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24 février 2014

J'ai écouté Christine Boutin avec Farida Belgoul

"Je ne m'attendais pas à prendre la parole la première... Ce que je peux vous dire, c'est que ma présence aux côtés de Farida Belgoul est une présence heureuse." Christine Boutin, 19 février 2014.

L'ancienne ministre s'affichait ce jour-là dans une conférence aux rangs éparses, mais à la tribune fournie. Assis à ses côtés, on retrouvait notamment Alain Escada, l'agité de CIVITAS qui fustigeait encore récemment la diffusion du film TOMBOY sur ARTE, l'abbé Guillaume de Tanoüarn, activiste intégriste, la désormais célèbre Farida Belgoul que l'on avait croisé aux côtés d'Alain Soral dans une autre conférence à l'automne dernier au théâtre de la main d'Or - siège des spectacles de Dieudonné; et Béatrice Bourges, présidente auto-proclamée du Printemps français. Bref, que du beau monde rassemblé autour d'une même cause, la lutte contre l'homosexualité et la théorie du genre.

La conférence était "réservée aux médias indépendants" précisait le carton, et notamment consacrée aux "Journées de Retraits" de l'école organisée par l'extrême droite.

Farida Begoul avait lancé cette opération fin janvier. Quelques centaines de parents avaient suivi et retiré leurs enfants de leur établissement scolaire. En cause, la nouvelle égérie de la réacosphère expliquait que nos progénitures allaient se voir enseigner la négation des différences et des orientations sexuelles dès le plus jeune âge au nom d'une prétendue théorie du genre.

Ces esprits torturés ne supportaient pas la légalisation du mariage homosexuel et de l'homo-parentalité. Christine Boutin y voyait un complot encore plus grand, un complot qui vient de l'étranger: "Je vois arriver cette théorie du genre arriver depuis 1995 au moment de la conférence des femmes à Pékin. (...) Puis le temps est passé, et est arrivé le mariage gay et le réveil des consciences."

Ce complot a un but, c'est un "changement de civilisation". La formule n'est pas neutre. "Nous refusons de changer de civilisation" criait l'écrivain Renaud Camus, dans une tribune publiée par le Monde en avril 2012, pour expliquer son vote en faveur de Marine Le Pen. Le site d'extrême droite Riposte Laïque use des mêmes termes quand il "traque les conséquences quotidiennes du changement de civilisation". En septembre 2013, une association "Non au Changement de peuple et de civilisation" a déposé ses statuts.

Ce 19 février, Christine Boutin s'inquiète donc, elle aussi, de ce "changement de civilisation".
"On nous propose un changement de civilisation. Et bien c'est justement le coeur de ce changement de civilisation qui est porté par la théorie du genre." 

"Nous sommes profondément libres. Il y a une seule chose dans la nature qui nous est imposé, c'est notre sexe. Avec cela, nous ne pouvons pas jouer. Et ce que l'on veut nous faire croire, c'est que nous pouvons  décider de notre sexe."
La pauvre dame... Où avait-elle lu, entendu, appris que l'Education nationale, le gouvernement, ou le moindre officiel Français avait proféré pareille bêtise ? Nulle part.

Mais elle voulait poursuivre son propos. Elle continuait d'assimiler la défense des droits à une négation des différences sexuelles.
"Ce courant est un courant qui existe depuis 1995. Il est excessivement développé à l'ONU. Et il est excessivement développé à l'Union européenne. Le mouvement en France a commencé sous la responsabilité, je suis désolé de le citer, du ministre de l'Education nationale, qui, à l'époque, a décidé de diffuser dans les écoles un petit film qui s'appelait le baiser de la lune."
En février 2010, Luc Chatel, alors ministre, avait décidé d'interdire cette diffusion.Ce 19 février, Boutin dérive et dérape. Elle traite Vincent Peillon de menteur, qualifie Najat Vallaud-Belkacem de "militante de la théorie du genre".

Un peu plus tard, Alain Escada tenait le micro à son tour, bien arrimé sous la bouche. Non, expliqua-t-il, "ceci n'est pas un front des religions". "Nous sommes ici", ajoutait-il, "dans un contexte bien particulier qui est la défense de la nature humaine attaquée. Et nous trouvons ici la forme idéale d'une convergence des forces de bonne volonté."

Allez... Tout va bien se passer.

Ne stressez pas...





Lire/Voir aussi:

11 février 2014

Jean-François Copé à poil

Depuis dimanche 9 février 2014, dans la soirée, tout le monde connaît un gentil ouvrage qui s'intitule: "Tous à poil".

Le bouquin, nous racontait Jean-François Copé en cette fin de weekend, était "recommandé aux enseignants" de l'enseignement primaire.




"Ça vient du centre de documentation pédagogique, ça fait partie de la liste des livres recommandés aux enseignants pour faire la classe aux enfants de primaire" affirme Jean-François Copé. "Je m'inquiète que la droite républicaine se saisisse de tout ce qui traîne pour affoler" lui répond, le lendemain, Bertrand Delanoë.

Le président de l'UMP, livre en main, feuilleta quelques pages sur le plateau du grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Il rebondissait sur une question à propos de l'attitude de l'UMP vis-à-vis des délires soraliens sur la théorie du genre. Comme pour mieux prouver qu'il y a quelque chose qui cloche au royaume de notre service public de l'Education nationale, Copé avait trouvé son exemple. Un bouquin, extrait parmi quelques milliers d'autres que les centres d'information pédagogique lisent et analysent pour le compte des professeurs chaque année.

Un livre vieux de 3 ans que les sbires inquiets de l'UMP sont allés repêcher dans la base du centre de documentation pédagogique, dans une liste d'une centaine de livres sélectionnés en 2009 par une association de parents d'élèves de la Drôme, "L'atelier des merveilles"...

Fichtre... En matière de recommandation d'enseignement, on a vu plus ferme... Copé racontait n'importe quoi...

Nous avions pire pour notre président désemparé de l'UMP.


(référence) 
(référence) 
(référence)



3 février 2014

Manif pour tous, manif pour rien.

Où est passé la générosité ?
Quelqu'un a donc décidé de pourrir chaque dimanche de cette nouvelle année par des manifestations de haine.

Plutôt que de célébrer la 60ème anniversaire de l'appel de l'Abbé Pierre, un message de générosité et de charité lancé par un prêtre exemplaire un 1er février 1954 en faveur des sans-abris qui à l'époque déjà mourraient nombreux à cause du froid dans les rues de France, des milliers de manifestants ont préféré battre le pavé contre une prétendue "familiphobie" du gouvernement.

Et le succès fut au rendez-vous: entre 100 et 500.000 participants selon les sources.

Après Jour de Colère, il y a 8 jours, qui rassembla un aréopage hétéroclite d'opposants à François Hollande parmi les plus violents - verbalement, ou physiquement, voici donc le grand retour de la "Manif pour tous", ce 2 février.

On ne sait pas pourquoi cette manifestation a eu lieu. Le mariage gay est en place depuis mai dernier, et à peine il n'a concerné qu'à peine 7% des mariages célébrés l'an passé. La théorie du genre est un mensonge, son enseignement à l'école une lubie propagée par quelques néo-nazis soraliens. Pire, ni la PMA ni la GPA n'ont été annoncées prochainement dans un quelconque texte de loi par le gouvernement.

Faute de cause réelle et sérieuse, les promoteurs de cette manifestation s'en inventèrent plusieurs: en vrac, la prétendue "familiphobie" du gouvernement, l'enseignement de l'égalité des sexes (qu'ils confondent allègrement ou hypocritement avec une confusion des genres), la réduction du quotient familial, ou la PMA.

Les Don Quichotte étaient nombreux ce dimanche.
De phobies, il en était en fait beaucoup question ce dimanche. Car à lire ou entendre les slogans proférés, on comprenait que combien ces gens ruminaient encore 

" Lyon dit non à la dictature du gender "
"Deux pères, deux mères, enfants sans repères"
"Nous sommes en France, liberté de conscience"
"On veut du boulot, pas de mariage homo "
"mariage monosexe = non-sens anthropologique"
"Non au bouleversement de la civilisation"
(slogans du 2 février 2014 à la manif pour tous) 
L'UMP n'a pas osé participer officiellement à ce rassemblement d'activistes hors sol. Au défilé, on retrouvait toutefois les habituels Christine Boutin, mais aussi les députés, Claude Goasguen, Philippe Gosselin, Marion Maréchal-Le Pen (à Paris), Hervé Mariton (à Lyon), tout comme le cardinal Philippe Barbarin et le recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane.

Mais sur les réseaux sociaux, les activistes d'extrême droite étaient très présents, postant photos, slogans et témoignages.



30 janvier 2014

Le jour où Copé a pris peur de l'extrême droite.

Rarement avions-nous entendu pareille bêtise. Et pourtant, il fallait s'interroger. Ce joyeux internet nous permet de découvrir de près un paquet de racailles neo-fascisantes et autres dérapés en pleine "crise de civilisation".

Depuis quelques jours, on s'interroge donc, interloqué, sur ce qui a pu pousser des parents à suivre les consignes de quelques radicaux d'extrême droite appelant à retirer leur progéniture de l'école au motif que l'apprentissage de l'égalité entre hommes et femmes serait une forme d'apprentissage de l'homosexualité. Une centaine d'écoles étaient concernées, sur 48.000. L'appel au boycott des écoles comprenait le message suivant:
"Le choix est simple, soit on accepte la “théorie du genre” (ils vont enseigner à nos enfants qu'ils ne naissent pas fille ou garçon mais qu'ils choisissent de le devenir !!! Sans parler de l'éducation sexuelle prévue en maternelle à la rentrée 2014 avec démonstration et apprentissage de la masturbation dès la crèche ou la halte-garderie…), soit on défend l'avenir de nos enfants."
Il y a donc des gens qui pensent que l'hétérosexualité ou l'homosexualité "s'apprennent". Différentes études sur l'homophobie nous ont fait comprendre qu'on apprend plutôt le contraire, l'homophobie, à force de clichés et de comportements contraints. L'homosexualité se réprime, encore aujourd'hui. Un récent rapport de l'éducation nationale détaillait ces discriminations homophobes.

Il y avait encore des gens pour confondre la défense de l'égalité Femmes/Hommes avec une prétendue confusion des genres et de la sexualité. Pourtant de ces sujets, il n'était nul question à l'école.

Mercredi matin sur Europe 1, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes fut claire et simple. Elle a rappelé combien celles et ceux qui prétendent que nos instituteurs vont apprendre la confusion des genres racontent n'importe quoi ("On ne parle aucunement de sexualité"). Vincent Peillon l'avait aussi rappelé.
“J’ai lu des choses comme le fait qu’à l’école, on apprendrait aux petits garçons à devenir de petites filles. Tout cela est absolument faux."
Cet appel au boycott ne repose sur rien d'autre qu'une crétinerie qui en dit long sur la trouille, l'insécurité, la perdition intellectuelle de ses auteurs.

Une crétinerie terrifiante, initiée par une certaine Farida Belghoul, proche d'Alain Soral. Cette dernière participait l'été dernier à une conférence avec le sieur Soral, au théâtre de la Main d'or, le même qui accueille les spectacles de Dieudonné (cf. photo).

Triste fut alors l'attitude du maire de Meaux, par ailleurs député ET président de l'UMP. Jean-François Copé, puisqu'il s'agit de lui, avait déclaré lundi quand les premiers absentéismes de quelques élèves étaient relatés par les médias:
"Je suis choqué par la théorie du genre et je comprends l'inquiétude des familles. La priorité de l'école doit rester les savoirs fondamentaux."
Dans sa ville, rapporte l'un de nos confrères, quelque 20% des élèves étaient absents lundi. Rien que ça ! "Jean-François Copé fait le pari de la peur, du fantasme, de l'inquiétude des parents et je trouve que cela ne le grandit pas" lui rétorque Najat Vallaud-Belkacem.

Du coup, Copé, deux jours plus tard, s'inquiète enfin et fait volte-face après cette interpellation.

Il était temps.
"Je condamne sans nuance toutes les mesures de boycott de l'école, et notamment le principe d'une « Journée de Retrait de l'Ecole », fondé sur des rumeurs aberrantes." Jean-François Copé




Lire aussi, chez les consoeurs et confrères:



Théorie du genre : "pas de sexualité dans le... par Europe1fr

7 octobre 2013

Pourquoi apprendre l'égalité Filles/Garçons fait peur ?


Le gouvernement lance une expérimentation assez normale, presque banale pourrait-on dire. Un enseignement contre les préjugés sexistes et les relations hommes/femmes dans nos écoles.


A droite, loin à droite, quelques furies se déchainent pourtant contre cette simple idée.


Des opposants déjà
En décembre déjà, des députés UMP s'excitaient contre un projet qu'ils ne connaissaient pas. Et pour cause, il n'était pas encore dévoilé. Le contexte était favorable à cette excitation. La France débattait du mariage pour tous. Pour certains, la légalisation du mariage homosexuel, l'éventuelle PMA et cet enseignement contre les préjugés sexistes allaient de pair. Ces députés UMP voulaient une commission d'enquête parlementaire sur la diffusion de la "théorie du genre", un "bouleversement de notre contrat social", dixit Xavier Breton (UMP). Le Monde, la semaine dernière, citait ce père de famille "versaillais" très investi de cette inquiétude: "Je doute qu'on lutte contre les inégalités en enlevant aux enfants leurs repères de petits garçons ou de petites filles. (...) L'éducation sentimentale ou à la sexualité, quel que soit le nom qu'on lui donne, doit rester du ressort de la famille".

Début septembre, l'autoproclamé "Collectif des parents d’élèves du 64" distribuait un tract au slogan ahurissant aux portes devant l'école des Lauriers de Pau: "Homme et femme : égaux, oui ! Identiques et interchangeables ? Non !" Ou encore:


"Parents ! Attention ! L'école va inciter votre enfant dès 6 ans à choisir sa future orientation sexuelle !"

Choisir sa future orientation sexuelle ? On notera cette curieuse opinion qui consiste à penser qu'une orientation sexuelle se choisit. Mais le plus grave est ailleurs: l'expérience ABCD n'a rien à voir avec la négation des différences sexuelles.

Elle s'inscrit dans la mission de l'éducation nationale, "respecter les autres, et notamment appliquer les principes de l’égalité des filles et des garçons", un objectif rappelé ... en juin 2008.

... mais contre quoi ?
Le programme scolaire mis en place par le gouvernement n'a rien à voir avec l'enseignement des différences sexuelles, ou la négation de celles-ci. On attendra, évidemment, les témoignages des premiers élèves. Car, une fois encore, les attaques sont déjà outrancières.

De quoi parle-t-on ? D'enseigner aux enfants que les inégalités homme/femme existent alors qu'il faudrait les combattre. Que les préjugés sexistes n'ont rien à voir avec les différences sexuelles. On pourrait dire qu'il s'agit d'apaiser la société de quelques-unes de ses tensions qui frappent les rapports entre hommes et femmes, informer les enfants de l'existence d'"inégalités de traitement, de réussite scolaire, d’orientation et de carrière professionnelle" entre filles et garçons.

1. Le dispositif n'est pour l'instant qu'une expérimentation: 600 classes de dix académies différentes, toutes volontaires: Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Corse, Guadeloupe, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Rouen, et Toulouse.

2. Le programme débute d'abord par une formation des formateurs et des formatrices: inspecteurs et inspectrices de l’Éducation nationale (IEN), conseillers et conseillères pédagogiques de circonscription (CPC). Le programme est progressif: une session de formation académique sur l'égalité des droits entre filles et garçons va se caler entre septembre octobre 2013), elle va durer... une journée. Une "sensibilisation des enseignants et des enseignantes du premier degré" d'une demi-journée s'insérera dans le cadre du plan de formation. L'expérimentation et accompagnement des enseignants et des enseignantes dans les classes par les IEN/CPC ne débutera après la Toussaint 2013, jusqu'à à fin mars 2014.

3. Une généralisation est prévue pour septembre 2014, "après évaluation des premiers résultats."

4. Quel est le contenu de cet enseignement ? Un site a été ouvert par les ministères de l'Education nationale et des Droits des femmes. On y trouve les premiers outils pédagogiques, accessibles à tous. Il s'agit de guides pour analyser l'évolution de la mode (l'invention du smoking pour femme, par Yves Saint-Laurent), des ouvrages, des tableaux ou des photographies. Quel scandale ! Quel affront !

Les instructions sont légères, comme "guider le regard des élèves et les amener à croiser leurs représentations esthétiques de la femme et de l'enfant d'aujourd'hui avec celles d'il y a plus de 100 ans." Mais où donc les différences sexuelles sont-elles niées, bafouées, évacuées ?  

Nulle part.

Il n'est nulle part fait allusion à on-ne-sait-quelle théorie du genre. 




Lire aussi:

3 octobre 2013

Rythmes scolaires: retour sur la polémique d'un lobby.

C'est l'histoire d'une rentrée  scolaire qui se passait "trop bien". Cela ne pouvait pas durer. Il fallait rebondir.

Dix-huit mois après son entrée en fonction, le ministre de l'éducation s'applique sans brusquer. On se souvient de la suppression de la carte scolaire, en trois mois; de la réduction de 15.000 postes, chaque année. Où étaient les critiques d'alors ? Elles se planquaient, avant de s'exprimer, sur le tard, très tard, quand l'évidence du fiasco s'imposait.

La rentrée arrive. Premiers jours de septembre, quelques maires râlent, mais l'argument général passe bien. Les difficultés sont ailleurs. Certes, l'association des Maires de France, présidée par un UMP, s'est plaint durant l'été, avec courrier à François Hollande. Mais les nouveaux rythmes scolaires ne concernent que 20% des élèves. Et, faudrait-il le rappeler, en majuscules et avec obstination, cette réforme ne visait nulle économie. Il ne s'agit que d'une chose, une simple mesure de bon sens: 4 jours et demi par semaine pour mieux étaler la charge éducative, et ainsi réintégrer dans l'enseignement public et gratuit des activités péri-scolaires à l'accès inégalitaire.

Enfin, l'Education est ce secteur prioritaire de la Hollandie. Il y a encore fort à faire - réécrire les programmes scolaires, former des nouveaux enseignants; revoir les zones d'éducation prioritaire, décharger les classes - mais nos éditocrates et autres UMPistes désoeuvrés se cherchaient un sujet.

Début septembre, nous pouvions louer le retour de ce ministre devenu, par la force des choses, discret.

L'UMP ne sait plus comment rebondir. Jean-François Copé, ce lundi 30 septembre, lâche sa bombinette. Il s'est trouvé une sujet: les nouveaux rythmes scolaires dont le coût "pèse" sur les "collectivités locales". Nulle allusion aux élèves. de toute façon, la grande idée de Copé  s'il parvenait au pouvoir serait de supprimer un million de fonctionnaires. Rien que ça... on imagine les dégâts sur les futurs rythmes scolaires.

Le président de l'Association des Maires de France, explique, avec moins de hargne, que l'application de nouveaux rythmes est compliquée et couteuse: il évoque un surcoût "entre 600 et 800 millions d'euros", alors que le "fonds d'amorçage" créé par l'Etat ne serait doté que de 250 millions d'euros.

Quelques maires, agités par l'association, hurlent au suicide budgétaire. A Paris, NKM rebondit sur un sujet qui n'agite pourtant pas les finances de la capitale.

Mercredi 2 octobre, Copé renchérit. Il invente un concept, la "taxe Peillon", ça sort de nulle part, cela ne correspond à rien; ça permet d'occulter la réforme. Pour une fois qu'on réforme l'éducation nationale pour autre chose que le souci de faire des économies, rares sont les médias qui relèvent cet aspect. Au contraire, tout le monde se plonge dans le tract de l'UMP, tiré à un million d'exemplaires. Finalement, ce parti n'était pas exsangue.

Un mois après la rentrée, l'AMF relance, elle s'inquiète de la rentrée 2014 (sic!), elle dénonce le calendrier. Copé se félicite. Voici la menace. A cause de Hollande, pourtant plus rigoureux sur les budgets, les colectivités locales seraient contraintes d'augmenter leurs impôts locaux.

Notez l'ironie: les défenseurs de la famille pour tous s'indignent que l'on consacre davantage de moyens à l'éducation de nos marmots. 

Sans commentaires, la nausée seulement.

Une certaine presse, à l'affut du raffut, rebondit. Ainsi l'inévitable Christophe Barbier, patron de l'Express, lâche-t-il cet édito sans saveur sur le "fiasco". Rien n'est pourtant encore en place, 80% seulement des élèves ne sont pas concernés. Le Monde, habituellement prudent, multiplie les articles sur ces élèves "fatigués" et "déboussolés". Le Figaro, sans surprise, s'inquiète: "les maires veulent remettre à plat le financement de cette réforme".

Que fallait-il retenir ?

Rien.

Car personne, ô personne, n'osa rappeler le sens ni les objectifs de cette réforme.

On ne pensait que modalités et financement.