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16 octobre 2013

La réforme des retraites est adoptée. Pour l'instant.

L'Assemblée nationale a tristement voté cette réforme des retraites qui nous prolonge jusqu'à 43 ans la durée de cotisations à compter de 2035.

Pire, ceux qui ont voté contre l'ont fait, pour l'essentiel, parce que cette réforme "n'allait pas assez loin". Et cette réforme a suscité nombre de désaccord à gauche.

Pourtant, les débats parlementaires de ce premier examen se sont déroulés dans une indifférence quasi-générale.

Il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Les débats ne furent pas vides, loin de là. Il faudra les décrypter. Il y avait de l'idée, davantage que dans les réactions en 140 caractères de quelques twittos. Mais le texte comptait quelques mesures novatrices et attendues par les syndicats de salariés, en particulier une véritable prise en compte de la pénibilité, ou la validation des stages et des études. Les critiques les plus virulentes contre cette réforme - qui portaient sur (1) l'allongement anxiogène de la durée de cotisations, (2) l'allègement des cotisations familiales pour les entreprises, (3) le report d'indexation des pensions d'avril à octobre (hors minima) - ont été ainsi affaiblies.

En d'autres termes, cette indifférence signe aussi l'échec d'une forme de critique systématique qui ne parvient à doser sa virulence en fonction des sujets.

Le texte adopté comprend quelques amendements émanant de la gauche:

1. le compte personnel de pénibilité pourra être activé pour partir en retraite avant l'âge légal, ou pour financer une majoration de durée d'assurance vieillesse (article 6).
2. L'âge à partir duquel il n'est pas nécessaire d'utiliser les vingt premiers points du compte pénibilité pour financer une action de formation professionnelle a été abaissé de 57 à 52 ans (article 6).
3. Le Comité des retraites doit inclure dans son avis annuel sur le régime des retraites, une évaluation " de l’espérance de vie à soixante ans en bonne santé", du taux de chômage, en particulier des jeunes et des seniors, des besoins de financement (article 3). 4.

Le texte a finalement été adopté... de justesse: 260 voix pour, 249 contre.

Un élu écologiste a voté contre, et 16  se sont abstenus. 17 députés socialistes également. Tout comme 14 radicaux de gauche. Et 15 du Front de gauche ont voté contre. Au total, cela fait donc 59 députés à gauche non supporteurs de ce texte... 

Si tous avaient voté contre, le texte ne passait pas.


retraite



9 octobre 2013

Après Bettencourt, pourquoi les affaires Sarkozy ne sont pas terminées.


Les juges bordelais qui instruisaient l'affaire Bettencourt se sont résolu à blanchir d'un non-lieu Nicolas Sarkozy. Aussitôt, évidemment, quelques commentateurs en ont conclu que son avenir politique était à nouveau dégagé. Et les autres mis en examen sont écoeurés.

Le feuilleton continue.

1. La charge initiale était lourde, "abus de faiblesse", rien que cela. Et contre une vieille dame, riche mais très âgée et dont quelques expertises ont ensuite retenues qu'elle était aussi "affaiblie". "Le chef d'accusation était tellement grotesque" a déclaré Nadine Morano. 
"En décidant d'un non-lieu, la justice vient de me déclarer innocent dans le dossier Bettencourt. Deux ans et demi d'enquête. Trois juges. Des dizaines de policiers. 22 heures d'interrogatoires et de confrontations. Quatre perquisitions. Des centaines d'articles mettant en cause ma probité durant la campagne présidentielle. C'était donc le prix à payer pour que la vérité soit enfin établie." Nicolas Sarkozy, sur Facebook, le 8 octobre 2013.
2. La véritable affaire n'était pas celle-là: il s'agissait de savoir si la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 avait été illégalement financée par les Bettencourt. Sur ce sujet-là, l'instruction continue. Il y a toujours ces interrogations sur un "retrait en espèces de 50 000 euros le 26 mars 2007 par la comptable des Bettencourt", des retraits d'un montant total de 140 000 euros "remis à André Bettencourt" les 4, 7 et 26 janvier 2007; et "de deux montants de 400.000 euros, tous deux par rapatriements d'argent liquide des Bettencourt depuis la Suisse le 5 février et le 26 avril 2007 par l'homme de confiance des Bettencourt, Patrice de Maistre."

3. Nicolas Sarkozy a d'autres affaires avec la Justice. Elles ont toutes un dénominateur commun, l'argent: accusations en Libye par d'anciens proches du colonel Kadhafi, accusations en France par un ancien intermédiaire - Ziad Takkiedine. Dans un ouvrage récent, deux journalistes soupçonnent Nicolas Sarkozy de détenir un compte en Suisse. Précisons que ces deux-là n'apportent pas de preuves tangibles.

4. D'autres mis en examen n'ont pas eu la même chance: Eric Woerth, l'ancien trésorier de l'UMP, il a été renvoyé par en correctionnelle. Mardi, il s'est dit "très amer, écoeuré par cette situation" mais "très serein". Sa réaction vaut le détour: "Je remarque que le parquet avait demandé deux non-lieu, solides, étayés, celui de Nicolas Sarkozy - il l'a eu et c'est bien - et le mien, et ça n'a pas été le cas."

5. Politiquement, les "amis" de Sarkozy applaudissent:
"Je n'oublie pas que pendant des mois et des mois, Mme Buffet, Mme Royal et l'entourage de François Hollande ont dénigré et vilipendé Nicolas Sarkozy. Je les trouve bien silencieux aujourd'hui..." Brice Hortefeux, 8 octobre 2013
Mais d'autres cachent mal leur gêne. Valérie Pécresse, soutien de François Fillon, a été appelée à réagir à un éventuel retour politique de son ancien mentor. Elle a le sourire jaune: "aujourd'hui, nous avons un temps de latence, nous ne sommes pas devant le choix de notre leader". Le retour de Sarkozy est de toutes façons inutiles. Une forme de Sarkofrance lui a survécu.

6. Politiquement toujours, la palme de la bêtise revient à l'ineffable Henri Guaino. Ce député parachuté des Yvelines avait lancé une violente charge contre le juge Gentil quand fut connue la mise en examen pour abus de faiblesse de Sarkozy. Il fallait, d'après lui, que le juge "s'explique devant les Français". Une belle mise en cause de la séparation des pouvoirs... Cette fois-ci, il récidive: "Je ne retire rien à ce que j’ai dit. J’ai dit que le juge Gentil avait déshonoré la justice et je l’assume toujours."

7. Ce non-lieu intervient trop tôt. Avant le scrutin de 2007, Nicolas Sarkozy s'était posé en victime d'un cabinet noir logé à l'Elysée, mené par Dominique de Villepin, dans l'affaire Clearstream. Le feuilleton fut plus "grotesque", mais plus long, jusqu'à traîner pendant la campagne et offrir au candidat un argument politique récurrent. Cette fois-ci, Sarkozy a été blanchi très vite d'une accusation improbable qui de surcroît ne clôt pas l'affaire générale.

A suivre...






Crédit illustration: DoZone Parody

2 octobre 2013

Sécurité sociale: la gauche fait la différence

La gauche de gouvernement de réduit pas le déficit de l'assurance maladie comme la droite de gouvernement.

C'est l'un des constats qui s'est imposé à  ournaliste du Monde s'est exercé à comparer les mesures prises par le gouvernement Sarkozy entre 2009 et 2012 et celles de l'équipe Hollande pour 2013-2014.

Et ces différences sont réelles.

1. Le budget de l'Assurance maladie sera toujours déficitaire l'an prochain. Environ 13 milliards d'euros à trouver, c'est "moins pire" qu'entre 2009 et 2013 où les déficits étaient compris entre 16 et 23 milliards. Pour l'exercice 2013, le déficit sera "moins pire que prévu", d'un milliard. Finalement, le déficit de notre assurance sociale serait de 16 milliards cette année: 7,7 milliards d'euros à cause de la branche maladie, 3,3 milliards sur les retraites, 2,8 milliards sur la famille, et 2,7 milliards sur le Fonds de solidarité vieillesse. L'info était une "exclusivité" du Figaro ce 25 septembre.

2. Le gouvernement Sarkozy/Fillon a fait porter 12% des économies cumulées directement sur les patients (soit 944 millions). Mais il faudrait ajouter ces 928 millions prélevés sur les hôpitaux (11%). Car qui croyez-vous qui règle, in fine, ces économies exigées sur les établissements ? Le reste des économies "sarkozystes" ont porté sur les laboratoires (32%, soit 2,5 milliards), les prescriptions (27%, soit 2,2 milliards), et "divers" postes (pour 10%).
"Derrière les intitulés barbares de ces sources d'économies se cachent en réalité cinq grands postes potentiels sur lesquels l'Etat peut concentrer ses efforts. Dans chaque budget de la Sécu, ce sont toujours les mêmes leviers qui sont sollicités, mais pas forcément aux mêmes doses :
  • les patients, par le déremboursement de certains médicaments ou la création de forfaits médicaux ou de franchises ;
  • les praticiens, en faisant diminuer leurs tarifs ;
  • les hôpitaux, grâce à des mesures d'économies comme la convergence des tarifs entre établissements publics et privés ;
  • les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux, en baissant le prix de certains médicaments ou matériels ;
  • les prescriptions, en améliorant leur efficience via des "actions de maîtrise médicalisée des dépenses"."
3. Hollande a tenu ses promesses. La remarque mérite d'être signalée !! "Les chiffres compilés par Le Monde pour les budgets 2013 et 2014, les premiers réalisés sous François Hollande, confirment que la gauche a tenu sa promesse, puisqu'aucune mesure d'économie n'a concerné directement les patients." Et les économies prélevées sur les hôpitaux n'ont représenté que 13% (650 millions d'euros, 13% du total des efforts votés). Même avec ce redressement, Hollande obtient un meilleur bilan "social" que l'ancienne équipe.

4. La généralisation annoncée du tiers payant a tétanisé quelques-uns de ces libéraux horrifiés que l'assurance maladie améliore un service public. Le Quotidien du médecin avait ainsi balancé son grand débat: "Généralisation du tiers payant : la fin de la médecine libérale ?" La Fédération des médecins de France a évoqué une "mesure politicienne démagogique"... Quelle tristesse...

5. Autre "drame" en ex-sarkofrance, voici que les frontaliers qui préféraient s'assurer, moins cher, dans le privé quand ils étaient jeunes, s'inquiètent de la suppression de cette tolérance historique. Il y aura bien une transition (jusqu’au 1er juin 2015), mais la fin de l’assurance maladie privée à compter du 1er juin 2014 est confirmée. Sans surprise, il était constaté que les jeunes préféraient s'exempter des cotisations à la Sécu française, mais que les plus vieux y avaient davantage recours... Pour la Sécu, le déficit à récupérer est de 150 millions d'euros par an.
"Ces frontaliers avaient jusqu'à présent le choix entre le système suisse (LAMal), l'assurance-maladie française par la CMU, la couverture maladie universelle, ou une assurance privée. La plupart d'entre eux (85 %) ont opté pour une assurance privée, souvent moins onéreuse, notamment pour les plus jeunes." (Source: Le Monde)
6. Notre journaliste attentif du Monde oublie un point majeur: le gouvernement Hollande/Ayrault n'a pas rétabli les anciens remboursements supprimés en Sarkofrance. Par exemple, les franchises médicales de janvier 2008 sont prévues toujours en oeuvre en janvier 2014.
La franchise médicale est une somme qui est déduite des remboursements effectués par votre caisse d'Assurance Maladie sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. (source: ameli.fr)
7. Il faut lire le programme de l'UMP. A gauche, cela ne trouble plus grand monde. Le parti (provisoirement) dirigé par Jean-François Copé s'est doté d'une cure austéritaire hors norme pour notre Sécurité sociale. Eric Woerth, l'ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy, et Gilles Carrez, l'ancien rapporteur du budget des années Sarkozy - bref, deux références de rigueur et efficacité - 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires - les deux larrons ont présenté ce 30 septembre leurs grandes idées pour redresser nos comptes publics en général, et notre Sécurité sociale en particulier.

Nulle surprise.

Il y a cette grande idée frontiste, la suppression de l'AME:  "le coût de l'aide médicale d'État est passé de 530 millions d'euros à plus de 700 millions en quelques années" explique Gilles Carrez. 

Il y a cette autre idée, créer des tickets modérateurs pour "stopper la gratuité" de certains soins. Gilles Carrez proposait une nouvelle franchise médicale pour les plus pauvres d'entre nous, un euro par consultation pour les bénéficiaires de la CMU complémentaire.


Lire aussi:


28 août 2013

La réforme des retraites... à gauche... ou à droite.

Il y a trois ans, le temps d'un siècle, un ancien président qui a encore quelques nombreux fidèles nous avait promis la réforme de toutes les réformes, la mère de toutes les batailles. De déplacements en tables rondes, de discours en tribunes, Nicolas Sarkozy avait, deux années durant, propagé cette curieuse idée selon laquelle il avait sauvé le régime de retraites d'une faillite inévitable et proche.

Dès la révélation du fameux plan, en juin 2010, nous avions la confirmation par les chiffres, les propres données du gouvernement, que cette réforme ne donnait qu'un répit aux prix de quelques injustices supplémentaires et de joyeux mensonges: primo, le bilan financier de la réforme laissait une quinzaine de milliards d'euros par an de déficit sur le budget de l'Etat; secundo, la réforme reposait sur des prévisions de retour au plein emploi et à la croissance déjà farfelues à l'époque; tertio, l'administration Sarkozy elle-même ne croyait pas vraiment à la vantardise présidentielle puisque la loi du 9 novembre 2010 prévoyait un nouveau rendez-vous dès ... 2013, après les élections.
La question de la pérennité de nos systèmes de retraite sera réglée à l'automne prochain” Nicolas Sarkozy, 15 février 2010.
Bref, ce grand cirque du printemps puis de l'été 2010 avait surtout servi à affaiblir une fois de plus l'équité du régime général: report de l'âge minimal, report de l'âge de retraite à taux plein, augmentation de la durée de cotisations,  et, suprême arnaque sémantique, assimilation de la pénibilité au handicap professionnel avéré... Juste après son élection, François Hollande a corrigé partiellement une injustice, en ré-autorisant la retraite à 60 ans pour les salariés aux cotisations complètes (*). Le parti socialiste avait depuis longtemps digéré l'idée qu'il faudrait cotiser plus longtemps. En 2013, quelques grincheux sincères faisaient mine d'ignorer qu'en 2010 déjà tout ce que compte le PS de dirigeants assumaient la chose. En revanche, et c'était là la différence, il ne fallait ajouter de report de délais, ni négliger la pénibilité.

Reste le déséquilibre, né de la crise et de la démographie. N'en déplaisent à certains, il est difficile de nier l'impact de la crise. Les cotisations vieillesse "rentrent" moins bien qu'avant. Elles étaient déjà insuffisantes. La masse salariale du secteur privé régressait même au premier trimestre 2009, au plus fort de la dégradation.
"La progression de la masse salariale du secteur privé s’est fortement ralentie depuis deux ans avec la dégradation de la conjoncture et de la situation de l’emploi. Après 3,6 % en 2011, elle a été de 2,2 % en 2012 et l’hypothèse retenue pour 2013 est de 1,3 % ce qui constitue le taux le plus bas depuis vingt ans à l’exclusion de 2009 (-1,3 %)." Source: Les comptes de la sécurité sociale : résultats 2012, prévisions 2013, page 21, La Documentation Française
Ceci n'empêchait pas Jean-Luc Mélenchon d'expliquer qu'après 5 ans de crise, une réforme restait inutile ("La réforme ne sert strictement à rien", 27 août 2013). Par un tout de passe-passe argumentaire dont il a le secret, il nous enfumait d'une formule que la CGT devait pourtant contester:
"Ces gens-là prétendent savoir quel va être le niveau de déficit des caisses de retraite en 2020. Ce qui veut dire qu'ils ne croient pas à leur propre politique, car si elle conduisait à inverser la courbe du chômage et à créer de l'emploi, le déficit des retraites disparaîtrait". Jean-Luc Mélenchon, 27 août 2013.
Car à la CGT, le son de cloche est bien différent: oui, assure-t-on depuis longtemps, il manque structurellement des ressources ! La CGT sait lire les chiffres. Depuis 2008, le déficit de cotisations par rapport aux dépenses varie, chaque année, de 5 milliards d'euros (2008) à 13 (2011), et encore 9 milliards d'euros (2012).  En 2011, après la réforme Sarkozy, la CGT privilégiait déjà une double explication aux déficits de la Sécurité sociale: un manque structurel de recettes et la faiblesse conjoncturelle de l'emploi à cause de la crise.

Lundi soir vers 22 heures, elle appelait encore à "récupérer les 80 milliards de fraude et d'évasion fiscales" et à "revenir sur les 200 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises, notamment en supprimant les exonérations de cotisations sociales".

En d'autres termes, nous avions, à gauche de la gauche, et quelques heures trop tôt, deux positions: l'une du leader contesté du FDG qui clamait - comme d'autres au Parti socialiste - qu'il suffisait de "résoudre" le problème du chômage. L'autre, de la CGT, qui clamait que le déséquilibre deu financement était tel qu'il fallait remettre en cause 200 milliards d'euros de niches et attaquer 80 milliards de fraude... Une broutille...

Sans attendre de connaître les modalités exactes de la réforme, les critiques se sont donc multipliées. C'est chose habituelle désormais, en cette période d'hystérisation systématique du débat politique. Ayrault teste cette semaine quelques idées, avant une présentation plus complète de la réforme ... le 18 septembre prochain.

Mardi 28 août, vers 19 heures, les services de Matignon balancent les grandes lignes retenues après ces deux journées de conciliabules syndicaux.  Chacun y va de sa formule immédiate. Rares sont les lecteurs de la dite réforme. Nous n'avons qu'un dossier de presse et, sans doute, quelques éléments, de part et d'autres.

Il y aura matière à dire, plus tard, bientôt.

Et à droite ?

Le centriste François Bayrou fustige trop tôt un "bricolage": "Au lieu de rééquilibrer le système, on va augmenter les cotisations, soit celles des entreprises, soit des salariés. C'est le même type de bricolage qui a été fait les années précédentes auxquelles la gauche s'était à l'époque opposée". Manque de chance pour lui, le Bayrou, le gouvernement ne retient pas l'augmentation de la CSG. Pire, l'augmentation proposée ne concerne que les cotisations vieillesse. Et elle est ... ridiculement faible.




L'UMPiste Bruno Le Maire accuse le gouvernement de lâcheté, rien que cela. L'ancien fidèle ministre de Nicolas Sarkozy, ex-fidèle chiraquien qui tente de porter une autre voie à droite, n'a rien trouvé de mieux.

François Fillon est plus radical. En juin dernier, il se prononce pour un report de 62 à 65 ans. Fin juillet, il lance son programme présidentiel, déjà 2017 en ligne de mire. Double peine, il promeut l'allongement de la durée de cotisation (comme le PS) ET le report de l'âge minimal: "Je propose d’augmenter la durée d’activité en jouant à la fois sur une hausse de l’âge légal de départ en retraite qui doit progressivement atteindre 65 ans et une augmentation de la durée de cotisation."

Jean-François Copé le suit de près, autre illustration de cette course à l'échalote qui se pratique à droite. Dans ses propositions du weekend dernier, en vue de 2017, il réclame aussi le report à 65 ans. En juin, il s'était déjà livré à une succession d'approximations et d'erreurs (sur le nombre d'annuités, l'intégration des primes dans les calculs, les ambitions affichées de la réforme de 2010, etc).

Finalement, pouvions-nous dire que la gauche et la droite de gouvernement étaient deux choses différentes, en cette année 2013 ?

Oui.

Est-ce suffisant ?

Non.

A suivre.


Lire aussi:

(*) Dans les faits, François Hollande a fait autoriser le départ à la retraite dès 60 ans des salariés ayant suffisamment cotisé (soit 41 années pour les départs en 2012).

19 juin 2013

Les Prédateurs: le système Sarkozy à travers l'affaire Tapie



Le tournis nous reprend. Ils se sont littéralement servis. Leur chef fait mine de prendre un air pincé comme s'il découvrait la chose. Quelques proches dénoncent une chasse à l'homme. Il s'agit pourtant de dévoiler la vérité, fut-elle au prix d'une carrière politique.

Eric Woerth, l'ancien ministre du Budget de Sarkofrance, s'indigne: "je pense qu'un système anti-Sarkozy est en train de s'organiser.  (...) Là dessus, c'est quelque chose qui me choque profondément. Les membres du gouvernement devraient faire très attention quand ils parlent de l'ancien Président, de l'ancien gouvernement..." Il a la mémoire courte:  "Quand une affaire est devant la Justice, laissons la Justice, encore une fois sereinement, avec indépendance, dire les choses..." Quand le scandale Bettencourt éclata, au cours de l'été 2010, le gouvernement auquel il appartenait consacra toute son énergie à freiner les révélations. Un procureur conciliant, fidèle ami du chef de Sarkofrance, avait été dédié à étouffer l'affaire. Des journalistes trop curieux furent même écoutés clandestinement.

Trois ans plus tard, Eric Woert espère que l'affaire Bettencourt, finalement dépaysée à Bordeaux en 2011, sera à nouveau transféré ailleurs. Le juge Gentil est trop méchant. Sept avocats, dont ceux de Sarkozy et Woerth, ont réclamé son désaisissement. D'après Mediapart, le procureur de Bordeaux a récusé leurs arguments.

L'inquiétude de ce proche de Nicolas Sarkozy est réelle. L'affaire Tapie se dévoile jour après jour. Elle donne le tournis. Dans son édition du 18 juin, Le Monde publie ses dernières révélations. Elles sont signées par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. L'arbitrage qui procura 403 millions d'euros bruts à Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais était "pipé" écrivent les deux hommes.

1. L'un des juges n'était pas indépendant. Sa nomination a été suggérée par l'avocat de Bernard Tapie dont il était un proche. La relation entre Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie, et Pierre Estoup, qui sera l'un des trois arbitres nommés pour juger le litige est désormais prouvée. Elle a été cachée. Même Christine Lagarde s'en est étonnée. Pierre Estoup connaissait également très bien Bernard Tapie : les enquêteurs ont trouvé les numéros de téléphone de l'arbitre dans l'agenda de Tapie, tout comme une dédicace de l'homme d'affaire à l'ancien juge datant de 1998: "votre soutien a changé le cours de mon existence". Dix ans avant d'être nommé arbitre, Estoup avait donc laissé grande trace dans la mémoire de Tapie. Il facturait même des honoraires de conseil à l'avocat de Tapie de l'époque. Pire, il a même conseillé Tapie ... dans son litige contre le Crédit Lyonnais !

2. La décision de recourir à l'arbitrage privé fut "politique" et "initiée à l'Elysée par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant". Un autre ex-conseiller, François Pérol, est aussi visé, mais il dément. "La police a identifié trois niveaux d'intervention : la décision est politique, initiée à l'Elysée par Claude Guéant et Nicolas Sarkozy. Deux architectes sont désignés, Stéphane Richard, directeur du cabinet de Mme Lagarde, et Jean-François Rocchi, patron du CDR, l'organisme chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais, tous deux mis en examen. Et deux maîtres d'oeuvre gèrent l'arbitrage : Me Maurice Lantourne, le conseil de M. Tapie, et M. Estoup.

3. Estoup, l'ami de Tapie, a bien manoeuvré, écrivent les journalistes. Des courriers saisis par la police, on retient comment l'arbitre Estoup s'est employé à éviter tout recours de l'Etat contre la décision favorable à l'homme d'affaires. Il tient aussi la plume davantage que ses deux autres collègues arbitres, "neutralisés" par des honoraires confortables (près de 400.000 euros chacun). Ces derniers ont confirmé à la police qu'Estoup avait été celui qui avait écrit la plupart des actes de cette procédure.

4. Christine Lagarde, dont le Monde a publié un édifiant courrier manuscrit de soutien à Nicolas Sarkozy, s'est "défaussée" sur son ancien directeur de cabinet Stéphane Richard. Devant les membres de la Cour de Justice de la République, elle a confié: "M. Richard paraissait très favorable à l'arbitrage." Pire, elle a affirmé qu'un courrier capital, , donnant instruction au président de l'EPFR, la structure chapeautant le CDR, d'accepter l'arbitrage, a été "rédigé à son insu".

5. Nicolas Sarkozy est désormais le principal suspect. Quand il était ministre, Bernard Tapie lui avait chiffré ses prétentions. Entre mi-2007 et fin 2008, il s'est rendu 22 fois à l'Elysée, dont 4 fois pour des têtes à têtes avec Sarkozy lui-même. "M. Sarkozy est désormais ouvertement soupçonné d'avoir, depuis au moins 2004, oeuvré en faveur d'une solution profitable à M. Tapie" écrivent les deux journalistes. Une fois l'arbitrage lancé puis décidé, ses proches ont multiplié les interventions pour décourager les opposants et les critiques.

Revenons à l'inquiétude de nos proches de Sarkofrance. Eric Woerth, comme Henri Guaino, fustigent ces attaques qu'ils estiment "orientées". Xavier Bertrand, interrogé par France Inter mardi 18 juin, avait la grimace aux lèvres quand il fallait commenter l'affaire. François Fillon préfère prendre encore davantage ses distances avec l'ancien monarque - et de fustiger la ligne buissonnienne qui sied encore tant parmi les partisans de la Droite forte.

Reconnaissons-le, il y a bien un système anti-Sarkozy qui se construit à fur et à mesure des découvertes inouïes que nos juges réalisent. Dévoiler et comprendre l'ampleur de Sarkofrance nécessite une approche systémique.

Quitte à en avoir le tournis.


14 mai 2013

Retraites: de quoi faut-il avoir peur ?


La réforme des retraites est une formule politique à haut risque. Depuis quelques décennies, par petites touches, elle n'a consisté qu'à rogner sur les droits sans pour autant assurer une meilleure visibilité aux actifs.

Quand Hollande, il y a plusieurs mois, a prévenu qu'il se mettrait à son tour à l'ouvrage sur ce sujet périlleux, la machine à fantasmes a redémarré.

Mais que faut-il craindre ?

Un régime en déficit.
En janvier dernier, le 22, le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) livre son dernier bilan. Il fallait le lire.

1. Notre système de retraite "légalement obligatoire" est incroyablement compliqué: c'est le "fruit de l'histoire sociale," qui l'a caractérisé "par une multiplicité de régimes de base et par le développement de régimes complémentaires, structurés en fonction de critères d'appartenance socioprofessionnelle et financés en répartition". D'un régime à l'autre, tout ou presque diffère. Sans même parler d'alignement ou de convergence - une sale formule qui veut occulter la pénibilité - la réforme de 2010 n'avait rien simplifié.

2. Le montant moyen de la pension "de droit propre" (i.e. hors réversion et hors majoration pour trois enfants et plus) s’élevait à 1 216 € par mois fin 2010. C'est largement moins que le salaire moyen du pays (2.410 euros).

3. Ce montant progresse d’année en année "plus vite que l'inflation" - ce qui est insuffisant mais factuel.

4. Il subsiste des disparités incroyables, notamment entre hommes et femmes: 1 552 € versus 899 € en moyenne mensuelle.

5. Le taux d'emploi des 55-64 ans a bien progressé depuis une douzaine d'années: +10 points environ depuis 2000, pour atteindre 64%. Il a même, "jusqu'à maintenant, plutôt bien résisté à la crise". Mais plus de 800.000 chômeurs sont seniors. Et les seniors restent plus longtemps au chômage.

6. L'âge effectif de de départ recule: 62 ans pour les salariés du régime général, 57 ans en 2010. En janvier dernier, le gouvernement a rétablit l'Allocation Equivalent Retraite, supprimée par Nicolas Sarkozy, pour les chômeurs de 59 et 60 ans (à compter du 1er mars).

7. La crise a aggravé une crise de financement qui était déjà structurelle: les besoins de financement du système de retraite s’élevaient à 14 milliards d’euros en 2011. Ils sont prévus à plus de 20 milliards à la fin du quinquennat. Pire, rappelle le COR, "dans les scénarios économiques les plus favorables, le retour à l’équilibre ne pourrait être atteint, à législation constante, que vers les années 2040". Dans les scénarios les plus favorables...

En d'autres termes, l'ancien monarque n'avait pas sauvé le système. Injuste, sa réforme de 2010 était aussi inefficace.

On appelle cela la double peine. 

Les pistes sur la table.
Jean-Marc Ayrault a reçu les partenaires sociaux lundi 13 mai, quelques jours avant une nouvelle conférence de presse de François Hollande, prévue jeudi. Au menu, la "nouvelle nouvelle" réforme des régimes de retraites. En cause, leur déficit toujours chronique, financé en conséquence par un surcroît d'endettement.

Sans attendre le début du commencement des premières rencontres ou communications, voici que quelques journalistes croyaient savoir des meilleurs sources ce que le gouvernement mijotait. On salivait d'inquiétude. Voici donc Europe1 qui nous l'assure assurément dès ce lundi 13 mai au petit matin: "C'est une certitude : pour assurer le financement des retraites jusqu'en 2020, l'Elysée veut agir sur le niveau des pensions. Première piste : l'alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs. Leur CSG passerait ainsi de 6.6% à 7.5%. Seconde piste : la désindexation."

Fichtre ! Quelle assurance dans le propos ! Pas même l'emploi du conditionnel... Ils sont trois journalistes pour nous exposer ainsi les "pistes de l'Elysée": "c'est donc la durée de cotisations qui va être allongée. L'Elysée souhaite pousser le curseur assez loin, à 44 annuités contre 41 annuités et demie aujourd'hui." Et boum !

Avant même que la négociation ne débute, il y avait déjà le Front de Gauche, via Jean-Luc Mélenchon, quasiment certain de la menace d'une réforme injuste. Et, ce lundi encore, il y avait même quelques UMPistes, et pas des moindres, pour accuser le gouvernement de "manque de courage". 

La vie est ainsi faite. Rien n'était encore discuté, ni même suffisamment fuité. Mais tout était dit, commenté et analysé. En 2010, François Fillon s'était planqué. Eric Woerth était à la manoeuvre. Il avait lui aussi démarré par des "consultations", mais plus étalées dans le temps. A l'Elysée, Raymond Soubie, le conseiller social de Sarkozy, adorait faire fuiter quelques propositions précises pour "tester" une opinion syndicale ou politique à cran dans des médias complaisants - le Figaro ou LCI.

Et maintenant ? Imagine-t-on l'équipe hollandaise faire ainsi fuiter ? A quoi bon ? Les pistes sont connues, tout comme les positions des uns et des autres. La réforme de Sarkozy est encore proche.

En matière de prestations publiques, il y a peu de place pour le miracle, mais les options sont plus variées qu'on ne le croit: accroître les recettes; et/ou réduire les charges. Sur le premier volet, on pensera à augmenter les cotisations, pas nécessairement de tout le monde; à élargir l'assiette de ces mêmes cotisations; ou à faire cotiser plus longtemps encore. Le second volet est plus explosif encore. Il s'agira de réduire le montant des pensions, pas nécessairement de tout le monde; ou de reculer encore davantage l'âge minimal et/ou l'âge à taux plein (indépendemment de la durée de cotisations).

Première reçue, lundi matin, par le premier ministre, Laurence Parisot annonce sa couleur: un allongement de la durée de cotisation à quarante-trois années d'ici à 2020 et un recul de l'âge légal à "au moins 65 ans à l'horizon 2040". Une double peine, comme l'explique notre confrère Slovar. Jean-Claude Mailly, pour Force Ouvrière, enchaîna sur un autre registre, plus frontal et opposé à presque tout: pas d'allongement de la durée de cotisations, ni recul de l'âge de départ; pas davantage de "désindexation" même partielle des pensions sur l'inflation; pas de retraites à points. Bref, il ne restait qu'une chose, l'augmentation des recettes. La CFDT est plus mitigée, presque favorable à un allongement de cotisations; et la CGT préfère des manifestations pour le 20 juin, tout en posant deux refus de principes, contre un "nouveau recul de l'âge de la retraite ou une baisse du montant des pensions".

Bref, si l'on résume, ce premier lundi d'une première session de rencontres "sociales" sur un sujet épineux, il y avait beaucoup de déclarations de principes, quelques détails, peu de chiffres.

Sauf les mauvais, les pires: nos retraites ne sont pas financées.

A suivre...






Lire aussi:

5 avril 2013

Comment Cahuzac a (aussi) tué l'UMP





Maigre réjouissance ? Non, sinistre constat.


L'UMP et ses satellites sortent également joliment affaiblis de la bombinette Cahuzac. Le poulet sans tête n'a pas conscience qu'il devra bientôt passer à la grillade. Où part la démocratie ?

Depuis les aveux de l'ancien impétrant de la lutte contre la lutte contre la fraude fiscale, les ténors et sous-fifres de l'UMP se sont succédés sur toutes les ondes et les tribunes pour nous expliquer combien la République irréprochable n'était pas là, combien s'était scandaleux, combien il fallait réagir et commissionner des cohortes d'enquêteurs parlementaires pour éclaircir la chose.

1. Le scandale remet un débat que cette droite déteste, celui sur l'évasion et la fraude fiscales. La lutte contre cette dernière sous Sarkofrance fut une joyeuse fumisterie, un urgent affichage pour sauver le système et faire patienter la foule. De la liste des 3000 comptes à la disparition des paradis fiscaux, des ramifications suisses de l'affaire Bettencourt au Premier Cercle richement doté en exilés fiscaux, des comptes suisses de l'ancien conseiller Thierry Gaubert à l'affaire Wildenstein, la séquence fut aussi pitoyable que le sarkozysme était primaire. Bref, le bilan de cette période encore si proche est si mauvais qu'on a peine à croire les nouveaux parvenus de la morale publique "de droite". La liste est encore longue des affaires notamment financières de l'ancienne République irréprochable.

Comment écouter et croire ces anciens ténors commenter le dossier Cahuzac ?

Ainsi, Gilles Carrez,  ancien rapporteur UMP du budget UMP des 5 dernières années, silencieux pendant les affaires Woerth et Wildenstein, osa la remarque: «Je veux voir si l’ensemble des questions qui méritaient d’être posées sur cette affaire l’ont été et si les réponses apportées sont aussi précises qu’elles devraient l’être». 

Ainsi Claude Goasgen, député UMP du 16ème arrondissement de Paris, osait réclamer la démission de Pierre Moscovici. L'homme, adepte de l'abstention en cas de duel FN-Gauche aux élections, fut l'un des avocats du ministre Woerth.

Ainsi, Jean-François Copé, l'ami de Ziad Takkiedine et ancien avocat d'affaires pendant qu'il était député, osait: «La seule issue possible, la seule, est qu’un remaniement gouvernemental de grande ampleur, Premier ministre y compris, permette à François Hollande de redonner un peu de sérénité à notre pays, de changer de politique». 

Ainsi Henri Guaino, le sarkophile transi, osait encore mettre en doute l'indépendance de la justice. sans doute avait-il de bons et efficaces souvenirs de sa période sarkofrançaise: "Dès qu'une affaire sort et éclabousse le PS, il y a une activité judiciaire de l'autre côté qui se déclenche." Il pensait à la perquisition du domicile et du bureau de Patrick Buisson, dans l'affaire des sondages occultes de l'Elysée version Sarkozy.

2. Au grand quizz du "qui-savait-quoi" déclenché par les aveux de l'ancien ministre lundi après-midi, les ténors de la droite sont également des suspects de premier plan. La planque antifiscale de Cahuzac date d'il y a longtemps. L'inspecteur du fisc Rémy Garnier, auteur de la première enquête, a expliqué avoir remis son rapport à sa hiérarchie, une hiérarchie forcément au courant des agissements de l'homme puisqu'il fut même sanctionné pour sa curiosité bord-cadre entre 2004 (Copé, ministre du Budget) et 2008 (Woerth).

On s'interroge même de savoir comment Marine Le Pen pouvait ne pas être au courant, puisque l'un de ses actuels conseillers a ouvert le compte incriminé il y a 20 ans. Plus tard, Jean-François Copé fut ministre du Budget. Puis Eric Woerth et enfin François Baroin. A l'époque, surveiller l'opposition au prix de quelques contorsions avec le principe de la séparation des pouvoirs était pratique commune, usuelle et normale.

Que penser de l'avocate de Mme Patricia Cahuzac, Isabelle Copé, soeur de Jean-François... ? Pouvions-nous imaginer que le président par effraction de l'UMP ait été au courant de l'affaire sans rien dire avant qu'elle n'éclate ?

Oui.

3. Très tôt, la retenue voire la compassion exprimées par la plupart des ténors de l'UMP nous avait troublé. Un sarkozyste nous expliqua que cette droite qu'il encensait encore si récemment que cette droite-là avait de la dignité dans la gestion des affaires et autres scandales. Nous pouvions pouffer devant cette naïveté. La mise en examen de Nicolas Sarkozy quelques jours plus tard démontra s'il était nécessaire combien l'ancien clan de Sarkofrance savait se ressouder dans les outrances. Après avoir chargé Hollande et Moscovici, le sieur Copé a eu ce réflexe solidaire: "il ne s'agit pas d'accabler sans fin Cahuzac. A quoi bon! C'est à la justice de faire son travail. A l'homme de se reconstruire".

4. Hasard du calendrier et/ou mauvais coup de l'inconscient, une vingtaine de députés UMP ont déposé fin mars une proposition de loi pour  «favoriser le retour des exilés fiscaux». 
On s'étrangle, on s'étouffe, on éclate de rire. Quel sens du timing, dix jours après la démission de Cahuzac, 10 autres jours avant la "déflagration"...

5. Même le Figaro tente de se refaire une santé, en vain. L'article, trop tardif faute d'information de premier plan, sur "l"ami du président et de la finance" était curieux, anachronique et sans appel. Le même journal, en Sarkofrance, avait longuement attendu avant de faire une brève sur "l'ami Guy" Wildenstein

6. Sans rapport avec l'affaire Cahuzac, voici qu'un autre soupçonné et très indigné, Nicolas Sarkozy lui-même, bénéficiera d'une demande de non-lieu par le parquet dans l'affaire Bettencourt. Que la justice est donc indépendante ! Applaudissons.




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26 juillet 2012

Finalement, Sarko, c'était la droite forte.

Il a fait perdre son camp à toutes les élections intermédiaires depuis 2007 (municipales, régionales, européennes, sénatoriales). Il a lui-même détricoté les « réformes » les plus emblématiques de son programme. Il a revigoré le Front national à des hauteurs inégalées en France au point de déboussoler une large frange de ses soutiens.

De Sarkozy...
Et pourtant, certains persistent à croire en lui. Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, deux (plus si) jeunes pousses de l'UMP viennent de lancer le courant de la Droite Forte au sein de l'UMP. Leur compte Twitter a été rapidement hacké par le Front national: « rien ne vaut l'original » justifiaient les frontistes.

Leur perspective est d'abord le congrès de l'automne et l'élection du président du parti. « Nous avons pour fondation non négociable le sarkozysme. Sous Chirac, la droite n'assumait pas assez ses valeurs. Avec Sarkozy, la droite les a assumées » a expliqué Peltier au Figaro. Fichtre ! L'ancien frontiste est toujours habile à décrocher des formules qui claquent: « La Droite forte, c'est une droite qui a pour fondation le sarkozysme, la France pour espérance, l'Europe pour horizon et le peuple pour boussole. »

Et il a même de brillantes idées, si brillantes qu'on ne sait pourquoi elles n'ont pu être adoptées plus tôt quand son mentor gouvernait l'Elysée, l'Assemblée, le Sénat et l'UMP:  « Il faut, par exemple, rendre obligatoire la redistribution de 10% des bénéfices à tous les salariés dans les entreprises ». Ou encore : « Il faut aussi un protectionnisme économique aux frontières de l'Europe, supprimer les remises de peine automatiques, interdire la syndicalisation des juges et magistrats, supprimer complètement les 35 heures et réformer intégralement le Code du travail. » Ces titulaires de la Droite forte s'estiment à mi-chemin entre les « Humanistes » et la « Droite Populaire » de l'UMP... Un vrai parc d'attractions !

L'interview est proprement incroyable. Guillaume Peltier dérive ou dérape, les deux peut-être. Il poursuit: « On a déversé des milliards dans les quartiers populaires en donnant comme seule perspective aux jeunes: le chômage ou le football. » Pensait-il au Plan Marshall pour les banlieues du couple Amara/Sarkozy ?

Interdire les syndicats dans la Justice ? On sera curieux d'entendre la réaction de Nicolas Sarkozy sur le sujet. Pour l'instant, il paraît qu'il chasse l'ennui au Cap Nègre, après son séjour canadien dans un chalet prêté par son ami le milliardaire Paul Desmarais.

Dans le combat (à mort) entre Copé et Fillon, la Droite forte ne choisit pas. Elle est forte... « En tant que mouvement, La Droite forte ne soutiendra ni François Fillon ni Jean-François Copé, ce qui n'empêchera pas ses membres de choisir, eux, un candidat. »

...à Woerth
La droite forte, c'était celle de la République irréprochable, du Karachigate à l'affaire Woerth/Bettencourt. L'ancien trésorier de l'UMP, animateur du Premier cercle et éphémère ministre du travail pour la réforme des retraites en 2010 s'est dit soulagé, mardi 24 juillet. L'expert indépendant nommé par le ministre du budget Jérôme Cahuzac sur l'affaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne. Le secrétaire général du syndicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel avait demandé un recours gracieux pour annuler cette cession de 57 hectares à la Société des courses de Compiègne (SCC) pour 2,5 millions d'euros, jugée trop bon marché, réalisée sans mise en concurrence ni l'aval du ministère de l'agriculture. Eric Woerth, ministre du budget et maire de Chantilly, avait validé seul cette vente.

L'expert indépendant a finalement jugé que « la vente pouvait être réalisée de gré à gré ». Ce rapport est donc favorable à l'ancien ministre, mais il ne résout pas tout. Eric Woerth est soulagé, mais son soulagement ne sera complet que lorsque les autres points de cette affaire seront clos. Les enquêteurs de la la Cour de justice de la Républiqueont encore du pain sur la planche.

... ou le Fouquet's ?
La Droite forte, c'est cette UMP qui saisit le Conseil Constitutionnel (où siège désormais son ancien mentor aux côtés de Bernard Debré et Valéry Giscard d'Estaing) contre la contribution exceptionnelle de 3% sur les fortunes.

Elle doit rapporter 2,3 milliards d'euros dès 2012, sur les 7 milliards que le gouvernement Ayrault cherche à récupérer pour limiter le déficit budgétaire à moins de 4,5% du PIB.

L'argument de l'UMP, développé par Gilles Carrez, l'ancien rapporteur du budget sous la majorité Sarkozy, est que cette contribution exceptionnelle n'est pas exceptionnelle. A gauche, on espère bien qu'elle n'est pas exceptionnelle !
«Dès lors que vous estimez que ce n’est pas une vraie contribution exceptionnelle puisque c’est une préfiguration de ce qui viendra après, vous ne pouvez pas tenir l’argument qu’il n’y a pas besoin de plafonnement» (Carrez)
Les anciens du club du Fouquet's sont malicieux: si cette contribution n'est pas exceptionnelle, il faudrait la plafonner pour éviter des prélèvements confiscatoires pour ces fameux contribuables qui cumulent un gros patrimoine et de faibles revenus. C'est la grande obsession de la Droite Forte. Rappelons qu'environ moins de 10.000 bénéficiaires de l'ancien bouclier fiscal récupéraient 0,8% du montant global pour ces motifs.

«Il y a une considération beaucoup plus importante, c’est que nous aurons au moins quelques milliers de contribuables qui vont être dans une situation impossible» (Carrez)

 Une situation impossible ?

Créons un bouclier fiscal plafonné en valeur à 600 euros de remboursement.

Et tout sera réglé.

Sauf pour la Droite Forte.

Ami sarkozyste, reviens. Ils ont besoin de toi.

La Droite forte, c'est la Droite d'avant-hier.




8 février 2012

Justice: Gaubert en procès, Woerth en examen.

Quelle riche semaine judiciaire pour deux proches de Nicolas Sarkozy sont donc sous les feux de l'actualité !

Le premier travailla à la mairie de Neuilly, puis sombra dans la gigantesque affaire dite de Karachi. Le second fut trésorier de l'UMP et, en même temps, ministre du budget. Pour la campagne de Sarkozy en 2007, il avait mis en place le fameux Premier Cercle, ce club huppé des plus riches donateurs de l'UMP.
« A la barre, il explique qu'il "signait des parapheurs", comme il l'avait dit aux enquêteurs, pour décrire son activité en tant que président de l'Habitation française, un comité interprofessionnel du logement (Cil) qu'il a fondé et présidé de 1984 à 1998.
Il est soupçonné de s'être servi dans les années 1990 de cette structure, chargée exclusivement de la collecte de l'argent du 1% logement dans les Hauts-de-Seine, pour investir dans des programmes profitant à des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés d'économie mixte (Sem) dans lesquelles il avait des parts ou des intérêts.
Dans ce dossier technique, la présidente Siredey-Garnier s'est penchée sur une première infraction, un éventuel abus de biens sociaux durant la période 1992-1997 évalué à 1,27 million d'euros, s'appuyant sur le rapport d'une agence chargée de garantir le bon emploi des fonds du 1% logement.
(...)
Concernant des dons inexpliqués à des associations et fondations, M. Smadja explique qu'il s'agissait d'aider des bénéficiaires de logements sociaux à trouver des places en crèche.»
Source: Ludovic Luppino pour les Echos
Thierry Gaubert ne s'est sans doute pas remis des affres judiciaires qu'il connaît. Il a porté plainte contre Charlie Hebdo. On se doute que Nicolas Sarkozy ne l'a pas abandonné pour autant. Il surveille, par Brice Hortefeux interposé, le sort de son ancien proche comme le lait sur le feu. Le procès qui a début cette semaine concerne une vieille affaire. Mais depuis, on a découvert plus grave et plus glauque.

Mercredi 8 février, un juge a auditionné Eric Woerth pendant plus de 10 heures à Bordeaux, avant de le mettre en examen pour trafic d'influence passif. L'ancien ministre, débarqué du gouvernement en novembre 2010, avait rencontré Patrice de Maistre en janvier 2007, le lendemain après que ce dernier eut demandé à l'ex-comptable de Liliane Bettencourt de lui fournir 150.000 euros en espèces pour, disait-elle, aider la campagne de Sarkozy. 


Cette affaire Woerth/Bettencourt a tant secoué l'Elysée que le pouvoir demanda aux services secrets d'identifier la source de fuites à la presse en juillet 2010. Deux journalistes du Monde furent très largement espionnés. Le procureur Philippe Courroye, lui aussi décoré d'une Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy, a été mis en examen pour cette violation du secret des sources en décembre dernier. Son adjointe vient de subir le même sort cette semaine.


Le Karachigate et le Woerthgate sont les deux affaires les plus marquantes de ce dernier mandat de Nicolas Sarkozy.



5 février 2012

Bettencourt: le Sarkogate peut-il enfin démarrer ?

Mercredi dernier, une nouvelle assez incroyable a glacé quelques nuques à l'Elysée: les juges de Bordeaux qui instruisent l'affaire Bettencourt ont convoqué Eric Woerth, l'ancien grognard de Sarkofrance.

Avec les deux enquêtes relatives à l'attentat de Karachi de mai 2002, l'enquête Bettencourt est la troisième affaire d'envergure qui pourrit la fin de ce dernier quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Ces affaires ont un point commun, le financement illégal de campagnes présidentielles.

Le Sarkogate peut-il enfin commencer ?

Eric Woerth, dans la mire.
Mercredi 8 février, Eric Woerth sera donc à Bordeaux. Il est convoqué par les juges qui enquêtent sur les multiples volets de l'affaire Bettencourt. On évoque une mise en examen dans l'instruction ouverte pour « trafic d'influence et financement politique illégal ».

Le 21 janvier dernier, Mediapart révélait les conclusions des experts désignés par la Cour de justice de la République: « les terrains forestiers et l’hippodrome de Compiègne cédés par l’ex-ministre du budget l’ont été pour moins du tiers de leur valeur ». Le site ajoutait: « la mise en examen d’Eric Woerth devient presque inévitable ». Mais l'audition d'Eric Woerth mercredi prochain n'a rien à voir avec cette affaire. Elle concerne plus directement Nicolas Sarkozy.

Les juges s'interrogent de savoir si Eric Woerth a enfreint les règles de financement politique pour le compte de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, et, pire, profité de la faiblesse de la milliardaire Bettencourt.

Rappelons quelques faits:
  1. En juin dernier, une expertise médicale attestait que Liliane Bettencourt avait commencé à souffrir d'une « démence mixte » et d'une « maladie d'Alzheimer à un stade modérément sévère », avec « un processus dégénératif cérébral lent » (Source: Mediapart).
  2. Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, avait embauché Florence épouse d'Eric Woerth en 2007, pour lui « faire plaisir » (disait-il).
  3. Patrice de Maistre a été décoré de la Légion d'honneur par Eric Woerth lui-même en janvier 2008. 
  4. En 2007, la milliardaire fraudait le fisc, ce qu'elle a reconnu après la publication des enregistrements pirates de conversation à son domicile.
  5. Quand Eric Woerth était ministre du Budget, aucun contrôle fiscal ne fut opéré sur Mme Bettencourt.
  6. Mediapart avait publié ces enregistrements en juillet 2010. Le procureur Philippe Courroye, à l'époque en charge d'une enquête préliminaire sur l'affaire, avait demandé Leur interdiction. Mardi dernier, la Cour de cassation a confirmé la valeur probante de ces enregistrements.
  7. En 2007, Eric Woerth était trésorier de l'UMP, fonction qu'il conserva jusqu'au printemps 2010 alors qu'il était devenu entre-temps ministre du Budget puis du Travail.
  8. Grâce au bouclier fiscal renforcé par Nicolas Sarkozy, Liliane Bettencourt se fit rembourser 30 millions d'euros d'impôts en 2007.
  9. Depuis un an, les juges de Bordeaux ont multiplié les perquisitions (siège de l'UMP, domicile d'Eric Woerth), les saisies (journal intime du photographe François-Marie Banier, comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, etc).
  10. Valérie Pécresse, actuelle ministre du Budget, a repris Sébastien Proto à son service. Ce jeune homme était directeur de cabinet (adjoint) d'Eric Woerth jusqu'en 2010. C'est un ami du fils Arnault dont le beau-père est ... Patrice de Maistre.
... et Sarkozy ?
Il y a ensuite les accusations, que les juges cherchent à vérifier: d'après ces mêmes enregistrements et le témoignage de l'ancienne comptable Claire Thibout, Patrice de Maistre aurait remis 150.000 euros en espèces à Eric Woerth, ce qu'il dément, pour le financement de la campagne de Sarkozy en mars 2007.

On sait aussi que Nicolas Sarkozy a toujours suivi cette affaire avec une attention hors normes. On aurait cru à une menace terroriste. Le procureur Philippe Courroye en a fait les frais. L'ami du Monarque, fin 2011, a été mis en examen pour « collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal et illicite » et pour « violation du secret des correspondances ». Il avait ordonné l'espionnage de deux journalistes du Monde qui assuraient beaucoup de révélations de procès verbaux dans l'affaire Woerth/Bettencourt.

Dans d'autres démocraties, Nicolas Sarkozy ne serait plus président. Qu'un procureur soumis au parquet, c'est-à-dire à son gouvernement, et son directeur des services de renseignement soient mis en examen dans une affaire d'espionnage politique aurait été le coup de grâce. La France reste une curieuse monarchie républicaine.

Il y a 10 jours, le 26 janvier dernier, Nicolas Sarkozy s'est permis d'affirmer que l'indépendance de la justice avait progressé pendant son quinquennat. On s'était pincé. Le Monarque ne manquait pas d'air.

Dans l'affaire du Karachigate, Nicolas Sarkozy a multiplié les obstructions. Le secret-défense fut étendu à des bâtiments entiers. L'affaire était grave. Elle concerne plus directement le Monarque et l'un des futurs candidats à la présidentielle de 2017, le bien-nommé Jean-François Copé.

Le Sarkogate peut-il enfin commencer ?


15 septembre 2011

Sarkozy: ces Légions d'honneur qui dérangent

Nicolas Sarkozy a la légion d'honneur facile, et souvent encombrante. Parfois, il se laisse aller à décorer son costumier, voire son bijoutier. Mais le plus souvent, le palmarès est plus sulfureux. Depuis, 2007, le Monarque a promu, voire décoré personnellement quelque-unes des têtes d'affiches de l'actualité judiciaire du moment.

Ce jeudi, notre Monarque s'envole pour Tripoli. Tel George Bush senior qui, en 1991, revenait sous les vivas vainqueur de la première guerre du Golfe, le candidat Sarkozy croit bien faire pour sa cause électorale en instrumentalisant au maximum « sa » victoire contre le colonel Kadhafi.

S'attribuera-t-il une légion d'honneur ?

1. En 2009, Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, avait obtenu son hochet, après intervention du cabinet de Nicolas Sarkozy. Mercredi justement, l'ancienne comptable de la milliardaire, Claire Thibout, était à nouveau entendue par les magistrats bordelais chez qui l'instruction du scandale Woerth a été deporté l'an dernier. Son avocat a déclaré que Nicolas Sarkozy a « en cours d'enquête reçu à l'Elysée à deux reprises Liliane Bettencourt ».

2. Lundi, de courts extraits d'une video amateur montrant Nicolas Sarkozy rendant hommage à l'avocat Robert Bourgi dans un salon de l'Elysée ont été diffusés sur France3. Mardi, le parquet de Paris  a ouvert une enquête préliminaire après les accusations de corruption proférées par Bourgi à l'encontre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, et Jean-Marie Le Pen. Ces trois derniers ont annoncé qu'ils portaient plainte. Un ancien fidèle conseiller du président d'honneur du Front National, Lorrain de Saint Affrique (sic!), a confirmé avoir été le témoin, en 1988, d'une remise de mallette d'argent par Omar Bongo à Jean-Marie Le Pen. A l'Elysée, on est officiellement « perplexe » sur cette confession tardive de l'avocat. Les faits sont, de toutes façons, prescrits.

3. Frédéric Péchenard, directeur général de la Police nationale, attend sa remise de légion d'honneur. Promu le 14 juillet dernier, la cérémonie était prévue le 7 septembre dernier. A la dernière minute, elle fut annulée. On prétexta un problème d'agenda chez Sarkozy. En fait, le scandale des fadettes venait de rebondir. Contrairement aux mensonges de l'été 2010, la DCRI dirigée par Bernard Squarcini, sous la responsabilité de Frédéric Péchenard, avait d'abord espionné le journaliste du Monde Gérard Davet pour identifier les sources de ce dernier dans l'affaire Woerth/Bettencourt. Mercredi 14 septembre à l'Assemblée, Claude Guéant expliquait s'en remettre à la justice qui a été saisie... par le journal: « Les fonctionnaires qui ont lancé cette enquête l'ont fait en toute bonne foi, en fonction de l'interprétation qui était la leur des textes existants ».

4. Jacques Servier fut un autre décoré fameux, par le Monarque également. Servier était un client fidèle de l'avocat Sarkozy, quand celui-ci, tout en étant maire de Neuilly-sur-Seine, exerçait cette lucrative profession du conseil en expatriations et montages fiscaux. Mercredi 14 septembre, le Figaro révélait le résultat d'écoutes téléphoniques réalisées par la gendarmerie: Servier aurait fait corriger le rapport d'enquête du Sénat sur le scandale du mediator...

5. Dès janvier 2008, Nicolas Bazire a été promu au rang d'officier de la Légion d'honneur. Ce dernier est un grand ami du Monarque, invité au Fouquet's lors du fameux dîner du 6 mai 2007. Ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur en 1995, il fut témoin de mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni en février 2008. La semaine dernière, un témoin a accusé Ziad Takieddine, autre proche de Sarkofrance, d'avoir effectué des transferts de fonds occultes avec deux proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et ... Nicolas Bazire. Mediapart a rapporté que, « selon ce témoin, Thierry Gaubert a accompagné à plusieurs reprises M. Takieddine dans un établissement bancaire suisse pour y retirer des fonds, remis à Paris à Nicolas Bazire, qui occupait également les fonctions de directeur de campagne d'Edouard Balladur en 1995. Les espèces auraient été transportées dans de volumineuses valises» .

Mercredi 14 septembre, Ziad Takieddine a été mis en examen pour « complicité et recel d'abus de biens sociaux » par les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire, avec interdiction de sortie du territoire, saisie de ses biens et obligation de silence, dans le volet financier de l'affaire de Karachi. L'avocat des familles des victimes de l'attentat a aussi promis d'autres mises en examen: « Je suis absolument certain que nous allons avoir dans les prochaines semaines des révélations déterminantes sur la mise en cause, dans le cadre du financement de la campagne d'Edouard Balladur, d'un certain nombre d'hommes politiques français qui vont devoir rendre des comptes ».

6. Le 14 juillet dernier, Philippe Vannier, directeur général d'Amesys, était promu au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. Amesys est cette société, devenue filiale de Bull en 2010, pour laquelle Claude Guéant et Brice Hortefeux ont négocié un contrat d'équipement de surveillance du Web auprès du colonel Kadhafi en 2007. Ziad Takieddine jouait encore les bons offices, comme l'a révélé Mediapart cet été. Amesys a confirmé. Le 6 septembre dernier, le Figaro publiait le témoignage anonyme de l'un des militaires français ayant assuré la formation de la police politique du dictateur libyen: « Nous avons mis tout le pays sur écoute, explique notre interlocuteur. On faisait du massif: on interceptait toutes les données passant sur Internet: mails, chats, navigations Internet et conversation sur IP.» «  La Libye fournissait alors un laboratoire intéressant puisqu'elle allait permettre à Bull de tester son système sans limite, sur un pays de plusieurs millions d'habitants » complétait le journaliste.

7. On ne sait pas si  Alexandre Djouhri, cet homme d'affaires de l'ombre exposé par Pierre Péan dans son dernier ouvrage,a reçu discrètement sa Légion d'honneur. En revanche, son fils Germain a épousé la fille d'un autre décoré et par ailleurs partenaire en affaires: Serguei Chemezov, ancien agent du KGB et proche de Vladimir Poutine, a reçu sa Légion d’honneur à l’Elysée, de Nicolas Sarkozy, en mars dernier.

8. Jean-Claude Marin, à l'époque procureur de la République, a été décoré de la légion d'honneur en avril 2010, en pleine affaire Clearstream. Dominique de Villepin venait d'être relaxé quelques semaines auparavant, et le magistrat, qui réclamait 15 mois de prison avec sursis pour complicité de dénonciation calomnieuse, venait de faire appel. Mercredi 14 septembre, Villepin a été une nouvelle fois blanchi par la Cour d'appel. L'ancien premier ministre ne cachait pas sa joie et son émotion: « Rappelons que cette affaire a été initiée en 2005/2006 à la veille de l'élection présidentielle de 2007. Comme j'aimerais que cela puisse servir de leçon pour la présidentielle de 2012 ! Pour ce qui me concerne, je sors renforcé de cette épreuve et plus déterminé que jamais à servir les Français». En juillet dernier, Jean-Claude Marin a été promu par Nicolas Sarkozy  au poste de procureur général près la Cour de cassation, en remplacement de Jean-Louis Nadal (parti à la retraite et peu apprécié du pouvoir).

9. Jean-Claude Marin devait être remplacé un autre magistrat, plus proche de Sarkozy, tout aussi décoré, mais complètement décrédibilisé par l'affaire Woerth/Bettencourt: Philippe Courroye avait, lui aussi, reçu sa Légion d'Honneur des mains de Nicolas Sarkozy. La confusion des genres était manifeste. 

10. Patrick Buisson est plus discret. Cet ancien de Minute reconverti en conseiller d'opinion, a été au centre d'un joli scandale, en 2009. La Cour des Comptes avait trouvé qu'il était payé 1,5 millions d'euros par an par l'Elysée pour financer des sondages que certains médias publiaient ensuite sans mentionner ce financement occulte. Patrick Buisson, adepte de la droitisation du discours sarkozyen, a été décoré de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy lui-même en septembre 2007.

11. Boris Boillon est un (faux) jeune diplomate, 41 ans et déjà nouvel ambassadeur de France en Tunisie. A peine nommé en février dernier, il s'était distingué par quelques déclarations publiques déplacées à l'encontre de la presse locale, à Tunis. On s'était alors rappelé sa proximité affichée avec le colonel Kadhafi. Le clou du spectacle avait été une photo dénudée de son torse musclé retrouvée sur un réseau social par quelques sbires d'extrême droite et exhibée dans les médias par une Marine Le Pen jamais avare en coups bas. Depuis, Boris Boillon s'était fait discret, au moins en métropole.... jusqu'à la semaine dernière. Le 9 septembre, il donnait une jolie soirée à l'ambassade. Arielle Dombasle était là, Agnès Jaoui, également. Boillon faisait la couverture d'un mensuel local, Tunivision, dirigé par un proche de l'ancien régime. Boillon, une fois de plus, y est ridicule, déguisé en James Bond. Cet homme représente la France en Tunisie. En 2006, il a été décoré de la Légion d'Honneur par Claude Guéant. Quelques mois avant d'expliquer, sur CANAL+, que le colonel Kadhafi était comme son « père ».

12. François Pérol, ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy, est parti prendre la tête d'une nouvelle banque, issue de la fusion des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires, en 2009. N'y voyez aucun conflit d'intérêt. La commission de déontologie n'a même pas été saisie. A l'Elysée, François Pérol s'occupait justement du secteur bancaire. Nicolas Sarkozy l'avait, lui aussi, décoré de la Légion d'Honneur.

13. Marc Ladreit de Lacharrière est propriétaire de l'une des trois agences de notation, Fitch, qui secouent tant la planète financière ces derniers mois. Marc Ladreit de Lacharrière a été décoré de la Légion d'Honneur en janvier dernier.

14. Guy Wildenstein a été accusé d'avoir détourné 4 milliards d'euros d'héritage paternel par sa belle-maman. Marchant d'art, délégué de l'UMP pour les expatriés de la côte Est des Etats-Unis, Guy Wildenstein est un proche de Nicolas Sarkozy qui l'appelle familièrement « ami Guy ». Wildenstein a été décoré de Légion d'Honneur par Nicolas Sarkozy lui-même.



Bernard-Henri Levy a embarqué Nicolas Sarkozy en Libye, une seconde fois. Ce jeudi, le Monarque s'envole pour Tripoli puis Benghazi, en compagnie de David Cameron, son homologue britannique. L'hebdomadaire Marianne avait lâché le scoop, timidement démenti avant d'être confirmé. Le show sera parfait. 160 CRS volontaires et en civil, avec rations de survie et armes ont été dépêchés mercredi soir sur place.

Il fallait s'échapper, et vite de cette atmosphère de fin de règne, petites décorations et grosse corruption.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

4 août 2011

Réforme des retraites : les 16 surprises de Sarkozy


Le rapport n°3629 de l'Assemblée nationale a été enregistré le 6 juillet dernier. Les commentaires ont été rares. Ce jour-là, l'espace médiatique était encore tout encombré de l'immense hommage de Nicolas Sarkozy, deux jours auparavant à ... Georges Pompidou. Et oui, sans rire, cette semaine-là, l'actualité de Sarkofrance s'était arrêté sur un trop long discours du Monarque à l'occasion du 100ème anniversaire de la naissance d'un ancien président fumeur de gitanes décédé il y a 37 ans.

Ce rapport parlementaire que les communicants de l'Elysée ne commentaient pas avait été rédigé par deux députés, Michel Issindou (socialiste) et Denis Jacquat (UMP). Il portait sur la réforme des retraites, adoptée officiellement le 9 novembre 2010 : « il recense et présente les différentes mesures réglementaires qui ont été prises pour l'application de la loi et répertorie les mesures qui n'ont pas encore été publiées ».

1. L'installation du Comité de pilotage des Retraites (COPILOR), avec ses 45 membres, a été très tardive, comme si le gouvernement Sarkozy s'en fichait. Or ce COPILOR est un instrument fondamental: la loi prévoyait que le COPILOR doit rendre un avis chaque année avant le 1er juin « sur la situation financière des régimes de retraite, sur les conditions dans lesquelles s'effectue le retour à l'équilibre du système de retraite à l'horizon 2018 et sur les perspectives financières au-delà de cette date ». Il doit notamment rendre un avis chaque année avant le 1er juin. Devinez quoi, le COPILOR a été installé... le 31 mai 2011.

2. Le fameux « droit à l'information » sur les retraites, célébré par Eric Woerth quand il était ministre du Travail l'an dernier, n'a toujours pas été mis en oeuvre. La loi prévoyait que « suivant la première année au cours de laquelle il a validé au moins une période d'assurance dans un des régimes de retraite obligatoires, l'assuré bénéficie d'une information générale sur le système de retraite par répartition, notamment sur les règles d'acquisition de droits à pension et l'incidence, sur ces derniers, des événements susceptibles d'affecter sa carrière. Il faut noter que cette information devra comporter des éléments relatifs à la possibilité de surcotisation en cas de temps partiel afin de sensibiliser les femmes à l'impact du déroulement de leur carrière sur leur retraite. » Le décret d'application de cette disposition n'est prévu que pour septembre prochain, alors que la réforme a produit ses premiers effets le 1er juillet dernier.

3. Similairement, l'entretien personnalisé de chaque assuré à partir de 45 ans est loin d'être mis en oeuvre : le décret n'est même pas paru. Les rapporteurs ont noté que « l'entretien individuel ne sera pleinement mis en œuvre qu'à compter du 1er janvier 2013 ». Pire, « La simulation du montant prévisionnel de la retraite de chaque assuré sera quant à elle opérationnelle au 1er juillet 2014 ».

4. En revanche, toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour la mise en oeuvre des mesures d'âge: « L'ensemble des décrets nécessaires à la mise en œuvre de ce volet de la loi du 9 novembre 2010 ont été pris dans les temps pour permettre une application au 1er juillet 2011 ».

5. Les rapporteurs rappellent les hypothèses de la réforme sur ces décalages d'âge. Concernant le report de 60 à 62 ans de l'âge minimal, le gouvernement attend 10% de départs à la retraite en moins dès 2011 (soit environ 64.000 départs de moins) : « À peine trois ans après l'entrée en vigueur de la réforme, plus de la moitié des assurés devraient décaler leur départ. » Le dispositif carrières longues a cependant été élargi, ce qui va en augmenter le nombre de bénéficiaires (25.000 en 2009 à 80.000 estimés en 2015).

6. Concernant le report de 65 à 67 ans de l'âge de retraite à taux plein, les rapporteurs détaillent les exceptions, précisées depuis la réforme par différents décrets. Contrairement aux simplifications oratoires du gouvernement l'an dernier, les aidants familiaux de personnes âgées dépendantes ou atteintes de maladies chroniques, les assurés handicapés à moins de 50%, les parents d'enfants handicapés qui ne remplissent pas les deux conditions alternatives fixées (« être bénéficiaire d'au moins un trimestre au titre de la majoration de durée d'assurance pour enfant handicapé » ou prouver « avoir été salarié ou aidant familial, pendant une durée d'au moins trente mois, de leur enfant, bénéficiaire de l'élément de la prestation de compensation du handicap lié à des besoins d'aides humaines, auquel ils ont apporté une aide effective ») sont exclus de toute dérogation.
En septembre 2010, Nicolas Sarkozy avait concédé un assouplissement certains parents de plus de trois enfants nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1955 inclus, estimés par la CNAV à 79.000 personnes au total.

7. Le départ anticipé des mères fonctionnaires de trois enfants et justifiant de 15 ans de cotisation a été supprimé de façon progressive, par un décret du 30 décembre dernier. Mais les autorités ont été surprises par l'afflux de demandes de départ depuis janvier : deux fois plus que l'an passé  (18.800 au cours du seul premier semestre).

9. A cause de la réforme, les périodes de services dans la fonction publique sans être titulaire ne seront plus validées pour bénéficier de ce régime de retraite. Un décret a précisé que cette modification sera effective dès 2013 (sauf pour les trimestres déjà validés) et intégralement effective à compter de 2015.

10. Trois régimes spéciaux n'ont finalement pas été alignés sur le régime général des reports d'âges: l'Opéra national de Paris, la Comédie française et les clercs et employés de notaire. On attend toujours les décrets. Pour les autres (cheminots, etc.), tout est en « règle ».

11. Sur la pénibilité, la loi prévoyait l'obligation de négocier des accords de prévention dans les entreprises de plus de 50 salariés ayant une proportion minimale de salariés « et employant une proportion minimale de salariés exposés aux facteurs de risques professionnels liés à la pénibilité ». Neuf mois après l'adoption de cette réforme, les décrets sont toujours « en cours de signature ». L'un définit la proportion minimale à ... 50%. Autrement dit, une entreprise (ou un groupe) dont moins de 50% de ses salariés sont exposés à une pénibilité professionnelle n'a aucune obligation d'accord.

12. La seconde « prise en compte » de la pénibilité par la réforme était cette fameuse dérogation de retraite anticipée pour les handicapés du travail. On s'en souvient, Sarkozy avait d'abord confondu pénibilité et invalidité; puis, grand seigneur, il avait fini par accepter qu'un salarié handicapé à 10% (et non pas seulement 20%) pour des raisons professionnelles devait pouvoir partir « comme avant ». Les décrets et arrêtés
- les professions indépendantes sont exclues du dispositif.
- entre 10 et 20% d'invalidité, l'assuré de plus de 60 ans devra : (1) « apporter la preuve qu'il a été exposé pendant au moins dix-sept ans à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels relevant de trois domaines : "des contraintes physiques marquées", un "environnement agressif" ou des "contraintes liées à certains rythmes de travail" » ; et (2) recevoir « l'avis favorable d'une commission pluridisciplinaire chargée d'apprécier la validité des modes de preuve et l'efficacité du lien entre incapacité permanente et exposition des risques ».
- si l'assuré cumule plusieurs handicaps dépassant au total 20% d'invalidité, l'un de ses handicaps au moins doit être de 10%.
- quand l'assuré fait sa demande de dérogation à sa caisse de retraite, « le silence gardé par la caisse pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet ».
- Ces retraites anticipées pour « pénibilité » seront financés par une majoration de cotisation pour accidents du travail à compter de 2012.

13. Seules les indemnités de congés maternité débutant après le 1er janvier 2012 seront prises en compte dans l'assiette de calcul de la retraite.

14. En matière d'égalité professionnelle hommes/femmes, le gouvernement exige que les entreprises de plus de 50 salariés incluent un plan d'action dans leur rapport annuel au comité d'entreprise, et concluent un accord relatif à l'égalité professionnelle. En cas de manquement, la loi prévoyait une pénalité de 1% de la masse salariale nette. Non seulement le décret d'application n'a pas été publié, mais le projet qui circule prévoit que la pénalité puisse être annulée par le seul directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte). Ce dernier « décide s'il y a lieu ou non d'appliquer la pénalité à l'entreprise ». Les rapporteurs notent « la volonté de ne pas accabler financièrement les entreprises » qui « justifie une certaine prudence dans la mise en œuvre de la nouvelle pénalité». « De plus, » ajoutent-ils, « l'application de la loi doit tenir compte des moyens de contrôle de l'inspection du travail, qui demeurent limités ». Autrement dit, à quoi bon les sanctions, puissent qu'on manque de moyens pour faire appliquer une loi déjà modeste en ambitions...

15. Le gouvernement a finalement décidé de supprimer l'aide à l'embauche des demandeurs d'emploi de 55 ans et plus, prévue par l'article 103 de la loi. L'étude d'impact de cette dernière l'évaluait à 14% du salaire pendant 12 mois. Le gouvernement a décidé de la remplacer par « une aide de 2 000 euros versés à toute entreprise qui embauchera un demandeur d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation. » Mécontents, les rapporteurs « s'étonnent que le Gouvernement s'en rende compte après la promulgation de la loi, alors même que le dispositif figurait dans le projet de loi déposé par le Gouvernement. »

16. Le décret nécessaire à la mise en œuvre de l'aide au tutorat (article 104 de la loi) n'a pas encore été publié.

En résumé, qu'apprend-on ? Que les mesures d'économies ont toutes fait l'objet d'une mise en oeuvre; et que la plupart des contreparties un tant soit peu sociales avancées par le gouvernement l'an passé sont encore dans le no man's land administratif...

Etes-vous vraiment surpris ?



Crédit illustration: Ceecee