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18 mai 2019

Pourquoi un vote macroniste est inutile pour l'Europe - 627ème semaine politique



Le vieux-jeune monarque s'est décidé à entrer dans l'arène.

Il a bien planifié sa manœuvre. Emmanuel Macron veut convaincre qu'il est europhile, le champion des europhiles contre les populistes, un rempart pour la construction européenne à l'heure du Brexit. La démarche est louable, le fond est faux, la manipulation grossière.  La campagne des élections européennes a été sacrifiée par la Macronie, de A à Z. On l'a écrit, expliqué, détaillé.

Caricaturée jusqu'à sa plus simple expression, le "débat" sur les enjeux européens et la politique à venir s'est même concentré ces derniers jours sur le ralliement d'un obscur élu local insoumis au Rassemblement national: le sujet rassemble les fachos frontistes trop heureux d'une pareille publicité gratuite et les macronistes, appuyé par le Parti médiatique, qui sont trop heureux d'amalgamer LFI et RN. Et pour aider, voici que nos médias relaient à grands traits un opportun sondage sur le degré de prétendue proximité politique des différents sympathisant(e)s, et, surtout, ceux de Mélenchon, avec le RN.

Sans rire...

Triste à pleurer.

Le vieux-jeune monarque "s'engage dans la campagne." Appliquant cette verticalité politique qui lui sied tant, selon laquelle tout en Macronie doit procéder du monarque, les fans du président ont remplacé la terne Nathalie Loiseau par leur champion sur les affiches électorales. Reconnaissons le courage de se placer ainsi en première ligne, une bravoure couplée à un narcissisme excessif. Mais il y a urgence, le RN fait la course en tête des sondages et ça panique en Macronie.

En coulisses, les ministres s'inquiètent. Le premier d'entre eux, Edouard Philippe, a confirmé qu'il y aura un remaniement après les élections, plus ou moins important en fonction du score macroniste que les sondages prédisent élevé grâce à l'abstention des classes populaires, mais derrière l'extrême droite. Des parlementaires macronistes anonymes flippent aussi. La campagne "est un désastre" confie un député. "Y a le feu au lac!"dit un autre. Macron a été élu contre le FN en 2017. Qu'il se révèle incapable de juguler la progression de la Bête Immonde, de surcroît sur le sujet qui fait paraît-il son ADN politique - l'Europe - n'est pas seulement cocasse mais aussi terrifiant.

Macron entre donc en scène, trop fort, trop tard, et à coup de gros slogans naïfs, hypocrites ou mensongers.

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye instrumentalise à fond ses origines dans sa communication politique: "C’est l'histoire de Fara. Son père est mort à la guerre. Il va réussir ses études à Dakar, puis venir à Paris et rencontrer ma mère. C’est ça l’histoire de l’Europe: la paix, la guerre, la réconciliation. Un rêve fou. C’est pour ça que je voterai . Un vote de cœur."

Cela cache mal la xénophobie administrative en vigueur en Europe et qu'a renforcé l'équipe macroniste en France avec sa loi Asile et immigration d'avril 2018. Un mois avant le scrutin, la CIMADE publie une édifiante analyse des travers de l'asile européen, et des persécutions et tracas dont sont victimes les demandeurs d'asile en France: "(1) Le système Dublin mine la solidarité européenne ; (2) il affaiblit les droits de personnes en besoin de protection ; (3) il n’est pas efficace (au sens des autorités et des taux d’expulsion) puisque la balance des « transferts » de personnes entre États est sensiblement équilibrée."

La "Renaissance européenne" macroniste a un goût de cendres. Les réfugiés sont traqués, baladés d'un pays à l'autre, emprisonnés et les délais de demandes et de recours ont été réduits. Pire, leur accès aux soins est fragilisé en France, dénonce le Défenseur des Droits - " baisse drastique d’avis médicaux favorables au maintien sur le territoire", "mauvaise information" des migrants lors de leurs détention.

Ailleurs, la France assume ses ventes d'armes à l'Arabie Saoudite qui pilonne la population civile du Yémen. La "Renaissance européenne" macroniste a un goût de cadavres. La France et ses alliés (sauf l'Allemagne) aliment les conflits de leurs ventes d'armement. Un navire saoudien termine ainsi cette semaine son périple européen chargé d'armements belges, britanniques, espagnol et bien sûr français, et bafoue donc les obligations des États de l’Union Européenne au regard du Traité sur le commerce des armes, dénonce Amnesty International. En Libye, pays déstabilisé par la France quand Sarkozy craignait que Kadhafi ne dévoile ses financements occultes selon plusieurs enquêteurs, les forces du maréchal Haftar, lequel est soutenu par Macron, abiment par le feu et le sang le processus de paix de l'ONU. Amnesty évoque des possibles crimes de guerre. Dans cette même Libye, la France macroniste a livré des bateaux pour ramener les migrants qu'elle refoule. Et Macron expliquait, il y a un an, qu'il souhaitait y installer des "hotspots" pour filtrer sur les côtes libyennes les migrants. Et préférait taire les abus sexuels et les tortures dans les camps de réfugiés libyens dont la France officielle avait connaissance.

La "Renaissance européenne" macroniste a parfois un goût de cadavres et de cendres.

Un vote en faveur de la liste macroniste dessert l'Europe: primo, il ne sert pas la lutte contre le réchauffement climatique car il ne suffit pas d'afficher beaucoup de propositions écologistes lointaines ou floues à la dernière minute d'une campagne pour faire oublier l'inaction en France et le carcan de la règle des 3% qui empêche d'investir dans la transition écologique à la hauteur des enjeux au niveau européen.

Un vote macroniste n'améliore pas la démocratie européenne: tandis que les insoumis proposent le renforcement des pouvoirs de désignation, de vote et de contrôle du Parlement, les macronistes se contentent d'un silence prudent: la seule proposition concrète dans le programme macroniste, est d'accorder un pouvoir d'initier les lois; pour le reste, ils renvoient à l'organisation d'une "conférence" pour en discuter. Au nom de l'Europe, Macron a également fait voter une loi liberticide contre la presse et les lanceurs d'alerte pour protéger le secret des affaires.

Un vote macroniste  n'est pas humaniste car les actes de Macron à l'encontre des migrants, des manifestants, des opposants dans son propre pays démontre au contraire un autoritarisme croissant et inquiétant. En France, le macronisme est autoritaire et (physiquement) violent. Il réorganise la sécurité de l'Elysée contre les hiérarchies policières et de gendarmerie. Il couvre ses barbouzes Benalla et Crasse qui trafiquaient des contrats de sécurité avec des oligarques russes et d'autres en Afrique. Il durcit semaine après semaine le contrôle des manifestants. Le ministre Castaner et Macron sont silencieux sur l'incroyable bilan répressif des 6 mois écoulés - des milliers d'arrestations préventives, des comparutions immédiates malgré des chefs d'accusation parfois inexistants, des mutilations en grand nombre, une énième loi liberticide au nom de la défense de la République (mais de quelle République parle-t-on quand cette dernière a pris tous les oripeaux juridiques des régimes autocratiques ?). Non seulement cherche-t-il à décourager les manifestants, mais il poursuit "en même temps" ses provocations verbales.

Un vote en faveur de la liste macroniste abimera encore davantage le droit social. Aligné sur le slogan sarkozyste "travailler plus pour gagner plus", les macronistes trouveront au Parlement de Bruxelles des alliés de circonstances chez l'extrême droite autrichienne (qui a voté l'allongement à 60 heures par semaine de la durée maximale de travail hebdomadaire en Autriche). La réforme des retraites qui se prépare, avec l'allongement de la durée de cotisation, est un autre coup de canif dans la solidarité nationale au nom des équilibres budgétaires européens.

Un vote en faveur de la liste macroniste est inutile dans la lutte contre l'évasion fiscale - cette évasion qui pénalise les comptes publics des États membres de l'Union, et donc les services publics les plus élémentaires. Qui peut trouver ce Président des ultra-riches crédible dans la lutte contre l'optimisation fiscale des quelques centaines de milliers d'ultra-aisés qui l'ont choisi et fait élire ?  Une fraction de ces derniers se sont retrouvé ces jours derniers à Monaco pour le Salon de l’émigration et de la propriété de luxe (Ielpe) s'est tenu les 15 et 16 mai. La Macronie loue l'optimisation fiscale. A Bruxelles, elle soutient l'UE quand cette dernière retire trois paradis - Aruba, la Barbade et les Bermudes, de sa liste noire: "les réformes auxquelles se sont engagés Aruba, la Barbade et les Bermudes ne vont pas les empêcher d’opérer en tant que paradis fiscaux" résume OXFAM.

Un vote en faveur de la liste macroniste abimera encore davantage les services publics: au nom de l'Europe, Macron a accéléré la privatisation du rail en détruisant le statut des cheminot et préparant la fermeture discrète des petites lignes "non rentables" (il n'y a pas de "plan de fermeture" assure le président de la SNCF, mais "le statu quo n'est pas tenable" ajoute-t-il).




"Renaissance européenne", "union des progressistes", ... vraiment ?

Ami(e) macroniste, où en es-tu ?





11 mai 2019

Macron écolo ? Parole de vert de gris ! (626 semaine politique)

 

 

Brailler que tout changera après-demain pour que rien ne change aujourd'hui, voici l'arnaque macroniste.

 

L'urgence... électorale
A la va-vite, le vieux jeune homme s'est dépêché de faire un micro-discours sur la bio-diversité sur le perron de son palais. Il avait une double urgence personnelle. Un énième rapport du GIEC sur "les impacts d’un réchauffement climatique global" venait d'être publié par l'ONU, et ses auteurs y décrivent une catastrophe écologique majeure mais connue, une "extinction de masse", un génocide écologique. A trois semaines d'un scrutin européen volontairement négligé, Macron a besoin de se faire valoir sur le terrain écologiste.

Il ne lui reste que cela pour paraître "progressiste".

Macron donc bafouille quelques mots ce mardi 7 mai 2019 - le président des riches, l'auteur de la loi anti-asile et de la traque des Gilets jaunes appelle de ses vœux à une "Terre habitable". Des mots, du vent, aucune action ou si peu. Macron s'affiche comme le capitaine d'un Titanic qui explique qu'il vient de changer l'orchestre du pont supérieur. Il récupère même à son compte quelques slogans de l'opposition - "fin de mois, fin du monde", même combat ?

Voici le vieux jeune monarque qui le dit lui-même après que pendant des semaines de mobilisation Gilets Jaunes, ses sbires les plus outranciers aient proclamé l'inverse.

Et oui, maintenant, c'est devenu la thèse officielle, merveilleux retournement: "l'angoisse de fin de mois, c'est une angoisse de citoyens [...] C'est aussi l'angoisse des problèmes de réchauffement climatique et de biodiversité. Je pense que ces problèmes n'en font qu'un."


VERT DE GRIS
Vraiment ?

Le monde s'écroule, on évoque une extinction de masse mais Macron recycle de vieilles et insuffisantes mesures, personne n'est dupe. La manœuvre est politicienne: Macron frappe à "gauche" sur l'écologie, à la dernière minute, car la défense de l'environnement est l'un des rares thèmes à faire surface dans l'inquiétude générale. Mais il pioche aussi à droite, à l'extrême droite, avec sa tête de liste Nathalie Loiseau, ex-candidate sur une liste étudiante avec l'extrême droite dans sa jeunesse qui aujourd'hui répète à n'en plus finir les mêmes slogans anti-migrants et anti-asile que les fachos du Rassemblement national:


La République en Marche a la trouille rageuse de se trouver derrière le FN aux élections européennes. Pensez-vous... Quel bel échec de celui qui s'était érigé en rempart anti-FN en 2017 ? Deux ans plus tard, ce premier scrutin montrera sans doute que son cœur électoral d'une dizaine de pourcent des électeurs est toujours là, ce qui, sur fond de divisions de l'opposition savamment entretenue et d'abstention massive, lui donnera mécaniquement une avance à environ 20% des suffrages exprimés. Dans les sondages du moment, 60% du corps électoral n'a pas l'intention de voter. Les plus fortes proportions de citoyens découragés sont les jeunes et les classes populaires.

Cette abstention sert la Macronie. Cette dernière a tout fait pour qu'elle soit élevée et les oppositions divisées n'ont pas réussi pour l'heure à renverser la barre, à l'exception du Rassemblement national légitimée dans ses bêtises xénophobes par la politique migratoire et sécuritaire de Macron et, plus récemment, les discours de campagne de Loiseau.

Mais si la Macronista se trouve derrière la liste de la Bête Immonde, la claque sera cinglante. Macron d'ailleurs est lui-même cinglant à l'encontre de ses ministres qu'il trouve désormais trop timorés dans cette non-campagne. Le vieux jeune monarque, qui s'attache à "verticaliser" sur sa personne tout le dispositif politique et institutionnel de cette République à bout de souffle se trouve soudainement à engueuler ses sbires de leur manque d'enthousiasme.

La République en Marche a donc la trouille rageuse de se trouver derrière le FN et la voici qui sert la soupe idéologique du RN. 

Ecolo/facho ? La Macronista serait-elle devenue vert-de-gris ?

Bref, dans cette dernière ligne droite d'une course européenne ratée, où tout a été fait pour laisser les électrices/teurs dans le découragement et l'abstention la plus massive, la macronie joue la carte vert/brune, nauséabonde et hypocrite à souhait.


Macron n'est pas bio
Revenons sur le "programme" écolo si soudain de la Macronista.

Le bilan provisoire de Macron est connu. Il a même une incarnation symbolique, la démission en direct à la radio de la star écolo du pays débauché pour rejoindre la première équipe du Nouveau Monde en juin 2017, Nicolas Hulot.  Ce ministre de l'Environnement a tout balancé en direct: sa rage, sa déception devant tant d'inaction. Les macronistes effrayés ont accusé son amateurisme. Mais jugeons donc les décisions et non-décisions de Macron depuis deux ans en matière écologique.

 
Paroles, Paroles
Le "Green-washing" macroniste suit une logique connue: annoncer bruyamment des grandes intentions et de grands objectifs très tardifs, le tout habillé par des slogans aussi séduisants que vagues ("big bang dans les poubelles", "make our planet great again", etc). L’urgence écologique version Macron consiste à reporter très loin ce qu’on doit faire aujourd’hui; à fixer des objectifs plus ambitieux s’ils sont lointains, modestes s’ils sont immédiats; à promouvoir des gadgets qui sonnent bien mais ne signifient rien. Ainsi les quelques promesses dévoilées à la va-vite (le lendemain des annonces du GIEC), au dernier moment (le 9 mai), et dans un hebdomadaire notoirement de droite (sic!), ne sont qu'un effet d'annonces
  • Une taxe carbone aux frontières ? Elle est promise depuis ... 2008 par Barroso, et, en France, Macron a préféré l'annuler en décembre. Comment le croire crédible pour l'appliquer ?
  • Le "Pacte de soutenabilité" et la "Banque pour le climat" sont des gadgets politiques pour éviter de modifier l'existant (le Pacte de stabilité, la Banque Européenne d'Investissement). Proposer de créer une banque du climat le jour même, où l'Union européenne entre en dette écologique est cocasse.
  • La promesse de neutralité carbone en 2050 est hypocrite, la France ne respecte déjà pas ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
  • L'interdiction de vente de voitures thermiques en 2040 est l'exemple type d'objectif ambitieux puisque lointain; et sans contrainte réelle ni mesure concrète immédiate.
Macron court après les symboles qui feront joli dans ses discours, ses tweets et son site élyséen, des symboles qui singeront une action, feront illusion qu'une action réelle a lieu alors qu'il ne s'agit rien d'autres que de paroles.

Brailler que tout changera après-demain pour que rien ne change aujourd'hui, voici l'arnaque macroniste.

"Plus rien ne sera comme avant." La porte-parole officielle de la bouillie macroniste le répète sur tous les tons, et sur tous les réseaux. C'est la parole du patron, le vieux jeune homme l'a dit en conseil des ministres. Et l'humain d'abord !
"Moi même, j'ai fait un effort sur moi. Il faut que vous fassiez cet effort." Emmanuel Macron.

Le changement, c'est enfin maintenant, vraiment ? Non, vraiment pas.


Ami(e) macroniste, où en es-tu ?







4 mai 2019

Macron 2017-2019: le malaise démocratique - 625ème semaine politique

 

 

Deux ans que Jupiter est à l’Élysée. Emmanuel Macron n'a pas seulement "baissé les impôts comme jamais depuis 50 ans". Il a surtout abaissé la démocratie en France à niveau inédit depuis la guerre d'Algérie.


Le progressisme de la matraque
Macron n'est pas Pétain mais c'est la seconde fois qu'il rend un hommage, cette fois-ci indirect, en reprenant à compte l'une des révisions historiques de l'ignoble collaborateur de l'occupation nazie. En novembre dernier, le vieux jeune homme s'était égaré dans sa propre "itinérance mémorielle" sur la Grande Guerre. Il avait gâché, contre toute attente et de sa propre initiative, les célébrations officielles en rendant un hommage public au vainqueur de Verdun. Sept mois plus tard, un an après les agressions filmées de son barbouze Alexandre Benalla, Macron use du même révisionnisme que Pétain, du même mensonge que Pétain à propos du 1er mai. En 1941, le collabo avait requalifié le 1er mai en "symbole d’union et d’amitié parce qu’il sera la fête du travail et des travailleurs", en célébration du "moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maîtres de notre sort."

A 78 ans d'intervalle, le monarque sans peuple énonce la même contre-vérité historique: "le 1er mai est la fête de toutes celles et tous ceux qui aiment le travail, le chérissent, parce qu'ils produisent, parce qu'ils forment, parce qu'ils savent que par le travail nous construisons l'avenir." Macron est une chose politique sans culture, un homme de théâtre pour qui l'auto-mise en scène prime sur le sens des actes et la vérité de l'Histoire.

Macron n'est pas un

dictateur

mais sa police frappe sans discernement, elle assaille des street-medics et des personnes âgées, elle dérape et déborde. Sous les applaudissements twittosphériques des militants macronistes, ces policiers surarmés, protégés d'armure et de casques, équipés de matraques et de grenades qu'ils lancent régulièrement à hauteur de visage, sont motivés par leur hiérarchie qui légitime tout, pardonne tout, et n'enquête sur rien.

La France n'est pas une dictature mais une démocratie affaiblie où l'on assiste chaque samedi ou jour férié au spectacle de ce combat de gladiateurs officiels contre ces "animaux de Black-Blocs" et ces "chiens de Gilets Jaunes". On compte les blessés (des milliers), les bavures (près de 800 signalements ), et les mutilations (près de 300). Les esprits prudes de la Macrionista soulagent leur conscience en regardant "ailleurs" où il y a pire.

Macron n'est pas un dictateur mais son ministre de l'Intérieur interdit à des gens de manifester sur simple soupçon ou fichage sans jugement de Justice. Il ment sur les violences, il encourage l'utilisation d'armes qualifiées de guerre (LBD), il menace à l'avance les participants aux manifestations pour décourager l'exercice d'un droit constitutionnel. Il interdit, sans jugement et sur décision préfectorale, à un journaliste de se rendre sur les lieux des manifestations pendant près de six mois.

Macron n'est pas un dictateur, mais il centralise encore davantage le pouvoir autour de sa personne; comme par exemple quand il choisit personnellement les procureurs (ceux-là même qui ont pouvoir de geler ou d'accélérer les instructions), ou quand il réorganise la sécurité de l'Elysée en en retirant la responsabilité à la police et la gendarmerie, un projet mis en sommeil par l'éviction de Benalla qui en était chargé mais qui a été lancé cette semaine.

Macron n'est pas un dictateur mais il accuse les manifestants les plus pacifiques d'être "complices du pire" et des Black-Blocs. Il amalgame ses critiques en ennemis de l'Etat. Ses trolls, certains qui sont ministres et d'autres député(e)s, qualifient l'opposition d’extrémistes, appellent à sa censure. Le syndicat des commissaires de police, applaudi par des militants macronistes qui osent encore se qualifier de "progressistes", justifie l'interdiction de la presse dans les "périmètres interdits".

"Pire ailleurs"
Christophe Castaner incarne bien la Macronie: l'homme est aussi fidèle qu'incompétent, aussi loyal que prêt à tout. Le 6 mai 2017 quand un Macron rigidifié marchait au pied de la Pyramide du Louvre pour s'adresser au 30,8% qui l'avaient élu, qui aurait pu penser que deux ans plus tard, son ministre de l'intérieur, un ex-socialiste sorti de l'anonymat par le vieux jeune homme, balancerait à la face des télévisions la fable d'une attaque d'hôpital et d'une tentative de destruction de matériel de réanimation? Qui penserait que chaînes d'information, éditocrates et philosophes de salon, militants et nervis relaieraient cette thèse avec gourmandise et sans vérification ? Il n'a pas fallu attendre plus longtemps que quelques heures pour qu'une dizaine de vidéos démontrent la tartufferie: une petite foule de manifestants poussée par des canons à eau et des gaz lacrymogènes passe par une entrée annexe du CROUS qui jouxte l’hôpital, avant se faire interdire l'accès.  Samedi 4 mai, un collectif des 34 gardés à vue de la Pitié Salpêtrière livre sa version des faits, qui confirme les images et contredit les mensonges d’État.

Que faudra-t-il pour que tant d'incompétences et de mensonges à la tête du ministère de l'intérieur ne soient plus protégés ?

Macron n'est pas un dictateur mais les provocations les plus grossières émanent désormais de ministres tels Castaner qui ment effrontément sur une prétendue attaque de vandales contre un hôpital; de députées telle Aurore Bergé qui, aveugle ou borgne, ne voit de blessures graves pendant les manifestations que sur les policiers; de journalistes de salon tel Brice Couturier, salarié de l'audiovisuel public, qui relaie tels quels et sans critique les éléments de langage et videos macronistes bidonnées semaine après semaine; de philosophes de salon qui tels BHL diffament l'opposition à longueur de tweets postés depuis leurs riches demeures; ou de simples trolls anomymes qui vomissent leur haine contre la contestation, ou d'autres, plus calmes, qui détournent le regard des mutilations et des excès de la force policière en pointant vers d'autres cieux car, bien sûr, "il y a pire ailleurs".

La France va peu à peu vers ce "pire".

Deux ans après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, la France est ainsi une démocratie affaiblie où la Macronie bannie peu à peu celles et ceux qui la contestent. "Tout a été fait pour réduire au silence les manifestants." Des chercheurs et universitaires dénoncent ainsi la "dérive autoritaire du gouvernement", la "criminalisation" de l'opposition. Quelque 300 journalistes et photographes, avec ou sans carte de presse, s'inquiètent des menaces contre l'exercice de leur métier et du "cap répressif" qui a été franchi. 1400 personnalités du monde de la culture dénoncent ce "récit" officiel qui "ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-paroles du gouvernement voudraient bien nous y faire croire." La France a été accusée par l'ONU d'"usage excessif de la force". Une trentaine d'ONG dont Amnesty International et RESF ont déjà appelé à manifester contre les restrictions de libertés publiques en France. Selon l'association Reporters sans frontières, "près de 90 journalistes ont été victimes de violences policières depuis le début du mouvement des "gilets jaunes"."

Mais le gouvernement légitime toujours des violences contre des civils, des suppressions de libertés publiques temporaires (état d'urgence, loi anti-Casseurs) ou définitives (asile, secret des affaires). Semaine après semaine, le gouvernement jette de l'huile sur le feu. Il lui suffit de théâtraliser la casse réelle de quelques centaines activistes dénommés Black Blocs, qu'il provoque et met en exergue chaque semaine. Ce même gouvernement assène ensuite que les Gilets Jaunes ne sont rien - pas représentatifs, minoritaires, désorganisés. Il utilise ces mêmes Gilets Jaunes pour justifier les pires excès contre les libertés individuelles que la France ait connus depuis la guerre d'Algérie.

Les réseaux qui ont fait Macron
Le malaise démocratique est grand, si réel que l'on peut espérer que la Macronie perde enfin certains des réseaux qui l'ont soutenue. Deux ans après l'élection de Macron, on réalise en effet de mieux en mieux comment, par qui et pour qui il fut élu. le brûlot de Juan Branco, préfacé par Denis Robert ("Crépuscule", Edition Au Diable Vauvert)puis l'enquête de Marc Endeweld ("Le grand manipulateur, les réseaux secrets de Macron", Edition Stock), ont permis à chacun(e) de mieux comprendre les réseaux qui ont fait l'élection. Le premier ouvrage est un carton en librairie mais boycotté par la presse, les radios et les télévisions. Juan Branco fait peur car sa parole n'est pas assez policée sur les plateaux radiophoniques souvent complaisants. Le second ouvrage fait l'objet de chroniques élogieuses mais parfois gênées. L'éditocratie ne conteste pas les révélations, mais elle en minore l'importance.

Ces réseaux, pris individuellement, ne sauraient "faire" une élection présidentielle, nous explique-t-on. Pourtant, là 'est pas le propos. Pris dans son ensemble, voici le dispositif macroniste qui a fait l'élection:

#1. Le contexte: Depuis 2013, les sondages promettent Marine Le Pen en tête de tous les scrutins et, surtout, celui présidentiel. La menace d'un basculement frontiste permet d'agiter les peurs et de coincer l'essentiel de l'électorat entre indifférence ("l'élection est pliée") et chantage à la fin de la République. Contre Le Pen, n'importe quel candidat qualifié au second tour avait la quasi-garantie d'une victoire.

#2. La publicité:  Grâce à Mimi Marchand et aux journaux people (Paris Match, VSD, Gala, Closer, etc), le candidat Macron, avec ou sans son épouse, a bénéficié d'un "matraquage publicitaire massif" et gratuit grâce à  des centaines de publi-reportages, articles et couvertures sur lui, sa vie, son œuvre. Qu'aurait-on dit si Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon avaient chacun capté 42% des parts de voix dans les médias entre avril et septembre précédent les primaires puis la campagne présidentielles ?

#3. Les réseaux: Macron a investi tous les réseaux historiques à droite comme à gauche, tantôt pour s'y appuyer (la Françafrique) tantôt pour éviter qu'ils ne servent à ses concurrents de droite (Fillon, Juppé, Sarko) ou de gauche (Hollande, Valls): associations étudiantes; grands patrons (Niel, Arnault, etc); communicants spécialisés (Havas); dictateurs africains et intermédiaires douteux (Dhjouri); cercles religieux et communautaires; réseaux sarkozystes et juppéistes; déçus du Hollandisme (Patriat, Jouyet) et vieille garde mitterandienne (Charasse); écologistes mous et lobbyistes des industries polluantes; publicitaires et éditocrates; réseaux de la nouvelle économie et collectifs de startupers et autres "Pigeons"; SciencesPo.
"Dès 2013, Emmanuel Macron organise des réunions de communicants pour sa communication personnelle et sa future ambition politique dans le dos de François Hollande. II a pu inviter Franck Louvrier, illustre conseiller communication de Nicolas Sarkozy. Contre François Hollande, il n'a pas hésité à utiliser les réseaux de la droite et de Nicolas Sarkozy." Marc Endeweld.
 #4. Les financements: en optimisant la loi sur le financement électoral, Macron a obtenu la moitié de ces 16 millions nécessaires au premier tour grâce à un petit millier de donateurs, des gens aisés et sociologiquement premiers bénéficiaires des premières mesures "urgentes" de Macron au pouvoir (flat tax, suppression de l'ISF). En jouant sur la coupure fiscale des deux exercices calendaires 2016 et 2017, "le candidat a levé 15 994 076 euros entre la création d'En Marche en mars 2016 et décembre 2017" expliquent les journalistes Sylvain Tronchet et Julie Guesdo. "Tout au long de la campagne, l'équipe d'Emmanuel Macron a noyé dans un brouillard de chiffres sa dépendance aux donateurs fortunés." En fait, la campagne a été été financée pour moitié par 800 grands donateurs et majoritairement dans les arrondissements riches de la plus riche ville de France, Paris. Quelques 15% de la collecte est venue de l'étranger (2,6 millions d'euros).

Guichet des riches après la victoire, le clan macroniste a cependant souffert de trous de trésorerie difficiles au début de l'année 2017, avant que deux banques ne lui prêtent généreusement en avril. La mise à nue, par le journaliste Endeweld, des efforts macronistes à chercher des riches soutiens en Algérie appelle une question: comme Sarkozy en Libye en 2006, le clan macroniste cherchait-il des financements occultes en Algérie ? Les contacts avec le trouble Alexandre Djourhi via l'ambassadeur Driencourt, le rôle du secret Ludovic Chaker (ancien espion devenu conseiller du monarque et officier traitant de Benalla à En Marche pendant la campagne), l’entregent de Dominique Villepin, ou les rencontres Benalla/Djouhri avant l'élection (et non pas seulement après son éviction en 2018), les relations nouées avec le pouvoir algérien interrogent.

 Bref, deux années après l'élection, le pouvoir macroniste est nu. Grâce à lui, la différence est ténue avec la politique xénophobe italienne ou autrichienne. Son échec économique est pour l'instant patent, avec la division par deux du nombre d'emplois créés entre 2017 et 2018, la progression de la dette, et l'asphyxie de la demande. Son inaction écologique, au-delà des agitations médiatiques sur les "Big bang dans les poubelles" et autre green-washing de la finance mondiale, est coupable et cache mal la relance couteuse du nucléaire et la protection des plus gros pollueurs. Son mépris social, avec la réduction ou la déstabilisation des services publics, a été partiellement corrigé grâce aux mesures de pouvoir d'achat forcées par le mouvement des Gilets Jaunes en décembre.

A cause de Macron, la France est une démocratie affaiblie, une démocratie qui s'affaisse.

Même si les deux tiers des sondés n'y croient pas, Macron a bel et bien baissé les impôts, pour l'essentiel ceux des ultra-riches. Et il a baissé la démocratie, pour toutes et tous.

Ami(e) macroniste, où en es-tu ?



Appel de la Cimade, avril 2018

27 avril 2019

L'An II de la Macronie sera-t-il à l'extrême droite ? 624ème semaine politique.

 

Après la mise en place d'un guichet des riches efficace et rapide, la Macronie ouvre son An II en empruntant la violence des actes et des mots chère à l'extrême droite française.


L'ennui et le flop
L'exercice, pourtant rare, ne mérite pas le détour. Jeudi 25 avril, Jupiter rassemble 300 journalistes pour l'essentiel atones ou coincés, dans la salle des Fêtes de l'Elysée. Une heure de discours, puis deux heures de questions lénifiantes sur son moral, sa solitude, son caractère, sa méthode, ses états d'âme ou son intention de se représenter en 2022. Les rares questions précises ne sont pas gênantes, comment pourraient-elles l'être ? Elles sont filtrées par le contrôle du micro, et les journalistes par la détention d'une carte de presse. Aucun des représentants des médias les plus piquants (Mediapart, les Jours, Fakir, Le Media, Politis, l'Humanité, Bastamag, Le Monde Diplo, le Canard Enchaîné, etc) ne peuvent poser une seule question au monarque. L'exercice est une communication à sens unique, rien de plus.

Macron fait la lecture attentionnée du discours qu'il aurait du prononcer la semaine précédente face caméra et sur toutes les chaînes simultanément si la Cathédrale Notre-dame de Paris n'avait pas flambé. Ses propositions "détonnantes" avaient déjà fuité, cette relecture répétitive et à voix haute, comme celle d'un professeur faisant la leçon à des élèves qui ne l'auraient pas comprise, est donc ennuyeuse: pas de reconnaissance du vote blanc, peu de proportionnelle, un coup de pouce fiscal anecdotique, quelques diversions positives (24 élèves par classe de maternelle) sur les réductions des services publics, la réindexation sur l’inflation des retraites à moins de 2 000 euros qui n'est l'annulation de l'une de ses propres mesures les plus iniques, une attaque en règle contre les hauts fonctionnaires et l'ENA pour protéger les ultra-riches. Et un appel à "travailler plus pour gagner plus".

La réappropriation des moindres recoins idéologiques foireux du sarkozysme est complète.  "Macron republie ses petites annonces" résument Les Jours."Face à la presse, Macron promet qu’il ne changera rien" complète Mediapart. Jupiter s'attribue à juste titre un point que personne ne lui conteste, les réductions d'impôts: une douzaine de milliards d'euros pour les ménages en 2018/19, également réparti avec une inéquité dont seule ce guichet des riches a le secret, entre un demi-million d'ultra-riches et 37 autres millions d'autres foyers.
«J’ai trouvé que le Président de la République était très bavard, mais qu’il se révèle surtout très avare» Emmanuel Maurel, socialiste, candidat LFI aux Européennes.


Mensonges et silences
Alors que la moitié de son gouvernement a peine à masquer son endormissement, Macron ment, oublie et masque à grands renforts de sourires, de source-cils levés et de doigt levé pointant l'assistance.

Cet homme confie qu'il a découvert la France grâce au Grand Débat. Va-t-il enfin confier son programme pour les élections européennes qui ont lieu dans 4 semaines ?

Mais pour justifier la faiblesse de ses annonces et ces grands angles morts, il lâche cette formule: "le président n'est pas le guichet de toutes les revendications". Que cette formule est cocasse quand on se rappelle avec quelle célérité, grâce à quelques réunions secrètes et décisives au début de l'été 2017, la gigantesque réforme fiscale pour les riches fut décidée - suppression de l'ISF, plafonnement de l'imposition des revenus du capital à 30% (flat tax): 5 à 6 milliards au bénéfice d'un demi-million d'ultra-riches gentiment accordés par Macron à celles et ceux qui l'ont choisi en 2014, financé en 2016 et fait élire, sans programme mais beaucoup de marketing, en 2017.

Il a raison. Reconnaissons-lui cela. Macron n'est plus le président des riches. Macron n'est que le guichet des Riches, leur protecteur idéologique dans le débat public, leur rempart politique.

Jupiter s’emmêle les pinces dans une logorrhée en faveur de la "délibération" nécessaire pour accoucher de bonnes politiques, alors que sa politique a justement visé à réduire le temps de délibération dans le pays: en entreprise, en fusionnant les différentes instances du personnel pour supprimer quelques 200 000 postes de représentants des salariés; au Parlement, où son projet de réforme constitutionnelle prévoit la réduction du nombre de parlementaires et du temps de délibération parlementaire; en période d'élections où pour ce scrutin européen, comme pour les élections présidentielle puis législatives, Macron tarde à dévoiler son programme (il n'est toujours pas publié à moins de 4 semaines du scrutin !), pour éviter les critiques et le débat.

Macron promet aussi que les CAF aideront au versement des pensions alimentaires aux familles mono-parentales, une mesure qui existe déjà depuis ... 2013.

Macron ment sur les services publics, quand il promet de "remettre de la présence de services publics dans les territoires" car il va réduire de 120 000 le nombre de postes de fonctionnaires, dont la moitié justement dans les territoires.

Macron ment par omission quand il promet que les fermetures d'hôpitaux ou d'écoles n'auront plus lieu sans l'autorisation du maire. il cache que les suppressions de lits ou de services spécialisés (maternité notamment) ou les fermeture de classes se poursuivront. "Le dire, c’est bien, le faire c’est mieux", résume l'un des syndicats enseignants. Justement, rapporte le Canard Enchaîné ce 24 avril, les syndicats enseignants viennent de recevoir quelques nouvelles de coupes d'effectifs et réduction de moyens: sur 96 départements, 1267 fermetures de classes, dont 320 dans des territoires ruraux, ont été prévues en maternelle et primaire. Pour le secondaire, on compte déjà 2 600 suppressions de postes de professeurs en septembre 2018, et encore 2 650 en septembre 2019, malgré une augmentation de 110 000 élèves sur ces deux années (et +40 000 encore attendus en 2020). Le gouvernement a aussi supprimé 1000 places au concours d'instituteurs en 2019, et les deux tiers des postes affectés au dédoublement de professeurs dans les classes prioritaires (2000 sur 2900).

Bavard et avare
Macron ment sur les créations d'emplois depuis son accession au pouvoir: non seulement elles n'ont pas dépassé les 500 000, mais elles se sont même effondrées de moitié en 2018 (149 000) par rapport à 2017 (338 000).

Macron ment sur le temps réel de travail en France prétendument l'un des plus bas en Occident (il est supérieur à l'Allemagne et identique au R-U): les Français qui travaillent travaillent plus que leurs homologues européens.

Macron ignore l'urgence écologique, rien à dire sauf la création d'un gadget, le "conseil de défense écologique". François de Rugy (qui ?) sera heureux d'apprendre qu'il ne sert à rien. Pourtant "plus rien ne sera comme avant" répètent ses perroquets. Pourtant, la France est en retard sur ses propres engagements à la COP21. Pourtant, la Macronista préfère mettre en œuvre le CETA, prolonger la durée de vie de centrales nucléaires hors d'âge, repousser les objectifs de la loi de transition écologique, réduire de moitié les crédits à la rénovation thermique des logements.


Macron applaudit à la hausse prévue du pouvoir d'achat, oubliant que c'est principalement grâce aux mesures forcées par l'action des Gilets Jaunes en décembre dernier. Mais il oublie les pauvres, les vrais, les invisibles, et la misère de son maigre plan anti-Pauvreté de septembre dernier: ATD Quart Monde et le collectif ALERTE s'en indignent le lendemain: "Les associations de lutte contre l’exclusion rappellent que la désindexation des aides au logement, des prestations familiales ou encore de l’AAH décidées pour 2019 entraînera une baisse du pouvoir d’achat pour les 10 % des ménages les plus pauvres."

Macron fait un geste pour réhausser le minimum contributif à 1000 euros mensuels (retraite minimale pour les cotisants à taux plein). Il enfume son auditoire quand il promet de ne pas toucher à l'âge légal de départ à la retraite mais plutôt d'allonger la durée de cotisations de référence pour le calcul de la retraite: Vous pourrez partir à 62 ans, mais avec une décote si vous n'avez pas cotisé suffisamment longtemps. L'allongement de la période de référence permettra même de faire baisser mécaniquement les pensions. Face à cette arnaque, l'explication mielleuse du jeune monarque qui, la main sur le coeur, s'exclame qu'il serait "hypocrite" de décaler l'âge légal "tant qu'on a pas réglé le problème du chômage" sonne faux et donne même la nausée.




Où sont les journalistes ?
Il fallut attendre la fin pour une question qui piquait un peu, quoique timide, sur l'éventuel regret d'avoir embauché Benalla. Mais la question était ratée. Un journaliste, un vrai, aurait demandé des suites sur les révélations incroyables qui ont été faites depuis l'été - passeport diplomatique, prestations de sécurité pour des oligarques russes quand il était à l’Élysée, mise en place d'une troupe de sécurité parallèle, etc.

De vrai(e)s journalistes auraient interrogé l’Élysée sur l'injustice fiscale de son quinquennat. Ils l'auraient certainement repris quand Macron répétait que son gouvernement avait baissé incroyablement les impôts - ce qui est vrai, mais pour qui ? Les heureux élus de ces deux années macronistes furent les plus riches.

De vrais(e) journalistes l'auraient interrogé sur l'ampleur de la répression contre les manifestants, les 300 violences policières recensées, les 250 mutilés, le fichage des blessés par les Hôpitaux de Paris, l'impunité des unités mobiles anti-casseurs (152 blessés en quelques mois leur sont imputés!), l'arrestation de journalistes ou de street-medics, la réduction des libertés publiques (loi anti-anticasseur, loi sur le secret des affaires, loi sur l'état d'urgence): "Quand on est devant le chef de l'État et que pas une seule question n'est posée sur le sujet, à l'heure où il y a un débat sur la carte professionnelle des journalistes, c'est une faute professionnelle" commente le journaliste David Dufresne`. Une faute professionnelle certainement, mais de la complicité de classe également.

De vrai(e)s journalistes l'auraient questionné sur l'endogamie bourgeoise, l'entre-soi des puissants, les nominations pistonnées (Ferracci, Veil, Attal, etc) es amis bien placés, les robes de luxe prêtées à Mme Brigitte Macron (qui se souvient de Fillon planté en pleine campagne parce qu'il avait accepté 2 costumes quand il était premier ministre ?). De vrai(e)s journalistes se seraient interrogé(e)s sur ces nominations complaisantes, comme celles d'une présidente radiophonique, certes talentueuse, mais épouse d'un conseiller de campagne très actif du jeune monarque. Ou d'une directrice de communication de La Française des Jeux au moment où son mari préside le groupe des députés macronistes qui vote la privatisation de la dite entreprise.

Il y avait peu de vrai(e)s journalistes à prendre le micro ce soir-là. Nous étions au théâtre, sans doute l'épilogue du show médiatique du Grand Débat. La réduction du sens critique était extrême. Comment n'ont-ils pas compris, ces journalistes, que leur présence studieuse et silencieuse était ce soir-là aussi étourdissante ? Cette complicité de classe ou par trouille faisait peine à voir. Elle en rappelle d'autres.
"Un horaire innovant pour un exercice classique. C’est la signature d’Emmanuel Macron, un président rebelle mais qui reste dans les clous". Michael Darmon, éditorialiste à Europe 1, 25 avril 2019


Merci à Fred Camino pour les clichés du bas.

Radicalisation
 Le blabla jupiterien n'a pas convaincu en-dehors du cercle des ultra et de quelques radicalisés. Même la presse complaisante est contrainte à l'aveu, le propos est décevant. Les annonces anecdotiques ou minorées. Le Parti Médiatique cherche des circonlocutions pour rester positif malgré le désaveu -  "Emmanuel Macron : les Français pas convaincus par son intervention mais favorables à plusieurs de ses annonces" explique le JDD. Le chef de l’Etat "a voulu rassurer sur la matière régalienne... dans le discours essentiellement, car les annonces restent minces" commente l'Opinion.

Effrayée, la Macronie se radicalise. Elle ne veut plus voir les dérives liberticides d'un régime qu'elle soutient mais qui l'effrayerait si Marine Le Pen en tenait les commandes. Elle ne s'offusque pas du nombre de mutilations de civils depuis 6 mois. Elle fait mine de croire à l'argument que le raccourcissement des délais de dépots de dossier est une réponse positive aux temps d'attente des migrants (non, Mme Ndiaye, vous ne faite pas preuve d’humanité, quand au lieu d’améliorer les moyens de traiter rapidement les dossiers d'asile, vous réduisez les délais de demandes).

De vrai(e)s journalistes l'auraient questionné sur cette xénophobie macroniste qui ne dit pas son nom. Le plus tristement fascinant de cette radicalisation du macronisme est sa dérive vers l'extrême droite et la droite furibarde.

L'An I du macronisme était la révélation rapide et sans conteste d'une présidence pour riches, la mise en place d'un guichet des riches efficace et rapide, et d'un soutien aux grandes entreprises à travers le contreproductif doublement du CICE et la précarisation des salariés avec les ordonnances travail. 

L'An II prend une direction complémentaire: une dérive autoritaire qui appuie désormais ses actes sur le vocabulaire même de l'extrême droite à la faveur du scrutin européen.

Pour se défendre, Macron emprunte formules et concepts à l'extrême droite et la droite furibarde. Lors de sa conférence de presse, il accuse ainsi franchement « l’islam politique » de vouloir « faire sécession avec la République ». L'islam politique est un concept sur-utilisé par lextrême droite islamophobe qui permet d'amalgamer l'islam avec l'islamisme. Il fustige aussi les "détournements profonds du regroupement familial et de l'asile". Il promet également un débat annuel au parlement sur la politique migratoire... pour "rebâtir un patriotisme inclusif". Sur les ondes, sa tête de liste aux Européennes, Nathalie Loiseau, dont Mediapart a révélé sa participation sur une liste d'étudiants à SciencesPo avec des ex- du GUD, explique benoitement: "Nous voulons une politique migratoire qui protège nos frontières et nos valeurs". Même le Medef semble applaudir aux convergences économiques LREM/RN...

Renaissance européenne, patriotisme inclusif, "nos frontières et nos valeurs"...



Ami(e) macroniste, cher castor, où en es-tu ?


20 avril 2019

Emmanuel Macron et la dictature de l'émotion (623ème semaine politique)

 

L'incendie de Notre-Dame a permis à Macron le plus beau des exercices, une diversion compassionnelle qui a pourtant rapidement viré à l’écœurement. La "dictature de l'émotion" était évidente, comme pour mieux tirer la chasse sur une mauvaise et interminable séquence. Macron avait besoin de Notre-Dame pour éclipser sa mauvaise actualité, divertir l'attention de ses prochaines réformes et de l'absence de programme européen, à 4 semaines du scrutin.



Mini-mesures et maxi-manip
Emmanuel Macron allait promettre une grande réponse à la révolte de Gilets Jaunes et, surtout, au Grand Débat. Quand ses conseillers ont laissé fuiter les mesures "détonnantes", on pouvait être interloqué par tant de propositions tellement à côté de la plaque, si loin des revendications exprimées partout - dans les ronds-points, les manif, les sondages. Et même si l'on préférait récuser les ronds-points, les manif, et les sondages, où pouvait-on penser que les mesures annoncées officieusement répondaient à une quelconque demande si urgente qu'elle avait permis au clan macroniste de s'exonérer de tout programme pour les élections européennes ?
  1. Supprimer l'ENA: les formateurs des élites administratives sont un bouc-émissaire plus facile que le Medef ou les autres représentants de l'oligarchie.
  2. Supprimer l'Ecole de la Magistrature: Macron en avait-il contre ces magistrats et l'indépendance du parquet ?
  3. Baisser les impôts pour les classes moyennes: les classes moyennes n'existent statistiquement plus en France, mais Macron les a trouvées.
  4. Ré-indexer les petites retraites (moins de 2000 euros): qui protestera ? Quelle générosité bienvenue ! Après avoir augmenté la CSG des retraites, puis gelé la quasi-totalité des aides sociales et les retraites, le monarque "corrige".
  5. Pérenniser l'exonération d'impôts et de cotisations sociales pour les primes de fin d'année jusqu'à 1000 euros. La novlangue macroniste fait croire que Jupiter lui-même verse la prime à chacun ("La prime exceptionnelle de 1.000 euros "pérennisée" s'extasie l'oligarchie médiatique). Quelqu'un parmi les brillants esprits macronistes peut-il avouer le sens politique de cette multiplication d'exonération de cotisations sociales qui, ensuite, conduisent les mêmes à expliquer que la Sécu, l'assurance chômage et les retraites sont mal financées ?
  6. Interrompre la fermeture d'hôpitaux et d'écoles d'ici la fin du quinquennat: merci les Gilets Jaunes! Sur les ondes, cette semaine, la ministre Buzyn contredit pourtant son monarque: "Quand il y a vraiment un manque de soignants, parfois nous sommes obligés de fermer des services". A-t-elle oublié qu'elle est responsable des moyens et du nombre de soignants ?
  7. Autoriser les Référendums d'Initiative Citoyenne... au niveau local. Mini-réponse à une maxi-demande, bravo Jupiter, merci patron.
  8. Installer une "convention écologique" avec 300 citoyens "tirés au sort" pour "travailler à la transition écologique et aux réformes concrètes à prendre": de qui se moque-t-on ? La planète se réchauffe, le climat se dérègle, des milliers d'espèces du vivant  disparaissent et Macron, les mesures sont connues, mais Macron préfère organiser un Grenelle de l’Environnement miniature... Sans commentaire...
  9. Allonger la durée du temps de travail: le macronisme est un nouveau sarkozysme, la conversion est quasi-totale. La question cachée n'est pas la durée du travail (les heures supplémentaires sont déplafonnées jusqu'à 48 heures par semaine), mais le seuil hebdomadaire de calcul des heures supplémentaires.
C'est un trou noir, un aveuglement ou un mépris.


Masquer, mentir, divertir
Il y avait pourtant des idées simples et populaires, répétées dans les manif, et approuvées par des majorités sondagières écrasantes, étayées par les débats eux-même malgré le bidonnage gouvernemental: rétablir davantage de fiscalité sur les quelques centaines de milliers de foyers ultra-riches (78% des sondés sont ainsi en désaccord avec le refus de ne pas revenir sur la suppression de l'ISF), améliorer et augmenter les moyens des services publics de base (et surtout en matière de santé), ou se saisir enfin de l'urgence écologique.
"Président en vrille, com en toupie : l’Élysée tente de masquer les gilets jaunes derrière l’écran de fumée de Notre-Dame." Les Jours
Il y avait aussi d'autres mesures macronistes, toujours d'actualité, mais cachées, soigneusement cachées car socialement trop explosives: la réforme des retraites, objet de couacs gouvernementaux à répétition sur le report, ou non, de l'âge de départ à taux plein. Cette réforme a un objectif public, simplifier les régimes, et un objectif officieux que le Medef répète, économiser sur le dos des assurés puisqu'à aucun moment n'est évoqué un rééquilibrage des financements de cette solidarité inter-générationnelle: “Si l’on ne fait rien, l’équilibre financier du régime de retraite sera dans le rouge l’année prochaine”, a prévenu le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. Et sa proposition miracle est de reporter l'âge légal, quand l'âge réel approche déjà les 66 ans. Et que l'âge limite de vie en bonne santé stagne à 62 ans (hommes) ou 64 ans (femmes). Et un nouveau retraité sur deux est en fait... sans emploi. Au passage, l'Etat veut récupérer le contrôle du système, et évacuer les syndicats de la gestion des régimes.

Déjà en décembre, grâce au mouvement des Gilets Jaunes, Macron avait du lâcher du lest en décembre, un lest bienvenu qui a permis, note l'OFCE, la plus forte hausse du pouvoir d'achat depuis Sarkozy: la loi d’urgence (prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires, prime exceptionnelle défiscalisée, baisse de la CSG pour certains retraités, annulation de la hausse de la taxe carbone, ) avait permis de doubler le gain estimé de pouvoir d'achat en 2019  (+1,9 % par unité de consommation), et ce malgré la désindexation de certaines prestations sociales. Le gouvernement applaudit rapidement au constat, mais masque la suite de l'analysé des mêmes économistes: "Les créations d'emplois connaîtraient une croissance moins soutenue que sur la période 2017- 2018." L'OFCE prédit en effet un recul quasi-anecdotique du chômage (-0,1 point par an jusqu'en 2021), malgré la transformation ultra-coûteuse du CICE en baisse de cotisations sociales et allègements au niveau du SMIC (40 milliards en 2019)et la défiscalisation des heures supplémentaires. La politique de l'offre gave les actionnaires et ne relance pas la croissance ni les créations d'emplois. A moins de dégrader les conditions d'embauche, de réduire les droits des chômeurs, de traquer les sans-emploi.

Dans les sondages, l'illusion sur les conclusions macronistes du Grand Débat est de courte durée. Le rejet des propositions jupitériennes est écrasant. Et comme le régime macroniste a les sondages comme boussole, on stresse à l'Elysée. Macron bredouille qu'il trouvera d'autres idées.

Ça ruissèle sur Notre-Dame
Ces mesures si anecdotiques n'ont pas été annoncées. Comme un sabotage de l'Histoire, Macron a reporté son monologue présidentiel à cause d'un gigantesque incendie de Notre-Dame de Paris. La pointe de l'édifice religieux s'effondre dans les flammes et les larmes, comme un 11 Septembre version tricolore mais sans terroriste. L'émotion est normale, la cathédrale dépasse le symbole religieux. Mélenchon s'enflamme avec sincérité sur "notre cathédrale commune", ce n'est pas la première fois: "Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. Mais ils savent que si elle y paraît si puissante, c’est sans doute parce que les êtres humains se sont surpassés en mettant au monde Notre-Dame."  Mais toute la classe politique est unanime, les premiers complotismes n'apparaissant que le lendemain. Macron annule son intervention, et se précipite sur les lieux, cliché presque habituel d'un parterre d'officiels l'air contrit sur les lieux du drame. Jupiter gâche un peu l'unanimité en débutant son intervention par un hommage aux catholiques. Notre Dame ne vaut-elle pas mieux que cette religiosité-là ? Un curé, le lendemain, a des mots bien plus profanes et œcuméniques, quand il remercie à la télévision les catholiques, les protestants, les juifs, les musulmans, les laïcs et les athées. Mais Macron est dans le spectacle permanent. L'émotion est scénarisée et ce lundi -soir là il s'agit de reprendre de la hauteur et des points auprès de l'électorat catholique.

Il n'en faut pas davantage pour que les dons de riches patrons et quelques entreprises spécialistes de l'évasion fiscale ruissèlent au point d'inquiéter les finances publiques: concours d'ego, guerre de communication entre qui sera le plus généreux chez les très grands du pays ? En trois jours, le milliard d'euros de promesses est atteint. Un obligé dénommé Aillagon de ces milliardaires réclame aussitôt de rehausser le taux d'exonération fiscale de ces dons à 90%...

On est stupéfait devant pareil ruissèlement quand Macron répétait que les très riches méritaient d'être aidés, exonérés d'ISF, protégés d'un bouclier fiscal rebaptisé flat tax. Et les voici qu'ils lâchent un milliard en quelques heures. Finalement, ça ruisselle enfin ! Devant le trouble et la colère de quelques gauchistes sur la défiscalisation couteuse de ces dons,  un puis deux riches patrons promettent de ne pas la réclamer. Le placement reste rentable. Combien de morts sans domicile, de pauvres abandonnés, de causes humanitaires n'ont pas bénéficié de pareille générosité ?

L’écœurement vient rapidement. D'abord, comme souvent, avec le neo-fasciste Eric Zemmour. Toujours prompt à trier les Français, les émotions et les nationaux, le voici qui balance: "Celui qui n’est pas ému aux larmes devant l’incendie de Notre-Dame n’est pas Français." Le même Zemmour voit dans l'incendie un attentat. Il "doute" de l'accident. Zemmour doute de tout et haït beaucoup. Puis les déclarations télévisuelles de Manu 1er. Coincé devant la caméra dès le lendemain du drame, Jupiter promet de reconstruire le toit de la cathédrale en 5 ans. Jupiter se prend pour Philippe II Auguste. Et Édouard Philippe annonce un "concours international", discours devant les caméras. "Rebâtir en 5 ans", c'est un "défi immense" clame-t-il.

Les commentateurs médiatiques se jettent sur le sujet comme des mouches sur un caca posé là. "Peuple de bâtisseurs" invoque Macron. 5 ans pour reconstruire un cathédrale, un quinquennat pour abîmer la France.

Les Gilets Jaunes
On a les défis qu'on peut. Et la Macronista manque d'ambition. Elle cherche des diversions là où elle peut. Certains pensaient que le réchauffement climatique, la disparition des espèces, la persistance de la pauvreté dans nos pays richissimes, les guerres aux Moyen Orient, le trafic de migrants, une panique financière causée par un Brexit sans accord, les boucheries saoudiennes au Yémen avec des armements français, ou même le prochain krach financier conséquence d'une asphyxie économique par les dérives de la Finance, étaient des sujets autrement plus sérieux. On s'est donc trompé. Macron tente de se saisir de l'accident de Notre-Dame pour tirer un trait sur 10 mois de polémiques - affaire Benalla, scandale Mimi Marchand, révolte des Gilets Jaunes. Ses ministres sont au garde à vous sur les clichés sérieux qui traitent de Notre-Dame. D'autres tentent de meubler le vide d'une action de classe.

Le pistonné Gabriel Attal, secrétaire d’État sans expérience autre que de bonnes fréquentations, pose avec le nouvel uniforme du dernier gadget de la Macronie, un uniforme bleu comme des apprentis flics, pour des jeunes volontaires au SNU, Service National Universel.Un uniforme pour ... un mois de stage. Oui, la Macronie sait trouver où gaspiller quand il s'agit de symboles pour habiller sa politique.

23ème samedi des Gilets Jaunes, la villa des Macron au Touquet est discrètement protégée. La veille, Castaner a jeté un peu d'huile sur le feu en dénonçant à l'avance (sacré devin !) les violences. Le ministre de l'intérieur a aussi choisi les colonnes du seul quotidien ouvertement revendiqué libéral, de droite et pro-business, l'Opinion, pour oser affirmer qu'il "garde (son) âme et (son) parcours d’homme de gauche." Ne riez pas non plus quand il ajoute que la " loi anticasseurs n’est pas liberticide." Dans les hôpitaux, la Macronista fait ficher les Gilets Jaunes blessés. Au 20 avril, le journaliste David Dufresnes dénombre 644 cas avérés de violences policières, dont 259 blessures à la tête et 23 éborgnés. Sur les ondes, un député macroniste traite l'un des porte-parole visibles du mouvement de "profond débile". On progresse.

L'Elysée théâtralise encore davantage en mentionnant que Macron reçoit Castaner à la mi-journée. La mobilisation est en baisse, mais dans les sondages, les Gilets Jaunes cartonnent.

A l'Elysée, Macron peaufine sa prochaine diversion. A quatre semaines du scrutin européen, la Macronie n'a toujours pas publié son programme.


Ami macroniste, où en es-tu ?