la dernière-née du clan Sarkozy. Mais la fatigue vient d'ailleurs. Le stress de la situation épuise. Les nerfs sont à bout. A Paris, mardi encore, une certaine confusion des esprits régnait encore, à quelques heures de ce sommet européen de mercredi.

Jean-Pierre Jouyet, président de l'AMF, a prévenu que les banques françaises devraient accepter « des sacrifices ». François Fillon reconnaissait, mardi devant les députés, que la restructuration de la dette grecque coûterait « une dizaine de milliards d'euros ».

Juste avant le double sommet des chefs d'Etat, ceux de la zone euro puis ceux de l'Union européenne dans son ensemble, une réunion des ministres des finances initialement prévue a été annulée. L'affaire cache un conflit entre les membres de la zone euro et les autres. Cette réunion avait été demandée par ces derniers. David Cameron en tête, ils sont énervés de subir les contre-coups de la crise de l'euro. Cette annulation en a irrité plus d'un.

Visites électorales
Mais depuis dimanche soir, pour Sarkozy, l'Europe est passée au second plan dans son agenda. Lundi, il a rencontré quelques professionnels du cinéma pour leur promettre de faire réviser le plafonnement budgétaire de leur CNC.

Sarkozy fait aussi campagne, à raison de 150 visites en province par an. Ce mardi, la visite était encore éclair, moins de deux heures sur place, dont une inauguration d'hôpital et une table ronde. Bien sûr que tout cela fatigue !

Le candidat était à Carcassonne, pour monologuer sur la santé. Sans surprise, il a plaidé pour la maîtrise des dépenses, et omis de débattre des défiscalisations diverses qui plombent les comptes de la Sécu. Voyez l'exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires depuis octobre 2007, inefficaces et coûteuses. Ou l'extension de la taxe Sodas aux boissons avec édulcorants pour financer une autre exonération de charges sociales, cette fois-ci en faveur des agriculteurs, votée la semaine dernière.

« Je comprends parfaitement le côté inépuisable des besoins mais je voudrais qu'on ait tous ensemble l'honnêteté de reconnaître que la France consacre à la santé des dépenses justifiées qu'aucun autre pays au monde ne fait ». Et il a parlé de son inévitable et épuisant devoir: «Mon devoir de chef de l'Etat, c'est de faire droit aux demandes (...) et de les mettre dans un contexte qui ne conduira pas la France dans les affres, (...) je suis bien obligé de tenir compte des réalités, je ne peux pas être la machine à dire oui à tout le monde ».

Vous avez bien lu, encore une fois: « je suis bien obligé de tenir compte des réalités ». Il faudra ressortir cet aveu. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy-qui-ne-veut-pas-augmenter-les-impôts a créé ... 24 taxes. Rien que cela.

Déchirement à droite
Nicolas Sarkozy a un autre motif de fatigue. Son camp se déchire, gravement. Rachid Dati a fait fort. L'ancienne protégée du Monarque a accusé François Fillon d'avoir acheté des voix à l'UMP pour s'implanter à Paris dans « sa » circonscription. On oublierait presque que l'ancienne Garde des Sceaux ... n'est pas députée. L'UMP est ainsi. La perspective de la défaite législative de juin 2012 précipite les ambitions. La guerre des places à la députation fait rage. Sur France Inter, l'attaque de Dati a été particulièrement violente.

Primo, elle critiqua le désintérêt du premier ministre pour les affaires du pays: «Moi, je suis choquée qu’au lieu de s’occuper des Français et de leurs difficultés, il soit en Corée, au Japon, (...) choquée qu’il soit plus préoccupé par son avenir personnel ». Secundo, elle l'a accusé de venir se présenter à Paris par crainte de perdre dans sa Sarthe natale: « Il l'a dit à plusieurs ténors de l'UMP ». Tertio, elle a expliqué que Fillon avait imposé Dominique Tibéri, fils de l'ancien maire Jean, au ministère des Finances «contre l’avis du ministère des Finances», « une nomination en guise de remerciement au ralliement de la famille Tibéri à François Fillon » justifiait le Figaro. Le quotidien de Sarkofrance est venu en défense du premier collaborateur de Sarkozy: « Rien ne prouve (...) que François Fillon est intervenu personnellement pour obtenir la nomination du fils de Jean Tibéri en échange de son soutien ». Mais alors, pourquoi donc cette nomination qui, à l'époque, avait fait grand bruit ?

Ces bisbilles ne sont pas que parisiennes. Elles permettent d'oublier quelques instants le stress généralisé qui a envahi la « majorité » minoritaire. A ceux qui se rassuraient d'un éventuel affaissement de la candidature de Hollande, d'autres ont montré d'autres sondages prévoyant une défaite législative même en cas de victoire présidentielle. Philippe Goujon, maire du XVème arrondissement, président de cette fédération UMP déchirée de Paris, s'est énervé: « On ne peut pas quand on est membre de l'UMP, députée de surcroît, attaquer le Premier ministre ! » Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement UMP, a regretté les « propos irrespectueux » de Dati à l'encontre de Fillon.

Lundi soir, la réunion de conciliation organisée en urgence par Jean-François Copé n'a rien donné. Les sbires de Fillon attendaient une exclusion pure et simple de l'ancienne chouchoute de l'Elysée.

Radicalisation à droite
L'UMP serait un espace de débat. La Droite Populaire emprisonne les sarkozystes dans une surenchère avec l'extrême droite. Après le référendum contre le droit de vote des étrangers, les « Popu » veulent retirer le bénéfice du minimum vieillesse (ASPA, 742 euros par mois) aux étrangers présents en France. C'est l'une des surprises du débat en cours sur le budget de la Sécurité sociale pour 2012: « l'objectif (...) est de rétablir l'équité et de mettre fin à cette injustice qui permet, aujourd'hui, à un étranger hors Union européenne de bénéficier du minimum vieillesse sans jamais avoir travaillé et cotisé sur le territoire national  » a justifié l'un de leurs représentants, Philippe Meunier, co-fondateur du collectif UMPiste. On dénombre environ 22.000 étrangers, sur les 70.000 bénéficiaires de l'ASPA. Pourtant, l'ASPA est déjà réservé aux immigrés titulaires d'un permis de séjour (et résidant plus de 6 mois dans l'année en France). Combien d'étrangers de plus de 65 ans sont légalement installés en France sans avoir travaillé (et donc cotisé) au préalable en France ?

Contre la Droite Populaire, une fraction centriste de l'UMP avait créé le collectif des Humanistes, animé par Jean Léonetti. Ce dernier a peine à se faire entendre.

Un parti divisé, une Europe en flamme, un budget improbable, Nicolas Sarkozy a quelque raison d'être « fatigué, vieilli, victime de l'usure ».

Ami sarkozyste, où es-tu ?

26 septembre 2010

Rachida Dati, le lapsus de la fellation.

Rachida Dati a toujours eu quelques difficultés avec les déclarations publiques. sa parole trébuche souvent, ses arguments sont approximatifs. Parfois, le lapsus survient, comme ce dimanche, 26 septembre, sur Canal+. L'ancienne garde des sceaux était l'invitée d'Anne-Sophie Lapix, sur Dimanche+. Et sa langue dérapa, sans conteste. Rien de grave, cela arrive à tout le monde. Mais cela permet de sourire quelques instants sur un propos par ailleurs très convenu, d'une ancienne ministre qui tente coûte que coûte de faire parler d'elle.

«Quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20, 25 %, avec une fellation quasi-nulle.»


Lapsus: Dati confond "inflation" et... "fellation"
envoyé par LePostfr. - L'actualité du moment en vidéo.



12 août 2010

Quand Rachida Dati parle, elle se trompe.

La couverture de Marianne, sur «Sarkozy, voyou de la République», n'en finit pas de heurter les bonnes âmes de Sarkofrance. Elle a réveillé quelques ténors de l'UMP, et cassé, pour quelques jours, la polémique sécuritaire lancée par Nicolas Sarkozy le 30 juillet dernier à Grenoble. L'UMP cherchait la confrontation avec l'opposition, un piège que le Parti Socialiste tente d'éviter. Et voici qu'elle l'obtient, mais pas sur le terrain choisi. Le chef suprême se voit comparé à un petit caïd de banlieue. Cruel outrage ! Dans ce concert de déclarations farfelues, une autre voix a tenté de se faire entendre: une ancienne Garde des Sceaux s'est rappelée à notre bon souvenir.

Voyou contre voyou
L'argument de Marianne, rappelons-le, était simplissime: Sarkozy est prêt à tous les retournements, toutes les propositions, toutes les actions pourvu qu'il reste au pouvoir. Un point commun avec ces caïds de banlieue qu'il aime tant fustiger. Sans foi, ni loi autre que la sienne. Indulgent avec les puissants, sans merci (en paroles tout du moins) avec les faibles, Sarkozy semble pris à son propre piège.

Lundi dernier, Nadine Morano avait déclaré :«c'est antirépublicain et on ne peut pas véhiculer des valeurs antirépublicaines en utilisant le nom de Marianne. Les journalistes de Marianne sont en train de salir un des symboles de la République.» Puis voici Patrick Ollier, député UMp et compagnon de la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, considère que Marianne «dépasse aujourd'hui ce que peut autoriser la liberté de la presse en France», n'hésitant pas, ensuite, à qualifier Jean-François Kahn de «voyou de la presse.» Lionnel Luca, le député UMP des Alpes Maritimes n'avait pas hésité à écrire: «Il est paradoxal de dénoncer les dérives vichystes en utilisant les méthodes de la presse d'extrême droite d'avant-guerre

Comme dit la maxime, on a l'impression que l'hôpital se fout de la charité. Il y a 8 jours, Frédéric Lefebvre expliquait que l'immigration est un problème majeur en France. Christian Estrosi ajoutait: «Français ou voyou, il faut choisir», comme si les nationaux étaient exempts de délinquance. Sans parler des propos du président de Sarkofrance eux-même, sans rapport avec la réalité ni la morale.

Mardi, Yannick Biancheri, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP Police, rappelait tout ce monde à l'évidence: à Grenoble, «nous avons payé immédiatement la facture de la RGPP». Il a fallu l'explosion de violences fin juillet pour que le ministère débloque des moyens: «surtout ce n'est qu'avec plus de personnel qu'on pourra ramener dans les cités le respect de la police : il faut assurer une présence permanente pour que l'on nous connaisse autrement que quand ça va malCe responsable syndical de la police va plus loin dans sa critique : «les déclarations de Brice Hortefeux à Grenoble avalisent l’idée de "milices" privées. La France va finir par ressembler aux Etats-Unis avec un service de renseignement important, une espèce de FBI et une police municipale qui devra faire avec les moyens qui restent. A cela vont s’ajouter les sociétés privées qui seront employées par l’Etat

Dati parle encore, et se plante toujours...
Rachida Dati ne lâche rien. Echaudée par les accusations de Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy, d'avoir propagé la rumeur d'adultère au sein du couple présidentiel au printemps dernier, l'ex-Garde des Sceaux parvient à s'immiscer dans l'actualité: alors qu'elle se repose chez sa famille au Maroc, elle s'est faite interroger par Europe1 mardi 11 août sur les récentes déclarations sécuritaires du chef de Sarkofrance. Comme toujours indulgente avec son ancien patron, elle aime toujours égratigner Brice Hortefeux, le ramenant au rang de simple exécutant sans initiative personnelle: «  Il est important que le ministre de l'Intérieur soit parmi les Français et aux côtés des victimes . Le président de la République lui a demandé et là, il est de plus en plus sur le terrain.»Et la voici qui insiste sur le besoin de prévention : « Il y a une loi sur la prévention de la délinquance adoptée quand Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur. Je regrette que cette loi soit peu ou pas appliquée.  » Pour un peu, on oublierait qu'elle a été conseiller de Sarkozy au ministère de l'intérieur puis garde des Sceaux pendant 2 ans. De quelle loi donc parle-t-elle ? Le 5 mars 2007, un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, la loi n°2007-297 était adoptée, afin de traiter des points suivants, tel que présentés dans le court texte introductif au parlement: «le repérage et le soutien des familles fragiles, les impératifs de sécurité en matière d'habitat et d'urbanisme, la prise en charge des personnes présentant des troubles mentaux dangereux et les moyens de punir et de soigner les usagers de drogues. »

Rachida Dati avait raison sur un point: la Sarkofrance ne dresse jamais le bilan de ses lois avant de lancer de nouvelles propositions dans le débat public. Mais elle confondait lourdement prévention et répression.

Certes, la loi disposait de quelques volets sur la répartition de la prévention entre les différentes autorités locales, «l'intégration républicaine» (avec la création d'un service volontaire citoyen de la police nationale), l'action socio-éducative (avec toutes sortes de gadgets : «partage d'informations», consultations, création facultative de «conseils de famille», amélioration de l'information sur l'absentéisme scolaire).

Mais dans les faits, elle complétait, une enième fois, l'arsenal répressif à disposition des autorités. Voici quelques-unes de ces mesures phares :

1. Elle prévoyait d'abord un renforcement des mesures répressives contre les mineurs délinquants: «présentation immédiate» devant un juge, placement pour un mois dans un établissement «permettant la mise en oeuvre d'un travail psychologique, éducatif et social portant sur les faits commis», placement en internat pour une année scolaire, avec «avertissement solennel» du tribunal, contrôle judiciaire avec placement en «centre éducatif fermé», création de «stage de responsabilité parentale» (un pas avant les deux ans de prisons prévus par Eric Ciotti ?), placement des mineurs de moins de 16 ans sous contrôle judiciaire dès leur première infraction, dès lors que cette infraction est passible d’au moins 7 ans d’emprisonnement, et suppression de l'excuse de minorité (peine divisée en 2 pour mineurs 16-18 ans) sans motivation en cas de récidive et d'atteinte aux personnes. Quelle prévention !

2. Cette loi créait aussi de nouvelles infractions, comme les violences avec arme commises en bande organisée ou avec guet-apens sur  forces de l'ordre ou agent de transport (jusqu'à 15 ans de réclusion ou perpétuité), l'embuscade avec arme dans le but de commettre des violences contre les forces de l'ordre ou agents transports (5 ans et 75.000 euros d'amende).

3. Elle aggravait les peines pour rébellion (6 mois à un an) et provocation directe à la rébellion (deux mois prison au lieu d'une amende), ou pour la détention illégale de chiens d'attaque, de garde ou de défense (6 mois prison et 7.500 euros d'amende)

4. Pour prévenir les troubles de voisinage, la loi «améliorait» la définition de l'occupation illégale de halls d'immeuble («occuper en réunion les espaces communs ou les toits des immeubles collectifs d'habitation en entravant délibérément l'accès ou la libre circulation des personnes ou en empêchant le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité et de sûreté», désormais puni de deux mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende, ou, en cas de voies de fait ou de menaces, de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende); prévoyait l'obligation faite aux immeubles de fermer leurs accès d'entrée; et réduisait les délais de garde en fourrière pour les stationnements illégaux de véhicules.

5. Elle accélérait la procédure d'évacuation forcée des campements sauvages de gens du voyage, pour les communes s’étant dotées d’une aire d’accueil (provisoire ou définitive), ou en passe de l'être (sic !).

6. Elle facilitait le recours à des sociétés privées de surveillance, en remplaçant le dispositif antérieur d’agrément par le préfet préalablement à la signature de tout contrat d’embauche, par un conditionnement des embauches d'agents de sécurité à la détention d’une carte professionnelle personnelle, nationale et pluriannuelle.


Sarkozy & l'insulte : Qui a commencé??..
envoyé par politistution. - L'info video en direct.

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4 juillet 2010

L'énigme Dati

Rachida Dati est une énigme. Quand elle s'exprime, on ne comprend pas toujours ce qu'elle dit. On ne sait pas toujours si elle croit à ses propres propos, si elle comprend le sujet sur lequel elle exprime. Puis, parfois, elle est extraordinairement lisible, et ses déclarations font mal.

Interrogée longuement vendredi dernier dans Parlons Net, Rachida Dati a prouvé qu'elle n'est jamais aussi efficace que quand elle est attaquée par son propre camp.

L'ancienne Garde des Sceaux a longtemps été raillée (y compris sur ce blog) pour son incompétence, ses propos approximatif, son arrivisme évident, l'instrumentalisation politique de ses origines au service de Nicolas Sarkozy. Au ministère de la Justice, elle ne faisait que répéter comme un robot vocal la vulgate sarkozyenne. Quelque soit le sujet, elle n'avait que les éléments de langage du programme élyséen en bouche pour expliquer les peines planchers (inefficaces), le durcissement de la répression contre les mineurs (inefficace), ou la rétention de sûreté (anecdotique). Elle était incapable d'expliquer le sens de sa réforme de la carte judiciaire qui a mis à mal la justice de proximité. Elle s'est mise à dos l'ensemble du corps judiciaire. Elle n'a jamais justifié l'abandon d'une mise à niveau des prisons. Elle a usé les membres de son cabinet à une vitesse inégalée dans les premiers mois de son ministère. Ses gaffes lors des élections européennes ont atterré son camp et fait rire l'opinion. Ses penchants bling bling ont dérangé l'image irréprochable que la Monarchie sarkoyenne voulait se donner. Son dilettantisme au Conseil de Paris a fait les beaux jours des humoristes audiovisuels. Bref, Rachida Dati est apparu comme tout sauf un animal politique hors norme. Plutôt une belle erreur de casting, placée là où elle était par le fait du Monarque.

Quand la rumeur de relations adultérines au sein du couple élyséen a agité Nicolas Sarkozy, les services secrets, et Pierre Charon, elle fut désignée à la vindicte par quelques proches du Monarque. Quelque chose s'est brisé, et Rachida Dati s'est défendue. Des mois plus tard, on constate que la vengeance est un plat froid qu'elle n'a pas commencé à déguster. L'ancienne ministre était l'invitée de Parlons Net, une web-émission de France Info, animée par David Abiker.

La voici qui critique l'échec de Brice Hortefeux (« il y a peut-être quelque chose à reprendre»). Elle suggère aussi à demi-mots que le ministre devrai tirer les conséquences d'un éventuel échec de son appel suite à sa condamnation pour injure raciale. «Si vous êtes condamnés pour injures raciales, ça a un sens.» Fadela Amara en prend également pour son grade. Sur les affaires des cigares, jet et autres dérapages, «vous avez raison de dire qu'il y a eu des abus.»

Selon elle, Eric Woerth ne devrait pas être attaqué, mais il devrait clarifier ses fonctions, c'est-à-dire quitter la trésorerie de l'UMP («Il faut peut-être de la clarification»). A l'égard de Pierre Lelouche, adversaire pour la candidature UMP à la mairie de Paris (déjà !), elle n'a aucun état d'âme, et traite de minable ses récentes déclarations (« Je suis élu à Paris depuis bien plus longtemps qu'elle et moi je ne connais pas Dior. »)

Suprême critique, Rachida Dati effleure son mentor, Nicolas Sarkozy lui-même: « Il faut arrêter de dire que tout va bien. […] Les gens ne sont pas contents. On ne voit peut-être pas les mêmes Français. »

Evidemment, l'ex-Garde des Sceaux conserve sa déconcertante capacité à commettre des bourdes incroyables. Ainsi, à propos d'Eric Woerth et la Suisse : «Demander aux autorités suisses. Pendant longtemps ,Eric Woerth a été interdit de séjour en Suisse justement parce que c'est l'homme qui a le plus traquer et les paradis fiscaux et la fraude fiscale.» Rachida Dati ne lit sans doute pas la Tribune de Genève...

Clap, clap, clap...




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5 avril 2010

Rachida Dati, le JDD, les blogs et le complot anti-sarkozyste

Rituellement, l'Elysée soupçonne, ou fait semblant de soupçonner, l'existence de complot contre la personne du président français. L'affaire Clearstream qui opposait Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy entre 2004 et 2007 s'est terminée dans les prétoires. Celle des rumeurs conjugales est la dernière en date. Elle promet d'être fameuse.

Pierre Charon débloque-t-il ?
Le Journal du Dimanche a récemment confirmé avoir porté plainte. L'un de ses collaborateurs, qui tenait un blog anonyme hébergé sur son site, avait relayé la polémique, lui donnant involontairement une fausse crédibilité journalistique pour les médias étrangers. Carla ne serait plus avec Nicolas, et ce dernier se serait rabattu sur Chantal. Bienvenue dans "Voici-land". Dans l'entourage du chef de l'Etat (UMP), on a attaqué les blogs, Twitter, et Internet.

Le JDD a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux, sur un autre motif que la diffamation, car l'Elysée l'a convaincu de procéder ainsi. Pierre Charon, conseiller sans affectation de Nicolas Sarkozy, ne s'en cache pas. L'homme des réseaux médiatiques et culturels du Monarque a été interrogé par Rue89. Il a déclaré:
« Avec Me Herzog, je suis intervenu auprès de sites Internet étrangers, notamment en Hollande, qui avaient repris cette rumeur en utilisant un vocabulaire porno.
Mais une enquête de police judiciaire est plus sérieuse qu'un coup de fil. Olivier Jay [directeur de la rédaction du JDD, ndlr] est quelqu'un de charmant, mais dans cette affaire, il a été un peu dépassé.
Pour que la peur change de camp, il fallait qu'il y ait une procédure judiciaire. Maintenant, on va voir s'il n'y a pas une espèce de complot organisé, avec des mouvements financiers, pourquoi pas. »
Maître Herzog est l'avocat de Nicolas Sarkozy. Pierre Charon voit loin : « le fait que ces rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut faire penser à un complot, alors que la France s'apprête, en 2011, à prendre la présidence du G20. On va faire une enquête pour savoir d'où viennent ces rumeurs. » Fichtre ! Voici la thèse d'un complot international, ourdi par des ennemis de l'intérieur et des puissances étrangères, pour nuire à l'organisation du prochain G20 par la France l'an prochain !

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy s'est servi de son périple américain pour s'afficher tendrement avec son épouse Carla. Une opération de communication devant photographes et journalistes qui ne trompe personne. En coulisses, l'Elysée a mobilisé les moyens qu'il faut :  «la police a utilisé ses hackers pour remonter la source des ragots qui, en pleine campagne des régionales, ont menacé de déstabiliser le couple présidentiel», rapporte Le Monde. Les moyens de la lutte anti-terroriste pour une affaire de petite rumeur conjugale... Le monarque doit être enragé pour déclencher de telles opérations.

Le rôle trouble de Dati
La semaine dernière l'histoire a rebondi, et notamment sur le JDD. Laurent Valdiguié, enquêteur au JDD (on se souvient de son ouvrage très documenté sur le Canard Enchainé, rédigé avec Karl Laske de Libération), signe un article inquiétant : «Rachida Dati en disgrâce». Le journaliste affirme  : « selon plusieurs sources, l’ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy est soupçonnée par l’Elysée d’avoir alimenté et même cautionné certaines rumeurs entourant le couple présidentiel.» Il reprend une révélation de la semaine du Canard Enchaîné, relayé par le Monde : «C'est la reine de l'intrigue, elle paie l'addition» aurait déclaré une source gouvernementale, prudemment anonyme.

Mais Laurent Valdguié confirme aussi que l'Elysée a envoyé les services secrets sur le dos de Rachida Dati :  «selon nos informations, une enquête des services de renseignement français, remise au chef de l’Etat durant le week-end précédant le premier tour des Régionales, ciblerait notamment Rachida Dati dans la diffusion d’informations jugées malveillantes à l’Elysée.» Pendant la soirée du premier tour des élections régionales, l'ancienne ministre de la Justice s'est vue retirée sa voiture mise à disposition par le gouvernement, tout comme sa protection. Sur le coup, on soupçonnait Sarkozy de s'être simplement énervé de la voir commenter maladroitement la défaite de l'UMP. Ce soir-là, Dati serait donc rentrée chez elle par ses propres moyens...  Il lui restait encore deux abonnements téléphoniques mobiles, l'un payé par l'Etat, l'autre par l'UMP. Au ministère de l'Intérieur, on assurait qu'il ne s'agissait pas d'une sanction.

Cette attaque, occulte, contre Rachida Dati ressemble à une farce, un vacarme, une distraction. Si Sarkozy souhaitait se venger de son ex-Garde des Sceaux, il n'avait nul besoin de mobiliser les forces de l'Etat. Il lui suffisait de faire fuiter le nom du père de la petite Zora.

L'Etat transformé en officine ?
Si on résume l'essentiel, Sarkozy mobilise des moyens de l'Etat pour débusquer les auteurs d'une rumeur sans importance nationale ni politique, une simple histoire privée qui, au pire, attaque sa réputation en le faisant passer pour cocu. Dans quel pays vivons-nous ?

Depuis juillet 2008, la DST et les RG ont été fusionnés pour donner naissance à la fameuse DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), désormais rattachée à la Présidence de la République. L'an dernier, trois affaires à fort soupçon de manipulation gouvernementale ont frappé quelques esprits : celle des sondages de l'Elysée, où l'on apprenait en juillet, grâce à la Cour des Comptes, que l'Elysée rémunérait de façon occulte et directement des sondages ensuite publiés par certains médias sur des thèmes et des questionnaires préparés en son sein; l'affaire Dray, opportunément déclenchée au plus fort des contestations lycéennes, a aussi suscité nombre de questions; enfin,  le Karachigate se rappelle régulièrement au mauvais souvenir de Sarkozy.

Qui parle de complot en Sarkofrance ? 


Nicolas et Rachida (La Chanson du Dimanche s02e10)
envoyé par lachansondudimanche. - Regardez plus de vidéos comiques.

15 décembre 2009

Rachida s'emmerde à Strasbourg... témoignage

Surprenante prise de son, par des journalistes de M6. La Garde des Sceaux se confie, sans savoir qu'elle est enregistrée.

23 novembre 2009

Où va la justice en Sarkofrance ?


Il y a quelques jours, un classement plaçait la France en 24ème position des pays les moins corrompus, en chute de 7 places en l'espace de 2 ans. Les constats d'inquiétude se multiplient sur la situation de la justice française.

La corruption française
L'association Transparency International considère que la France est un pays plus corrompu que les Barades, Sainte Lucie ou le Quatar. Nous sommes à peine mieux loti que le Chili et l'Uruguay. Belle performance. Notés sur 10, les pays les plus vertueux sont la Nouvelle-Zélande (9,4), le Danemark (9,3) et Singapour (9,2). La France obtient un pénible 6,9/10. Cet indice "évalue la perception, par les milieux d'affaires internationaux, du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique de 180 pays", explique l'ONG.

La même association avait été déboutée de sa plainte contre les détournements de fonds de chefs d'Etat africains en France il y a quelques semaines. L'un des accusés, le défunt président Omar Bongo a été remplacé par son fils Ali, lors d'une élection contestée. Ali Bongo a été reçu en grandes pompes par Nicolas Sarkozy vendredi dernier.

Les réformes judiciaires encouragent-elles la corruption ? C'est l'avis de Corine Lepage. On peut effectivement citer, pêle-mêle, la future suppression du juge d'instruction; la suppression des chambres régionales des comptes (qui auditaient, en proximité, la tenue des comptes publics des collectivités locales); la remontée des seuils des marchés publics pour les appels à la concurrence, sous prétexte de relance économique ; et la faiblesse des moyens de l'institution judiciaire, engorgée par un boulimie législative à laquelle Nicolas Sarkozy a largement contribué depuis 2002.

Le récent examen du budget 2010 ne rassurera personne. La justice disposera, en 2010, d'un budget de 6, 859 milliards d'euros. La Garde des Sceaux se félicite d'une hausse de ... 3,42% de ses moyens l'an prochain, et du recrutement de 1 030 agents supplémentaires. Ces chiffres ne changent pas le constat: La France reste l'un des pays qui consacre la plus faible part de son budget à la justice, soit 53 euros par habitant (données 2006), à comparer aux 99 euros des Pays Bas, aux 109 euros des Allemands, ou aux 58 euros espagnols... La France se situe dans les derniers rangs européens sur la plupart des critères : l'aide judiciaire légale se chiffre en moyenne à 335 euros (contre plus de 1100 euros au Royaume Uni); elle ne dispose que 12 juges professionnels pour 100 000 habitants (contre près de 25 en Allemagne).

L'appel des juges européens
La suppression du juge d'instruction inquiète. D'après les dernières informations, rapportées par la presse, sur les réflexions en cours au sein de l'exécutif, le futur "juge de l’enquête et des libertés" (JEL) devra “garantir le déroulement contradictoire de la procédure et la manifestation de la vérité par des investigations effectuées à charge et à décharge, en statuant sur les demandes formées par les parties qui n’ont pas été acceptées par le procureur de la République”. Il pourra être saisi par la défense du mis en cause ou par les parties civiles. Et si le parquet a refusé des actes d’investigation, "le JEL pourra ordonner à celui-ci de s’exécuter", rapportait Le Monde il y a quelques jours.

Les débats se portent jusqu'au sein du gouvernement: à l'étroit dans son placard gouvernemental, l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel, devenu secrétaire d'Etat à la Justice en juin dernier, a été recadré par sa ministre de tutelle. Bockel avait expliqué qu'il souhaitait la création d'un "juge de l'instruction". Un exercice de sémantique qui n'a pas plu à Michèle Alliot-Marie : il "se pliera aux arbitrages", a-t-elle répliqué le 15 novembre dernier. A propos des inquiétudes sur l'indépendance des instructions, la ministre fait l'autiste, et rabache l'argument sarkozen: "Le remplacement du juge d'instruction par un juge de l'enquête et des libertés, qui est aussi un juge du siège ayant les mêmes garanties d'indépendance et plus de pouvoir que le juge d'instruction, doit être vu globalement".

Les conseils des juges et procureurs des 47 pays du Conseil de l'Europe ont rendu public, vendredi 20 novembre, un avis commun sur l'indépendance des procureurs, à quelques mois de la suppression du juge d'instruction en France. L'avis est une sévère mise en garde contre la réforme sarkozyenne. Il est sans appel: "Les procureurs doivent être indépendants et autonomes dans leurs prises de décision et doivent exercer leurs fonctions de manière équitable, objective et impartiale."

Les signataires ont pris la peine de préciser ce que devait signifier, dans les textes et dans la pratique, l'indépendance des procureurs. On est loin des belles déclarations d'intention du pouvoir français: "Le statut des procureurs doit être garanti par la loi, au plus haut niveau, à l'instar de celui des juges. (...) Ils ne doivent pas être soumis dans l'exercice de leurs fonctions à des influences ou à des pressions de toute origine extérieure au ministère public." (...) "Leur recrutement, leur carrière, leur sécurité de fonction, y compris le déplacement de fonction qui ne peut être effectué que conformément à la loi ou soumis à leur consentement, ainsi que leur rémunération doivent être protégés par la loi"

Lire aussi:

9 novembre 2009

Dimanche politique en Sarkofrance

Dimanche, Nicolas Sarkozy confiait ses souvenirs personnels de la chute du Mur de Berlin sur sa page Facebook : "Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l'Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé... pour participer à l'événement qui se profile". Cette information est sans doute fausse : la France n'a découvert l'ampleur de l'évènement que le 9 novembre au soir. Et Alain Juppé déclarait encore récemment qu'il n'est allé à Berlin que le "10 ou le 11 novembre". Qu'importe ! Le Monarque devait être là-bas, le jour de la chute du Mur. Il est omniscient.

Ce lundi, le président français est à Berlin, pour les cérémonies officielles de cette chute historique. Ce week-end, l'actualité fut calme, endormie, anesthésiée. La Sarkofrance a déminé une nouvelle affaire, Eric Besson a encore parlé, et Rachida Dati tente de refaire surface.

Sarkozy, chef de clan
L'information émane du Figaro: Nicolas Sarkozy lancera lui-même la campagne de l'UMP pour les élections régionales de mars prochain, lors d'un conseil national du parti le samedi 28 novembre à Aubervilliers. Le premier ministre lui a grillé la politesse. Dimanche, il s'est affiché en meeting de soutien à la tête de liste UMP dans les Pays de Loire: «Je réclame l'unité de la majorité présidentielle dès le premier tour. Tous ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs doivent se serrer les coudes

L'affaire Pierre Sarkozy
Les proches du chef de l'Etat ont rapidement conseillé Pierre, l'autre fils de Nicolas, pour qu'il démine une affaire naissante. Il est soupçonné de s'être plaint à l'Elysée de n'avoir pas obtenu une subvention de la SCPP, la Société civile des producteurs phonographiques, pour la production de l'un de ses projets d'albums...

En fait, il se serait contenté de demander des renseignements "à des amis" sur les raisons de ce refus. L'un d'entre eux, conseiller de Nicolas Sarkozy, a appelé le président de la SCPP, comme l'a reconnu Marc Guez, le patron de la SCPP ("Ce conseiller ne m'a pas demandé de faire en sorte que cette aide lui soit versée. De toute façon, je n'aurais rien pu faire, puisque la commission qui attribue les aides est indépendante"). La raison de refus de subvention est pourtant simple : un non-membre n'est pas éligible... Il suffit de se renseigner directement à l'organisme. Le président de la SCPP l'a d'ailleurs également expliqué rapidement au médias: Pierre Sarkozy n'était pas éligible, puisqu'il n'était pas adhérent de l'organisme. Cette explication ne suffisait pas au fiston du Président. Il a pris la peine de demander à un conseiller élyséen d'appeler le président de la SCPP juste pour ça, se renseigner sur un critère aussi basique.... De là à penser qu'il espérait qu'un coup de fil élyséen à la SCPP puisse impressionner le-dit organisme... il n'y a qu'un pas que nous franchissons allègrement...

Eric Besson, expert ès PS
Exercice de langue de bois pour le ministre de l'identité nationale. Dimanche sur Radio J, il s'est déclaré peu optimiste sur les chances du PS de gagner contre Nicolas Sarkozy en 2012. Aurait-il déclaré le contraire que sa déclaration aurait fait le tour des rédactions. La langue de bois se reconnaît à une chose : son inverse est si absurde qu'il en devient risible.

"Mais lorsque je vois le Parti socialiste, je vois une grande SFIO à l'oeuvre, c'est-à-dire une agrégation de barons locaux qui ont surtout la préoccupation de leur fief". L'ancien membre du PS a souligné que le retour de la gauche aux affaires était conditionné à "un leader, des valeurs, un projet de société, une stratégie d'alliances. Or de ce point de vue-là, le PS dit tout et n'importe quoi".
Eric Besson sera heureux de lire le Figaro Magazine, qui lui consacre un bel article: "Eric Besson, la droite de Sarkozy". Le ministre de l'identité nationale a, selon le magazine de Sarkofrance, franchit le Rubicon de la trahison jusqu'au bout, au point de se situer plus à droite que son nouveau maître à penser.

Dati et la tentation people
Dimanche, Rachida Dati était également interrogée, mais sur Canal+. La pugnace Anne-Sophie Lapix lui demande pourquoi elle a cédé aux sirènes de la tentation people dans les colonnes du magazine Gala, qui a publié il y a 10 jours des photos de l'ancienne Garde des Sceaux avec sa fille. Rachida Dati bégaye de mauvaises réponses :

"Il y a eu des photos volées dans d'autres magazines."

"C'était une interview sur mes activités politiques."

"Je n'ai pas de mépris pour les lecteurs et les lectrices de Gala."





1 octobre 2009

Juges indépendants, vous avez dit indépendants ?


Mercredi, Dominique de Villepin était interrogé au tribunal. Depuis le début du procès de l'affaire Clearstream, il est enfin parvenu à présenter cette instruction comme une vengeance politique. Et Sarkozy est tombé dans le panneau. Depuis, les proches du président n'ont d'autre solution que de s'arrimer à l'indépendance de la justice pour plaider "l'innocence" de leur Monarque... ironie de l'histoire. La situation est cocasse. A quelques mois de la suppression annoncée du juge d'instruction, voici donc la Sarkofrance toute entière accrochée à l'indépendance des juges.

Clearstream, et ses obscurs rebondissements
Le feuilleton continue, pour le plus grand plaisir des chroniqueurs judiciaires et politiques. Le faux lapsus présidentiel, mercredi 23 septembre, où Sarkozy qualifiait de "coupables" tous les prévenus de l'affaire, avait secoué jusqu'aux rangs du camp UMP. Vendredi, Dominique de Villepin a assigné Nicolas Sarkozy pour violation de la présomption d'innocence. Un huissier s'est donc présenté lundi à l'Elysée, pour y délivrer à "Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, président de la République, demeurant Palais de l'Elysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris" une assignation à comparaître devant le tribunal de grande instance de Paris. Le Monarque ne pouvant être jugé tant il est président, cette plainte l'attendra sagement jusqu'à la fin de son mandat.

L'affaire se retourne
Plus le procès avance, plus le public en apprend de belles... Ainsi, la semaine dernière, Imad Lahoud a réaffirmé qu'il connaissait Dominique de Villepin. Il l'avait déjà dit dans le passé. Villepin nie toujours. Le lien entre les deux hommes est ténu: Lahoud était voisin et proche de la belle-soeur de Dominique de Villepin. "J’ai connu Dominique de Villepin par l’intermédiaire de sa belle-soeur Delphine et son beau-frère Michel" a-t-il admis à la barre. Lundi, Edwy Plenel, qui est également partie civile, a donné son interprétation de l'affaire: s'il ne sait pas pourquoi son nom s'est retrouvé dans ces listings truqués, il est convaincu que Dominique de Villepin n'est pour rien dans l'affaire. Mercredi 30 septembre, ce fut au tour de l'ancien premier ministre d'être écouté à l'audience: "A aucun moment le nom de Nicolas Sarkozy ou un de ses patronymes n'a été évoqué". Il dégage aussi la responsabilité de Jacques Chirac. Et affirme que "L'affaire aurait pu s'arrêter le 25 mars, elle aurait dû s'arrêter le 25 mars", date à laquelle Imad Lahoud a été (malheureusement ?) libéré d'une garde à vue. Il avait réussi à faire croire qu'il savait comment trouver Ossama Ben Laden. A trop vivre dans le secret, certains barbouzes en deviennent pitoyables de crédulité.

Parallèlement, il est acquis qu'Imad Lahoud a fréquenté des proches de ... Nicolas Sarkozy. L'informaticien était visiblement bien introduit. Le JDD a révélé qu'un rapport policier faisait état de rencontres en 2004 et 2005 entre Imad Lahoud et François Pérol (ancien conseiller économique du président, et à l'époque directeur-adjoint du cabinet du ministre de l'Economie... Nicolas Sarkozy). "François est un excellent ami" a déclaré Lahoud à l'audience. Les deux hommes ont déjeuné 14 fois ensemble entre 2004 et 2005. Nathalie Kosciusko-Morizet a également rencontré avec Lahoud, par l'intermédiaire de son mari qui travaillait chez EADS. Et l'épouse de Lahoud était, en 2005, la chef de cabinet d'Eric Woerth, l'actuel ministre du budget...

Mercredi, Dominique de Villepin a contesté, point par point, toutes les accusations portées contre lui, et attaqué à nouveau Sarkozy : "Il a mis en cause le président Chirac et moi-même auprès de nombreux journalistes, très précisément. Il a menacé des hauts fonctionnaires, comme Yves Bertrand et Philippe Massoni. Ce dossier a été construit de manière unilatérale, pour les intérêts d'une seule partie civile, qui veut se faire justice elle-même. L'instruction a été faussée. Cette confiscation n'a été possible que parce qu'il y a eu un gel du dossier : personne ne voulait s'en mêler. L'Intérieur s'est retrouvé seul avec la DST, j'ai pris le risque de mener l'enquête à son terme. Mes gardes des Sceaux successifs m'ont parlé de harcèlement à leur égard. Quand Nicolas Sarkozy prononce le mot “Clearstream”, sa physionomie change. Il y a de sa part un acharnement à détruire un adversaire politique".

Et le Karachigate ?
Que font les juges ? Il y a 4 mois, Hervé Morin promettait la levée du secret défense d'ici septembre pour permettre aux deux magistrats en charge de l'instruction de vérifier quels ont été les éventuels bénéficiaires de commissions occultes lors de la vente de 3 sous-marins français au Pakistan en 1994, quand Edouard Balladur était premier ministre et Nicolas Sarkozy son ministre du budget. Nous sommes le 29 septembre. Les services de la Défense ont eu 3 mois pour faire le ménage. Les services de la Défense ont eu trois mois pour faire le ménage... Les juges indépendants peuvent travailler.

Les juges sont "i-n-d-é-p-e-n-d-a-n-t-s". Avez vous bien compris ?


2 septembre 2009

Une commission très légère avec le juge d'instruction


Mardi 1er septembre, Nicolas Sarkozy recevait le tant attendu rapport de la Commission Léger, du nom de ce haut magistrat chargé de présider la réflexion sur la réforme de l'instruction. Des blogueurs experts apporteront un regard compétent sur l'affaire. Un "pré-rapport" avait été communiqué en mars dernier. Samedi, les informations publiées par le Journal du Dimanche avaient de quoi raviver les inquiétudes de ceux qui ont critiqué, en janvier dernier, les premières annonces du président français à l'occasion de ses voeux à la Justice.

Réforme ou régression
"Le rapport qui enterre le juge d'instruction" titre le Figaro. "Le rapport qui sonne la fin du juge d'instruction" expliquait déjà le Journal du Dimanche dans son édition de samedi. Le constat est unanime. Le rapport de la Commission Léger recommande l'enterrement en bonne et due forme du juge d'instruction. Depuis trois décennies, les différentes réformes de la justice ont déjà permis à un nombre croissant d'enquêtes d'échapper aux juges d'instruction. Parmi les propositions, on citera les points remarqués suivants:

1. La suppression du juge d’instruction: "Il cumule les fonctions d’un juge avec celles d’un enquêteur. En d’autres termes, il n’est pas totalement juge, et pas totalement enquêteur" concluent les auteurs du rapport.
2. Les procureurs deviennent seuls en charge des instructions, mais restent soumis à l'autorité, hiérarchique, du Garde des Sceaux.
3. Les auteurs proposent de confier le contrôle des enquêtes pénales à un "juge de l’enquête et des libertés". A charge pour ce dernier d’autoriser les mesures "les plus attentatoires aux libertés", (perquisitions, écoutes téléphoniques ou informatiques). Il serait "garant de la loyauté de l’enquête".
4. Les procès d’assises seraient allégés, et les peines minorées, quand l’accusé reconnaît sa culpabilité (le "plaider coupable").
5. Des citoyens seraient intégrés dans les formations de jugement correctionnel.
6. Les gardes à vue seraient plus limitées et et le rôle de l'avocat durant cette période serait accru.
7. Le temps de détention provisoire serait raccourci.
8. La violation du secret de l'instruction serait dépénalisée. Il faut avouer que le contenu des instructions les plus sensibles se retrouve dans la presse avec une instantanéité qui ne lasse de surprendre...
9. Le président d'audience serait "neutralisé": il n'aurait plus le droit de rappeler les faits en début d'audience, ni de poser des questions aux différentes parties

Avec l'appui de ce rapport "indépendant", Nicolas Sarkozy aura donc la peau du juge d'instruction. A l'instar du JDD, on pourrait rappeler les récentes affaires sensibles emblématiques traitées par des juges d'instruction, qui ont secoué le pouvoir politique: Angolagate, Karachigate, HLM de Paris, faux électeurs du 5ème arrondissement de Paris, détournements de fonds de chefs d'Etat africains, sang contaminé, OM-VA, Urba, la liste est longue et décisive. Tout récemment, une juge d'instruction, Françoise Desset, a encore démontré l'utilité de sa fonction. En mai dernier, elle a jugé recevable la plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association Transparence international France contre certains chefs d'Etat africain. Le parquet en décida autrement. Il estima que les plaignants n'étaient pas lésés par cette affaire.

Les fausses réponses
Rachida Dati répond évidemment aux critiques. L'ancienne Garde des Sceaux exilé au Parlement européen depuis juin dernier a profité de la polémique naissante pour s'exprimer sur un sujet qu'elle connaît bien: "Je me réjouis que ce travail arrive à son terme. J’en avais parlé au président dès que je suis arrivée au ministère. Cela faisait partie de son programme présidentiel de 2007 mais je savais qu’il fallait aller vite." Elle s'abrite derrière l'affaire Outreau pour justifier la mesure. Le scandale d'Outreau est l'étendard brandi par les promoteurs de cette réforme: "Sur le papier, le juge d’instruction est un modèle parfait. Il instruit en toute indépendance, à charge et à décharge. La réalité n’est pas exactement celle-là. Ce n’est ni le président de la République ni moi qui avons inventé l’affaire d’Outreau pour décrédibiliser la fonction du juge d’instruction. Cette affaire, qui n’est pas une affaire politico-financière, a néanmoins démontré les failles de notre système, celle du juge d’instruction, mais aussi des avocats (qui ne demandent pas toujours les actes nécessaires), du parquet, des services d’enquête…"
C'est bien l'indépendance du juge d'instruction qui est visée. le procureur, qui mènera les instructions à l'avenir (quand les propositions deviendront loi), restant sous l'autorité du parquet. Rachida Dati ose tout, même les justificaions les plus énormes : "Un gouvernement doit être en capacité de définir des priorités en matière de poursuites et de les voir appliquer sur tout le territoire de la même façon. Dans le cas contraire, un procureur pourrait décider de ne plus s’intéresser aux affaires de violences conjugales et de mettre l’accent sur les violences routières, et son collègue adopter l’attitude inverse." Sans faire de juridisme (je n'en ai pas les compétences), on peut critiquer l'amalgame. Définir les priorités de la politique pénale est certes du ressort du gouvernement. Mais comment oser laisser penser que les juges ne devraient enquêter que sur les sujets définis par ce dernier ? Bizarrement, Rachida Dati ne prend pas les affaires Elf ou des HLM de Paris comme exemples.

Sarkozy est heureux
Mardi, Nicolas Sarkozy était satisfait. Il pouvait l'être. Une commission "indépendante", une de plus, lui donne un prétexte pour mettre en oeuvre une contre-réforme qu'il souhaitait dès le départ. Il veut même aller vite. Mardi, il a même parler de "progrès de civilisation". La commission Légér comptait 17 membres. Deux ont démissionné en janvier, à l'annonce du projet présidentiel de supprimer le juge d'instruction (à quoi engager une réflexion en commission si le chef de l'Etat donne le résultat par avance ?). Deux autres membres ont été promus. Philippe Lemaire, procureur de Lille, est devenu procureur général de Riom, et Martine Bernard, présidente de la chambre de l'instruction d'Aix-en-Provence, a été promue à Paris. Parmi les autres membres, on pourrait citer Thierry Herzog, avocat de ... Nicolas Sarkozy; le colonel Colonel Michel Bonnin, adjoint au sous-directeur de la police judiciaire au ministère de la défense d'Hervé Morin; Me Hervé Lehman, avocat récent d'un sénateur UMP, ou Gilles-Jean Portejoie, avocat de Jacques Mellick, de Bernard Tapie, Kofi Yamgnane ... et de Johnny Halliday.

Une commission ... indépendante, on vous dit !

Ce mardi, on apprenait que la justice de Sarkofrance avait "lavé" de tout soupçon son proche conseiller François Pérol, parti pantouflé à la tête de la nouvelle banque issue de la fusion des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Le Parquet, c'est-à-dire le Ministère de la Justice, vient de classé l'enquête sans suite. Le parquet a considéré qu'aucune charge ne pouvait être retenue contre Monsieur Pérol. Ce dernier n'avait pas saisi, faut-il encore le rappeler, la commission de déontologie. Conseiller économique de Nicolas Sarkozy pour le secteur financier et bancaire, le voici à la tête de la seconde banque du pays.

Ce n'est pas un juge d'instruction qui viendra dire le contraire...

29 juillet 2009

La faute de MAM

En succédant à Rachida Dati au ministère de la Justice le 23 juin dernier, Michèle Alliot-Marie jouissait d'une relative bonne image : elle ne venait pas du sérail des proches de Nicolas Sarkozy, et elle bénéficiait d'une estime plus grande que Mme Dati. Pourtant, MAM a déçu en quelques jours.

Lourd héritage
Sur le fonds, elle hérite d'une situation complexe, tant l'institution judiciaire s'est braquée contre les réformes de Rachida Dati. La précédente Garde des Sceaux avait rapidement mis en oeuvre les peines planchers et la rétention de sûreté, mais la refonte de la carte judiciaire s'est réalisée sans concertation, et la situation carcérale a été complètement négligée.

Un récent rapport de l'Inspection générale des services judiciaires a révélé que 82.000 peines d'emprisonnement ferme restent en attente d'exécution. "Cette situation n'est pas acceptable" a commenté la ministre, le 20 juillet dernier. En prenant ses fonctions, MAM faisait de la situation carcérale l'une de ses priorités.

Fofana
L'affaire Fofana est une autre histoire, plus décevante de la part d'une Garde des Sceaux supposée un tant soit peu indépendante: on rapporte que Nicolas Sarkozy a été "ému" par les conditions du décès d'Ilan Halimi en 2006. Qui ne le serait pas ? Qu'un jeune homme puisse être kidnappé, séquestré, torturé puis tué par une bande irresponsable est un crime, une douleur, une incompréhension. Seulement voilà, le procès a eu lieu, et des peines ont été prononcées, peu ou prou similaire aux réquisitions de l'avocat général. La famille de la victime a protesté. Le chef de l'Etat s'est à nouveau ému et a demandé que le ministère public fasse appel. MAM a obtempéré. Pour justifier sa décision, elle invoqué le souci de "la paix publique"... Sans rire.
"Après trois jours de délibéré, la cour d'assises des mineurs de Paris a condamné vendredi soir le chef du "gang des barbares", Youssouf Fofana, 28 ans, à la peine maximale -la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans- pour avoir enlevé, séquestré et torturé à mort en février 2006 Ilan Halimi, un jeune homme de confession juive. Ses deux lieutenants ont écopé de 15 et 18 ans, tandis que la jeune fille ayant servi d'appât a été condamnée à neuf ans, alors que 10 à 12 ans avaient été requis. Ces peines ont été jugées insuffisantes par la famille d'Ilan Halimi et les associations de lutte contre l'antisémitisme." (source)
L'affaire a depuis dérapé : non seulement le ministère public a-t-il fait appel de ce jugement, mais il a été rejoint par Youssouf Fofana lui-même. Et une enquête serait en cours contre l'avocat de la famille Halimi, Me Szpiner. Ce dernier a qualifié l'avocat général au procès, Philippe Bilger, de "traître génétique" dans les colonnes du Nouvel Observateur le 23 juillet.

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17 juillet 2009

Dati: la confusion des genres continue


Une fois de plus, Rachida Dati se livre aux regards, aux jugements du public. Regardons-là, et jugeons-là. Dans son édition du 9 au 15 juillet 2009, Paris Match consacre quatre pages, avec accroche en couverture, à l'ex-Garde des Sceaux: "enfin libre, enfin maman". Lundi 13 juillet, Rachida Dati était suivie à Strasbourg, pour la première assemblée du Parlement européen nouvelle élu.

Exhibition privée
"Après son accouchement, on a reproché à la ministre d'avoir délaissé sa fille pour son travail. Aujourd'hui, avec Zohra, elle rattrappe le temps perdu." L'article démarre fort. On veut nous dépeindre la maternité retrouvée d'une "executive woman". A lire les détails, les "révélations" sont excessivement intrusives : "donner le biberon, ça la gave. Mais elle est très tactile. Elle adore toucher sa fille, la caresser, la langer, l'habiller." Quel intérêt à savoir tout cela ? Consolider l'image d'une femme politique, cramée par son gaffes et son caractère ?

La journaliste est lucide : "Rachida sait très bien que ce suspense autour du père nourrit le feuilleton médiatique autour d'elle. Pourquoi y mettrait-elle fin trop vite ?"

C'est vrai. Pourquoi ?

Conflits d'intérêt
La ministre "réactive" ses réseaux, "comme toujours auprès des puissants." Déjeuner avec Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, rencontres avec Jean-Claude Mailly (Force Ouvrière),
François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT). Pourquoi ces syndicalistes prennent ils la peine de la recevoir ?
Le journal rappelle que l'ancienne ministre devenue députée a trouvé quelques missions rémunératrices auprès d'entreprises privées. Bernard Tapie serait son conseil. D'après Match, il lui a trouvé des "missions ponctuelles" auprès du cabinet d'avocat Willkie Farr & Gallagher (600 avocats dans le monde, dont 50 à Paris). Ce cabinet a conseillé pour Thales SA, sur l`acquisition des activités transport et sécurité et des activités spatiales d'Alcatel. L'un des avocats de Tapie, Maurice Lantourne a rejoint Willkie Farr & Gallagher en début d'année. Maurice Lantourne a également piloté la défense de Gérard Longuet et Loïk Le Floch-Prigent.

Confusion des genres toutjours, la ministre était partie avec "quelques souvenirs de la Place Vendôme : une voiture, deux chauffeurs de l'administration pénitentiaire et une secrétaire". Des broutilles, rapporte le Canard Enchaîné du 8 juillet dernier.

Son ancien mentor, Albin Chalandon, vient d'être élevé au grade de Grand Croix de la Légion d'Honneur, dans la dernière livraison de récompenses sakozyennes du 14 juillet 2009.

Tout est bien qui continue bien...

21 juin 2009

Le mauvais bilan de Rachida Dati

La future ex-Garde des Sceaux restera l'un de ses énigmes politiques sarkozyennes : une femme politique parfois touchante, souvent incompétente, toujours iconique. Le ministère de la Justice a adressé aux médias un fascicule de 102  pages vantant ses mérites. On sait depuis que l'entreprise de communication personnelle de la ministre est bien plus vaste que cela.

Se servir de l'Etat avant de servir l'Etat
Rachida Dati a usé et abusé des moyens de son ministère pour défendre sa carrière et soutenir son image. Quelques mois après son entrée en fonction, on s'inquiétait de l'envolée de ses dépenses de réception et de communication. La Garde des Sceaux se faisait prêter robes et bijoux, participait à tous les voyages présidentiels (même sans raison). En septembre dernier, elle créait une web-Tv toute entière dédiée à sa gloire personnelle: Rachida Dati par ci, Rachida Dati par là. En début d'année, alors que les prisons grondent, et que l'affaire Coupat fait scandale, la ministre évite les sujets, et préfère des interviews presque apolitiques au JDD et chez Europe1, puis une émission spéciale de "Vie Privée Vie Publique" chez France 3. Depuis plusieurs mois, elle a fait travailler, aux frais du contribuable, des agences de communication. Maurice Levy, le patron de Publicis, a ainsi reconnu avoir la ministre pour cliente. Sa filiale Verbe, avec le concours de Yannick Le Bourdonnec, ancien journaliste économique et ex-patron de Verbe, a planché sur la rédaction d'un livre-bilan qui devait sortir en mai. Manque de chance (ou incompétence ?), la publication fut abandonnée pour cause d'élection européenne. Dati étant candidate, la promotion du livre aurait été intégrée à ses comptes de campagne !
Plus récemment, Anne Méaux, la présidente de l'agence Image 7, s'est chargée du lobbying politique de la ministre, en organisant rencontres et entretiens avec des journalistes politiques. Avez vous entendu l'un de ses éditorialistes raconter les dessous de ces démarches ? Non bien sûr.

Un caractère autoritaire
Depuis son arrivée au ministère, on a découvert son caractère : un manque de sang-froid et de diplomatie qui ont fini par bloquer les réformes présidentielles en matière de justice. Dans son bilan, la ministre nie l'évidence: "le dialogue et la concertation n'ont jamais fait défaut". Pourtant
En mai dernier, la violence de ses mensonges à l'encontre de l'une de ses prédécesseuses, Elizabeth Guiguou, en a surpris plus d'un, y compris à droite. On savait que la ministre était colérique et fichtrement incompétente en matière de management humain. La moitié de ses proches conseillers fut viré ou démissionna dans les 6 mois suivant son installation à la Justice.

Des réformes inégales
En matières de réformes, on retiendra la rétention de sûreté à vie, indigne d'une République moderne et adulte; la refonte de la carte judiciaire, sans concertation ni études, ou les peines planchers dès l'été 2007, qui ont aggravé la surpopulation carcérale, sans  résoudre la flambée de la délinquance violente que Nicolas Sarkozy n'a su combattre depuis 2002. L'auto-bilan de la ministre omet soigneusement d'évoquer la situation des prisons (67 000 détenus pour 52 000 places). Le projet de loi pénale, minimaliste et non encore adopté, ne prévoit aucun moyen supplémentaire. Grande ambition présidentielle, la réforme de la justice des mineurs s'est enlisée. Rachida Dati s'est même fait retoquée par François Fillon sur l'abaissement à 12 ans de l'âge légal de responsabilité pénale. Finalement, la réforme s'est proposée de réaménager les peines encourues par les mineurs: davantage de progressivité dans les sanctions, modification "pédagogique" du vocabulaire pénal (on préfèrera ainsi l'expression «avertissement judiciaire» à celui d'«admonestation»), et abaissement à 13 ans de la responsabilité pénale

Même du point de vue présidentiel, Rachida Dati est une déception. Elle fut rapidement éjectée du cercle des proches; ses peines planchers sont appliquées dans 20% des cas; son impopularité au sein de la profession judiciaire, à gauche comme à droite, est quasi-totale.

Rachida Dati est une icône, elle incarne la Sarkofrance. Elle ne lâchera pas, mais nous ne la lâcherons pas non plus.

Elle est trop symbolique.

Merci pour nous.

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27 mai 2009

Rachida Dati se casse mais réécrit l'histoire

Le scrutin approche. Sauf miracle, Rachida Dati devrait être élue députée "dépitée" européenne le 7 juin. Avant de remettre les clés de son ministère, elle s'est permise d'écrire un bilan de son action à la Justice depuis mai 2007. Trente réformes, selon elle, ont été lancées et adoptées sous sa courte mandature. Trente ? Le Figaro n'en retient que 3 : "les peines planchers ont été mises en place, la réforme de la carte judiciaire votée, la rétention de sûreté a fait son entrée dans le droit français."

Les échecs de la ministre sont légions : son autoritarisme a fait volé en éclat plus d'une fois l'unité de son propre cabinet. La quasi-totalité de son équipe a valsé durant les 6 premiers mois de son ministère. La réforme de la carte judiciaire, présentée comme un succès, a été le fruit de tractations à l'ombre des couloirs de l'Assemblée, ignorant les fragilités de la justice de proximité. Les peines planchers ont aggravées la surpopulation carcérale, sans  résoudre la flambée de la délinquance violente que Nicolas Sarkozy n'a su combattre depuis 2002. Grande ambition présidentielle, la réforme de la justice des mineurs s'est enlisée. Rachida Dati s'est faite taclée par François Fillon sur l'abaissement à 12 ans de l'âge légal de responsabilité pénale. Le projet de code des mineurslui-même reste à être présentée. La grande réforme carcérale attendue fut un soufflet qui retomba bien vite avec si peu de moyens supplémentaires, et l'abandon du principe d'encellulement individuel. Un mois avant que la ministre ne rende son tablier, le personnel pénitentiaire a manifesté sa grogne, en bloquant l'accès aux prisons ou l'extraction de détenus.

Quant aux peines planchers elles-mêmes, elles ne sont finalement prononcées qu'une fois sur deux: "Dans seulement près de 20 % des cas, la peine plancher prononcée est entièrement «ferme»." rapporte Le Figaro. L'électorat "sécuritaire" de Nicolas Sarkozy doit être bien déçu...


Effectivement, la Garde des Sceaux n'insiste pas trop sur le soulagement général provoqué par son départ prochain au sein de l'ensemble de la filière judiciaire. Nous avons ici qualifié la ministre de "Loana du Loft Sarkozyste", icône rapidement brûlée du féminisme et de la diversité sarkozyenne, Rachida Dati a été nommée pour ce qu'elle est et non ce qu'elle sait, ou sait faire. A l'instar de CeeCee, nous nous interrogeons sur les attaques en règle que la ministre a subi pendant son activité au gouvernement. A-t-elle été plus attaquée car femme ?  Sans doute pas. Son incompétence, son goût pour les lustres "Bling Bling" et son autoritarisme auront suffi à dégrader son autorité et son image plus vite que n'importe quel procès médiatique.