1 septembre 2007

Rachida en corrida : les magistrats ne ménagent pas Dati


La Justice est symbole d'autonomie en France. Rachida Dati a choisi d'être "la voix de son maître." Elle le paye. Et ce n'est pas fini: absence d'autonomie, gestion autoritaire, déclarations expéditives, absence de dialogues, lacunes professionnelles, approximations et démagogie, les récriminations ne manquent pas. Alors, combien de temps durera-t-elle ?


"Rachida Dati énerve la magistrature, et celle-ci le lui rend bien. Deux affaires récentes traduisent le niveau de tension élevé entre la ministre de la Justice et les magistrats. Première en date, la convocation à Paris du vice-procureur de Nancy. Ce dernier aurait critiqué la loi sur la récidive lors d'une audience, lundi. Des propos, rapportés mardi dans la presse locale, mais que dément l'intéressé."
Ainsi,
Laure Mollaret, vice-présidente du syndicat de la magistrature (gauche), constate avec amertume la «politique mise en oeuvre par la chancellerie qui tend à intimider les magistrats. Ils subissent des pressions informelles visant à encadrer leur liberté de parole.» La Garde des sceaux aurait tendance à oublier que les «magistrats du parquet sont d'abord des magistrats! Leur travail exigent toutes les garanties d'indépendance. On ne peut pas les considérer comme des hauts fonctionnaires soumis à une hiérarchie. Ce serait trop facile».
Citant la visite vendredi 31 août aux Pays-Bas, Laure Mollaret déclare : «Nicolas Sarkozy veut ouvrir des hôpitaux fermés pour incarcérer les délinquants sexuels après leur détention. D'où ce voyage d'étude aux Pays-Bas. Mais, là bas, les condamnés sont envoyés dans ces centres de soin fermés pendant qu'ils purgent leur peine et pas à la sortie comme le veut Nicolas Sarkozy».
A propos du vice-procureur convoqué pour des propos qu'il nie sur l"application des peines planchers, «C'est Kafkaien. On lui demande de s'expliquer sur des propos qu'il n'a pas tenu. La ministre a fait preuve d'un fort autoritarisme. Du jamais vu», s'indigne Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (majoritaire). Il dénonce «le faux pas inquiétant» de la nouvelle Garde des sceaux. «C'est une méthode de gestion atypique plus proche du fonctionnement du ministère de l'intérieur que de la justice.»

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