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25 janvier 2020

Pourquoi la réforme des retraites est anti-démocratique et anti-sociale - 663ème semaine politique




A l'exception de quelques déséquilibrés, d'une poignée de terroristes en guerre contre l'Occident, ou de complotistes d'extrême droite, personne ne réclame la mort de l'actuel président de la République. Le récent anniversaire de la décapitation de Louis Capet a fait l'objet de quelques allusions sur les réseaux sociaux français et même lors des manifestations hebdomadaires contre la réforme des retraites. Peu nombreuses, elles ont toutefois suffit à provoquer l'ire et l'inquiétude des soutiens officiels et des contributeurs officieux du Macronistan. Les mêmes se rallient aux accusations d'appel au meurtre et aux cris d'orfraie de la droite. "Dans l’idéologie d’extrême gauche, la violence doit s’exprimer ; la mort doit en résulter" écrit un chroniqueur du Figaro à ce propos. "Avec Jean-Luc Mélenchon et d'autres ils escomptent le drame." renchérit un député macroniste.

Il n'y a plus de mesure en Macronistan. 

Emmanuel Capet

Quand Macron est dépeint en Louis Capet, et que la rue s'amuse de lui, la haute bourgeoisie s'inquiète. Elle vise à faire croire que ces "radicalisés" sont des violents.

Pourtant, aucun représentant du Macronistan n'a perdu de main, d’œil, ni même n'a reçu de coups. Aucun manifestant n'a éborgné de policier. Aucun gilet jaune n'a arraché de main ni même un doigt à un policier. Aucun élu macroniste n'a été frappé. Des policiers ont été blessés, mais bizarrement la gravité des blessures n'est pas répertoriée dans les statistiques gonflées à bloc publiées par le ministre éborgneur. Au pire, Macron et madame ont eu très peur à plusieurs reprises, comme lors de cette pièce de théâtre le 17 janvier dernier, où ils ont pris leurs jambes à leur cou dès qu'une rumeur de début de manifestation anti-Macron devant les lieux commençait à enfler. Le jeune monarque fut d'ailleurs si énervé par l'incident qu'il fit emprisonner le journaliste-militant qui avait dévoilé sur Twitter qu'il se trouvait sur place.

"En face", chez ces opposants qui, quoiqu'ils fassent et quoiqu'ils portent, sont toujours décrits par les suppôts du Macronistan comme de dangereux personnages, on ne peut pas en dire autant.  Ce sont bien des forces de l'ordre qui, sur ordre du ministre Castaner, ont blessé, mutilé, humilié, traumatisé des gens par centaines. Quand une main est arrachée, on peut appeler cela une bavure détestable. Mais quand il y en a 5, quand 25 manifestants perdent un oeil car la police tire ses grenades à l'horizontal en visant les visages, quand 600 civils sont blessés, dont 300 à la tête (un bilan "sidérant", dixit le Canard Enchaîné), on appelle cela une politique, une doctrine.

Pour rassurer leur socle électoral, les officiels du Macronistan mettent sur un pied d'égalité les tags de peinture sur des permanences d'élus macronistes et les frappes de CRS sur des civils sans défense.

Jeudi 23 janvier, une marche aux flambeaux a rassemblé des milliers de personnes contre la réforme des retraites, après une journée où les estimations de participation convergent pour indiquer une participation en hausse. Un dessinateur du Monde, très enflammé contre les Gilets Jaunes depuis la première heure, a rapidement accusé ces défilés de s'inspirer de ceux du Klu-Klux-Klan et des nazis des années 30... Outre la grossièreté "godwinesque" de la comparaison, qui témoigne de la radicalisation extrême de son auteur, il y a aussi une confusion historique évidente - les retraites au flambeaux sont aussi un symbole républicain, une pratique de la IIIème République en hommage au renversement de la monarchie et de la prise de la Bastille en 1789.

Cette journée de grève et de manifestations fut joyeuse, mais le Macronistan a besoin de se faire peur pour consolider son socle. La caricature est une arme facile.

Depuis le début de son quinquennat, Macron force la main au pays. Il souffre d'un procès en illégitimité (relayé dans les colonnes de ce blog) car il mène un programme radical pour lequel il n'a pas été élu par une majorité absolue des citoyens. Ni le barrage contre le Front national au second tour de l'élection présidentielle (appel suivi par la moitié des électeurs insoumis du premier tour, l'autre moitié choisissant l'abstention ou le vote nul), ni les 60% d'abstention aux élections législatives offrant une majorité écrasante d'élus à la Macronie ne valaient blanc seing pour des contre-réformes dont les détails n'avaient d'ailleurs ni été débattus ni même présentés pendant la campagne. 

Pour l'essentiel, Macron a menti par omission.

Cette absence de respect de la diversité des électrices et électeurs qui ont voté pour lui est le premier poison de ce quinquennat. Elle ruine la confiance dans la démocratie. Elle encourage l'abstention, ce qui est l'un des objectifs macronistes.  L'absence d'enquête sur les financements douteux de sa campagne (alors que pour des sommes moindres, ces opposants sont encore sous le coup d'enquêtes), les barbouzeries de Benalla à l'Elysée (jusqu'aux révélations de la semaine sur comment deux membres du staff présidentiel ont fait disparaitre le coffre fort du domicile de l'ex-garde du corps de Macron)

Macron s'agace encore. Cette semaine, en déplacement en Israël, il a singé dans le plus grand ridicule la posture spontanée de Jacques Chirac 24 ans plus tôt en s'énervant à voix haute, et en grossissant son accent français pour l'occasion, contre des personnels de sécurité israéliens devant l'Eglise Saint-Anne à Jérusalem. Mais sur le chemin du retour, il n'a pu s'empêcher de livrer cette pique à celles et ceux qui l'accusent d'autocratisme. Quand on mesure la violence de la répression déployée au nom de "l'Etat de droit" depuis deux ans, on se pince pour croire cet éloge de la non-violence prêté à Macron dans son jet présidentiel.
"Aujourd’hui s’est installée dans notre société, et de manière séditieuse, par des discours politiques extraordinairement coupables, l’idée que nous ne serions plus dans une démocratie. Qu’il y a une forme de dictature qui s’est installée, (...) la dictature c’est un régime où une personne ou un clan décide des lois (...) où l’on ne change pas les dirigeants, jamais (...). Si la France c’est ça, essayez la dictature et vous verrez! La dictature, elle justifie la haine. La dictature, elle justifie la violence pour en sortir. Mais il y a en démocratie un principe fondamental: le respect de l’autre, l’interdiction de la violence, la haine à combattre”.
Macron s'agace car des journalistes pourtant prudents, et souvent déférent à son égard, commencent à grogner et s'inquiéter du délabrement démocratique du pays. En sus du climat de violence policière (jamais jugée, jamais inquiétée, toujours encouragée), de quelle avancée démocratique Macron peut-il se targuer depuis qu'il a été élu ? La réduction drastique du nombre de représentants des salariés pour "améliorer le dialoguqe social" ? La réduction prévue du nombre de députés pour "accélérer les lois" ?

Le régime politique français est techniquement et légalement une autocratie. Que des contre-pouvoirs empêchent le Macronistan d'en abuser est un fait, et un fait heureux.


Gouvernement d'incapables, réforme anti-démocratique

Prenez la réforme des retraites, bel exemple anti-démocratique: elle a été travaillée dans le secret pendant des mois par un groupe désigné non par un vote mais par le monarque, sous la direction d'un gars plus tard convaincu d'une quinzaine de conflits d'intérêts qui, en démocratie, auraient du le conduire en procès.

Cette réforme est pourtant majeure puisqu'elle concerne la totalité des générations du pays. Pourtant, elle ne fut pas présentée ni a fortiori débattue pendant la campagne présidentielle de 2017. Elle n'était pas dans le programme présidentiel. Il y a moins d'un an, alors que son contenu n'avait pas été révélé, Macron lui promettait l'inverse de ce qui fut finalement présenté sur l'âge de départ. ce projet de réforme a un objectif, réduire le coût des pensions. Au passage, grâce à la simplification par le passage au système de points, le Macronistan se dote d'un outil plus simple pour réduire les retraites en cas d'austérité dans le futur.

Mais voici que le projet de réforme des retraites est gravement critiquée par le Conseil d’État à qui elle a été présenté il y a quelques jours. Cette institution critique la méthode non démocratique de la Macronie. 

Primo, le manque d'évaluations: l'étude d'impact est "insuffisante" au regard des exigences de la loi. Le Conseil d’État accuse même le gouvernement d'insincérité: "le Conseil d’État rappelle que les documents d’impact doivent répondre aux exigences générales d’objectivité et de sincérité des travaux procédant à leur élaboration." Il rappelle que "les projections financière ainsi transmises restent lacunaires (...) en particulier sur les différences qu’entraînent les changements législatifs sur la situation individuelle des assurés et des employeurs, l’impact de l’âge moyen plus avancé de départ à la retraite, qui résulterait selon le Gouvernement de la réforme, sur le taux d’emploi des seniors, les dépenses d’assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux." Rien que ça ... REt de fustiger plus loin que l'absence d'évaluation de l’impact des mesures d'âge "sur les comptes de l’assurance-chômage, compte tenu du faible taux d’emploi des plus de 65 ans, et les dépenses de minima sociaux". Repousser l'âge de la retraite, c'est d'abord allonger le chômage des seniors...

Secundo, le gouvernement a (volontairement?) bâclé le partage de l'information sur le projet: les organismes concernés par la réforme ont été saisis trop tard et "dans l'urgence" - quelle surprise pour une réforme pourtant "peaufinée" par cet grand expert Jean-Paul Delevoye depuis près de 18 mois... Le Conseil d’État critique même les délais trop courts qui lui sont impartis. 

Tertio, il critique aussi la méthode législative retenue, le recours aux Ordonnances pour 23 des articles de la loi: "s’en remettre à des ordonnances pour la définition d’éléments structurants du nouveau système de retraite fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme."

Ces trois critiques ne sont pas les seules, mais les plus déterminantes sur le sabotage démocratique de cette réforme.

Sur le fond, le Conseil d’État valide que cette réforme est d'abord une arnaque financière: le régime n'est pas déficitaire, mais le gouvernement prédit un déficit de 8 à 17 Mds€ en 2030 "résultant d’une évolution défavorable des ressources liée à de moindres transferts entre entités publiques." Et oui, c'est bien un problème de ressources dégradées par cette présidence des riches. Le Conseil d'Etat conteste même le marketing politique du gouvernement: "le projet de loi ne crée pas un « régime universel de retraite ». Il considère que le gouvernement ment quand il écrit que « chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous ».
  1. Il critique "la disparition des solidarités financières internes à chaque régime".  
  2. Les inégalités de retraites hommes/femmes devraient être réduites ... si les gens travaillent plus longtemps.
  3. Au-delà de 10 000 euros de salaire mensuel, les cotisations retraites tomberont à 2,8% du revenu: en d'autres termes, les très hauts salaires ne cotiseront plus pour la retraite publique et seront incités à épargner ... pour eux. Il y a même des macronistes qui pensent que retirer ainsi 3 milliards d'euros au financement de la retraite socialisée est un progrès social...
  4. Le projet "pénalise en revanche les carrières complètes pendant lesquelles les assurés connaissent des années d'emploi difficiles"
  5. Le projet créée une imprévisibilité des pensions futures à cause du système à points: "il retire aux assurés une forme de visibilité sur le taux de remplacement prévisible qui leur sera appliqué, dans la mesure où la pension n’est plus exprimée à raison d’un taux rapporté à un revenu de référence mais à une valeur de service du point définie de manière à garantir l’équilibre financier global du système.
  6. Le Conseil d'Etat note une petite saloperie (y-a-t-il un autre terme?): Macron veut supprimer le dispositif permettant aux assurés de partir à la retraite à 58 ans à condition avoir commencé à travailler avant l’âge de 16 ans, "le Gouvernement justifiant la mesure par son caractère marginal, seuls 2 500 assurés en ayant bénéficié en 2017." 
  7. Autre petite économie, le projet de loi exclut les périodes de chômage non indemnisé pour l'accès à la retraite minimum promise par Macron. 
  8. Le projet de réforme reste flou sur la transition des régimes spéciaux: "le Conseil d’État estime, là encore, nécessaire d’expliciter plus clairement que ne le fait le projet qui lui est soumis, la reconnaissance de ces garanties."
Bref, cet avis sonne comme un réquisitoire. Jour après jour, cette présidence des riches se révèle comme un gouvernement d'amateurs et d'incapables, voici ce que la réforme des retraites nous révèle une fois de plus, après l'épisode des Gilets Jaunes ou la rocambolesque affaire Benalla.

La gaffe de Capet

Avec une certaine discrétion, le gouvernement vient de prolonger la convention fiscale avec l'Arabie saoudite, l'une des plus grandes dictatures islamistes. La mesure est passée au Journal Officiel le 22 janvier. Macron fait de grands gestes, prononce de grands mots sur la paix. Les coulisses sont plus sales. Le voici qui cherche à sortir par le haut du bourbier des retraites et de cette crise sociale qui n'en finit pas avec une nouvelle diversion "mémorielle". Aux journalistes-perroquets qui le suivent de près, il lance ainsi que "Les sujets mémoriels sont au cœur de la vie des nations."

On se souvient du grand "succès" de l'itinérance mémorielle de l'automne 2018, juste avant la révolte des Gilets Jaunes. Macron avait poussé l'exercice jusqu'à un hommage à Pétain. Cette fois-ci, il pense à l'Algérie. Macron cherche sa place dans l'Histoire, il veut se re-présidentialiser. En voyage en Algérie, où il est resté incroyablement silencieux sur la tentative de révolution démocratique l'an passée, il lâche: "Je suis très lucide sur les défis que j'ai devant moi d'un point de vue mémoriel, et qui sont politiques. La guerre d'Algérie est sans doute le plus dramatique. Je le sais depuis ma campagne. Il est là, et je pense qu'il a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995."

Vraiment ?

Singer le Chirac de 1995, voilà le projet ? 

Cette tentative de re-présidentialisation est surprenante: elle ne change rien à la vie quotidienne de celles et ceux qui manifestent, protestent ou soutiennent les mouvements sociaux. Elle tente de replacer l'attention politique sur le terrain identitaire et historique alors que l'actualité est sociale.  Il est pourtant loin d'être acquis que le sujet agisse vraiment comme une diversion, au-delà de l'excitation presque cutanée de la droite furibarde sur laquelle Macron s'appuie pourtant désormais.

Ami castor, où te-situe ? 



"A défaut d'être entendus, peut-être serons-nous vus"



18 janvier 2020

Marine Le Pen présidente - 662ème semaine politique

Elle s'y prend tôt. Elle fut tellement dangereuse et ridicule la dernière fois, en 2017. Qui a oublié cet incroyable débat de deuxième tour où l'on "découvrait" que la présidente du Rassemblement National ? Pour 2022, ça ira mieux. Macron a préparé le terrain.


Pendant des mois, des années avant cette élection présidentielle de 2017, la Blonde Immonde a fait la une des sondages, des journaux, des magazines, des débats politiques. On nous a effrayé l'électorat, on a multiplié les sondages pour promettre ce second tour qui arriva... de justesse. Car le score, sans qu'il ne s'agisse de contester sa validité, fut serré entre quatre candidats, un résultat aussi incroyable qu'inhabituel sous cette Vème République. On connaît la suite, si prévisible: n'importe quel castor pouvait gagner contre l'un des plus incompétentes et dangereuses figures politiques du pays de la décennie. Marine Le Pen est un épouvantail facile: elle est grossière, elle ne maitrise pas ses dossiers, elle est facilement et régulièrement prise en flagrant délit de mensonges, elle ne délivre aucune empathie.

Pour 2022, Marine s'y prend toujours aussi tôt: "Ma décision a été réfléchie mais elle est prise"

Pour 2022, le terrain est prêt. Marine Le Pen peut être présidente.

Les esprits sont prêts: effrayée par les réactions sociales successive à ses agressions conservatrices, la Macronie a progressivement durci sa réplique, pour tomber dans ce qui s'appelle de la répression politique.

Sur le plan légal, l’État de droit a bien changé. Il est prêt pour Marine. La Macronie a encore assoupli le cadre légal si bien qu'on se demande ce qui restera à faire à Marine Le Pen une fois au pouvoir. En France, en 2020, vous pouvez être arrêté, fouillé, perquisitionné, empêché de manifester, assigné à résidence, emprisonné plusieurs jours, espionné sans contrôle d'une justice indépendante. L'arsenal antiterroriste est d'abord utilisé contre des opposants politiques - des écolos, des étudiants, des Gilets Jaunes, des retraités, des journalistes de terrain, des grévistes. La loi asile de Macron a été applaudi par l'extrême droite. Macron a réactivé le débat sur l'identité nationale et l'immigration musulmane qu'affectionne les furibards xénophobes.

Sur le plan démocratique, la Macronie ne s'émeut pas que les forces de l'ordre sèment le désordre dans les consciences au nom de la protection du clan présidentiel. Le  gouvernement a lâché la bride des forces de l'ordre (« Allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter. Ça fera réfléchir les suivants ») pour faire peur. Il tait les violences policières. Il s'offusque qu'on en parle. Pourquoi l'électorat présidentiel serait-il ému plus tard quand Marine Le Pen fera de même une fois élue ?

Quand un journaliste signale sa présence dans un théâtre, Macron le fait arrêter par la police à la sortie du spectacle sur un prétexte fallacieux mais qui a l'apparence du droit. Et Macron reçoit même le soutien de Marine Le Pen qui condamne... les manifestants.

La Macronie manipule les institutions: pour le scrutin européen (mai 2019), la Macronie cache son programme jusqu'à 4 semaines avant le scrutin. Beau respect du débat. Pour le scrutin municipal (mars 2020), le ministère de l'intérieur supprime l'enregistrement de l'appartenance politique des futurs candidats dans les communes de moins de 9000 habitants. La manœuvre est grossière. Il s'agit d'éviter de faire apparaître le réel score des macronistes dans le pays.

Sur le plan judiciaire, les droits des citoyens sont bafoués sans que la justice ne s'en saisisse ni ne s'en émeuve. Ainsi sur les violences policières contre des civils, filmées chaque semaine depuis bientôt deux ans, n'ont débouché que sur quelques enquêtes internes. L'IGPN a blanchit la surutilisation d'armes de guerre. Le gouvernement a commandé de milliers de ces grenades qu'aucune démocraties n'utilise pour le maintien de l'ordre. Il a envoyé des conseillers aider le gouvernement chilien qui applique très bien les consignes de viser les visages quand ses policiers ripostent contre la les manifestants (200 éborgnés en 2 mois !).

Un flic a été condamné pour avoir giflé un Gilet Jaune pourtant impassible. Mais on cherche toujours les coupables des arrachages de mains, des tirs à vue, des coups sur des civils à terre. Les policiers, casqués et masqués pour éviter qu'on ne les reconnaisse, masquent aussi leur numéro d'identification.

Ce silence de la justice sur les violences policières, cette absence de poursuites, les enquêtes si partiales qu'elles en deviennent risibles sur des abus de droits pourtant filmés ne choqueront aucun macroniste demain quand Marine Le Pen sera présidente. A l'inverse, la justice sait être rapide pour condamner des civils. Près de 400 Gilets Jaunes ont déjà été condamnés à de la prison ferme. D'un côté le clan macroniste met sur un pied d'égalité la violence des manifestants et des forces de l'ordre, de l'autre, il sanctionne la première avec rapidité et laisse faire la seconde.

Qui écoutera les castors macronistes donner des leçons contre le danger Le Pen  ? 

On est tout aussi impatient d'entendre le clan macroniste donner des leçons de moralité publique aux corrompus neo-fascistes: barbouzeries à l'Elysée (Benalla), trafic d'influence (Ferrand) , conflits d'intérêts (Delevoye), influences des lobbies (qui heurte jusqu'au Conseil de l'Europe), mises en examen (Modem), utilisation des biens de l'Etat à des fins privées (la piscine, le jet, etc), la Macronie présente tout l'éventail de ce l'inexemplarité en un temps si record - le mouvement fête à peine ses 4 bougies.


L'image que donne notre police dans l'exercice du maintien de l'ordre est désormais celle d'un Etat autocratique. Quand Marine Le Pen sera présidente, Christophe Castaner et Nicole Belloubet pourront rester en poste. On dirait même qu'ils s'y préparent tous les deux. Le 18 janvier 2020, le premier n'a toujours vu ni policier ni gendarme attaquer des manifestants autrement que lorsqu'ils étaient "acculés". La Macronie a légitimé toutes les outrances, toutes les atteintes aux droits de l'homme que l'on est en droit de craindre de l'extrême droite, toutes les amalgames qui abiment la République.

Sans rire.

Marine Le Pen a d'autres atouts pour sa campagne présidentielle.

Macron procède des mêmes outrances verbales pour requalifier la réalité à son avantage. Quand quelques opposants à réforme des retraites s'introduisent dans les locaux de la CFDT qui vient de s'accorder avec la Macronie, Macron requalifie la chose en "violences" ("Ces violences sont une honte pour notre démocratie" - Emmanuel Macron, cité par l'AFP), et aussitôt toutes la Macronie et la droite toute entière renchérissent. Les vidéos et les témoignages offrent pourtant une toute autre réalité, l'entrée calme et sans cri des "envahisseurs".

Macron endort aussi le débat politique. Il cherche à vider la politique de tout enjeu grâce à l'emploi d'une novlangue, avec sa "rhétorique perverse", son "vocabulaire travesti", la Macronie renomme la réalité et les conflits. L'objectif est de convaincre les convaincus qu'ils ne se sont pas trompés, et d'endormir les autres. C'est une différence notable avec l'hystérisation verbale d'un Trump: Macron comme Trump trahi les faits avec les mots; comme Trump il désigne ses adversaires politiques avec le vocabulaire habituellement réservé aux criminels (grévistes/preneurs d'otages) ou aux terroristes (syndicalistes "radicalisés", gauche "radicalisée", opposition "radicalisée", etc). Il le fait souvent avec le même mépris oratoire, mais à la différence de Trump il s'est pour l'instant abstenu de cette hystérie du Clown dangereux de la Maison Blanche.

Vider la politique de son sens permet de décourager les citoyens les moins motivés. A l'inverse de Mélenchon, Ruffin et autres insoumis qui consacrent l'essentiel de leur énergie citoyenne et l'intégralité de leur (faible) temps de parole publique à faire une pédagogie détaillée des évènements (cf. les 2heures de conférence sur les retraites à Amiens le 16 janvier), 

Macron a perdu sa gauche. Face à Le Pen, le nouveau président des riches aura peine à rassembler plus loin que le cœur de droite qui constitue aujourd'hui, selon tous les sondages depuis un an, le socle majoritaire de sa (faible) popularité. Le jeune monarque a trahi sa gauche avec toutes ces lois qu'on ne compte plus.

Le face à face promis du  avec l'héritière de Montretout aurait été cette fois-ci le duel Sarkozy/Le Pen que la République n'a jamais eu. En 2017, on a fait fait croire à l'électorat que le qualifié de justesse serait le barrage de tous et le champion de chacun. Il a fait la politique de Sarko, en pire.

En 2022, on s'en souviendra.

Ami castor, t'en souviendras-tu ?




https://twitter.com/fbleubnormandie/status/1218114016159174656?s

11 janvier 2020

Le combat contre la Macronie radicalisée - 661ème semaine politique

 

Où il est  question d'une Macronie qui s'est radicalisée dans la gestion de la peur, la menace, la répression et la protection des privilèges des puissants. 

 


La droite s'inquiète
La tournée des vœux de la Macronista s'apparente à un chemin de croix bien mérité. Devant des avocats à Caen, la ministre de la "Justice" Nicole Belloubet est interrompue par des avocats silencieux qui lui jettent leur robes devant elle.

Deux jours plus tard, la même se fait protégée par un mur de gendarmes lors de ses vœux à la Cour de Cassation car elle refuse de rencontrer un collectif d'avocats. Emmanuel Macron, le "monarque vertical" est aussi lui-même chahuté à Créteil.

La réforme des retraites est dans l'impasse. Le gouvernement s'obstine à vouloir passer en force. Il y arrivera peut-être car les députés godillots voteront sans doute cette réforme, comme ils ont voté les ordonnances travail qui ont réduit les droits des salariés (ah ce souci d'égalité entre employeurs et employés ... !) et supprimé des critères le port de charges lourdes (129 800 personnes concernées en 2016), les vibrations (46 100 personnes), les postures douloureuses (86 800 personnes) et la présence d’agents chimiques dangereux (43 400 personnes exposées), la loi asile qui a réduit les droits des réfugiés, la loi contre les manifestants qui permet l'emprisonnement sur soupçon, la loi qui a réduit les droits des journalistes et des lanceurs d'alerte sur le secret des affaires, la loi qui a réduit les objectifs de transition environnementale et celles qui ont reporté à la Saint-Glin-Glin l'interdiction des plastiques ou des pesticides (+21% de consommation de pesticides en France en 2018), la loi qui a réduit les droits des chômeurs, la loi qui a réduit les impôts des plus riches, et les lois qui ont réduit le budget de l'hôpital mais augmenté celui de l'armée.
"La sécurité sociale est une unité. [...] Quel que soit le but particulier auquel peuvent tendre les diverses institutions, qu’elles aient pour objet de couvrir les charges de la maladie, de fournir des retraites de vieillesse ou des pensions d’invalidité professionnelle, ou d’alléger les charges de familles nombreuses, il s’agit toujours d’opérer un prélèvement sur les revenus de la masse pour couvrir l’insuffisance des ressources de certains." Ambroise Croisat, ministre communiste du Travail, à propos de l'instauration des retraites et de la Sécurité sociale, 8 août 1946.

Dans les transports, les grévistes se relaient pour ne pas perdre trop tout en maintenant la pression. Des milliers de familles ont déjà perdu quelques semaines de salaires depuis le début du mouvement il y a un mois et demi. Sur les ondes officielles, des éditorialistes blancs/bourgeois se succèdent pour répéter des mensonges sur cette prétendue réforme "égalitaire" quand d'autres militants de cette nouvelle droite de gouvernement expliquent sur les ondes que la prise en charge de la pénibilité comme l'exposition aux risques chimiques, "c'est compliqué".

En Belgique...

Il recule

Pour les générations proches de la retraite, Macron a déjà reculé la prise d'effet de "l'âge pivot". 
Il a ensuite reculé sur les pensions de réversion dont il voulait reporter la prise d'effet (62 contre 55 ans).

Puis il a reculé sur l'âge pivot; son premier ministre Philippe a confié samedi 11 janvier qu'il était prêt à céder ce point entièrement. Finalement, la grève, ça paye. Cette mesure était inique: non seulement l'espérance de vie en bonne santé s'affaisse et la durée de cotisation et de travail était plus longue qu'ailleurs en Europe, mais cet âge pivot dégradait les pensions dans quasiment tous les cas: les simulations proposées par le gouvernement, gonflées par des hypothèses de progression salariale jamais vues en France depuis 10 ans, montrent combien une "secrétaire" au SMIC, un "graphiste" à 2500 euros ou un prof d'université perdront avec la nouvelle réforme.

La réforme est toujours injuste: la fraction aisée de la population (12% cotise à de l'épargne retraite privée seulement) se "protègeront" avec des placements en Bourse, mais pour les autres, le calcul en points rend encore plus incertain le niveau des pensions futures. Avec ce système à points plus personne ne sait avec combien on partira à la retraite. En Suède, la mise en place du système à points il y a 20 ans, où le nombre de retraités pauvres était déjà deux supérieurs à celui de la France, a aggravé la situation des retraités.

Dans la Belgique voisine, la même réforme a été abandonnée

Finalement, Macron va présenter son projet de loi pour un examen parlementaire à la fin du mois. Il se fiche du monde car il a accéléré la procédure parlementaire pour raccourcir les débats avant les élections municipales. Une version est fuitée d'abord à quelques journalistes, avant les syndicats.

Cette grève persistante a fait dégringoler Macron dans les sondages. Même à droite dans les rangs sarkozystes, fillonistes et autres conservateurs, où le jeune monarque trouve la majorité de ses soutiens, les petits reculs de Macron (comme ce report aux générations post-1972 de la réforme) a fini par faire douter du bonhomme.

Cette grève a permis de dévoiler l'enjeu d'une réforme longtemps restée floue: faire des économies sur les pensions socialisées. Les plus fortunés épargneront davantage chez Black Rock et consorts. Les autres se serreront la ceinture.   

La CFDT propose une convention sur le financement. C'est une bêtise sauf à espérer qu'elle s'autorisera à imposer une revalorisation des cotisations des employeurs et des foyers aisés. La direction de la CFDT, débordée par sa base depuis le début, ne saisit pas la radicalité de cette droite au pouvoir.

Contre 2 millions de manifestants, les violences policières.  

Cette semaine encore, un livreur a été tué par des policiers. Dans l'hebdomadaire, LE POINT, par ailleurs publication attitrée de l'écrivain pédophile Matzneff qui fait l'essentiel de l'actualité sociétale française de ces premiers jours de 2020, le journaliste controversé Aziz Memouri accuse le chauffeur décédé d'infractions routières. Aux Etats-Unis, on entend les mêmes arguments qui tentent de salir la mémoire des victimes de bavures policières quand des civils noirs sont tués par des policiers blancs.

L'obstination
A Paris le 9 janvier, lors des manifestations  d'agents RATP et SNCF, d'enseignants, d'étudiants, d'infirmières, et d'autres contre la réforme, un policier casqué tire une grenade LBD40 à bout portant sur des manifestants. Les mêmes images de civils assommés et ensanglantés pullulent alors sur les réseaux sociaux. Alors que le triste cinquième anniversaire des attentats de Charlie Hebdo (7 janvier), de Montrouge (8 janvier) et de l'Hyper-Casher (9 janvier) est célébré, chaque jour qui passe depuis 18 mois rappelle combien la Macronie a créé une haine du flic, une peur des forces de l'ordre. 

La police place en garde à vue un journaliste et en frappe quelques autres, malgré des cartes de presse apparente. Une autre vidéo la montre en train de projeter au sol une étudiante qui marchait calmement.  Dans une autre, quatre policiers frappe à coups de poing et de matraque un civil au sol.
«Grâce à la protection d’un manifestant, notre collègue aide-soignante a évité le pire. Merci à lui. Nous dénonçons vivement les agissements de cette police violente qui s’attaque à tous et toutes. Nous dénonçons l’impunité de la police qui traîne à terre une femme et roue de coup les manifestants.»  SUD santé AP-HP
Dans son émission quotidienne sur CNEWS, le prédicateur d'extrême droite Eric Zemmour appelle la police à tirer à balles réelles. 

Lors de ses voeux aux forces de l'ordre, Christophe Castaner a cette conclusion odieuse et désynchronisée de la réalité à l'adresse de l'assistance:  "Certains ont à ce point perdu le nord qu'ils ne savent plus de quel côté est le droit, et en viennent à penser qu'il serait bon de subventionner la violence. Moi, je sais que les bras défenseurs de notre liberté chérie, c'est vous."

En embuscade, le Rassemblement national se frotte les mains. La violence de la répression légitime son programme et ses ambitions. L'extrême droite veut alléger les garde-fous judiciaires qui protège le citoyen(ne) de l'arbitraire policier, c'est chose faite. Elle n'est plus seule à être ulcérée contre les critiques des violences policières. Le gouvernement lance l'expérimentation de la reconnaissance faciale. Il a déjà facilité les conditions d'accès aux fichiers du ministère de l'intérieur par les polices municipales.  Et il a étendu en 2018 le fichage génétique à tout opposant ou suspect.

Cette Macronie radicalisée fait peur: c'est un faux centrisme politique qui a installé un régime socialement et politiquement violent dont il s'étonne aujourd'hui qu'il déclenche de telles résistances. 

Ce n'est plus un débat, mais un combat.

Ami castor, où te-situe ?






Nota Bene:billet mis à jour dimanche 12 janvier après l'annonce de l'abandon de l'âge pivot.

4 janvier 2020

Souhaiter la mauvaise année à Macron - 660eme semaine politique



Les vœux de nouvelle année du jeune monarque furent hypocrites et sans surprise. Emmanuel Macron osa expliquer combien il avait su tenir compte de la révolte des Gilets Jaunes.

 Cet homme vit dans sa bulle. L’année 2019 s’est conclue sur l’utilisation sans discernement d’un arsenal répressif adopté au nom de la lutte contre le terrorisme notamment islamiste contre les opposants de toutes natures. 


« La généralisation de la pénibilité est au cœur du projet du gouvernement » explique un secrétaire d’Etat aux transports. Il faut prendre la formule au premier degré. Oui, la Macronie est pénible. Comme une provocation, elle vient de décerner une médaille de la Légion d’honneur au patron de la filiale française de Black Rock, ce fonds géant qui se frotte les mains à l’idée de récupérer une belle fraction de l’épargne retraite, notamment des cadres.

Le 2 janvier, le patron de LrEM, désigné par le vieux monarque de l’Elysee, a accusé de « radicalisés » de la CGT de s’être introduit dans un local du parti. C’est un mensonge mais le plus symptomatique est ailleurs. Stanislas GUERINI, puisque c’est de lui dont il s’agit, cadre supérieur du privé devenu porte voix du macronisme, utilise à merveille la novlangue du régime: « radicalisé » est indistinctement utilisé pour désigner tous les ennemis de l’Etat: islamistes qui poignardent des innocents, écologistes qui manifestent contre le bétonnage ou la surconsommation, antispecistes qui dévoilent les conditions de torture contre les animaux dans les abattoirs, étudiants qui occupent des facs contre la sélection à l’université publique, professeurs qui refusent de noter le bac contre sa réforme élitistes, grévistes de la RATP et de la SNCF, infirmiers protestant contre la cure des services de santé, et, bien sûr, les Gilets Jaunes.

Radicalisé est le nouvel adjectif qui désigne l’ennemi de la Macronie.

N’est ce pas cocasse ?

En 2019, Macron a vandalisé la République. 

Bonne année, Macron ? Le 30 décembre, ultime insulte au progressisme, le gouvernement publie l’un de ses décrets dont il a désormais l’habitude. On se souvient d’un autre décret en décembre 2018 sur le durcissement des sanctions et contrôles contre les chomeurs. Cette fois, en 2019, c’est un gros clin d’œil à l’extrême droite, un décret xenophobe, le n° 2019-1531 du 30 décembre 2019 relatif à la condition de résidence applicable aux demandeurs d'asile pour la prise en charge de leurs frais de santé qui détaille au Journal Officiel comment la prise en charge médicale des réfugié(e)s sera désormais repoussée. 

On s’interroge: combien de « castors », ces sympathisants de gauche qui en 2017 croyaient faire barrage à l’extrême droite, feront le lien entre les images choc de réfugié(e)s physiquement à bout après avoir survécu aux affres de leurs périples et cette mesure administrative xenophobe. 

En 2019, le jeune monarque a perdu les derniers soutiens naïfs. Il lui reste ses irréductibles et une nouvelle et grandissante fraction de soutiens à droite. 

Ami macroniste, où te situes ?


28 décembre 2019

L'abécédaire de la Présidence des ultra-riches


Voici le troisième abécédaire, complété de cette troisième année du quinquennat. Le Macronisme ressemble à un "thatchérisme sans couille", l'offensive d'une minorité aisée, incarnée par des trentenaires aux allures de start-upers, pour casser dans les esprits le concept même de solidarité nationale et recycler les vieilles lunes conservatrices nées il y a 50 ans. Cette minorité cache ses forfaits, sa violence sans contrôle, la réduction de la prise en charge publique de l'éducation, de la santé, du chômage et de la retraite; la précarisation plus grande des chômeurs et des salariés, mais aussi son ambition derrière des gadgets, une novlangue, et des faux-nez.


Afrique
En juillet 2017, Macron choque avec cette formule: "Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien." En décembre 2017, il dénonce la Françafrique mais consolide la présence militaire française pour protéger les mines d'uranium si chère à notre industrie nucléaire. Il aime se montrer à Noël dînant avec des militaires, surtout après la mort accidentelle de 13 soldats en novembre 2019. Mais comme Sarkozy, Macron joue aussi de l'immigration africaine. Il reprend l'argumentaire frontiste sur "l'invasion" et "la question de l'immigration qu'il faut affronter", et fait surtout voter un Code de la Honte (Cf. "Immigration"). En Afrique du Nord, son gouvernement défend l'idée de construire des centres de tri.

Absentéisme
Depuis leur élection en juin 2017, les députés de la République en Marche sont aussi nombreux que leur abstention est massive: ce sont les véritables cancres de l'Assemblée. En décembre 2017, premier bilan désastreux. En 2018, c'est à peine mieux. En 2019, 161 député(e)s macronistes et Modem sur 343 n'ont pas accompli plus de 25 semaines de présence à l'Assemblée. 148 ne sont pas intervenu(e)s plus de 20 fois dans l'année.
(Cf "Député(e)s").

Affaires
Cf. "Moralisation."

Agriculture
Pour aider les agriculteurs à mieux vivre de leur exploitations, le candidat Macron avait promis "5 milliards d’euros" pour "la modernisation de leurs exploitations". En octobre 2018, la loi "Egalim" fait la part belle aux agro-industries: autorisation du glyphosate; maintien de la castration à vif des porcelets et du broyage des poussins vivants; absence de critères indépendants des industriels et distributeurs pour la définition des prix justes; refus d'un meilleur étiquetage sur l'utilisation de pesticides, la présence d'OGM ou le mode d'élevage. Pire, le Conseil constitutionnel censure ensuite un quart du texte, dont l'étiquetage des miels mélangés et l'enseignement de la biodiversité. En 2019, avec le soutien de la FNSEA, le ministère de l'intérieur met en place une cellule d'espionnage contre les militants antispécistes qui s'introduisent dans les élevages pour témoigner des conditions de souffrance.

Arabie Saoudite
L'émirat est l'un des meilleurs clients de la France. En mai 2019, Macron "assume": "L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont des alliés de la France. Et ce sont des alliés dans la lutte contre le terrorisme. Nous l’assumons totalement." Quand le royaume poursuit une guerre meurtrière au Yémen, la Macronista se tait, et bafouille des excuses ridicules: il n'y aurait pas d'armes françaises utilisées "récemment" pour tuer les civils yéménites. Quand le royaume fait tuer, découper puis disparaitre un journaliste d'opposition dans son ambassade turque, Macron fronce les sourcils. Puis plus rien.

Armées
En juillet 2017, Macron provoque une crise inouïe avec le général de Villiers, chef d’État-major des armées, quand il supprime 850 millions de crédits dès 2017 alors qu'il promettait 2 milliards de plus chaque année. Humilié en public, le général démissionne. Quelques jours après, la ministre des Armées fait marche arrière sur le budget et Macron s'affiche déguisé d'un blouson d'aviateur puis d'une tenue de marin lorsqu'il rend visite aux troupes. En juin 2018, la Loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit des hausses annuelles de 1,7 à 3 milliards d'euros pour atteindre 2 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici sept ans.

APL
Le candidat Macron avait promis la construction de "80 000 de logements pour les jeunes". Le gouvernement reconduit le prêt à taux zéro (Sarko) et la défiscalisation PINEL (Hollande).  Mais Jupiter décide dès juillet 2017 de sucrer 5 euros par mois d'aides personnalisées au logement (APL) pour économiser moins de 200 millions d'euros annuels. Le budget 2018 allège encore les APL d’en moyenne 60 euros par mois. En 2019, le gouvernement économise encore 1 milliard, puis 1,3 milliard en 2020. (Cf. "Logement")

Asile
Cf. "Immigration"

Autocratie
Au fil du temps, le régime macroniste s'est révélé comme une autocratie illibérale: derrière l'illusion d'une démocratie active et paisible, il y a un dispositif répressif consolidé au nom de la lutte contre le terrorisme mais utilisé quasi-exclusivement contre les opposants (zadistes, étudiants, Gilets Jaunes, et même militants anti-spécistes). Macron a validé dans le droit commun l'essentiel des mesures d'exception de l'état d'urgence, réduit la protection des journalistes et des lanceurs d'alertes. Il fiche "S" les opposants écologistes aux multiples projets écologicides du pays. Il autorise la répression inédite et violente contre les manifestants. Il ignore les violences policières malgré les témoignages filmés. Il laisse les éléments les plus violents de la police se défouler sans risque de sanction. Le projet de constituer une garde présidentielle a été retardée par l'affaire Benalla en 2018.

Contre les manifestants, le gouvernement fait voter une loi qui permet l'emprisonnement et l'interdiction de manifester pendant 3 ans, sans preuve ni juge, sur simple décision de police, sur la base de ses intentions supposées ou de l'appartenance à un groupe jugé "dangereux" pour l'Etat. En décembre 2019, le gouvernement annonce une expérimentation de la reconnaissance faciale dans des lieux publics.
 

Auto-entrepreneurs
L'auto-entrepreneuriat est essentiel pour la "start-up nation" chère à Jupiter.  Comme promis, Macron supprime le RSI, et double le plafond de revenu des autoentrepreneurs. La promesse d'étendre le bénéfice de l'assurance chômage aux indépendants est réduite à quelques milliers de bénéficiaires. De toutes façons, les droits des chômeurs ont été réduits à compter de novembre 2019. La loi sur les "mobilités" protège les plateformes numériques tels Deliveroo ou Uber de toute plainte pour fraude à la Sécu. Jamais les créations de micro-entreprises n'ont été aussi nombreuses: " le revenu moyen des micro-entrepreneurs actifs n'était que de 470 euros par mois en 2017 selon l'Insee, bien en dessous du seuil de pauvreté."

Barbouzes
Cf. "Benalla"

Benalla
Deux membres de la garde présidentielle, dont le propre garde du corps de Macron, sont filmés le 1er mai 2018 en train de frapper un manifestant: Vincent Crase, gendarme de réserve, salarié de En Marche; Alexandre Benalla est chef de cabinet adjoint de la sécruté à l'Elysée. Le pouvoir panique, confie Benalla à l'agence Bestimage de Mimi Marchand (cf. "Mimi"), fait disparaitre un coffre-fort du domicile du barbouze juste avant une perquisition policière. La commission d'enquête de l'Assemblée se saborde au bout de quelques semaines. Celle du Sénat révèle plusieurs points clés: (1) Benalla et Crase revendiquent le droit de frapper un homme au sol déguisés en policiers; (2) la gestion du pouvoir autocratique, opaque et dangereuse par Emmanuel Macron surprend tous les observateurs politiques, de gauche comme de droite; (3) les ministres se défaussent sur la hiérarchie policière; (4) les mensonges d’État se multiplient sur le rôle de Benalla; (5) la direction de l’Élysée prétend ignorer des fonctions réelles de ces deux hommes. Benalla est finalement mis en examen pour «violences en réunion», «immixtion dans l’exercice d’une fonction publique», «port et complicité de port prohibé d’insignes réglementés»,  .«recel de violation du #secret professionnel», «recel de détournement d’images issues d’un service de video-surveillance de police.» .


Clichés de Macron avec Benalla
En décembre 2018, Benalla utilise son passeport diplomatique qu'on lui aurait rendu "début octobre" pour rencontrer des officiels tchadiens. On apprend qu'il assurait des prestations de sécruté pour deux oligarques russes tandis qu'il bossait à l'Elysée.

Au printemps 2019, Vincent Crase publie un livre. Alexandre Benalla ouvre un compte sur Twitter où il loue les bienfaits de la colonisation et la répression des Gilets Jaunes. Il n'est pas jugé. 

Caractère
Le candidat Macron était charmant, modeste et maitrisé. Jupiter paraît rapidement arrogant, méprisant et immature. En 2017, il se déguise pour certaines de ses apparitions publiques (en pilote de chasse quand il visite une base aérienne, en marin quand il est dans un sous-marin militaire, etc). Lors de déplacements à l'étranger, il attaque "les fainéants", ou les "Gaulois réfractaires", il théorise sur les "premiers de cordée" qu'il préfère. "Une gare, c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" explique-t-il en inaugurant une gare. En Corrèze, il explique sagement devant les caméras que "certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n’est pas loin de chez eux." Une vidéo faussement spontanée dans son bureau le montre fustiger les aides sociales "qui nous coûtent un  pognon de dingue". A un chômeur qui visite l’Élysée lors des Journées du Patrimoine, il lui assure qu'il n'a qu'à "traverser la rue pour trouver un travail."

Aux journalistes, il explique que sa pensée est "trop complexe".  Quand l'affaire Benalla éclate, il reste stupéfait, pétrifié de trouille une semaine durant. Il se fait filmer en criant: "S’ils veulent un responsable, il est devant vous ! Qu’ils viennent le chercher". En février 2019, devant des journalistes, Macron livre un faux "Off" complètement "Ouf" et dingue sur ce qu'il révèle de lui: complotiste, paranoïaque, arrogant et hors sol. Il dénonce les "influences étrangères" sur les Gilets Jaunes. Après l'été 2019 et une saison marquée par des milliers de blessés civils, Macron explique qu'il a "changé", qu'il est bienveillant. L'artifice ne dure qu'un temps, le temps d'autres blessés civils.

Chômeurs
En 2019, 6 millions de personnes étaient inscrites à Pôle Emploi. Macron durcit les sanctions contre les chômeurs dans un décret du 30 décembre 2018: (1) radiation partielle en cas d'absence à un rendez-vous à Pôle Emploi; (2) sanctions décidées par les agences; (3) recours non suspensifs; (4) vérification des titres de séjours pour l'inscription chômage; (5) abrogation de "la définition du salaire antérieurement perçu qui était pris en compte pour déterminer l'offre raisonnable d'emploi". Au 1er novembre 2019, il réduit les droits des chômeurs pour 3,4 milliards d'euros d'économies (soit l'équivalent de la suppression de l'ISF): allongement de 4 à 6 mois du nombre minimum de mois travaillés (sur les 28 derniers mois); baisse du salaire journalier de référence, base de calcul des indemnisations; suppression pendant 6 mois de la recharge des droits au chômage dès que l'on retrouve un emploi. L’Unedic évalue donc à 22% en moyenne la baisse des indemnités pour ceux qui n’auront pas travaillé complètement sur leur période d’activité de référence. Au total, environ 2 millions de chômeurs vont perdre des droits. Pour mémoire, près de 60% des chômeurs ne sont pas indemnisés par l'assurance chômage.

Chômage
Le chômage baisse car plus de seniors partent enfin la retraite que de jeunes n'arrivent sur le marché de l'emploi. Mais dès son arrivée au pouvoir, Macron a supprimé l'essentiel des statistiques. Dès 2018, la publication n'est plus que trimestrielle. Depuis 2017, le nombre de ruptures conventionnelles a bond de 3000 par mois pour se stabiliser à 36 000 mensuelles. En 2019, les créations d’emplois atteignent 260 000  contre 188 000 enregistrées en 2018. Le taux de chômage atteint son point le plus bas depuis 2009, à 8,5 % de la population active, grâce à la multiplication du temps partiel.

Corps intermédiaires
Macron défend une pratique "verticale" du pouvoir: tout doit procéder de lui, ses députés et ministres ne sont que des intermédiaires. Il expulse les médias de l'Elysée; il préfère des monologues télévisés comme Giscard dans les années 70. Il refuse la négociation syndicale collective (cf. "Travail"). Il supprime les emplois aidés qui soutenaient des milliers d'associations. Mais quand la crise des Gilets Jaunes éclate en novembre 2018, le monarque prend peur. Il devient la cible et appelle à l'aide aux corps intermédiaires lors d'un discours fameux où il apparait tétanisé. A l'automne 2019, la réforme des retraites, préparée en secret pendant près de deux ans, est un fiasco de concertation.

Coût du travail
Promesse tenue, Macron pérennise les exonérations de cotisations sociales des entreprises initiées par François Hollande. Plus de 40 milliards d'euros se sont déjà envolés, pour peu de résultats (à l'exception d'un coût hors normes pour de trop faibles créations d'emplois et le versement de juteux dividendes). En 2018, le CICE est ainsi converti en un allègement sans contreparties des cotisations sociales (6 points dans la limite de 2,5 fois le SMIC), ce qui revient à un doublement de son coût pour les finances publiques: 20 milliards pour la baisse des charges plus 20 milliards de remboursement du CICE des années précédentes.

Croissance
Macron a plombé la croissance: en 2018, l'effondrement des créations nettes d'emplois, est net (106.000 créations en 2018, soit 3 fois moins que 2017). Au premier semestre 2018, la France affiche la croissance la plus faible de la zone euro. Au second semestre, la croissance rebondit à peine. Il faut attendre les "cadeaux" sociaux obtenus par les Gilets Jaunes pour que l'INSEE réévalue à la hausse ses prévisions pour 2019. Une preuve en creux de la gabegie contreproductive des 18 premiers mois de la Macronista. En 2019/2020, la croissance est prévue fragile.

Démocratie
Le candidat Macron promettait un nouveau monde, une dose de proportionnelle et une démocratie régénérée. Sa pratique ultra-monarchique des institutions n'est rien en comparaison de l'autocratie violente qu'il met en place (cf. "autocratie"). A sa majorité pléthorique, il impose des votes sans débats et l'alignement sans faille. Le règlement interne de la République en marche (LREM) interdit à ses membres de cosigner tout amendement ou proposition de loi issus d'un autre groupe politique. Depuis 2017, une douzaine de députés ont quitté les rangs macronistes. (Cf "Monarchie").

Débat
Quand les Gilets Jaunes réclament davantage de représentativité, Macron fait mine de ne pas comprendre. Il n'a pas été élu sur le programme qu'il applique (cf. "Élection") mais il s'obstine. Alors il lance un "Grand Débat", comme du temps de Sarkozy, où même " la question de l’immigration (qu') il nous faut l’affronter" sera évoquée. En août 2019, il impose même un débat à l'Assemblée sur l'immigration. Comme l'extrême droite, il affirme que l'immigration "créé des tensions", il amalgame, immigration et asile,  il fustige les détournements du droit d'asile par "des réseaux, des gens qui manipulent". Il reprend même l'exacte formule de l'extrême droite sur ces "bourgeois" qui "ne croisent pas l'immigration".

Député(e)s
"Nous demanderons aux parlementaires de mettre en place des dispositifs innovants d’évaluation du travail parlementaire et législatif."  Macron avait promis une nouvelle éthique, un renouveau par rapport à "l'ancien monde". Il a d'abord recyclé nombre d'anciens notables ou élus de droite comme de gauche. Le plus gros contingent est composé de "novices" sociologiquement très marqués (à 60% CSP+). Durant les premiers mois de cette législature, les bourdes font rire, puis les dérapages inquiète: des novices se trompent de vote, d'autres oublient de voter. D'autres encore surprennent déjà par leur abstentionnisme. Un député LREM fustige les "personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage"; une autre se plaint de "ne pouvoir acheter une Porsche" depuis qu'elle est députée; une autre explique devoir manger plus souvent des pâtes car ses 5 000 euros mensuels ne lui suffisent pas; un autre encore fracasse un cadre du PS à coup de casque à moto. Plus grave, une élue LREM de la Sarthe facture même des visites touristiques de l'Assemblée. En octobre 2017, l’Élysée fait organiser un séminaire de re-motivation des troupes. En 2018, le vote de la loi Asile et Immigration, avec le soutien du Front national sur les articles les plus xénophobes, puis la démission de Nicolas Hulot sur fond de reniement écologiste provoque de belles cassures. Le lendemain de Noël 2018, un certain Joachim Son-Forget, député des Français de l'étranger pour la Suisse et le Liechtenstein et proche paraît-il du monarque, balance une salve de tweets sexistes contre la sénatrice EELV Esther Benbassa. La "rupture de classe" devient flagrante lors de la crise des Gilets Jaunes( cf. "Gilets Jaunes"). Ces député(e)s d'en haut découvrent la rage de la France d'en bas, une rage parfois violente.

Dette (et déficit)
En 2018, l'ampleur de ses cadeaux fiscaux aux plus riches a aussi plombé les comptes publics. L'endettement progressen encore, de 2258 milliards d'euros à fin 2017 à 2315 milliards d'euros fin 2018, puis encore 2415 milliards au 3ème trimestre 2019.


Dividendes
Grâce à l'incroyable réduction d'impôts sur les revenus financiers, les dividendes se sont envolés en France (57 milliards d'euros en 2018). C'est le meilleur contre-exemple à l'argumentaire macroniste.

Droite
Ni de droite... ni de droite: « Macron est le meilleur président de droite qu'on ait eu depuis un certain temps » résume Emmanuelle Mignon, l'ancienne plume de Sarko à l'été 2019. En 2019, LREM  siphonne une large fraction de l'électorat de droite furibarde lors du scrutin européen. Dans les sondages, Macron survit avec un tiers de popularité grâce à l'électorat de droite.


Écologie
Macron désigne Nicolas Hulot comme ministre d’État en charge du sujet. En juin 2017, Macron lance "make our planet great again", quand Trump annonce que les États-Unis se retirent de l'accord de Paris. A Bruxelles, le gouvernement macroniste fait reporter le contrôle des investissements en énergies renouvelables.  Et annule la taxe française sur les transactions financières censées contribuer au financement du plan climat. En décembre, il organise un show avec des financiers tandis que les banques françaises financent de plus en plus les énergies fossiles au détriment des renouvelables.

Macron réduit les effectifs et le budget annuel du ministère. Il annule la loi de transition énergétique votée sous Hollande, il renie ses propres promesses de réduire notre dépendance à l'énergie nucléaire, ("avec l'objectif de 50% d'énergie nucléaire [dans la production électricité] à l'horizon 2025") et sur les perturbateurs endocriens et le glyphosate. Il entérine l'affreux CETA malgré les inquiétudes pour l’environnement. Hulot annonce la fin des énergies fossiles dans 35 ans (ne riez pas). Maigre victoire début 2018, Macron annule la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais il envoie l'armée détruire les campements et exploitations agricoles sauvages.

Fin août 2018, nouveau psychodrame: Nicolas Hulot démissionne en direct à la radio: "Est-ce que nous avons commencé à réduire les gaz à effet de serre ? La réponse est non." Il accuse Macron de n'avoir rien fait, pas même commencé.

Macron s'accroche à la taxe carbone, une augmentation des taxes sur le diesel. Cette écologie punitive est la goutte qui fait déborder le vase. Le mouvement des Gilets Jaunes se déclenche sur cet écœurement de trop devant pareille injustice fiscale - cadeaux aux plus riches, sanction pour les autres (cf. "Gilets Jaunes"). La lutte contre le réchauffement climatique version Macron frappe les petits mais épargne les producteurs d'huile de palme (en 2019, les députés macronistes votent une prolongation d'avantages fiscaux pour l'huile de palme, avant de se faviser sous la pression médiatique, les clowns), Macron épargne  les entreprises qui déforestent en Guyane, ou les banques qui financent les industries pétrolifères. En août 2019 à l'occasion du G7, le Réseau Action Climat publie un bilan désastreux de l'action climatique de la France et des autres pays du G7

Pour remplacer Hulot, Macron nomme de Rugy, contraint à la démission quand on apprend ses dépenses somptuaires au palais de l'Assemblée qu'il présidait. En 2019, Macron dit qu'il est devenu écologiste quand les écolos se placent 3ème au scrutin européen. Il a "changé" mais la taxation du kérosène est exclue. Il se ridiculise en récusant le MERCOSUR qu'il venait de valider quand le président brésilien annonce qu'il n'a jamais pris d'engagements écolo en contre-partie. Après la neutralité carbone promise pour 2050, la secrétaire d'Etat Brune Poirson fait tristement rire en faisant voter l'interdiction des plastiques jetables ... pour 2040. C'est un joli résumé de l'action écologique de Macron: promettre beaucoup pour dans très longtemps pour mieux protéger le statu-quo actuel.

Économie
Emmanuel Macron était l'architecte clandestin de la politique de l'offre de François Hollande. Cette politique de soutien aux entreprises plutôt qu'aux ménages, aux employeurs plutôt qu'aux salariés, au capital plutôt qu'au travail est un pourtant un échec: persistance d'un chômage partiel élevé, précarisation des classes populaires, et aggravation de la violence sociale. Au pouvoir, Macron va plus loin. Il renoue avec le sarkozysme: loi Travail, économies fiscales pour les plus riches, doublement du coût du CICE, sanction contre les chômeurs, gel des prestations sociales.

Éducation
(Cf "Emplois aidés")
Macron nomme un ancien sarkozyste au ministère de l'Education nationale.Jean-Michel Blanquer  fait de la com', beaucoup de com'. Deux mesures emblématiques: la mise en place symbolique de classes à 12 élèves dans 2 500 classes dès 2017 ... et l'interdiction des portables. En 2018, l'introduction de la sélection généralisée à l'université et le remplacement du système APB par "Parcours Sup" achève les illusions. Blocages de lycées et de facs, manifestations de jeunes (cf. "Benalla"), et, surtout, fiasco de Parcoursup: un mois avant le bac, la moitié des 800 000 élèves de terminales reçoivent une notification de refus. 150 000 élèves sont ensuite éjectés ou découragés. 
Blanquer saborde littéralement le bac: l'introduction d'un grand oral et d'une forte dose de contrôle continu aggrave les inégalités (bac de Neuilly contre bac de Saint-Denis); les mathématiques, où l'héritage social et culturel pèse moins que dans les matières littéraires, ont été supprimées du tronc commun et placées en option; certains professeur(e)s sont muté(e)s dans des nouvelles spécialités sans la formation adéquate. Blanquer assume aussi la suppression de 20 000 emplois aidés et 1800 postes.

Élections
En mai 2017, Emmanuel Macron l'a emporté ric-rac au premier tour, un écart si historiquement faible entre les quatre candidats les mieux placés qu'il a justifié de multiples chantages au vote anti-Le Pen pour le second tour. Pendant l'entre-deux tours, Macron cache son projet conservateur. Lors des élections législatives qui ont suivi, l’abstention atteint 57% au second tour, un record sous la Vème République (2012 :45%; 2007: 40%: 2002: 35%). Élu, Macron choisit d'appliquer un programme pour lequel il n'a pas été élu. Au final, le parti macroniste représente surtout un rétrécissement politique inédit en France, la fusion politique des bourgeoisies libérales, "de droite et de gauche". En 2019, c'est encore un désastre au scrutin européen: les députés européens français, toutes listes confondues, ne représentent que 13 millions de votes, soit 27% des inscrits.

Emplois aidés
Le candidat n'avait rien promis, mais il décide quand même de supprimer 260 000 emplois aidés en 2018/2019. Jupiter se justifie: "c'est de la subvention déguisée vers les collectivités locales ou le secteur associatif". Les plus durement touchés par cette décision sont effectivement les associations et les établissements scolaires en milieu rural.

Energie.
En 2018, les coupures de gaz et d'électricité pour factures impayées ont augmenté de 4,2%. Le gaz augmente aussi de +16%. Le gouvernement attend le 30 mai 2019 pour officialiser une hausse de 5,9% des tarifs réglementés de l'électricité, soit environ un coût supplémentaire de 85 euros par an pour les ménages se chauffant à l'électricité.

État d'urgence
Le candidat Macron avait promis de supprimer l'état d'urgence. En fait, le jeune monarque l'a fait entrer pour l'essentiel dans le droit commun. L’exécutif, sans contrôle d’un juge, sera autorisé à surveiller quelqu’un et le punir sur la base de simples présomptions. La France entre en état d’urgence permanent le 1er novembre 2017 -   assignation à résidence décidée par le ministère et sans contrôle a priori par un juge; "visites domiciliaires" sur décision préfectorale (mais avec contrôle d'un juge); durée des contrôles d'identité sans motif élargis 12 heures, "mesures individuelles de surveillance" sur simple présomption.

Europe
Macron dépeint une Europe idéalisée avec grandiloquence comme en Grèce sur la colline de la Pnyx. Macron a une carte à jouer: le Royaume Uni ne compte plus à cause du Brexit. L'Allemagne est affaiblie par la réélection ratée d'Angela Merkel. L'Espagne est fragilisée par la crise catalane.
La Grèce est soumise par le Diktat du triumvirat, la Pologne isolée par sa xénophobie bigote, la Hongrie a dressé un mur à ses frontières et en 2018, l'Italie se dote d'un gouvernement libéral-fasciste.
Et pourtant, Macron n'en profite pas. Le décalage entre les paroles et les actes est là encore parfois sidérant: en 2017, il est silencieux sur la Catalogne, il n'offre pas même un rôle de médiation. En matière d'asile et d'immigration, il s'aligne sur les positions des neo-fascistes hongrois, autrichiens et italiens en 2017/2018. Il est timide sur les paradis fiscaux intra-européens. Qu'a fait Macron sur l'Europe à part des discours pet protéger les lobbies ?


Famille
Le candidat Macron était silencieux sur la politique familiale. En 2018, l'une des rares bonnes mesures familiales est aussi modeste que le nombre de familles concernées: l'augmentation de 30% du complément de mode de garde (CMG) pour 78 000 familles monoparentales à faibles revenus. Mais dans l'ensemble, les prestations familiales sont réduites en 2018 (environ -15 euros mensuels pour 1,5 million de foyers bénéficiaires;  ) les critères d'attribution durcis (pour exclure 10% de familles), pour une économie de 500 millions d'euros. En 2019 comme en 2020, les prestations familiales subissent le gel décidé sur la quasi-intégralité des prestations sociales.

Femmes
Contrairement à sa promesse de campagne, Jupiter ne dédie aucun ministère plein aux droits des femmes. Macron réduit le budget du secrétariat à l’Égalité Femmes/hommes. La parité au gouvernement est également de façade: les cabinets, y compris celui du jeune monarque, sont très masculins; la présidence de l'Assemblée, tout comme celle du groupe de député(e)s LREM, et même la direction du parti présidentiel sont rapidement tenues par des hommes.  En novembre 2018, le gouvernement se félicite de l'adoption d'un projet de loi sans moyens "renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes".

Finance
L'ancien banquier cachait ses soutiens de campagne, laquelle campagne a été financée pour moitié par un club d'un petit millier de personnes. Il promettait même que "la réforme de la fiscalité du capital se fera à coût nul". Sans rire, son premier budget abaisse de 5 milliards les prélèvements fiscaux sur le capital (cf. "ISF") et ses revenus (cf. "flat tax"). Mieux, il supprime la taxe sur les hauts salaires de la finance. Macron veut attirer les grandes institutions financières. Le double cadeau de la suppression de l'ISF et de la flat tax est une aubaine: les actions gratuites, octroyées par les entreprises à leurs cadres dirigeants, ne seront plus comptabilisées dans le patrimoine imposable et la plus-value générée par leur vente sera imposée à  taux réduit !
En 2018, Macron offre une journée complète à l'Elysée à des fonds d'investissements anglo-saxons pour qu'ils rencontrent au calme le gouvernement. Edouard Philippe promet aussi la construction de trois établissements scolaires pour la progéniture des cadres de la finance européenne. En 2019, la réforme des retraites devrait permettre de transférer quelques dizaines de milliards d'euros supplémentaires vers l'épargne privée. Le responsable de la réforme, Jean-Paul Delevoye, est contraint à la démission quand on découvre ses liens secrets avec l'assurance privée.



Flat Tax
La mesure figurait dans son programme, presque cachée et non chiffrée dans la rubrique "soutenir l'investissement privé": tous les revenus du capital, (dividendes, intérêts d'épargne, plus-values issues de spéculation boursière, etc) seront taxés à un taux fixe qui englobera impôts et cotisations sociales. La création d'une flat tax à 30% sur les revenus du capital, plus favorable que l'imposition du travail est un cadeau inégalitaire par excellence, l'une des plus grande mesures de classe de ce gouvernement. A revenu égal, le capital sera moins taxé que le travail. 

Fonction publique
Le candidat Macron a promis 120 000 suppressions d'emplois publics. Pour son premier budget, la réduction ne portera que sur ... 1 600 postes. Jupiter s'empresse de rétablir la journée de carence (180 millions d'euros d'économies). Par ailleurs, le gel du point d'indice est prolongé. Pour son second budget, on monte à 4600 suppressions. Le gouvernement commande un rapport du comité à une quarantaine d'experts du public et du privé, surnommé "CAP 22", a été publié en précipitation après quelques fuite dans la presse. Mais devant la crise sociale des Gilets Jaunes puis des retraites, il renonce.


Formation
"Nous engagerons un effort national de formation sans précédent." Jupiter a préféré précariser les travailleurs par le vote par ordonnances et sans négociation d'une loi travail dès l'été. Le candidat était ambitieux: "Nous formerons 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et aujourd’hui sans perspective." En juillet 2018, une loi sur "l'avenir professionnel" est votée.

Fraude
La fraude fiscale est estimée à 75 milliards d'euros par an en France. Le candidat avait promis "d'alourdir les sanctions contre la fraude fiscale". Le président n'annonce rien. Au contraire, il rechigne à supprimer le "verrou de Bercy", qui désigne le privilège du ministre du budget, seul habilité à conduire des actions pénales contre les fraudeurs fiscaux. En octobre 2018, le verrou est supprimé ... mais seulement pour les plus gros fraudeurs (plus de 100 000 euros de fraude). La loi sur le secret des affaires protège aussi les plus grands fraudeurs.


Gilets Jaunes
Personne n'avait vu venir ce ras-le-bol. Quelques millions de vues d'une vidéo d'une cinquantenaire provinciale exaspérée par la hausse du diesel, plus d'un million de soutiens à la pétition en ligne d'une autre contre cette même hausse des taxes carbone, et voici que les ronds-points se bloquent pendant des semaines. Les soutiens macronistes expriment rapidement leur mépris, leur haine et leur peur. Macron y voit une "négation de la France", rien que ça. Les premiers sondages dévoilent l'ampleur du mouvement. Et ses motivations: dénonciation de la pauvreté, annulation des hausses des taxes sur les carburants, amélioration du pouvoir d'achat, davantage de justice fiscale voire rétablissement de l'ISF. Le premier samedi de manifestation est un ratage sécuritaire inouï: à Paris, la police nasse les Gilets jaunes sur l’Étoile et les Champs Élysées, tandis que des casseurs envahissent les rues adjacentes. Dès le samedi suivant, la police a des consignes de frapper pour faire peur.

La crise des Gilets Jaunes effraye la France d'en haut, et en premier lieu ses représentants médiatiques. Les exactions, parfois antisémites ou xénophobes de certains Gilets Jaunes fournissent le prétexte à fustiger l'ensemble du mouvement. Mais c'est d'abord un mouvement des classes d'en bas contre une attaque de classe sur le diesel - le carburant des travailleurs.

Macron tremble, littéralement. Il lâche la suppression de la hausse des taxes sur le diesel. Cela ne suffit pas. Il se terre à l’Élysée. Puis le 10 décembre 2018, il lâche encore 10 milliards d'efforts sociaux, l'exact contraire de sa politique depuis 18 mois; revalorisation anticipée de la prime d'activité, suppression de la hausse de la CSG sur les petites retraites; défiscalisation intégrale des heures supplémentaires et la, défiscalisation des primes de fin d'année jusqu'à 1000 euros (mais l’État ne fera aucun geste pour les fonctionnaires). Aucune des mesures qui grèvent le budget de la Sécu ne seront compensées par autre chose qu'une réduction des prestations sociales. Mais ce n'est pas tout: Macron a toujours peur très peur. Deux jours plus tard, il lâche encore, cette fois-ci aux policiers qui réclamaient une revalorisation salariale. Qu'ils obtiennent en 24 heures. Quelle trouille devant cette apocalypse en jaune fluo...

Contre les Gilets Jaunes,  la répression est inédite: près de 5 000 personnes sont arrêtées le premier d'un mois, en majorité de façon préventive. Les blessés policiers se comptent en dizaines, les blessés civils par centaines. De novembre 2018 à novembre 2019, on dénombre 12 à 15 arrestations, 3000 condamnations, 2500 blessés civils dont 318 blessures à la tête, 25 éborgnés et 5 mains arrachées; 11 morts.

Un seul policier a été condamné, pour des gifles sur un manifestant impassible.

Gouvernement
"Je constituerai un gouvernement de 15 membres maximum, très ramassé, avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant de la gauche, du centre, de la droite" déclarait Macron le 12 mars.  Patatras ! Avec 31 ministres et secrétaires d’État, le premier gouvernement de Jupiter est pléthorique comme les précédents. Pire encore, le choix de certain(e)s titulaires "de la société civile" est effroyable. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, est une ancienne DRH d'un groupe agro-alimentaire. On découvre son pedigree au fil de ces premiers mois: 1 million d'euros stock-options grâce un plan social; enquête pour favoritisme quand elle dirigeait un organisme public; 671 infractions au code du travail en l'espace d'un an dans le même organisme. Quand Nicolas Hulot démissionne, Macron intègre Emmanuelle Wargon, ex-directrice de com dans l'agro-alimentaire.



Grenades
Contre les nombreuses manifestations - loi Travail, réforme SNCF, évacuation de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, sélection à l'université, Gilets Jaunes), les forces de l'ordre utilisent des milliers de grenades. Dans un rapport commun, L’IGPN et l’IGGN notent que la France est la «seule nation d’Europe à utiliser des  munitions explosives en opération de maintien de l’ordre»: Grenades lacrymogènes, grenades GLI F4 (« assourdissantes »)grenades DMP (« de désencerclement »). En 2017, l’Inspection générale de la police nationale avait comptabilisé 796 tirs de grenades de désencerclement. En 2018, la police a tiré 19 000 munitions LBD et 5 400 grenades en 2018.

Heures supplémentaires
Mesure phare du quinquennat sarkozyste, la défiscalisation des heures sup avait aggravé le chômage, les employeurs privilégiant le recours aux heures sup' à l'embauche. Macron accélère son rétablissement initialement calé "d'ici la fin du quinquennat". En septembre 2018, le gouvernement annonce l'exonération de charges sociales. Deux mois plus tard, sous la pression des Gilets Jaunes, il les défiscalise intégralement, comme sous Sarkozy. Coût annuel: 4,5 milliards d'euros dès 2019 pour les finances publiques, sans compter les destructions d'emploi.

Hôpitaux
"Nous doublerons le nombre de maisons de santé. Pour lutter contre les déserts médicaux, ces maisons regrouperont des médecins, des infirmières, des orthophonistes, des kinésithérapeutes, des professionnels du sport". En 2018, le gouvernement jupitérien économise 1,6 milliards d'euros d'économies sur les établissements de santé et médico-sociaux. Et 4200 lits d'hôpitaux ont été supprimés en France. Le ministère se félicite de "l'amélioration de l'hospitalisation partielle ou à domicile". Pour 2019, l'hôpital est sommé d'économiser 910 millions de plus. A Paris, quelques 900 lits existants sont fermés faute de personnel. Un tiers des services pédiatriques d'urgence  manque d'internes à partir de novembre. Les services d'urgence se mettent en grève les uns après les autres. our 2020, le gouvernement prévoit de réduire de 800 millions d'euros supplémentaires le budget des hôpitaux publics par rapport à la progression mécanique des dépenses de santé:

Immigration
"C’est nécessaire pour accueillir dignement les réfugiés qui ont droit à la protection de la France. Les autres seront reconduits sans délai vers leur pays afin qu’ils ne deviennent pas des immigrés clandestins." La promesse était vague. Sur scène, Jupiter livre de grands et beaux discours sur l'accueil et la solidarité, la vocation universaliste de la France (« La crise migratoire est un défi durable. Nous manquons d’efficacité comme d’humanité. »). Une fois Macron au pouvoir, une politique répressive violente se met en place, qui fait honte et dérange jusque dans les rangs de LREM. Le New York Times la compare au programme du nouveau gouvernement autrichien d'extrême droite en 2018.

En avril 2018, les deux tiers des députés macronistes votent le Code de la Honte, ainsi baptisé par 440 associations dont la CIMAD, Emmaüs, Amnesty international, ou Human Rights Watch. Cette loi Asile et immigration portée par le sinistre Gérard Collomb réduit de cent-vingt à quatre-vingt-dix jours  le délai pour déposer une demande, mais elle allonge la durée maximale de rétention à quatre-vingt-dix jours; elle simplifie les procédures de l'OPFRA par d'autres moyens comme la convocation à l’entretien individuel adressable par tout moyen (la non-présentation à l'entretien valant refus d'asile), le choix d'une langue de dialogue par le demandeur d’asile (l'absence de choix valant refus d'asile), la notification des décisions d'asile par écrit. Cette même loi réduit à quinze jours le délai de recours en justice pour les décisions de rejet, et prévoit des jugements par videoconférence pour juger les recours; elle supprime le caractère suspensif d'une demande de recours. Le "progressisme" macroniste met aussi en place le fichage des migrants dans les établissement d'hébergement d'urgence pour le bénéfice de la police de l'immigration. Il augmente de 25% les places de rétention en 18 mois. Par "humanité", il multiplie par huit le nombre d'enfants emprisonnés par rapport au niveau de 2013, et organise des retours de réfugiés par charters tandis que les chiffres de l'asile s'effondrent (35 000 personnes en 2018).

En 2019, il lance un "débat" sur l'immigration, puis dévoile 20 mesures xénophobes qui ahurissent les "macronistes de gauche" (#lol). Il exige de "revoir les conditions du droit d’asile et réviser l’aide médicale d’État. Son ministre de l'Education lance une polémique sans preuves sur les "fillettes empêchées d'aller à l'école". Macron n'est pas un barrage contre Le Pen, mais un marche-pied.

Impôts sur les sociétés
Macron l'a promis. L'impôt sur les sociétés, payé plein pot par les entreprises moyennes ou petites, sera réduit de 33 à 25%. Mais Jupiter hésite un peu. La mesure sera réalisée "sur la durée du quinquennat". Le taux est réduit à 28% pour l'ensemble des entreprises en 2018 et 2019.

Impôts
En juillet 2017, le premier ministre annonce une baisse de la pression fiscale en 2018 de 11 milliards d'euros, dont 5 milliards d'euros pour les plus riches (ISF, Flat tax). Patatras, l'INSEE évalue au contraire à 4 milliards de hausse l'évolution fiscale en 2018 (cf. "Pouvoir d'achat"). Promesse non tenue.  Un an plus tard, l'INSEE détaille comment Macron a réinjecté 11 milliards d'euros dans le niveau de vie des ménages français en 2018:
  • +2 milliards d'allégements de cotisations sociales pour 15 millions de foyers, non compensés sur le budget de la Sécu ou des retraites.
  • +3,4 milliards d'euros de suppression de l'ISF pour  340 000 foyers.
  • +1,4 milliards d'euros de réduction d'impôts et de cotisations sociales sur les revenus financiers ("Flat tax"), pour 4,4 millions de foyers. 
  • +3,5 milliards d'euros de réduction de taxe d'habitation pour 18 millions de foyers (y compris les plus riches) 
  • +540 millions d'euros de revalorisations des prestations sociales (sur 728 milliards d'euros... soit +0,07%... ), qui se décomposent en une baisse des aides aux logement de 300M€ pour 4,7 millions de foyers, de 500M€ de la PAJE pour 1 million de foyers, et d'une hausse de 1,3 milliards des minima sociaux et chèque énergie. 
Cf. "ISF", "Flat Tax", "Impôt sur les sociétés", et "Président des Riches"

ISF
C'est le joli cadeau pour la France d'en haut, mais aussi un boulet politique. L'ISF est supprimé et remplacé par un impôt sur le patrimoine immobilierqui  épargne le capital, les œuvres d'art et tout le reste. Dans la précipitation, la majorité macroniste ré-hausse quelques taxes marginales sur les preuves les plus ostentatoires de richesse. Mais le cadeau demeure, 3,54milliards pour 340 000 foyers. Le gouvernement s'accroche à ses mensonges - cette suppression aiderait l'investissement (alors qu'elle n'est même pas conditionnée à la différence des défiscalisations sarkozystes). Quand des Gilets Jaunes réclament son rétablissement, Macron s'obstine encore. La suppression de l'ISF est devenu le marqueur idéologique de cette présidence. En 2019, Macron promet une "évaluation" en 2020. Conséquence indirecte, les dons aux associations s'effondrent.

Industrie
Sur tous les dossiers où il est intervenu avant puis après son élection (Alstom, Airbus, Whirlpool, GE, Ascoval), Macron a favorisé des alliances ou prises de participation aux détriments de l'activité sur le territoire national, favorisant le dépeçage ou le transfert pur et simple des métiers à l'étranger. Et sur les autres dossiers (Ford à Bordeaux), sa politique de l'offre, appuyé sur des défiscalisations massives qui vident les comptes publics et sans contreparties d'emploi (CICE notamment), laisse les salariés désemparés (loi Travail). En mai 2019, naufrage symbolique: le repreneur de l'usine Whirlpool à Amiens (Somme) annonce sa mise en redressement judiciaire.

Inégalités
Macron creuse les inégalités sociales: augmentation de la fiscalité indirecte sur le tabac et les énergies fossiles (taxe carbone, alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence) pour 5 milliards, hausse de la CSG pour 3,5 milliards, gel des prestations sociales (hors minimum vieillesse): en 2018, d'après l’Institut des Politiques Publiques, un organisme d’évaluation indépendant, "les 1% de Français les plus riches voient leurs revenus augmenter de 6% grâce aux mesures contenues dans les deux premiers budgets du quinquennat, alors que les 20% les plus défavorisés sont globalement perdants." Dans son bilan 2018, l'INSEE renchérit. Et EUROSTAT confirme. Le taux de pauvreté a augmenté de 0,6 point en 2018, première année pleine et entière du Nouveau Monde macroniste, pour atteindre 14,7 % de la population. Les deux tiers de l'aggravation de la pauvreté sont à cause d'une mesure de Macron, explique l'INSEE, la diminution des allocations logement dans le parc HLM en 2018. Et les inégalités ont également progressé en 2018, principalement à cause à la hausse des revenus financiers, ceux-là même dont Macron a réduit la contribution fiscale et sociale.

Investissements
Le candidat avait promis un "Grand Plan d'Investissement", il recyclait ainsi une belle formule de Sarkozy. Fin septembre, le premier ministre pose devant les photographes, le plan est lancé: 57 milliards d'euros sur 5 ans "consacrés à la transition écologique, la formation professionnelle, l'innovation et la transformation de l'action publique": la somme sonne fort. Pourtant, cela représente moins de 6% du budget de l'Etat sur la période. Mais rassurez-vous, 20 milliards de cette somme insuffisante iront à la transition écologique. On sourit. Macron ne pense même pas à recycler et éteindre nos centrales nucléaires hors d'âge. Au contraire, en novembre 2018, il repousse même de 10 ans l'échéance de vie de 14 réacteurs français.

Justice
Macron a prévenu, la justice restera sous le contrôle du pouvoir exécutif via son pouvoir de nomination des magistrats. De sa réforme en cours d'examen au Parlement, on retient que la ministre Nicolas Belloubet cherche à fusionner les tribunaux d'instance et de grande instance pour faire des économies.  Cf. "État d'urgence", "Moralisation".

Laïcité
Personne n'attendait de polémique sur le sujet. Et pourtant, sa foi personnelle l'emporte et le voici à promettre une réforme de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État...

Lobbys
Le régime spécial de la Macronie fait la part belle aux intérêts privés quand ils sont puissants. Le droit de polluer plus longtemps a été accordé à l'agro-industrie. Il s'en est fallu de peu pour que l'autorisation de l'huile de palme soit prolongée il y a 3 semaines par le biais d'un amendement nocturne. Macron soigne les chasseurs, les promoteurs immobiliers, les exploitants d'autoroutes ou d'aéroport (privatisation d'ADP), les multinationales en tous genres.



Logement
Le candidat Macron n'avait pas promis grand chose. Ou plutôt, il avait promis la "stabilité". Mais il fustigeait déjà "l’empilement des normes techniques, le droit de l’urbanisme et la durée des procédures". En 2017, Jupiter promet 14 milliards d’euros sur cinq ans pour la rénovation énergétique. Mais le plan Logement jupiterien baisse les aides pour les plus fragiles (cf. "APL"), puis gel le Livret A. Puis la promesse de rénover 1 million de logement mal isolés est divisée par 2 . En décembre 2018, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) est privée de 180 millions d'euros de budget par le gouvernement. Quand l'hiver arrive, les morts de SDF refont surface dans l'actualité (445 morts dans la rue en 2019). Le délégué général de LREM, Christophe Castaner explique benoitement sur BFM, le 29 décembre, que des places d'accueil existent, mais que "des femmes et des hommes refusent aussi d'être logés." En 2019, la réforme des allocations logement va supprimer l’allocation pour 600 000 personnes supplémentaires. Et pourtant, en France, il y a 3,1 millions de logements vacants en 2019 (contre 2,1 millions en 2009). Macron a gelé les prestations sociales, réduit les APL mais pas les loyers du logement social (+1,4% en 2018).

Médias
Le candidat Macron avait victorieusement remporté la désagréable joute verbale avec Marine Le Pen lors du débat d'entre-deux tours.  Dès son élection, Macron refuse d'abord tout entretien contradictoire en direct avec des médias. Il fuit les médias alors que le Parti médiatique dominant lui est acquis sur sa politique économique et sociale. Il rechigne aux conférences de presse avec questions/réponses de la salle, n'aime pas les entretiens filmés. Chaque déplacement tient à l'écart journalistes et manifestants. Macron préfère les photos arrangées et officielles, les propos filtrés et choisis par l'agence Bestimage (Cf. "Mimi"). Ses ministres portent plainte à la moindre fuite dans la presse de leur plan d'action (loi travail, réforme de l'audiovisuel public). Jupiter ostracise certains journalistes qu'il n'aime pas. Il s'agace rapidement quand les questions lui déplaisent. A la fin de l'été, ses communicants inquiets de sa chute sondagière le convainquent de parler. Interview dans le Point, puis sur TF1; exercice déambulatoire complaisant à l'Elysée sur France 2, fausse spontanéité chez Hanouna, et même selfie animé et scénarisé chez Konbini, la nouvelle agence de brand content. En 2018, il déambule dans les couloirs de l'Elyséek complaisamment interviewé par Laurent Delahousse. Cette communication "verticale" ne réussit guère. Macron s'effondre dans les sondages officiels.

Mémoire
Jupiter aime les exercices de mémoire. La preuve, il réserve des cérémonies nationales pour le chanteur Johnny (sic!). Puis, pour célébrer le centième anniversaire de la fin de la Grande Guerre, Macron se décide à une "itinérance mémorielle". A chaque étape, il se fait secouer ou insulter. Puis, à quarante-huit heures du grand hommage, patatras... Il loue le maréchal Pétain. Macron aime le devoir de mémoire mais lequel ?

Mimi Marchand
La reine de la presse people était inconnue du grand public jusqu'à ce qu'une photo d'elle faisant le V de la victoire dans le bureau présidentiel à l’Élysée ne circule dans les médias et qu'un livre à succès lui soit consacré. Mimi a pris en charge la communication personnelle du couple Macron dès 2016, sur conseil et présentation d'un oligarque français. Elle obtient l'exclusivité des clichés du couple. Grâce à elle et agence Bestimage, les publi-reportages sur Emmanuel et Brigitte pullulent durant près de deux ans jusqu'à la crise Benalla. Mimi est exfiltrée de l'Elysée. La com' de Macron ne s'améliore pas et vire au désastre Bling Bling.



Monarchie
Le candidat Macron promettait un renouveau de la démocratie. Le mythe d'un mouvement populaire, démocratique et spontané lancé en avril 2016 était une affaire de publicitaires. En fait, Macron abuse des institutions en petit monarque: le Parlement est affaibli, le pouvoir sur-centralisé, les célébrations versaillaises sont une gabegie. Macron privatise les lieux de la République, abuse du jet pour convenances personnelles, fait changer la vaisselle élyséenne et se fait installer une piscine à Brégançon.

Moralisation
L'une des premières lois de la Macronista, théâtralisée au maximum par l'Elysée, porte sur la moralisation de la vie politique. Mais le chef des députés LREM, Richard Ferrand, est exfiltré du gouvernement dès juin quand l'on découvre combien il a abusé de ses mandats pour s'enrichir en Bretagne. François Bayrou, leader du Modem et soutien décisif de Macron lors de la présidentielle, démissionne du ministère de la Justice, comme deux autres ministres Modem, quand une affaire des emplois fictifs, qu'il reconnait, le frappe en plein cœur. La loi elle-même comprend de petites avancées et de gros renoncements sur les conflits d'intérêt et les casiers judiciaires. Le candidat avait promis "un encadrement strict des pratiques de lobbying en imposant un horaire et un lieu précis pour les réunions qui relèvent de ces pratiques au Parlement", une promesse non tenue.

En 2019, le secrétaire général de l'Elysée est sans surprise dégagé de toute enquête sur sa "prise illégale d'intérêt" quand il représentait l'Etat dans une entreprise .... de sa famille... Il ne s'agit pas d'un jugement, mais d'une décision d'un parquet aux ordres du pouvoir en place. Et Richard Ferrand, désormais président de l'Assemblée nationale, est enfin mis en examen pour des soupçons de prise illégale d’intérêts dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne 

Pauvreté
L'assistanat des riches était une priorité de l'équipe Macron - les mesures les plus coûteuses et les plus rapides furent adoptées dès 2017. Un plan pauvreté est annoncé en septembre 2018: deux milliards d'euros d'efforts annuels, pour l'essentiel recyclés de plans existants. Notez l'effort, c'est presque autant en 4 ans pour 9 millions de pauvres que ce que Macron a fait en deux ans pour 340 000 foyers les plus riches. Il y a quelques gadgets non contraignants mais qui se "vendent" facilement sur les plateaux TV comme "la création de 300 crèches d’ici 2020" ou les "repas à 1 euro à la cantine et des petits déjeuners proposés dans les écoles prioritaires" (67 millions d'euros consacrés à cela...). Pour les pauvres, on retiendra surtout que Macron a surtout plafonné la revalorisation des aides au logement (APL), de l'ensemble des allocations familiales et des pensions de retraite à 0,3% pour 2019 et 2020; réduit la Sécurité sociale en contraignant ses dépenses sous le niveau de son augmentation naturel lié aux évolutions de population; précarisé les travailleuses/rs les plus fragiles via ses Ordonnances Travail; réduit les droits des chômeurs les plus précaires.


Pénibilité
En juillet, Jupiter s'agace: "Je n’aime pas le terme [de pénibilité] donc je le supprimerai. Car il induit que le travail est une douleur".  En 2018, quatre facteurs de risques ne sont plus pris en compte et n'ont plus à être déclarés pour le calcul de la retraite. Il y a 7 ans d'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre sup.

Perturbateurs endocriniens
"Nous placerons la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides." En novembre 2017, les États membres de l'UE votent la légalisation du glyphosate. Et du coup Macron recule: "J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans." Le même Macron expliquait dans son programme que les perturbateurs endocriniens tel le glyphosate étaient "l’une des principales causes de l’augmentation des cancers des enfants depuis 20 ans." Mais visiblement, une fois élu, pas d'urgence.

Pouvoir d'achat
"Nous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs." La formule claque, c'est la première promesse du programme du candidat Macron.  Promesse tenue ? Certes, le gouvernement fait voter la suppression des cotisations salariales d'assurance chômage et d'assurance maladie pour les salaires de moins de 4000 euros, mais en contrepartie d'une augmentation de la CSG de 1,7 point dès 2018. Les cotisations sociales diminuent de 2,2% au 1er janvier 2018, puis de 0,95 % au 1er octobre 2018. Mais l'arnaque est belle:  les impôts indirects augmentent pour tous, la Sécu rembourse moins, les mutuelles augmentent leurs tarifs, presque toutes les prestations sociales sont gelées; certaines catégories sociales sont exclues.  Macron faisait miroiter un "gain" de pouvoir d'achat aux salariés. Ces derniers comprennent peu à peu que ces "gains" s'accompagnent de réduction des moyens de la Sacu qu'il leur faudra compenser de leur poche.

L'impact des mesures macronistes ne tarde pas: chute du pouvoir d'achat des ménages au 1er trimestre 2018 (-0,5%); puis rebond au second trimestre (+0,8%) "principalement du au remplacement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI)" dixit l'INSEE. En d'autres termes, le gain général de pouvoir d'achat est capté ... par les plus riches. Au troisième trimestre 2018, le gain est deux fois plus modeste, +0,4% alors que les plus grandes mesures "sociales" (taxe d'habitation, cotisations sociales) entrent en vigueur. Mais grâce aux Gilets Jaunes, Macron cède 10 milliards de dépenses sociales supplémentaires et imprévues (cf. "Gilets Jaunes"). Pour 2019, grâce aux Gilets Jaunes, le pouvoir d'achat des ménages se redresse enfin. Mais la pauvreté s'est aggravé : l'inflation des produits et services essentiels est plus importante que le maigre gain de pouvoir d'achat. Le nombre de pauvres laissés sur les bas-côtés de la start-up nation a augmenté.

Précarité
"Nous combattrons la précarité en responsabilisant les employeurs." Le candidat Macron promettait de créer un bonus-malus sur l'assurance-chômage pour pénaliser les contrats courts. Au second trimestre 2017, 70% des embauches portaient sur des postes de moins d'un mois. En décembre 2017, la promesse semble enterrée. Lors de la première réunion avec les partenaires sociaux, les représentants du ministère du Travail ne disent mot de cette promesse de campagne. Pire encore, ils expliquent: "le bonus-malus est une réponse mais n'a jamais été un objectif en soi." Finalement, un bonus-malus sur les cotisations chômage entre en vigueur en 2020, pour 7 secteurs d'activité seulement.

Présidence des Ultra-riches
La présidence Macron a favorisé les plus riches à un niveau inégalé sous cette République. La crise des Gilets Jaunes a fait dérailler temporairement cette politique de classe. En quelques mois dès 2017, Macron a effacé l'un des rares succès du quinquennat Hollande, l'égalité fiscale entre les revenus du travail et ceux du capital. L'idée est ancienne: en réduisant l'imposition du capital et de ses revenus, on favoriserait l'investissement dans les entreprises, la création d'entreprise, et donc l'embauche. Bref, ça doit ruisseler en emplois et en richesses pour le plus grand nombre. Le ruissellement se fait attendre. Macron incarne la classe d'en haut qu'il sert avec attention. Le comportement de ce "Robin des bois à l'envers" est digne d'un monarque peu soucieux des deniers publics. La caricature monarchique est dépassée par la réalité: utilisation du jet présidentiel pour des escapades privées, privatisation du domaine de la Lanterne à Versailles, célébrations familiales dans des résidences de luxe, rachat de vaisselle à l'Elysée de la manufacture de Sèvres pour un demi-million d'euros, rénovation du Fort de Brégançon avec piscine démontable; réfection de la moquette du Palais, pour 300 000 euros. Pour la coupure de Noël, il a renoncé au ski, mais il se montre avec Brigitte à Saint-Tropez (avant de passer la nit de la Saint Sylvestre au Fort de Brégançon). On ne se refait pas.

Remboursements de soins
On se souvient de la formule: "Nous mettrons en place la prise en charge à 100% des lunettes et des prothèses auditives et dentaires d’ici 2022, en lien avec les mutuelles et l’ensemble des professionnels de santé." Un groupe de travail est effectivement mis en place dès juin. Quand des journalistes insistent quelques mois plus tard sur cette promesse de campagne, la ministre devient méprisante: "On n'est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ou des verres antireflet qui filtrent la lumière bleue". La Sécu rembourse moins de 2 euros par lunette, mais la ministre ne le sait visiblement pas. Pire encore, le gouvernement fait voter 320 millions d'euros de déremboursements de soin dès 2018. En juin 2018, la ministre est proche d'un accord avec les opticiens. Mais en décembre 2018, on promet des augmentations des primes des mutuelles pour compenser la mesure.
Au 1er janvier 2020, des lunettes de moins de 100 euros (hors verres spéciaux) seront intégralement remboursées sous condition de ressources.
(Cf. "Sécu")

Retraite
Le régime des retraites - 325 milliards d'euros en 2018, soit 14% du PIB - est à l'équilibre. Mais le candidat avait promis une grande réforme simplificatrice pour 2019. La revalorisation des retraites initialement repoussée de 2018 à 2019 est finalement annulée (revalorisation minimale à 0,3%, en deçà de l'inflation).. Et la prise en compte de la pénibilité est simplifiée (cf. "Pénibilité"). A l'été 2019 Noël, Macron commence à dévoiler sa réforme: il cherche à économiser 8 à 17 milliards en 2025 sur les retraites, plutôt que mieux les financer. Macron veut repousser l'âge de la retraite. Il publie un "simulateur" en décembre qui révèle que quelque soit la situation, les retraites baisseront sauf à travailler jusqu'à 65 ou 67 ans suivant les situations, et espérer une augmentation de salaires du double de la moyenne des 10 dernières années; (3) Macron propose un système par points, qui permettra à l'Etat de moduler le niveau des pension en fonction du nombre du points; (4) Macron se sert de la quarantaine de régimes spéciaux (qui représentent 3% des retraités) comme épouvantail pour masquer le fond de sa réforme. Cette injonction à "l'égalité" émanant de l'auteur de la plus réforme fiscale la plus inégalitaire de la Vème République fait sourire.

Ruissèlement
Cf. "Président des Riches"


Boutique Enlysée.fr

SDF
Candidat, il promet que la Poste domicilie les SDF. Une promesse pour l'heure enterrée. En juillet 2017, Jupiter annonce: "Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. Je veux partout des hébergements d’urgence." Quelques mois plus tard, tout Jupiter qu'il est, le constat est cruel. Les migrants sont traqués, et les SDF souffrent toujours dans les rues. Le ministre attaché au sujet, Jacques Mézard, se réjouit à la veille de Noël 2017: "Avec plus de 9 000 places supplémentaires ouvertes dans le cadre du plan hivernal, le parc d’hébergement d’urgence est désormais de 140 000 places soit 13 000 de plus que l’an dernier à la même période." Le même ministre omet de rappeler que son gouvernement vient de décider de trier via contrôle d'identité les personnes hébergées en urgence. D'après l'INSEE, le pays compte plus de 140 000 personnes dans la rue. Début 2018, Macron reconnait son échec.

Sécu
Le projet de loi de financement de la Sécu pour 2018 économise 4 milliards d'euros en remboursements, frais de santé et frais de gestion des hôpitaux. Ces économies seront supportées par les patients et les établissements de santé, pas les labos (hausse de 2 euros du forfait hospitalier (+200 millions d'euros), réduction des arrêts de travail et du transport médicalisé (240 millions), réduction du nombre de soins (335 millions d'euros),  baisse des prescriptions (320 millions). Pour 2019, même plan d’économies: à l'exception du minimum vieillesse (+35 euros par mois) et de l'Allocation Handicapée, toutes les prestations sociales et les retraites sont gelées. Le gouvernement se félicite de l'allongement du congé maternité pour les travailleuses indépendantes, les cheffes d'entreprises et les agricultrices, mais "en même temps", les remboursements de médicaments seront calés sur la base du prix du médicament générique. On rembourse les capotes mais "en même temps" on dérembourse plus de médicaments, on ferme des maternités "pas rentables", on refuse même le débat sur les accompagnants d'enfants handicapés.
Pour 2020, la cure continue, ces élu(e)s "macronistes mais de gauche" ont placé la Sécu en déficit (1,4 milliard d'euros en 2018, 5,5 milliards en 2019) à cause des réductions de cotisations sociales sans contreparties et votent une nouvelle fois encore le quasi-gel des prestations sociales (+0,3% en 2020 en deça des projections d’inflation, environ 1,3%) -  prime d’activité, allocations logement, allocations familiales, allocation aux adultes handicapés, tout y passe.

Sarkozy
L'ombre de Nicolas Sarkozy rode encore. Emmanuel Macron a d'abord repris et prolongé le programme de l'ancien monarque, jusqu'aux plus forts symboles fiscaux. Macron a même attrapé les travers Bling Bling de son mentor. Les anciens supporteurs socialistes devenus macronistes sont mal à l'aise. Le "virage social" a été arraché par les Gilets Jaunes et fut bref. Sarkozy et Macron se fréquentent aussi avec plaisir. L'ancien monarque aurait conseillé son cadet sur la conduite à tenir face aux Gilets Jaunes. En septembre 2019, Macron reprend des idées-phares de son prédécesseur, entre autres les quotas d’immigration.



SNCF
Au printemps 2018, le gouvernement lance une réforme de la SNCF qui supprime le statut de cheminots. L'objectif est simple, préparer l'entreprise à la privatisation du rail en Europe. Les syndicats provoquent une grève alternée qui fait enrager le gouvernement mais ce dernier parvient à faire passer sa loi. L'ouverture du rail à la concurrence est une bêtise européenne: « ils vendent des fuseaux horaires » explique Mélenchon « Là où cela ne rapporte pas, il n’y aura plus de train. » Pour la réforme des retraites, les salariés des transports publics se relayent pour la grève et paralysent le rail pendant 3 semaines.

SMIC
Le SMIC est un symbole. Macron était quasiment silencieux lors de sa campagne. Il promettait que "tous les smicards qui bénéficient de la prime d’activité toucheront par exemple l’équivalent d’un 13e mois de salaire, soit 100€ nets de plus chaque mois." Le candidat ne proposait rien d'autre et surtout pas d'augmentation. En août 2017, la Commission nationale de la négociation collective est renouvelée avec des quelques sympathisants macronistes, dont le président. La dite commission, créée sous Sarko, propose ensuite la désindexation du SMIC de l'inflation. Le gouvernement se défend d'y penser, pour l'instant, mais pas de coup de pouce non plus. Au plus fort de la crise des Gilets Jaunes, Macron préfère revaloriser modestement la prime d'activité pour 55% des SMICards plutôt que toucher au SMIC lui-même. Au 1er janvier 20120, le SMIC net est de 1 1219 € par mois (+1,2%).

Taxe d'habitation
Une La belle promesse, presque tenue. Supprimer la taxe d'habitation pour 80% des foyers (ou plutôt 40% en plus des 40% déjà exonérés), la mesure est évidemment votée dès l'automne. Mais elle sera effective en plusieurs étapes. Les collectivités locales s'inquiètent. Macron promet que la perte de revenu sera compensée "à l'euro près", mais pour deux ans seulement. Et cela ne suffit pas. Entre Noël et Jour de l'An, Jupiter annonce qu'il veut supprimer la dite taxe pour tous. Fichtre ! Dernier cadeau de Noël pour les 20% les plus riches. Merci patron !

Terrorisme
Le candidat avait promis de créer "un état-major permanent des opérations de sécurité intérieure, de renseignement et de lutte contre le terrorisme" directement rattaché au président de la République. En juin, ce caprice monarchique est chose faite, la création de cette "task force" est publiée au JO. La France est encore frappée en mars 2018 à Carcassonne et Trèbes, puis en mai 2018 à Paris, puis enfin en décembre 2018 à Strasbourg. En 2019, un employé des renseignements tue deux de ses collègues, Castaner est ridiculisé mais reste en poste. Pour Noël, le gouvernement prévient que "la menace terroriste demeure aujourd'hui élevée en cette fin d'année 2019",

Travail
Première grande loi du quinquennat, passée en force à l'étét 2017. Le candidat avait caché le contenu de cette réforme pendant la campagne mais promis des ordonnances dès l'été. A peine élu, il lance une cinquantaine de réunions bilatérales avec les syndicats, sans jamais dévoilé son projet. Il exclut les députés tout l'été du processus. Sa ministre Pénicaud explique que le Code du travail est fait "pour embêter 95% des entreprises". Fin août 2017, les 36 mesures de la réforme du code du travail sont exposées. Les avancées pour les salariés sont maigres: prise de charge des salaires et frais de déplacement des salariés de TPE/PME impliqués dans des accords de branches, mise en ligne du code du travail; augmentation de 25% des indemnités légales de licenciement. Pour le reste, la loi Travail est d'abord l'un des plus graves retours en arrière que cette République ait connus: elle créé le contrat de travail le plus précaire (révocable comme un CDI à la fin d'un projet, limité comme un CDD), fusionne et réduit les instances de représentation du personnel (ce qui supprime 200 000 postes de représentants du personnel); plafonne les indemnités prudhommales même en cas de harcèlement sexuels; elle créé les "licenciements collectifs à l'amiable", et délègue au niveau des entreprises la définition des conditions de congé maternité

Travail détaché
Le candidat avait promis de se "battre contre les abus liés au travail détaché". Le sujet est pourtant anecdotique (moins de 1% de l'emploi en Europe). Quand il obtient une révision de la directive européenne en novembre 2017, Jupiter exulte. En fait, la victoire est symbolique: le transport routier est exclu de cette révision. Le gouvernement fait aussi annuler la taxe sur le travail détaché décidée par Hollande.  Et une circulaire française est finalement passée en ... octobre 2018. prévue en janvier pour simplifier les formalités de déclaration du travail détaché (sic!).

Vaccins
Sans écoute ni concertation, mais avec le soutien des laboratoires dont Sanofi, dirigé par le mentor économique d'Emmanuel Macron, Serge Weinberg, le gouvernement Macron impose 11 vaccins obligatoires, faute de quoi les familles ne pourront inscrire leur progéniture à l'école publique. Personne dans l'establishment gouvernemental ne répond à la seule question de santé qui importe, l'adjonction d’aluminium dans ces vaccins.

Violences policières
"Moi je ne connais aucun policier, aucun gendarme, qui ait attaqué des Gilets Jaunes" déclare Christophe Castaner en janvier 2019. Macron renchérit. Sur un an de manifestations de Gilets Jaunes, on recense 2500 blessés civils dont 318 blessures à la tête, 25 éborgnés et 5 mains arrachées; 11 morts. (Cf. "Gilets Jaunes").



Zozo
Il y a un zozo, un benêt dans ce gouvernement. Un gars qui a changé de bord, est devenu "amoureux" de son monarque, ne trouve rien à redire contre les restrictions de liberté puisqu'il n'a rien à se reprocher. Un benêt on vous dit.  Il s'appelle Castaner. En octobre 2018, après quatre semaines rocambolesques suivant la démission de Gérard Collomb, il devient ministre de l'intérieur. Le fiasco sécuritaire des émeutes des Gilets Jaunes ne lui coûte même pas son poste.