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30 mai 2020

Bigard President - la diversion pour cacher le fiasco.

 

 

Sous prétexte du déconfinement généralisé, Macron légalise l'application STOPCOVID, qui permettra de savoir qui est malade dans votre entourage - voisins, amis, famille, collègues.

 

Sous prétexte de faire "peuple", Macron téléphone à Jean-Marie Bigard, l'inventeur du "lâcher de salopes". Et pendant que les premier(e)s de corvée enragent en silence, Mme Brigitte organise une vente de meubles nationaux pour "financer l'hôpital".

 

La Présidence s'affaisse encore un peu plus.





Le Clown et l'Incompétent

Bigard avait besoin de faire sa pub, Macron avait besoin de faire peuple. Le monarque se sent menacé par l'inventeur du "lâcher de salopes."
"Je ramène ma gueule, je chie sur le président et le président m’appelle pour me dire 'Vous avez raison'. Donc je trouve ça génial !" Bigard.
Macron appelle Jean-Marie  Bigard, Eric Zemmour, Patrick Sébastien. Quelle séquence pour la Présidence de la République Française !

Bigard explique ensuite qu'il pourrait se présenter à la prochaine présidentielle. Quelques cercles macronistes sont gênés ou effarés par la bêtise du geste de Macron. C'est une dégradation de plus de la fonction, un abaissement du statut, un affaissement de l'homme. On l'impression d'une autodestruction, d'une exhibition masochiste. Pourquoi Macron a-t-il appelé Bigard ? Parce que l'humoriste attire beaucoup de vues sur les réseaux sociaux, et qu'il a critiqué Macron. Le couple présidentiel est comme aimanté - Brigitte Macron appelle Nabila, Jupiter appelle Bigard. Où vont-ils ? Où tombent-ils ?

La France compte 850 000 chômeurs de Catégorie A supplémentaire en avril, 29 000 morts officiels à cause de l'incompétence macroniste, des secteurs entiers ruinés - restauration, clubs sportifs professionnels et amateur, artisans; 21 000 hos­pi­ta­liers contaminés faute de matériel de protection. Mais Macron fait le clown avec les clowns.

Belle diversion.

Il n'a pas eu le temps d'appeler Guy Bedos, ni Christophe. Le premier vient de mourir de sa belle mort. Le second a été emporté par ce virus que l'Incapable de l’Élysée n'a su maitriser.

Un premier rapport d'enquête, par les élus insoumis, est venu compléter les révélations en cascade du fiasco macroniste dans la gestion du COVID sur les masques, les blouses, les tests, les lits, et même le vaccin.

L'incompétence sanitaire de Macron a tué. Fallait-il cette diversion clownesque pour qu'on parle d'autre chose ? Certainement.






"La liberté va redevenir la règle, et l'interdiction constituera l'exception". Le premier ministre était content de son bon mot, qui fut repris et répété sur toutes les ondes officielles. Edouard Philippe annonçait un déconfinement généralisé - bars, restaurants, cinémas, clubs de sports, parcs et jardins, la France devenait une immense "zone verte" (à quelques exceptions franciliennes près). Allait-on ainsi oublié le dernier recul liberticide, adopté la veille à l'Assemblée ? L'application STOPCOVID est légalisée par les godillots macronistes, y compris leurs supplétifs du MODEM (où est passé le centre humaniste défenseur des libertés individuelles ?) et le nouveau groupe parlementaire dissident AGIR. 

Les opposants au texte ont pourtant rappelé les dangers: cette application-espion a vocation à alerter toute fréquentation avec un malade - proche, ami, famille, collègue, client, fournisseur, voisins. Un nombre croissant de citoyens de tous âges comprend enfin les dangers d'espionnage et de violation de la vie privée par les applications numériques, Google et Facebook. Et c'est ce moment que le gouvernement choisit pour faire un chantage à la santé: prenez l'appli sinon vous serez complice d'une éventuelle seconde vague virale: c’est l'appli ou "accepter des morts supplémentaires" a déclaré le secrétaire d'Etat Cédric O. La démarche est ignoble, et stupide. Facultative, l'application ne sert à rien. Obligatoire, elle est liberticide. C'est l'un des meilleurs résumés, d'un député libéral à la tribune de l'Assemblée. 

La Macronie n'aime pas qu'on lui renvoie cette image liberticide. Pourtant, la violence de sa répression physique ou verbale est réelle. tout au long du confinement, et encore récemment, le nombre et l'ampleur des violences policières contre des civils impressionne. Il n'effraie plus. Il enrage.

Avant la crise du COVID, l'écrivain François Surreau, macroniste de la première heure, avait livré un réquisitoire stupéfiant pour l’Élysée sur l'ampleur de la régression des libertés publiques en France, à l'automne dernier.
"On ne peut considérer le citoyen libre comme un délinquant en puissance. C'est pourtant ce que la loi du 10 avril 2019, dite loi anti casseurs a prévu. " François Surreau.
Cette semaine, un coup final a été porté au projet de la ministre de la justice Nicole Belloubet:
le 26 mai, la chambre criminelle de la Cour de cassation a retoqué la prolongation automatique des détentions provisoires pour cause d’épidémie pour violation de la Convention européenne des droits de l'Homme. De son côté, Christophe Castaner a terminé sa traque interne dans l'affaire Geneviève Legay: il a suspendu un policier identifié comme l'une des sources de Mediapart. A Bondy, un adolescent de 14 ans est passé à tabac lors de son interpellation, à Bondy, dans la nuit du 25 mai.

Un collectif Urgences Violences Policieres a mis au point une appli pour filmer et sauvegarder les témoignages filmés.

La liberté comme règle ? De qui se moque Édouard Philippe?  Dans la France macroniste,
la police peut fouiller, tutoyer, insulter, frapper sans contrôle; on peut être placé en garde à vue pour une banderole anti-Macron à son balcon; on se fait insulter et menacer par le ministre de l'intérieur lui-même quand on dénonce le racisme et le "délit de faciès".




Premier(e)s de Corvée

A l'Assemblée nationale, les députés macronistes, soutenus par tous les autres sauf les insoumis, vident de tout sens une proposition du député François Ruffin sur les conditions de travail des agents d'entretien. Ruffin proposait une revalorisation en journée "afin d''inciter économiquement' le nettoyage en journée." - mesure supprimée par les godillots de la Macronie par une négociation volontaire entre employé(e)s et employeurs.

A la RATP, les premiers de corvée sont ces intérimaires distributeurs de gel hydroalcoolique, sous-traitants payés à la semaine, nouveaux esclaves du monde post-COVID. 12 kilos sur le dos, et deux tranches de grand trafic à distribuer du gel dans les rames du métro parisien.

D'autres premier(e)s de corvée, les infirmières, attendent leur revalorisation salariale: "la nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle". Cette formule d'Olivier Véran, ministre de la santé dont la nouvelle compagne, également députée macroniste, fait le service après vente de son mari sur les plateaux télévisés, est aussi grandiloquente que les efforts réels sont lents et petits. Depuis le début de la crise, Véran ne se distingue de Buzyn que par le sérieux avec lequel il multiplie les gaffes et les contradictions.

Des infirmières jettent leur médaille à la poubelle. La rage est toujours là. Macron ne se montre plus dans les hôpitaux. Il a laissé son ministre Véran organiser sa conférence gadget, le "Ségur de la Santé": "ce Ségur s’est ouvert par une pré­sen­ta­tion théâ­trale média­ti­que, avec une visio­confé­rence réu­nis­sant près de 300 repré­sen­tants sans pos­si­bi­lité d’expres­sion" résume le syndicat des infirmier(e)s. "A l’issue de cette opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion était dévoi­lée, par voie de presse, la com­po­si­tion du comité natio­nal et du groupe natio­nal. Les repré­sen­tants des 700 000 infir­miers ont lit­té­ra­le­ment été exclus des concer­ta­tions."  Et la prime COVID (dont le décret d'application a été publié le 15 mai), est une mascarade: rien pour les infirmier(e)s du privé, des primes inférieures pour les infirmières que d'autres fonctionnaires territoriaux dans les mêmes zones géographiques, une attribution discrétionnaire dans certains établissements.


Cette Présidence des Riches ne s'arrête pas là: mercredi, le gouvernement signe une ordonnance qui réduit les délais de consultations des représentants du personnel à la Poste. Les Ordonnances Travail de Macron en 2017 avaient déjà supprimé les instances représentatives du personnel dédiées à l'hygiène et la sécurité (en supprimant 200 000 postes de représentants pour "faciliter le dialogue social" sic !). La crise sanitaire a permis de réduire encore davantage les contrôles/ Fin avril et début mai, alors qu'on s'approchait du déconfinement, Macron a diminué "temporairement" les délais d'information et de consultation.

Pour les derniers de corvée, les plus riches, les mieux protégés par leur richesse, le gouvernement est aux petits soins. Il refuse tout recours à l'impôt exceptionnel ou même le rétablissement de l'ISF (3 milliards d'euros perdus chaque année). Il exonère grandement les revenus financiers grâce aux plafonnements fiscaux et aux exonérations de cotisations sociales, malgré les 170 milliards d’euros de dividendes en 2018. Il ne fait pas grand chose contre la fraude et l'évasion fiscale (30 à 80 milliards d’euros annuels), sauf à réduire le nombre de fonctionnaires en charge du sujet et à soutenir que les paradis fiscaux n'existent pas en Europe

Il préfère brader le patrimoine national. Comble de l'hypocrisie, une "vente de meubles issus des collections publiques sera organisée en septembre au profit de la Fondation Hôpitaux de France", fondation présidée par ... Brigitte Macron.

Quelle belle charité avec le patrimoine d'autrui...

A l'incompétence sanitaire s'ajoute la complicité de classe. La Présidence des riches n'a pas changé. On a eu un micro-psychodrame quand Renault bénéficiaire de 5 milliards d'euros de prêts garantis par les contribuables annonça vouloir fermer des usines en France. Bruno Le Maire s'est fâché tout rouge sur les plateaux télévisés quand on l'a accusé d'être l'idiot utile de la situation - son "méga-prêt" n'était assorti d'aucune contrepartie en matière d'emploi. Deux semaines plus tard, on comprend ... qu'on avait tort. Bruno Le Maire n'est pas benêt, c'est un complice de l'appauvrissement national. Renault officialise cette semaine la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont deux usines en France. Et Sibeth Ndiaye fait même bénéficier Renault de son incompétence: la porte-parole du gouvernement vient faire le SAV à la radio, avec une grosse bêtise de plus qu'elle tente de rectifier le soir-même: "Renault fabrique 6 millions de voitures par an et en vend 3 millions, donc vous avez 3 millions qui restent sur le carreau."

Pire encore, Macron annonce son plan de soutien à l'automobile française. Surprise, surprise... Ce plan de 8 milliards d’euros chargé de "faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe" bénéficiera ... aux véhicules Diesel et les gros SUV: ce plan, résume LesJours, "c’est à peu de choses près ce que les constructeurs voulaient: soutenir le jeune marché électrique, ne pas embêter la relance des véhicules thermiques et surtout ne pas remettre en cause les confortables marges dégagées depuis quelques années en vendant des SUV, ces pseudo-4x4 urbains trop lourds, trop gourmands en énergie, trop émetteurs de gaz polluants." Soutenir les véhicules thermiques, alors que la planète s'apprête à vivre un nouvel épisode caniculaire sans précédent du réchauffement climatique général, il fallait y penser. Le conservatisme macroniste ne lasse pas de surprendre.

Au Canada, en Inde, et même en Sibérie, les températures sont déjà hors normes. En France, Macron subventionne l'achat de SUV.

Ami macroniste, ne change rien.







23 mai 2020

Macron: déconfiner la colère ou refaire le match ?

 

 

Le COVID s'éloigne. La France se déconfine, les Français(e)s observent la catastrophe se poursuivre ailleurs - au Brésil, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni. En France, il est temps de réécrire l'Histoire, d'effacer les traces de l'une des incompétences les plus meurtrières que le pays ait connue.

 

Macron a été pris en flagrant délit d'incompétence, le voici en flagrant délire de désinformation. 

Il est urgent de déconfiner les colères.



Crédit: boutique ENLYSEE

Macron veut accélérer le retour du calendrier électoral, mais cette fois-ci, il est prudent. Le maintien du 1er tour alors que la pandémie du COVID faisait rage est dans toutes les mémoires. Macron s'était révélé incapable de reporter ce premier tour. Incapable déjà, ou bien mortellement amateur.

"Personne n'était prêt" dira-t-il deux mois plus tard, dans une interview complaisante et surréaliste à BFM TV. La France n'avait pas assez de masques, de blouses, de tests, de lits, de respirateurs. Mais malgré ces failles et défaillances, Macron jette des milliers de citoyens dans l’arène politique - distribution de tracts, embrassades, serrages de main, accolades, meetings, tout y est pour accélérer la propagation du virus.

Des milliers de personnes - candidats, militants, employés de mairie - ont été infectés un peu partout en France à cause du maintien de la campagne électorale. Comme à Coudekerque-Branche (dans le Nord), où plusieurs assesseurs de bureaux de vote sont tombés malades et dix-sept élus ont été infectés; à Hanzin-Saint-Aubin, dans le Pas-de-Calais voisin, où le maire sortant, battu, et une de ses adjointes ont été contaminés; à Billom en Auvergne, où une assesseure a été hospitalisée. Ou en Seine-Saint-Denis, où le député LFI Eric Coquerelle dénonce une "hécatombe parmi les militants" tandis que trois villes du département ont vu leur maire hospitalisé (Tremblay-en-France, Sevran et Epinay-sur-Seine).; à Compiègne dans l'Oise - l'un de premiers foyers de l'épidémie début mars.

Ce maintien de l'élection a tué:
  • Une candidate décède du COVID-19 à Mios, près d'Arcachon dès la fin mars. 
  • Dans l’Oise, à Tracy-Le-Mont, l’adjoint du maire, Jean-Jacques Zalay, 67 ans, est emporté le 31 mars.   
  • Dans le Haut-Rhin, Louis Jean-Marie Zoellé, 75 ans, réélu maire de Saint-Louis a succombé peu après le vote. 
  • A Drancy (Seine-Saint-Denis), l'équipe municipale perd deux conseillers à cause du COVID.
  • Début avril, trois autres maires élus décèdent du COVID - à Saint-Brice-Courcelles (Marne), Beurey-Bauguay (Côte-d’Or) et  Saint-Nabor (Bas-Rhin) -  après avoir été présents dans les bureaux de vote de leur commune pour ce fatidique premier tour.
  • Le 10 avril, Philippe Pesteil, tête de liste LREM aux élections municipales de Meyzieu, dans le Rhône, décède à son tour.
  • Fin avril, à Aubervilliers, l'un des adjoints au maire, tombé malade quelques jours après le premier tour des municipales, succombe à l'hôpital.
Début mars, Macron a eu la trouille: il a eu peur pour son image, il a caché l'ampleur de la pandémie et l'état de désarmement sanitaire du pays, et s'est abrité derrière un consensus politique biaisé par le manque de transparence et l'avis de son tout nouveau conseil scientifique créé trois jours avant.

Deux mois plus tard, le voici qui dit l'inverse: "nous ne sommes pas dans la République des scientifiques"...

Cherchez l'erreur.

On votera donc pour le second tour des municipales le 28 juin, avec une campagne "numérique", c'est-à-dire réservée à celles et ceux qui ont les moyens de s'informer par internet. Pour justifier la réouverture des écoles, le même gouvernement expliquait il y a un mois que 5% des enfants n'avaient pas accès à internet pour se former à distance. Quid de leurs parents pour voter ? Sans tract, sans porte-à-porte, sans contact, sans présence physique, la campagne du second tour promet une gigantesque abstention. Le jour du vote, les électeurs auront bien sûr un masque - comment contrôler leur identité ?

On votera le 28 juin car trop de communes ont du geler leurs investissements publics faute de conseils municipaux dument constitués. La motivation de l’organisation de ce second tour n'est pas sanitaire ou démocratique, mais économique.

"Cette crise (du COVID-19) ne constitue pas une surprise stratégique puisqu'elle avait été identifiée dans le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationales en 2013, puis dans la Revue stratégique de défense et de sécurité en 2017". Cette déclaration du général Lecointre devant la commission des Affaires Etrangère et de la Défense de l'Assemblée nationale le 23 avril sonne comme un rappel: Macron et sa bande de ministres ont agi avec un amateurisme mortel sur tous les sujets de cette crise sanitaire: retard au confinement, pénurie de protection pour les soignants au plus fort de la pandémie, nombre insuffisants de lits, ratage dans les commandes publiques, destruction sans vérification approfondie des stocks de masque périmés, gestion erratique de la commande de tests, ignorance des EHPAD au début, etc.

Sur le front économique, Macron n'a été bon que sur le seul sujet qui lui épargnait une révolte sociale - le chômage partiel. Après avoir détruit partiellement l'indemnisation de deux millions de chômeurs, en réduisant leur accès au droit, il a repris les modalités décidées par Angela Merkel en Allemagne. Il y a des parallèles historiques qui font mal: il y a 12 ans, Nicolas Sarkozy et son secrétaire d’État à l'emploi (Laurent Wauquiez) avaient lancé la plus grande désorganisation des services avce la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC, et la suspension des droits au chômage après deux "offres raisonnables d'emploi"... au pire moment, le déclenchement de la Grande Crise qu'ils n'avaient pas vue.

12 ans plus tard, Macron et Pénicaud sont dans une situation identique: ils "réforment" l'indemnisation chômage en détruisant les droits des chômeurs, puis sont obligés de se raviser quand le nombre explose à ... 12 millions d'inscrits. Italie et Allemagne les premiers, tous les pays européens ont ensuite utilisé cette même arme anti-crise. Mais la France "a été l’un des pays où le degré de confinement de la population a été le plus important," expliquait un économiste libéral. "La prise en charge (l'une des plus généreuses en Europe) est donc à la hauteur du choc économique induit par la crise sanitaire."

Pour le reste, Macron a gâché et détruit plus que de nécessaire: à cause du désarmement sanitaire et de son incompétence à fabriquer du matériel de protection et de détection dans les délais, il a été contraint à fermer sans concertation ni prévenance des pans entiers de l'économie.




Crédit: boutique ENLYSEE


Les pistonnés

"Certains me disent déjà que je ne serai pas réélu" - cette confidence rapportée par le Canard Enchaîné n'a rien d'une prophétie. Macron est en campagne officieuse pour sa réélection. Il utilise l'état d'urgence sanitaire pour prolonger le contrôle politique du pays.


"On rentre dans une période où on doit en quelque sorte enfourcher le tigre, et donc le domestiquer" expliquait Macron. Pourtant, le déconfinement est erratique. Il maintient un contrôle policier inédit, une restriction des libertés sans contre-pouvoir, qui cesse dès que le favoritisme ou des intérêts économiques catégoriels sont en jeu.

Premier constat, la France d'en bas a l'obligation de se tasser dans les bus et les métros pour aller bosser, car rentiers et éditocrates de la France d'en haut ont absolument besoin de ces bras et de ces jambes - serveurs, livreurs, ouvriers, secrétaires, manutentionnaires, préparateurs, chauffeurs etc - Et tant pis si la moyenne mobile des cas de COVID repart à la hausse. En "en même temps", on interdira les plages ou les rassemblements de plus de 10 personnes, même si elles sont à un mètre de distance. On appelle cela du contrôle politique.

Second constat, Macron interdit les voyages à plus de 100 kilomètres, ... et "en même temps", Macron refuse toute quarantaine aux voyageurs venant du pays le plus exposé à la pandémie, le Royaume Uni. On y compte toujours près de 400 morts chaque jour, le pic pandémique ne semble pas atteint. Le 22 mai, le premier ministre britannique Boris Johnson prend peur et annonce le retour de la quarantaine pour tous, y compris pour les Français jusque là exemptés des quatorze jours d’isolement sur le sol britannique, ils vont malgré tout y être contraints sous peine de 1 100 € d’amende. Macron aurait pu louer cette prudence sanitaire... que nenni... le jeune monarque fait savoir que la France regrette cette décision et "se tient prête" à la réciprocité. On aurait espérer qu'il prenne tout seiul et de lui des mesures de quarantaine contre les Britanniques.

Indécente imprudence.

Troisième exemple, la réouverture des lieux collectifs. Présidence du piston, Philippe de Villiers se félicite publiquement que le jeune monarque, Jupiter tout puissant, ait décidé la réoouverture du spectacle du Puy-du-Fou dès le 10 juin quand tous les autres lieux de spectacles collectifs - théâtres, cinémas, salles de concerts- ont été priés de patienter jusqu'en juillet, peut être septembre. Puis voixi les lieux de culte autorisés à nouveau. Le déconfinement est une affaire de lobbies, de gestion politicienne, de fait du Prince.

Quatrième exemple, les primes pour le personnel soignants. La Macronie avait promis de primes "jusqu'à 1500 euros" pour les soignants, en fonction des zones de tension COVID-19. François Bayrou est furax parce que Macron a pistonné l'établissement de Bagnères-de-Bigorre où il a des attaches familiales, pourtant peu affecté par la pandémie, aux détriments de celui de Pau dont Bayrou est maire... Le piston sait être mesquin, même avec les amis politiques.

Cinquième exemple de tartufferie, la revalorisation des salaires des personnels soignants. Partout, les ces derniers sortent à nouveau dans les rues pour protester contre leurs conditions de travail et pour réclamer une hausse des salaires. En France, les infirmières gagnent 500 euros par mois de moins en moyenne que leurs homologues européen(ne)s. On pouvait tout imaginer, mais pas à ce que le ministre de la Santé propose aux soignants épuisés par le COVID de "travailler plus pour gagner plus". Même la bêtise macroniste est ignoble. "Rapporté au salaire moyen de chaque pays, les infirmières françaises sont moins bien payées que leurs collègues grecques, espagnoles ou mexicaines" rappelle France Info (que des journalistes gauchistes ...).

Sixième exemple, le piston hors normes de quelques grandes multinationales françaises - certaines versent des dividendes "et en même temps" l'argent public du chômage partiel; d'autres, tel Renault, licencient en masse malgré l'octroi de milliards d'euros de prêt garantis par l'Etat sans contreparties: ce benêt de Bruno Le Maire n'avait pas pensé à exiger quelques garanties essentielles comme le maintien de l'emploi avant de prêter autant d'argent sous garantie publique... L'amateurisme à tous les étages... ou la complicité. Pris la main dans le sac, avec la révélation du Canard Enchaîné ce 20 mai sur la fermeture de 4 sites de Renault, Bruno Le Maire est allé se montré tout rouge de colère (ou de honte ?) sur les écrans de télévision...

"Est-il humainement possible, en ayant un soupçon d’amour propre, de continuer à assumer tant d’inconséquences si on a un minimum de respect pour sa fonction et l’histoire de ce pays ?" Denis Robert, Le Media.


Le Canard Enchaîné, 20 mai 2020



Quand on l'interroge, Macron a désormais trois lignes de défense: (1) "personne n'était prêt" (autre variante: On était nul, mais on n'était pas les seuls) (2) "les choses ont été dites." Et (3) en même temps, "le temps n'est pas encore au bilan, sous sommes dans la gestion."

Non seulement il n'a rien avoué de ses failles, tout juste a-t-il évoqué des erreurs, sans préciser lesquelles. Personne n'était prêt... on devrait le prendre au mot: le désarmement sanitaire français est plus grave que ces pénuries matérielle contre une pandémie. "Entre 2018 et 2017, les signalements auprès de l’ANSM de médicacments en tension et en rupture de stocks ont été multipliés par douze."


Macron réécrit maintenant méthodiquement l'Histoire. 

Le 18 mai, la chaîne BFM consacre un long reportage à Emmanuel Macron "au cœur de l’Élysée"; un reportage toute en éloges - aucune critique, aucun doute, aucune image rappelant les fautes, les délits, les crimes, la faim en banlieue, les cadavres qu'on laisse leur lit dans les EHPAD, les gens qui suffoquent dans les hôpitaux surchargés, les soignants tués faute de protection.

La journaliste aurait pu rappeler le cas d'Eric Loupiac, urgentiste victime du COVID-19 en exerçant son métier. La journaliste préfère louer ce président "qui comme souvent tombe la veste", elle rappelle ses trois allocutions solennelles, ses interventions pendant ses déplacements (parking de l’hôpital de Mulhouse, l'école de Poissy), ou ces images en direct depuis l’Élysée, comme cette séquence avec des restaurateurs en quasi-faillite à qui l’État prête pour financer les pertes, ou bien des représentants du secteur culturel.

Des regrets dans la gestion du premier tour des municipales ? La journaliste ne rappelle pas les morts et les malades victimes du premier tour des élections. Macron esquive: "nous sommes aujourd'hui dans la gestion de cette crise avec le premier ministre et l'ensemble des membres du gouvernement."

Circulez, y-a rien à voir.

C'est en fait Macron lui même qui se saborde quand la journaliste évoque la pénurie de masques (un fiasco, expliquait BFM comme bien d'autres médias de tous horizons). Il lâche une première formule, bête, contredite par ses proches depuis des mois: "au début du mois mars et encore plus en février ou en janvier, personne ne parlait des masques" - C'est faux, rappelle l'AFP.

Puis voici une autre réponse, pire encore: en France, "Il y a eu une doctrine restrictive (...). Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée et nous n’avons jamais été en rupture. Ce qui est vrai, c'est qu’il y a eu des manques."

On se pince, on croit à une phrase sortie de son contexte.

Mais non, Macron a bien dit cela: "La France n'a jamais été en rupture de masques" ... 

Justement, la CGT du CHU de Lille a déposé un référé devant le Conseil d’État pour réclamer davantage de modèles FFP2: "le manque de masques FFP2 a créé un danger pour la santé des soignants, mais aussi des patients, que les soignants sont susceptibles de contaminer, indique l'une de ses délégué(e)s. Tant qu’il y avait pénurie, on pouvait le comprendre. Mais maintenant qu’on sait que les entreprises disposent de stocks importants, il faut les donner en priorité aux soignants. Cette situation est folle!"

Les effets de cette double bourde sont désastreux pour le jeune monarque. Il venait pourtant de "marquer un coup", il avait convaincu Angela Merkel d'appuyer une proposition d'emprunt européen de 500 milliards d'euros. L'affaire n'est pas gagnée, car nombre d'Etats ne veulent pas "emprunter pour les autres". La solidarité de cette union européenne basée sur le fric est un mythe. La crise du COVID-19 l'a bien montré.

Certains élus macronistes n'y croient plus. Une petite quinzaine d'entre eux a quitté le groupe des députés LREM à l'Assemblée nationale, privant LREM de majorité absolue. Ces nouveaux gauchistes rassemblent des gens qui ont pourtant voté la loi anticasseurs, la loi asile et immigration avec le soutient de l'extrême droite, le report des exigences environnementales à la Saint-Glin-Glin (2050), la réforme de la formation professionnelle et de l’assurance-chômage, deux catastrophes pour les plus précaires et fragiles, la baisse de l'imposition des plus riches, le gel des prestations sociales.

Ces gens-là ont peut être des remords.

Pauvres bougres.

Pour les autres, il est plus que temps de déconfiner les colères, d'exprimer sa rage. De ne pas laisser la "Start Up Nation" reprendre ses droits à exploiter et économiser sur les services publics au nom du profit privé. La version macroniste du déconfinement ne débouche que sur des rapports des forces. Macron ne comprend rien d'autres. Il faut que des infirmières le chahuttent gentiment mais fermement lors d'une visite d'hôpital pour qu'il cède à discuter de la revalorisation de leurs salaires. Mais pour le reste, silence radio. Il faudra des manifestations, des protestations, des grèves. Il faudra déconfiner les colères pour obtenir la prolongation des droits de tous les travailleurs des secteurs économiques durablement impactés par la crise (événementiel, tourisme, spectacle, culture), ou un plan d’urgence aux plus démunis sur leurs dépenses d’eau et électricité et les produits de première nécessité.

La justice a reçu quelques 70 plaintes - "mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire, "non-assistance en personne en danger" ou le fait de "s’être abstenu de prendre à temps des mesures pour lutter contre l’épidémie". Cette semaine, un gendarme a porté plainte contre le premier ministre pour manque d'équipement de protection. Qui portera plainte au nom des SDF à qui l'on refuse tests et soins ?

Les procès doivent-ils se limiter à la bande d'amateurs du nouveau monde macroniste? Sans doute pas. On avait oublié Roselyne Bachelot, la nouvelle star des plateaux télévisés. Ministre de la Santé sous Sarkozy, elle avait commandé un milliard de masques conter le risque pandémique, grand bien à elle ! Mais elle avait aussi rallongé de 5 ans la durée de travail des infirmières. Honte à elle... "Roselyne Bachelot a négocié ce qui n’aurait jamais dû être négociable : la pénibilité du travail des infirmières" résume Clément Viktorovitch. A quoi s'ajoutent deux années de report de retraite de la réforme Sarkozy/Fillon (62 ans), alors que la durée de vie d'une #nfirmière est de 78 ans contre 86 pour les femmes en France.

"Personne n'était prêt" disait Macron cette semaine.

Gouverner, c'est prévoir.


 

17 mai 2020

Macron, la Présidence des nuls.

 

 

 

Pour cette première semaine de déconfinement, la Macronie enfonce la France dans un régime liberticide. A trois reprises, dont deux réussies, le clan abime la République encore un peu plus. 

Le jeune monarque croit bon pouvoir visiter un hôpital. Il se fait cueillir par la rage froide des soignants qui raillent sa promesse de médaille et le désarmement sanitaire qu'il a aggravé.

Son Nouveau Monde est obsolète, mais il s'accroche.





Vous avez de la fièvre, 39 degrés peut-être, vous toussez un peu trop. Et du coup vous le dites à votre voisin, qui en parle au comité de vigilance COVISAN. Et le comité a alerté le commissariat, lequel a informé la préfecture. Le préfet vous a ensuite ordonné de rester à la maison. Mais comme vous avez moqué les deux policiers venus vous livrer le courrier officiel, vous êtes en cellule - en garde à vue le temps qu'on trouve où vous séquestrer plus longuement. Puis le jugement est venu rapidement. Vous êtes en prison, pour "délit non-intentionnel"...
"Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait." Loi du 11 mai 2020
Cette séquence est imaginaire, notre régime juridique s'en rapproche.

Pour la première semaine de "déconfinement", la Macronie a tenter trois sales coups pour les libertés publiques.
  • Primo, la ministre de la "Justice" a voulu faire voter l'extension automatique et de la détention provisoire - tollé jusque dans les rangs macronistes. Elle s'est fait retoquer, humiliée.
  • Secundo, la loi Avia, du nom de cette députée macroniste accusée de racisme, d'homophobie et de harcèlement professionnel par cinq proches collaborateurs. Cette loi d'interdiction des "propos haineux" sur internet est la porte ouverte à tous les abus, toutes les censures. 
  • Tertio, la prolongation de l'état d'urgence sanitaire qui garantit à l’État central beaucoup de moyens de privations de libertés.
La santé est un argument imparable. Qui peut s'opposer ? Qui ose résister ? L'argument est insurmontable, totalitaire. La protection sanitaire justifie toutes les privations de liberté. On ne débat plus, on doit se taire.  A la différence de l'Allemagne voisine, si souvent décriée, la France a décidé l'une des privations de liberté les plus totales en lieu et place de s'équiper correctement pour face à l'épidémie.
  • La loi du 11 mai 2020 prolonge l'état d'urgence sanitaire jusqu'à l'été, le 10 juillet 2020 inclus.
  • Elle précise le régime instauré par la loi du 10 juillet 2000, dite loi Fauchon, sur les délits non intentionnels
  • Il n'y a pas d'application de traçage, mais le gouvernement y travaille toujours et, surtout, la loi permet le déploiement d’outils informatiques. 
  • Les patients seront fichés par leur médecin.
  • Les mises en quarantaine ou à l’isolement ne peuvent concerner que les "personnes qui, ayant séjourné au cours du mois précédent dans une zone de circulation de l’infection, entrent sur le territoire national, arrivent en Corse ou dans l'un des territoires d'outre-mer"
  • Mais c'est le gouvernement qui décide, sans contradiction parlementaire ni politique, les zones dites "de circulation de l'infection", et les zones de quarantaine. 
  • La mise en quarantaine d'un(e) citoyen(ne) est décidée par ... un préfet sur "proposition du directeur général de l'agence régionale de santé". L'isolement décidé par le préfet peut être total. 
  • Il faudra se trouver un avocat pour déposer un recours contre cet emprisonnement. Le recours ne suspend pas la décision.
  • Le préfet peut également réglementer par décret les déplacements, l’accès et l’usage des transports et l’ouverture des établissements recevant du public (et non plus seulement limiter ou interdire). 
  • Sur demande du préfet, les entreprises de transports lui communiquent les données relatives aux passagers entrants.
  • Avec le prétexte sanitaire, les préfets interdisent aussi les manifestations sans autre motif. Dans des communes, les maires déclarent des couvre-feux.
La prolongation de l'état d'urgence sanitaire fonctionne sur la peur pour deux raisons: l’État n'a plus les moyens de gérer une pandémie qui réclame davantage de moyens que Macron ne veut en consacrer. Secundo, le clan Macron peut ainsi facilement réduire la visibilité des oppositions politiques et surtout sociales.

Pour cette première semaine, le pouvoir macroniste se sert de l'urgence sanitaire pour interdire sans débat les manifestations de Gilets Jaunes qui reprennent. Le même gouvernement précipite des milliers de Français dans les transports en commun pour de simples raisons économiques: il faut que les gens travaillent, qu'importent leur santé, qu'importe s'ils se tassent dans les métros...
"La liberté est un piège"
Olivier Véran, 12 mai 2020.
Il faut aussi que le tourisme se relève, donc Edouard Philippe promet que "les Français pourront partir en vacances en France en juillet et en août."  Là encore, c'est l'urgence économique, pas sanitaire, qui précipite la décision.





Il y a deux poids, deux mesures. Au nom de la lutte contre le virus, on tait le débat social politique et parlementaire, on interdit les contestations et manifestations. Au nom de l'économie libérale, on refuse les augmentations de salaires, on rouvre les écoles et les commerces. Dans les hôpitaux, on attend la seconde vague.

Les mêmes arguments scientifiques qui justifient l'état d'urgence, la privation de liberté de bouger, de se déplacer, de manifester, sont oubliés, négligés, relégués quand une autre urgence, économique celle-là, prend le dessus. 

Les bonnes nouvelles du déconfinement se font de plus en plus rares: certes, la fin de la trêve hivernale pour les expulsions locatives est reportée elle-aussi au 10 juillet 2020. Mais pour le reste, la sécurité sanitaire s'arrête aux exigences du MEDEF. Il faut re-travailler, et vite. L'agence Fitch dégrade la note de la France, les comptes public sont "plombés" - le logiciel libéral, qui a tant contribué à cette catastrophe sanitaire, reprend ses droits.

La Présidence des Riches n'a pas changé. 

La prise en charge de 12 millions de chômeurs techniques cessera dans quelques semaines si les parents chômeurs ne sont pas en mesure de justifier la fermeture de l'école de leurs enfants.

La crise sanitaire a tué et abimé davantage parmi les ménages modestes - mais le gouvernement cache cette réalité.  Le 9 mai, le gouvernement dézingue ainsi un amendement qui aurait pu plafonner les frais bancaires des ménages fragiles - politique de classe... Il ignore évidemment les propositions de l'opposition, notamment de la France insoumise.

Quand on lui demande pourquoi l'ISF ne serait pas rétabli, Bruno Le Maire réplique que ce serait "pure démagogie". "Je souhaite que mon imposition soit accrue pendant une certaine période" lui rétorque Marie-Pierre de la Gontrie, avocate et sénatrice socialiste, "Nous avons été protégés par des gens qui ne gagnent rien et qui vont sombrer ou sombre déjà dans la pauvreté."
  • La suppression de l'ISF et le plafonnement de l'imposition de revenus financiers ("flat tax") coûtent 4 milliards d'euros par an au budget de l'Etat.
  • Les restrictions budgétaires décidées par Macron pour faire "tenir" les coûts de l'hôpital public sous la barre de leur augmentation naturelle à cause des maladies, de l'augmentation et du vieillissement de la population s'élèvent à 1 milliard chaque année.
Cherchez l'erreur...

Des députés macronistes proposent une loi pour que les Français donnent leurs congés aux soignants, n'est-ce pas démagogique ? Les soignants réclament un salaire décent et du matériel pour travailler correctement.

Le 14 mai, dans l'un des quartiers encore populaires de la capitale, le personnel soignant de l'hôpital Robert Debré sort pour protester, en tapant sur des casseroles - "hospitaliers, usagers, tous ensemble" - les banderoles sont simples, la colère est froide, Macron est sourd.

Le 15 mai, le jeune monarque visite l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, pour marquer son soutien aux soignants après le pic de la pandémie. Il arrive tout confiant, il a ses petits poings serrés et loue "la bonne énergie" du pays. La séquence de communication est ruinée en deux vidéo. La première le montre masqué comme il se doit face à des infirmières. Ses réponses sont creuses, politiciennes, parfois même méprisantes ("je dois filer"). Il ment ("Moi, je n'ai jamais fait de promesses"). Et il ne veut pas lâcher cette concession simple - une revalorisation des salaires des soignants.

- Monsieur Macron, il faut le COVID pour que vous réagissiez...
- Naaan, c'est pas vrai !
- Ah si monsieur Macron, ça fait 6 ans que je suis infirmière, on est en souffrance, on n'a pas de matériel.
- Je finis juste, parce que vraiment, je dois filer
- Nous aussi on doit filer, car on a des patients à s'occuper.


Macron a la trouille. il n'aurait pas du se déconfiner si vite. Le 16 mai, des dizaines de cars de policiers sont dépêchés en bas des Champs-Élysées à quelques pas du Palais de l'Elysée pour le premier samedi depuis le déconfinement.

Dimanche, la Macronie cède, le ministre Véran donne une interview en urgence au JDD: le coup de la médaille a échoué, le don de RTT aussi. Il faut céder quelque chose sinon les manifs vont reprendre. Véran promet donc un "Ségur de la Santé", un nouveau machin, un gadget, une formule pour cacher qu'on ne veut pas agir. Véran habille une conférence sur les conditions de l'hôpital: "Il faut travailler à une augmentation" des salaires, explique-t-il. Notez l'extrême prudence. Cette Présidence des Nuls est trop soucieuse de protéger coûte que coûte les conditions des foyers les plus aisés de ce pays. Faut-il une conférence pour décider d'augmenter les salaires? Non. On débloque un budget. Puis on négocie les modalités.








Un sans-faute dans l'erreur

La France est un État centralisé qui révèle jour après jour la puissance de sa centralisation des pouvoirs - et aussi l'incompétence de ceux qui nous dirigent. La polémique sur les diféfrents fiascos santitraires depuis décembre grossit, encore mais le clan Macron peut compter sur de fidèles soutiens, des "canaux de la propagande" bien installés.

Christophe Barbier  sévit sur BFM. Cette semaine, il décrit avec zèle le nouveau colifichet macroniste, cette "Médaille de l'engagement" créé après l'épidémie de choléra en 1884 et que le gouvernement "réactive" en fanfare pour honorer les soignants. Le personnel soignant demande des moyens et une revalorisation. Il les demandait avant la crise du COVID-19, et fut reçu par le silence de la ministre Buzyn et les matraques et les gaz lacrymogènes de son collègue Castaner. Il les demandait pendant la crise du COVID. Plus d'un millier sont morts faute de blouses et de masques en quantité suffisante. Il les demande après le premier pic de l'épidémie. Rien n'a changé, Macron est toujours là, volontairement incapable de se résoudre à répondre à ces doléances.

Patrick Cohen se colle régulièrement à l'exercice de commenter, et souvent défendre l'équipe au pourvoir, sur France 5. Quand il n'a pas l'argument pour démentir les critiques du pouvoir, il sait semer le doute. La fabrique du doute est la meilleure arme des lobbies. Mais sur le fiasco des masques, l'éditorialiste reconnaît les faits: un stock de 750 millions de masques en 2017 quand Macron prend les commandes, mais à renouveler et sans FFP2. Patrick Cohen nous explique qu'ils étaient périmés pour l'essentiel, et qu'Agnès Buzyn les a fait méthodiquement détruire ... sans les vérifier ni les remplacer. Grâce aux révélations de la presse, le ministère de la santé a reconnu que 85 millions d'exemplaires ont échappé de justesse à la destruction.

Le gouvernement Macron n'est pas le seul à avoir échoué à proposer des masques à temps à ses soignants et sa population - des pénuries ont été constatées dans d''autres pays. Mais l'équipe macroniste se distingue par son sans faute dans l'erreur, voilà l'exception française ! Une bande d'incapables a raté la gestion de la pandémie:
  • incapable sur les masques: une pénurie sidérante de masques chirurgicaux et FFP2, le recours à un cabinet privé pour comprendre trop tard, la destruction sans vérifier le recyclage éventuel - l'attitude du gouvernement Macron a été castatrophique. On découvre peu à peu le nombre de morts chez les personnels soignants mais aussi éboueurs, fonctionnaires de Pole Emploi ou des transports publics.
  • défaillante sur les respirateurs - où 8 500 modèles produits en urgence sont finalement inaptes.
  • pingre sur les lits et les blouses: Macron s'est félicité d'avoir rouvert des lits en catastrophe. Mais la crise passée, les plans de fermetures reprennent - ubuesque.
  • nulle sur les tests: la cellule investigation de  Radio France rajoute une pièce au dossier: un million de tests sont bloqués: "les livraisons d’écouvillons (ces longs cotons-tiges utilisés lors des prélèvements pour le dépistage du Covid-19) destinés aux robots chinois achetés par la France ont été temporairement suspendues." Pourquoi ? Parce que "les autorités françaises viennent de réaliser qu'une partie des stocks d’écouvillons destinés à ces machines chinoises ne sont pas les bons." Quand ça veut pas...
  • désarmée sur le vaccin - il sera peut être produit par le géant français Sanofi, mais ce dernier a prévenu qu'il le donnerait en priorité aux États-Unis en réponse à ses investissements. Alors Macron s'est "ému" de cette annonce - l'émotion présidentielle était sans doute bien réelle. La situation est cocasse quand on se rappelle que le PDG de Sanofi est l'un des mentors politiques de Macron... "On semble découvrir que Sanofi réserve ses produits au plus offrant" rappelle Pauline Londeix, de l’Observatoire pour la transparence dans les politiques du médicament. 'Mais la déclaration de Paul Hudson est bien une forme de chantage qui consiste à faire passer le message à l’Europe : “Si vous voulez des médicaments, il faut nous verser plus de financements publics.”' Le 22 mars, l’Inserm avait annoncé le lancement de "Discovery", un essai clinique européen pour tester des antiviraux - deux mois plus tard, le programme piétonne à cause des difficultés réglementaires.
  • imprudente sur le déconfinement, la France est rejoint par le Royaume Uni dans sa décision de réouvrir les écoles des plus jeunes enfants immédiatement. Plus d'une centaine d'enfants ont été diagnostiqués infectés par la maladie de Kawasaki en France à cause du Covid - "un état inflammatoire multisystémique nécessitant des soins intensifs." Un premier mort a été relevé le 15 mai.





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Une démocratie, sixième puissance du monde, s'assurerait qu'elle ne perd pas son âme, sa raison d'être, cet ensemble de droits et devoirs qui la distingue de l'arbitraire des autocraties et de la violence des dictatures. Elle commanderait des tests en grand nombre pour isoler les malades et en même temps protéger les libertés publiques.

La Macronie n'est pas un projet démocratique, mais un fanclub d'amateurs incompétents, un projet pour riches incarnée par une Présidence des Nuls.

Pour sauvez des vies, virez Macron.

 

3 mai 2020

Sauvez des vies ? Virez Macron.

 

 

Il est bronzé, très bronzé. Il bronze à vue d'oeil depuis le début du confinement. Emmanuel Macron parle depuis le Palais de l'Elysée pour ce 1er mai où il a interdit les déplacements. 

 

La France compte 25 ou 30 000 morts, peut être le double. Mais Macron célèbre "le Travail qui nous unit" et ces "1er mai joyeux, chamailleurs parfois."

 

Qui a oublié le chamailleur Benalla ? 

 

Effrayée par sa propre incompétence et l'aggravation des inégalités, cette Présidence des riches choisit d'enfermer les gens dans un état d'urgence liberticide trois mois de plus.

 


Source: Ricochet



Qui se souvient des brutalités policières, chaque 1er mai depuis Macron est président, des centaines de mutilés lors des manifestations de Gilets jaunes, des dizaines de milliers d'arrestations, des infirmières et pompiers frappés par la police parce qu'ils demandaient plus de moyens ne peut être qu’écœuré par cette déclaration du monarque qui bronze dans son parc élyséen:
"Ce 1er mai ne ressemble à aucun autre, non.
Privés des rituels de cette journée, nous en éprouvons aujourd’hui toute la valeur, tout le sens.
Avec cette volonté forte : retrouver dès que possible les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre Nation.

Mes chers compatriotes, nous les retrouverons, ces 1er mai heureux !
Ensemble, unis, nous surmonterons cette épreuve."
Macron, 1er mai 2020
Le "rituel" du 1er mai sous Macron, c'est une image de gaz lacrymo et de coups de matraques sur des manifestants, des cris, des pleurs; des Black Blocks instrumentalisés qu'on laisse agir au cœur des manifs de familles pour mieux décrédibiliser et frapper. "L'esprit du 1er mai" sous Macron, c'est d'abord de la révolte contre cette Présidence des riches. Le 1er sous Macron, une personne l'incarne parfaitement, ce barbouze du Président dénommé Alexandre Benalla filmé en train de tabasser illégalement un manifestant.

Le 1er mai 2020, la France est confiné. Et Macron laisse la police verbaliser les rares manifestants qui osent sortir exprimer leur mécontentement, comme ces soignants des hôpitaux Jean-Louis Debré et Saint-Antoine à Paris qui protestent contre les politiques d’austérité contre l’hôpital public.

La carte des colères s'agrandit chaque jour. Mais Macron veut faire croire à l'union nationale. Comme Le Maréchal Pétain, dont il emprunte une fois de plus, une fois de trop, l'interprétation historique du 1er mai, il se prend à célébrer la Concorde nationale contre cet ennemi commun et invisible.

Macron tolère une manifestation des héritiers du pétainisme, celle du Rassemblement national avec Marine Le Pen masquée qui rend hommage à Jeanne d'Arc. La police n'est pas loin, s'agissait-il de policiers sympathisants ? Macron tolère et encourage la plus utile des idiotes à son quinquennat. Le Pen est l'épouvantail nécessaire, un éventuel tremplin vers une réélection.

Mais la crise du COVID-19 a révélé une autre facette d'Emmanuel Macron. Jusqu'à présent, on le croyait brillant, on louait son intelligence, sa perspicacité, son sens de l'histoire et de l'action. Comme Sarkozy 10 ans auparavant, il était notre nouveau Kennedy. Il avait terrassé l'ancien monde, il s'était propulsé à l’Élysée contre les "partis de gouvernement". On sait depuis ce qu'il en était - un Président pour ultra-riches, au pouvoir pour conforter et solidifier une caste.

Depuis le début de la pandémie, le récit a évolué

Le COVID-19 a révélé que Macron partageait une autre dimension avec Marine Le Pen: l'incompétence.






Les trois opus de la 7ème compagnie, trilogie culte de la comédie populaire française des années 70, cartonnent sur TF1, plus de 6 millions de téléspectateurs à chaque fois. Une autre compagnie d'incapables dirige la France dans cette "guerre" contre le virus.

La gestion de la crise est le récit d'un fiasco, nourri semaine après semaine de nouvelles révélations qui laissent à penser que le cauchemar n'est jamais complet.
  • La France manque de lits de réanimation: le Canard Enchaîné rappelle que l'Agence Régionale de Santé d'Ile de France, dirigée par un ancien vallsiste, nommé par Macron, avait recommandé aux hôpitaux de la région de prendre "particulièrement en compte" l'âge des patients COVID: il est "licite", écrivait l'ARS le 19 mars, 4 jours seulement après la mise en confinement du pays, de "ne pas admettre un patient en réanimation, dès lors qu'il s'agit d'une obstination déraisonnable, quand bien même une place serait disponible."
  • La France manque de masques pour les soignants mais la grande distribution va en vendre des millions de masques dès le 4 mai. Des régions et des communes ont acheté des masques et vont les distribuer pour palier à l'inefficacité de l’État, incapable de protéger correctement ses soignants. Pire, l'une des plus odieuses responsables de la Macronie, la secrétaire d'Etat à l'Économie Agnès Pannier-Runacher, refuse de plafonner le prix des masques lavables: "Un masque peut avoir différentes caractéristiques, qu'il s'agisse du nombre d'utilisations, de marques éventuellement. Pour ces raisons, l'approche qui consiste à dire il y a un prix maximum risquerait de freiner l'innovation"; quatre jours plus tard, elle concède un encadrement du prix des masques jetables - 95 centimes... pour un prix de revient de 7 à 15 centimes environ... Merci patron, merci Macron.
  • La France manque de tests: au 15 avril, elle teste moins que la quasi-totalité des membres de l'OCDE, 3 fois moins que la moyenne européenne, deux fois que les États-Unis si souvent caricaturés. Pourtant, le gouvernement a ignoré les offres de service des laboratoires vétérinaires, puis des laboratoires privés. Sans tests, on détecte mal ou trop peu. Comble du ridicule, la cellule "Tests", installée seulement le 1er avril (ce n'est pas un poisson...), a confié à un "cabinet privé de stratégie mondiale, Bain & Co, pour assister le gouvernement "dans le développement de capacités de production nationale."
  • La France manquera de vaccins: en retard sur les masques, les tests, les lits, la France le sera sur le vaccin. Samedi 2 mai, Mediapart révèle que le gouvernement macroniste "n’a pour l'heure débloqué aucun budget spécifique pour soutenir la recherche d’un vaccin contre le Covid-19". Et pourtant - Philippe le rappelle lui-même: "Nous allons devoir vivre avec le virus."
Le problème de cette équipe gouvernementale n'est pas seulement son inaction et son incompétence. La situation est aggravée, jour après jour, par la décrédibilisation de l'équipe au pouvoir. Quoiqu'il dise, Macron n'est plus entendu.

Il n'est pas respecté.



Source: Actuchomage




Le jour d'après est pour plus tard, bien plus tard. Le jour d'avant de ce jour d'après est douloureux. La France perd jour après jour les signes de sa démocratie. La Macronie ne sombre pas dans un scénario à la Orban pour une simple raison: la trouille.

Mardi 28 avril, le premier ministre Edouard Philippe présente son plan complexe, puisque la réalité est complexe. Contrairement à l'Allemagne, la France reste en état d'urgence sanitaire, prolongé jusqu'au 23 juillet.

Le virus tue plus dans les départements pauvres -  la carte des zones rouges est édifiante à cet égard. Le confinement aggrave les inégalités. La France d'en haut a peur de la France d'en bas. Cette Présidence des riches n'a d'autres choix que d'enfermer les gens 3 mois de plus.

Tétanisée par son incompétence face à l'ampleur de la maladie, la Macronie étend la suspension de la démocratie: les élections sont suspendues, les autorités pourront imposer des restrictions à l’accès aux commerces, "imposer le port de masques dans les transports, limiter les zones de déplacement ou placer en isolement une personne contaminée arrivant en France. " Le gouvernement renonce à l'application de traçage COVID, mais il créé un fichier de suivi des personnes contaminées et de leurs contacts. Il prolonge l'obligation de quarantaine pour les visiteurs en France: "les mesures individuelles de placement sont prises par le représentant de l'Etat, sur proposition du directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) et après constatation médicale de l'infection de la personne concernée".

La Macronie a même élargi les pouvoirs de verbalisation à presque tout ce que la France compte d'uniformes "les adjoints de sécurité, les gendarmes adjoints volontaires, les réservistes de la police et de la gendarmerie nationale ainsi que, et c'est important, les agents de sécurité assermentés dans les transports mais aussi les agents des services de l'autorité de la concurrence pour les commerces". Sans rire, le ministre de l'intérieur précise: "c'est une marque de confiance." Le même sinistre explique craindre que le «communautarisme puisse se développer» pendant un confinement longue durée.

Le Grand Confinement est d'abord la mise en place d'un régime de nature liberticide que Macron prolonge de trois mois supplémentaires: "plus de 15 millions de contrôles ont été réalisés par les forces de l’ordre, donnant lieu à plus de 900 000 verbalisations, au 25 avril" écrit Bastamag. "31 ordonnances adoptées sans vote, 1000 arrêtés préfectoraux" relève le site.

Dans cette prolongation a-démocratique de l'état d'urgence, le gouvernement a aussi besoin de contrôler ce qui se dit sans que cela se voit trop. L'une des initiatives les plus bêtes fut la mise en ligne d'un recensement gouvernemental des "vraies informations" sur la pandémie. Sont cités sur le site du premier ministre quelques articles de Libé, du Monde, de 20minutes, et de France info. Sans surprise, les enquêtes de Mediapart sur le fiasco de la gestion des masques et des tests, ou les enquêtes des Jours sur  l'instrumentalisation macroniste des avis scientifiques ne sont pas mentionnées.

La totalité des pays européens font face à la même difficulté de réouvrir les établissements scolaires malgré le risque sanitaire. L’Allemagne a reporté sa décision sur la réouverture des écoles. Au Danemark, "l’ouverture des écoles au Danemark provoque une hausse de la propagation du Covid-19". En Israel, près de 900 enfants sur 2000 nouveaux cas, ont été détectés infectés par le COVID-19 pendant la période du 19 au 29 avril.

Mais la France se distingue avec une autre stupidité irresponsable: le 28 avril, le gouvernement confirme que les enfants les plus jeunes rentreront en classes les premiers - crèches, maternelles, écoles primaires- même dans les zones qualifiées de "rouges", c'est-à-dire les plus contaminées et les plus en tension hospitalière, alors que dans ces mêmes zones rouges les collégiens et lycéens sont interdits d'école. Le ministre Blanquer rassure les parents - les parents auront le choix de placer leurs enfants à l'école ou pas. Les profs se demandent comment gérer cette double charge - enseignement en classe et à distance. Mais plus odieux encore, la ministre Pénicaud précise que le gouvernement coupera les droits au chômage partiel pour cause de garde d'enfant à compter du 1er juin si les parents ne peuvent preouver que leur école n'a pas rouvert.

Belle hypocrisie.





Macron avait un idéal européen - un idéal qu'il pouvait concilier avec une politique xénophobe. Justement, parlons d'Europe. Les dirigeants européens, c'est-à-dire le Conseil des chefs d'Etat et la Commission européenne, adoubée par Macron, se sont distingués par leur ignorance et l'absence de solidarité avec l'Italie. On pouvait ne pas être surpris, la Grèce avait subli le même abandon en 2015.

En février, l'Italie a été abandonnée, et moquée.

Cette Europe est aussi restée silencieuse quand la Hongrie a basculé en dictature. Elle est timide contre la Pologne qui va prochainement manipuler son élection présidentielle. 

Puis trois semaines après le confinement généralisé, les dirigeants européens fanfaronnent parce qu'ils ont adopté un "plan à 500 milliards"... fichtre... 500 milliards d'aide pour sauver les peuples et l'économie ? Que nenni ! Il ne s'agissait que de garanties publiques supplémentaires et de prêts bancaires. Qui considèrerait le prêt de son banquier pour l'achat d'un appart ou d'une machine à laver comme une aide désintéressée ? Personne. L'immense programme de prêts européens, par des banques privées, n'était qu'une forme d'asservissement supplémentaire.

Le monde d'après est un monde que les médias dominants décrivent déjà comme surendetté, comme un signal d'alerte: il faudra rembourser.

Début mai, un pas de plus dans le cynisme le plus complet est franchi quand ces mêmes dirigeants, bloqués dans leur égoïsme. Sans rire, croyant bien faire, ou bien faire croire, les voici qu'ils lancent un "Téléthon". Ceux-là même avaient défiscalisé les riches, fait silence sur l'évasion fiscale y compris au sein de l'Union européenne, et réclamé des économies sur les services publics et les retraites organisent un appel aux dons des citoyens: "le 4 mai, nous souhaitons lever, via une grande conférence en ligne d’appel aux dons, un montant initial de 7,5 milliards d'euros (8 milliards de dollars) pour combler le déficit estimé de financement mondial."

Un Téléthon...




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"On n’oubliera pas que pour reconstruire le Monde d’Après, il faut impérativement se débarrasser des hommes (et femmes) qui dirigent le monde actuel.
On n’oubliera pas cela, en mémoire de toutes celles et tous ceux qui sont tombés, parfois abandonnés à leur sort dans leurs chambres, seuls, sans soins et sans famille.
On n’oubliera pas cela, en mémoire de tous les sacrifices consentis par nos soignants, nos pompiers, nos ambulanciers, et tous ceux qui, héros ou anonymes, sont sur le front."
© Manifeste pour le Jour d'Après - Contribution d'APNÉE/Actuchomage